LANGUE ET ÉCRITURE
A. La langue égyptienne n'est ni une langue sémitique, ni une langue indo-européenne. Elle appartient comme type principal à ce grovs.';^^ ^^^^ langues qu'on pourrait appeler laugM^i^ ç)a.'^\oS5ùia^^'^« La langae copie est cette mèiïie latv^xjL^i ^^T^*^'^^^^'^ telle qu'on la parlait au ii<^ ou au wî' s^fe^^ ^
notre ère , en la faisant servir à exprimer < chrétiennes (I).
B, Les personnes qui , de bonne foi , crc les hiéroglyphes sont des rébus et fom leur réunion des espèces d'énigmes à devi encore très nombreuses, et il faut avouer ( erreur est entretenue par les écrivains les rieux de la tradition classique. « La ma « ouverte, avec les doigts étendus, dit Di « Sicile, représente le besoin d'acquérir; « gauche fermée, la conservation et la g « biens. » — « Pour désigner la haine , di « que, ils peignent un poisson. A Saïs, « gravé dans le vestibule du temple de Mi « enfant, un vieillard, un épervier, un « tamc. C'était évidemment autant de i « qui voulaient dire : vous qui arrivez à « vous qui êtes près d'en soliir , Dieu hai « dence. Ainsi l'enfant désigne la naiss « vieillard la mort, Tépervier la divinité, l « la haine à cause de la mer, et l'hipp « l'impudence. » — « Un vautour signifie l (( dit Ammien Marcellin. Pourquoi? Par « enseigne que parmi ces animaux' il ne !
« pas de mâles. Un roi est représenté sous « d'une abeille qui façonne le miel. F
^JJ II faut tenir compte de Vétat dan» \e(\wel se Jaagiie égyptienne quand elle devint \a Yau^e co^V /!^j^^ ^^^« dégénérée, et la langue copte reptfemeux* J écriture démotiqae plutôt que \a langue àea Vivfe
« Parce que le roi est le modératear de ses peuples « qu'il doit savoir retenir par la douceur en môme « temps qu'aiguillonner (1). »
Mais la découverte de Ghampollion a fait justice de ces erreurs. L'écriture hiéroglyphique n'est pas une écriture énigmatique ; on la lit, on la prononce tout comme l'écriture hébraïque ou l'écriture syriaque; elle a son alphabet.
On se rappelle ce que nous avons dit plus haut de la Pierre de Rosette. Quand Ghampollion , étudiant la Pierre de Rosette, s'aperçut que les signes hiéroglyphiques qui y sont tracés appartiennent à un alphabet, il n'avait fait que la moitié du chemin. A quoi sert , en effet , de posséder l'alphabet d'une langue , si on ne sait pas ce que cette langue signifie ? Mais bientôt ChampolUon reconnut que les mots ainsi retrouvés faisaient du copte. Toute l'impor-
(1) Tout n^est pas fhox dans ces traditions. Un poisson se prononce betu^ et betu signifie le mal, le péché, l'abomination. Il abeille se prononce tekket et désigne la royauté sur la Basse- Kgypte. Si le tempUMe tHnerve à Sais était de basse époque, il est certain que, pour obéir à Tesprit maniéré du temps, on a pu, excluant toute liaison grammaticale, écrire un enfant, un vieillard, un épervier, un poisson, un hippopotame, ce qu'on traduirait : « O enfant, ô vieillard, la divinité a en abomination le « mal (rhippopotame étant considéré comme un animal typho- « nien). » A la rigu(>ur, Diodore, Plutarque, Ammien Marcellin ne nous entraînent donc pas à leur suite dans une erreur absolue. Mais ce qui est faux, c'est le point de départ et la conclusion. De ce que les Égyptiens ont fait avec Tenfant, le vieillard, etc., un jeu d'esprit, il ne s'ensuit pas que cette sorte de jeu soit la règle de l'écriture hiéroglyphique. L^% *.wXcv«^ ^'^ nous venons de citer n'ont pas l'air do se doMlex ojoLftX^cxv'^^ hiéroglyphique puisse être alphabètlq^ie, et \\a o\iX ç^ouXrCoN^^ i»faire vivre cette erreur jusqu'à nos jours.
tance de la découverte de Ghampollion est là. La langue copte n*est, en effet, une langue morte que parce qu*on ne la parle plus ; mais elle vit dans les livres.
