XL VII
Quelques années après, les Hérules pillèrent Sparte, Corinthe et Argos. Athènes fut sauvée par la bravoure d'un de ses citoyens nommé Dexippe, également connu dans les lettres et dans les armes. [De J. C. 261. Trebell.]
L'archontat fut aboli à cette époque, le stratège, inspecteur de Yagora ou du marché, devint le premier magistrat d'Athènes. [Chandl. Trav.]
Les Goths prirent cette ville sous le règne de Claude II. Ils voulurent brûler les bibliothèques; mais un des Barbares s'y opposa : « Conservons, dit-il, ces livres « qui rendent les Grecs si faciles à vaincre, et qui leur ôtent l'amour de la gloire. » Cléodème, Athénien échappé au malheur de sa patrie, rassembla des soldats, fondit sur les Goths, en tua un grand nombre, et dispersa le reste : il prouva aux Goths, que la science n'exclut pas le courage. [De J. C. 2G9. Zon "j
Athènes se remit promptement de ce désastre ; car on la voit peu de temps après offrir des honneurs à Constantin et en recevoir des grâces. Ce prince donna au gouverneur de l'Attique le titre de grand-duc, titre qui, se fixant dans une famille, devint héréditaire, et finit par transformer la république de Solon en une principauté gothique. Pite, évêque d'Athènes, parut au concile de Nicée. [De J. C. 323. Liban.; Or. ; Zon ]
Constance, successeur de Constantin, après la mort de ses frères Constantin et Constant, fit présent de plusieurs îles à la ville d'Athènes. [De J. C. 337. Eunap. ; Zon. in Const.]
Julien, élevé parmi les philosophes du Portique, ne s'éloigna d'Athènes qu'en versant des larmes. Les Grégoire, les Cyrille, les Basile, les Chrysostome, puisèrent leur sainte éloquence dans la patrie de Démosthènes. [De J. C. 354. Zos. lib. 3 ; Jul. Ep. ad Athen.; Greg. ; Cyr.; Bas.; Chrys. Oper. ap. Bibl. Pat.]
Sous le règne du grand Théodose, les Goths ravagèrent l'Épire et la Thessalie. Ils se préparaient à passer dans la Grèce ; mais ils en furent écartés par Théodore, général des Achéens. Athènes reconnaissante éleva une statue à son libérateur. [De J. C. 377. Zos. lib. 4. ; Chandl. Inscript, ant.]
Honorius et Arcadius tenaient les rênes de l'empire lorsque Alaric pénétra dans la Grèce. Zosime raconte que le conquérant aperçut, en approchant d'Athènes, Minerve qui le menaçait du haut de la citadelle, et Achille qui se tenait debout devant les remparts. Si l'on en croit le même historien, Alaric ne saccagea point une ville que protégeaient les héros et les dieux. Mais ce récit a bien l'air d'une fable. [De J. C. 395. Zos. lib. 5.] Synésius [Syn. ep. Op. omn. a Pet. edit.] plus près de l'événement que Zosime, compare Athènes incendiée par les Goths à une victime que la flamme a dévorée, et dont il ne reste plus que les ossements. On croit que le Jupiter de Phidias périt dans cette invasion des Barbares. [Chandl. Trav.]
Corinthe, Argos, les villes de l'Arcadie, de l'Élide et de laLaconie, éprouvèrent le sort d'Athènes : « Sparte si fameuse, dit encore Zosime [Zos. lib. 5] ne put « être sauvée ; ses citoyens l'abandonnèrent, et ses chefs la trahirent : ses chefs, « vils ministres des tyrans injustes et débauchés qui gouvernaient alors l'État. » [De J. C. 395.]
Stilicon, en venant chasser Alaric du Péloponèse, acheva de désoler cet infortuné pays.
Athénaïs, fille de Léonce le Philosophe, connue sous le nom d'Eudoxie, était