DISCOURS
en réponse
à M,LE GARDE DES SCEAUX,
Messieurs,
M. le garde des sceaux prétend que mon amendement serail mieux placé au vingt - sixième article du projet de | loi qu'au premier article : qu’à cela ne tienne; si M. le garde des sceaux veut s'engager à soutenir monamendement placé au vingt-sixième article, je suis prêt à Jui donner satisfaction et à m'entendre avec lui.
La mémoire de M. le garde des sceaux l'aura, je-pense, trompé :
Français. J'ai précisément mis les Francais hors de cause , et J'ai déclaré que j'espérais qu'aucun d'eux n'avait souillé le pavillon blanc dans un damnable trafic. P
M. le garde dessceaux ne
avancé (ouchant le crime, ni ce que j'ai soutenu sur la compli-
cité du crime. Il se contente de tout nier. Mais nier n’est pas prou- Jens el moi, pour soutenir que les transports d'esclaves existent,
Je M appuie sur les écrits de tous les Voyageurs, sur les récits de + D LAGNY, — Tip imerie de Vitara e! Cie,
il croit que j'ai accusé des
ji mu
Joseph n’est pas admis à l'audience du pacha,
faitsconnus de tout J'univers.
Et enfin, comme je l'ai déjà dit, si le crime’n’existe pas, ilsuffirait qu'il fût possible, et qu’on en eût été menacé, pour Ôter d'avance tout
. moyen de le commettre impunément. Si mon amendementiniroduit dans le projet de loi est inutile, tant mieux; mais c’est le cas de dire, plus que jamais,
| que ce qui abonde ne vicie pas. Cet amendement vous fera un immortel honneur sans pouvoir causer aucun.
dommage. Toute la question vient se réduire à ce point : Il y aura jugement devant les tribunaux. Si les prévenus ne sont pas coupables ducrime qu'on leur impute, s'ils n'ont pas pris une part quelconque à un trafic réprouvé par les lois divines et humaines, ils seront acquittés.
* ‘Tous les jours des vaisseaux sont arrêtés somme prévenus d'avoir fait la traite des noirs ; les maitres de Ces Vaissaux se juslifient, et ils sont libérés. Encore une fois, si Je délit ou le crime que l'amendement est destiné à prévenir n existe pas, la loi ne sera jamais appliquée : s’il existe, et qu'il ÿ ait des prévenus, ils seront jugés, et renvoyés absous s'ils ne sont pas coupables : s’ils sont coupables, voudriez-vous qu'un crime aussi énorme devant Dieu et devant les hommes restât impuni ?
Une autre objection de M, le ministre de Ja justice consiste à
ds pitert (HT
dire que mon amendement introduit une loi pénale dans une loi dé procédure, |
Je croyais, mesfieurs, m'être mis à l'abri dé cette fin de nonrecevoir dans le développement de mon atiendement. Eu eflet, je crois avoir prouvé d’une manière sensible que l'amendement né fait aucune confusion de matières, et ne Sort pas du caractère de la loi. Maïs apparemment que je ne me serai pas suflisamment expliqué! essayons de mieux me faire entendre.
Mon atnendélnent confond si peu une loi pénale avec une loi de procédure, qu'il ne renferme le prononcé d’aucune peine. Il exprime seulement un délit, lequel délit sera puni sans doute par les lois fratigaisés, comme tous les délits et crimes cominis dans les échelles dû Bévant; et ainsi le veu lé projet dé loi inême, par son article 26. ë
Le savant magistrat à qui j'ai l'honneur de répondre semble avoir confondu lui-même des choses extrémementdiverses : parce que je moccupais de délits, il lui à paru que j'établissais des peines, dont je ne dis pas un mot:
Considéré sous tous les rapports; Mot amendement, messieurs, ne dénalure point le principe de là loi dans laquelle je sollicite son introduction Ce n’est qu'un article oublié dans cette loi, dont je demande pour ainsi dire le rétablissement. La matière est parfaïtement hoiiogène. L’amendement ne fait que généraliser la naluie d’un crime déjà mentiontié dans vos lois; il wintroduit aucune peine nouvelle pour la répression de ce crime. Le projet de loi s'occupe des délits commis dans les échelles du Levant, Sous les yeux des consuls frätiçais : et ce soft äussi des délits com mis dans les échelles du Levant, sous les yeux des consuls du roi,
que l'amendement spécifie: lei les crimes ont le même théâtre, | j sont perpélrés par les mêmes hommes; âtiestés par les niêmes témoins, jugés par les mêmes tribunaux : que faut-il done de EL :
pour donner à un amendement le caräcièré dé la loi Miême laquelle il peut être placé ? Fe
Je voulais négliger de répondre à une ébjection qui n’est pas : à fin, j'ai vu reproduire à propos de
nouvelle, et que, depuis dix presque toutes les lois.