En somme récriture hiéroglyphique n*est pas un vain jeu d'esprit. Elle n*est ni plus compliquée, ni plus difficile à lire que d'autres. Du moment où on s'habitue à voir un a dans un aigle ^ un b dans la jambe humaine , un c dans le verrou , etc. , on en vient facilement à bout. Ce qui , pendant des siècles, a détourné Tattention de la vraie signification des hiéroglyphes, c'est précisément le choix un peu étrange des formes adoptées pour représenter des lettres de Talphabet. A priori, tout le monde devait se figurer que ce singulier mélange de figures d'animaux et d'objets Usuels ne pouvait servir à autre chose qu'à des symboles , et , le renom mystérieux de l'antique Egypte aidant , on était tout naturellement porté à croire que sous ces symboles les prêtres cachaient leurs mystères. Aujourd'hui lô voile est déchiré, et l'écriture hièrogljrphique est une écriture qui n'est pas beaucoup plus difficile à lire que les autres.
Vu la nature des signes qui là composent, l'ècrl* ture hiéroglyphique peut être disposée indifféremment en colonnes verticales ou en colonnes horizontales. Quand on étudie un texte hiéroglyphique, on remarque facilement que toutes les têtes d'animaux ou d'hommes sont tournées du même côté.
Z^ eàié vers lequel les têtes sonl loviTiièea est le ^à^é où commence l'inscripUon. \\ s'etvti.xiiX. <\ql^ \^
du scribe récriture hiéroglyphique peut posée de manière à être lue de gauche à DU de manière à être lue de droite à gau-
one inscription hiéroglyphique on distingue 3S qui doivent être prononcés et les signes oivQut pas être prononcés, remiers sont de beaucoup les plus nom- )n y comprend en premier lieu les signes it alphabétiques; Talphabet est de vingtlettres ; seulement il y a plusieurs formes , plusieurs formes pour le b, etc., etc. On y id en second lieu les signes syllabjques; îhiquier se prononce à lui seul men, le vase e prononce hes, le cœur se prononce het, etc. nprend en troisième lieu les signes idéoles : on écrit un lion pour un lion, un cheun cheval, etc» On y comprend en quatrième dgnes symboliques, c'est-à-dire détournés vrai sens pour désigner symboliquement 3; ainsi le vautour signifie mère, la coudée justice, etc.
gnes qu'on ne doit pas prononcer sont les xplétifs , destinés à appeler l'attention du 5ur la lecture ou la signification du mot •
riture hiératique et l'écriture démotique sont des écrides, dérivées à des degrés divers de récriture hiéro- On ne les emploie guère que pour les papyrus. Cek trouvera à Gebel-Silsileh d'excellents spécitaeu& d& re de ces écritures. A Phil» aouX. ^1^% Y^^i^c^XiitetDkRrak 'jreax, gravés sur les murs d\i t^TOçVô «o. ^ccSXsa^ ^^~
qu'ils accompagnent. Parmi les signes qu'on ne prononce pas , se range aussi la classe très nombreuse des' signes que Ghampollion a appelés des déterminatifs. Ainsi, après tous les noms de quadrupèdes , le scribe trace une queue de quadrupède ; tous les mots qui ont rapport à la parole , à la pensée , à l'amour, à tout ce qui tient à un mouvement de rame , peuvent être suivis de Vhomme 'portant la main à la bouche; Vhomme accroupi levant un bras détermine les noms propres, etc., etc. L'homme accroupi, l'homme portant la main à la bouche, la queue du quadrupède ne se prononcent pas ; mais la présence de ces signes avertit que les mots qui précèdent sont un nom propre , un mot en rapport avec r^me, un nom de quadrupède, etc., etc.
Tel est, dans ses organes principaux, le mécanisme de l'écriture hiéroglyphique. A première vue on le trouve compliqué. Mais l'usage des déterminatifs aide puissamment à sa clarté , et si obscur, si mystérieux que paraisse un texte hiéroglyphique, il est certain qu'il n'y a pas plus de difficulté à le comprendre qu'à comprendre un texte hébreu, et que , comme effort d'esprit à faire , il en faut infiniment moins que pour arriver à traduire un texte
• chinois.
Nous ne devons pas oublier d'ajouter que la tâche de l'interprète des textes hiéroglyphiques est toujours facilitée par cette circonstance que la langue copte est un dérivé , altéré mais très reconnaissaj^/o, de la langue qui se cache sous l'ancienne écri-
ture égyptienne. Or, la langue co^le çç>\. mxv^ \^x^^^
qui , comme lexique et comme grammaire , est parfaitement connue des érndits, et qui, bien que rangée à juste titre parmi les langues mortes , n'en vit pas moins encore aujourd'hui dans les livres.
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