‹ Itinéraire de Paris à JérsusalemChapitre 16 sur 71 · PREMIER MÉMOIRE · texte numérisé non relu

PREMIER MÉMOIRE

Je diviserai cette introduction en deux Mémoires : dans le premier, je prendrai l'histoire de Sparte et d'Athènes à peu près au siècle d'Auguste, et je la conduirai jusqu'à nos jours. Dans le second, j'examinerai l'authenticité des traditions religieuses à Jérusalem.

Spon, Wheler, Fanelli, Chandler et Leroi ont, il est vrai, parlé du sort de la Grèce dans le moyen âge ; mais le tableau tracé par ces savants hommes est bien loin d'être complet. Ils se sont contentés des faits généraux, sans se fatiguer à débrouiller la Byzantine ; ils ont ignoré l'existence de quelques Voyages au Levant : en profitant de leurs travaux je tâcherai de suppléer à ce qu'ils ont omis.

Quant à l'histoire de Jérusalem, elle ne présente aucune obscurité dans les siècles barbares : jamais on ne perd de vue la ville sainte. Mais lorsque les pèlerins vous disent : « Nous nous rendîmes au tombeau « de Jésus-Christ, nous entrâmes dans la grotte où le Sauveur du monde « répandit une sueur de sang, etc., etc., » un lecteur peu crédule pourrait s'imaginer que les pèlerins sont trompés par des traditions incertaines : or, c'est un point de critique que je me propose de discuter dans le second Mémoire de cette Introduction.

Je viens à l'histoire de Sparte et d'Athènes.

Lorsque les Romains commencèrent à se montrer dans l'Orient, Athènes se déclara leur ennemie, et Sparte embrassa leur fortune. Sylla brûla le Pirée et Munychie; il saccagea la ville de Cécrops, et fit un si grand massacre des citoyens, que le sang, dit Plutarque, remplit tout le Céramique, et regorgea par les ports. [Av. J. C. 87. Plut, in SylL; Appian.j

Dans les guerres civiles de Rome, les Athéniens suivirent le parti de Pompée, qui leur semblait être celui de la liberté : [av. J. C. 87] : les Lacédémoniens s'attachèrent à la destinée de César. [Av. J. C. 47. Cœs. de Bell, civil. ; Dion.; Appian. ; Plut, in Vit. Brut.] Celui-ci refusa de se venger d'Athènes. Sparte, fidèle à la mémoire de César, combattit contre Brutus [av. J. C. 44 J : à la bataille de Philippes; Brutus avait promis le pillage de Lacédémoneà ses soldats en cas qu'il obtînt la victoire. Les Athéniens élevèrent des statues à Brutus, s'unirent à Antoine [av. J. C. 41. Plut, in Ant.], et furent punis par Auguste. [Av. J. C. 21. Vell.-Pat.]

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