‹ Itinéraire de la Haute-Égypte: comprenant une description des monuments antiques des rives duChapitre 21 sur 25 · ASSOUAN · texte numérisé non relu

ASSOUAN

G»m un inonde nouveau. L*Égypie y finit, et un autre pays commence. Nulle part on ne trouvera mêlés plus d'Égyptiens, plus de Turcs, plus de Barabras, plus de Bicharis au torse nu, plus de nègres de toute origine. Les habitants de Khartoum surtout s*y font remarquer par leur belle prestance, leur peau noire , et leur tête fine rappelant le meilleur type des races septentrionales. Comme complément du tableau , on aperçoit sur la plage des marchandises, gommes, dents d'éléphants , peaux de quadrupèdes, dont remballage souvent exotique achève de dépayser Toeil. Au milieu de tout ce monde circulent des marchands qui vendent , non plus des antiquités , mais des casse-têtes en ébène, des piques, des lances, des flèches dont les pointes de fer sont , dit-on , empoisonnées.

Assouan n'a, pour ainsi dire, pas conservé de souvenirs antiques. Mais une visite à travers la ville a son intérêt. Si l'on s'écarte un peu de la route au sud , on trouve , perdu au fond d'un trou , un petit temple d'origine ptolémaïque que nous avons découvert récemment. A 1 kilomètre au delà, est un obélisque qui adhère encore par un de ses côtés à la carrière dans laquelle on avait commencé à le tailler.

De l'autre côté du fleuve, précisément en face d'Assouan , est l'île d'Éléphantine.

A Assouan, l'élément égyptien domine encore dans la population. En arrivant à Éléphantine, on est tout surpris de ne se voVv cuVomy^ cç\^ ^^t'^vybiens.

U y a quatre-vlngls ans , on voyait à Élé] un temple déjà à moitié démoli qae les ant grand ouvrage de la Commission d'Égjr^ nommé le Temple du Nord ; un autre temple « rables proportions, qu*on appelait le Temple et que , par les dessins exécutés alors , nous être d'Ame no phis III ; une porte monument granit, enfin un quai à pic sur le fleuve et pi du côté nord par un nilomëire. En 1822, les temples et une grande partie du nilomëtre oni paru. Le quai, ouvrage d'époque romaine, où matériaux sans nombre provenant d'édifices anciens ont été utilisés , Ja porte de granit qui om^e sur ses deux montants des cartouches ( lexandre II, sont encore debout. Près des mais modernes, une mauvaise statue d'Osiris où 1 déchiffre à grand' peine les noms de Ménepht (XIX*' dynastie, 1350 av. J.-G.) marque la place se trouvait la façade du temple d'Aménophis III.

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D'Assouau à Philo*. 8 kil.

De Boulaq à Philœ. 829 »

On va d'Assouan à PhilcR par terre jusqu'au co nt do. la mission aulncYÂexvTvfe. \A, ^«a»\^w:c^ nnent les voyageurs eV \c9» ^otsX v^'i^^^ ^»xe.\

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En une autre saison , quand le Nil est moins haut et moins rapide , le même chemin conduit par une bifurcation au village de Ghellâl. Quand elle est praticable , c'est la voie la plus suivie , parce qu'elle est la plus pittoresque.

D'Assouan au couvent de la mission autrichienne, on ne quitte pas le désert. Ici , on est en pleine formation granitique. C'est le granit qui se montre çà et là à la surface du sol ; c'est lui aussi qui s'entasse en masses sombres et donne au paysage l'aspect particulièrement désolé qui le distingue.

En décrivant Gebel-Silsileh , nous avons parlé de l'habitude qu'avaient les Égyptiens de consacrer par une stèle , par une inscription , le souvenir de leur passage en certains lieux. La route d'Assouan à Philœ en offre mille exemples. Les inscriptions gravées sur les rochers y abondent en effet. Quelquefois on n'y lit que de simples noms propres ; mais plus souvent l'inscription revêt les proportions d'un tableau. Le passant s'y est représenté adorant les dieux de la cataracte. Au bas est l'inévitable formule de prière. En des occasions plus mémorables , ce sont des généraux, ce sont des princes, ce sont même des rois revenant d'une expédition au Soudan , qui ont laissé sur les rochers de la route leur trace durable. On conçoit tout ce que ces souvenirs, où l'histoire tient plus de place que la religion, peuvent avoir de précieux pour la science. Séhel , petite île de la cataracte d'un abord assez difficile ., en est, pour ainsi dire, couyeï\.e,^\. cjjvçX^^'Si^^'Kûfe^'^N aujourd'hui acceptées de tout \e tîvowôl^ ^ w^ ^^^^

sent que sur les renseif^emenU fournis par ï\ ^\ci^ inscriptions gravées sur les rocher» decett L 'histoire de Philœ est vite racontée. On trouve aucun nom royal antérieur à Nectanéb c'est-à-dire que les plus anciens nionameni Philœ, ne précèdent Alexandre que de quel années. C'est Nectanébo II qui éleva le petit te situé à l'extrémité méridionale de Tlle et d< reste une douzaine de colonnes; c'est aussi loi lit construire la grande porte placée entre les sifs du plumier pyh)nc. Énumérer les noms Ptoléniées, des empereurs qui, après Nectan couvrirent l'Ile de leurs constinictions , serait i dieux. On remarque, particulièrement sur le niier pylône, des proscynémes grecs on très-g nombre laissés par les visiteurs de l'Ile. Un fait portant ressort de l'étude de ces proscynémes : que, en 453 de notre ère, c'est-à-dire soixante environ api^és l'édit de Théodose qui abolit la gion égyptienne, Isis et Osiris recovi^ent encoi culte à Philœ , et que des familles de prêtres é tiens voués au service des temples existaient en dans nie. Philœ n'aurait donc commencé à dei nie sainte si universellement vénérée par les É tiens , que peu d'années avant la conquête mac nicnne. De plus en plus , sous les Ptolémées , les empereurs, clic se couvrit de monuments, < culte à l'exercice duquel ces monuments étc consacrés fut si vivace que l'édit de Théodose i fit pas iomhQYy et que, sou% V^iuvv^t^vs^Uaxçiec était encore debout.

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