ANTIQUITÉS ROMAINES
rencontrées en 1763, dans les travaux de terrassements de la place
Louis XV.
1751, 1806. A quelques pas de l’emplacement des bassins du Palais-Royal, on a recueilli des marbres sculptés qui avaient appartenu à des monuments funéraires, notamment l’inscription d’Amanda, jeune fille qui ne vécut que dix-sept ans, et Turne élégante consacrée par l’affranchi Chreslus à la mémoire de son patron, Nonius Junius Epiconus. Comme les monuments funéraires si nombreux dans les collections italiennes et dans notre musée du Louvre, ceux-ci étaient ornés de la patère et du préféricule, de têtes de bélier, d’aigles, et de guirlandes tressées avec des bandelettes.
Des fouilles exécutées à plusieurs reprises ont révélé l’existence d’une grande nécropole placée au nord de la ville, vers la colline de Montmartre. Le musée de Cluny possède un bas-relief de marbre (n® 87) trouvé de ce côté, dans la rue Montholon, qui représente une jeune fille cdtichée sur un lit funèbre, au milieu d’une famille qui la pleure en silence ; l’artiste a su donner à ces figures une douloureuse expression.
Le site de Montmartre, au milieu d’une vaste plaine, en vue du fleuve et des collines qui en dessinent le cours, se prêtait de la manière la plus heureuse à recevoir des temples ou des maisons de plaisance. Les Actes des saints et les légendes anciennes nous disent que, sur cette butte, les païens avaient dédié deux grands édifices à Mars et à Mercure. Dans le cours du xvni® siècle, on recueillit à Montmartre des bas-reliefs de marbre, des vases de terre, une tête d’homme en bronze, de grandeur naturelle, qui fait partie des collections de la Bibliothèque impériale, et une tête de Mercure en marbre qui provenait peut-être du sanctuaire de ce fils de Jupiter. César, au VD livre de ses Commentaires, nous apprend que déjà les Gaulois avaient érigé à Mercure un grand nombre de simulacres ; ils adoraient en lui l’inventeur des arts, le guide des voyageurs sur la terre et des âmes dans le séjour des morts, le protecteur de la navigation et du commerce. Aussi, suivant l’expression d’Hilduin, dans ses Aréopagüiquefi, « la région