ÉCOLE DES BEAUX-ARTS
subir. Quelques-uns peut-être seraient demeurés intacts, si M, Lenoir ne les avait déplacés. Mais la plupart, nous devons le reconnaître, n’auraient pas survécu aux édifices dont ils faisaient partie.
Nous venons de dire qu’en 1815 les articles inscrits au catalogue s’élevaient au chiffre de cinq cent soixante-douze. Mais beaucoup de sculptures n’avaient fait que paraître au musée, pour reprendre bientôt, dans les églises, leurs places primitives ; ainsi, après le rétablissement du culte catholique, les images sacrées furent presque toutes réintégrées sur les autels. Nous avons donc pris la peine de comparer entre eux plusieurs catalogues de dates dilférentes, pour nous rendre exactement compte de la quantité de monuments qu’avait reçus, depuis l’origine, la collection des Petits-Augustins. Ce travail nous a donné la preuve que leur nombre dépassait douze cent : morceaux d’architecture, tombeaux, statues, bustes, bas-reliefs, médaillons, inscriptions, mosaïques, boiseries, meubles, émaux, vases, grilles, peintures, armes et verrières L
L’ordonnance du 18 décembre 1816 prononça la suppression du musée. Le gouvernement désirait que les monuments fussent rétablis chacun à sa place ; il se déclara prêt à les restituer aux églises et aux familles qui en feraient la réclamation. Soit indiffé^ reiice, soit parcimonie, les fabriques des églises montrèrent peu d’empressement à faire valoir leurs droits* Nos grandes familles historiques, les Montmorency, les Rohan, les Brissac ne redemandèrent pas non plus les tombeaux de leurs ancêtres. Avec les mausolées des rois et des princes qui ont été peu à peu rééditiés^ on transporta dans les magasins de l’église de Saint-Denis une foule de monuments qui ne trouveront jamais leur emploi dans cet édifice, et qui seraient dignes cependant d’être mis en lumière.
1 Nous recomifianderons à l’attenlion de nos lecteurs les catalogues imprimés, publiés par les soins de M. Lenoir. On s’en procure facilement chez les revendeurs. Us abondent en faits curieux et en renseignements qu’on clièrcherait vainement ailleurs.