H est rare, quand un amendement à quelque importance, qu'on.
ne dise pas que cét amendement n’est autre chose qu'une loi particulière, qu'un envahissemént de l'initiative royale, et qui peut lout au plus deveuir l’objet d'une proposition spéciale. Votre sàgesse, messieurs, ne s'est pas souvent rendue à cette éhjection,
et vous avez nômbre de fois , a conträite ; adopté des amehde=
ments qui, vous assurail-on, déhaturaient là loi dans tou principe, introduisaient une loi dans une lof. Voile métnoôire vous en
finira de grands exemples, Vous aurèz biéhibt, ls Le Projet
de loï sur le droit d’ainesse, l'occasion d’user largement dû droit
d'amender. Je ne pense pas que vous demandiez Au nobiè tap-
porteur de votre commission de changer en propositiôn ès amen- ; , : 3 DETTE NE :, Lt 5
demnents qu’elle a jugé convenable de vous présenter à votre der-
uière séance. + ‘ :
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« cher Compère, ét it - L] ecrit-il dans * sY “ #] Il T t radeë È velé à un dé Ses Camal'acdes
« a Zante ” Sa nalve
» J'aiéié blessé trois fois ; mais je suis moi el mes Com ! POUF aVoir repris nos fusils. Si nous avions Mie braverions dés énniemis trois fois plus nom- « bieux. Ibrahim est-sous nos murs sil nous a fait faire des pro-
«a des vivres
FF
« positions et des menaces; nous avons fout repoussé. fbrahim a « des ofliciers français avec lui: qu’avons-nous fait aux Français « pour nous traiter ainsi ? »
Messieurs, ce jeune homine sera-t-il pris, transporté par dés chrétiens aux märchés d'Alexandrie ? S'il doit encore nous demander ce qu'il a fait aux Français, que notre amendement soit là pour satisfaire à l'interrogation de son désespoir, au cri de sa misère, pour que nous puissions lui répondre: @ Non, ce n'est pas « le pavillon de saint Louis qui protége votre esclavage, il vou- « drait plutôt couvrir vos nobles blessures ! »
Pairs de France, ministres du roi très-chrétien, si nous ne pou- Vos Ps par nos armes secourir la malheureuse Grèce, séparons-
nous du MOINS par nos lois des crimes qui s'y comnietlent : donnons un noble Pat préparera peut-être en Europe les voies à une politique plus élevée, plus humaine, plus conforme à la religion, et plus digne d’un siècle éclairé; et c’est à vous, messieurs, c'est à la France qu’on devra cette noble initiative!
PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDINON DE L'Irinérainr.,
Gi jé disais que cet Jtinéraire n'était point destiné à voir: Le jour, que je le donne au pu ie à tégrel et comme malgré moi, je dirais là vérité, et vraisemb ablemient on ne me croirait pas. ! Je n'ai point fait mon voyage Pour l'écrire; j'avais un autre destein : C6 dessein je l'ai rempli dans é$ Martyrs. J'allais chercher des iiages ; voilà tout. + ; | Je waipu vôir Sparte, Athènes, Jérüsalem, sans faire quelques réflexions. Ces réflexions ne pouvaient entrer dans le sujet d’une épôpée: elles sont restées sur Mon jüürnal de route: je les publie aujourd'hui, dâus ce que j'appelle ftinéraire de Puris à Jérusa- Lem, fauté d'avoir lrouvé un. titré plus convenable à mon sujet. Je prié donc le lecteur de regar êl c t Itinéraire moins comme un voyage que comme des Méoires { À ne année de ma vie, Je äfche point sur les ifâces dés Chat in, des Tavernier, des ie des Münzo Parek, des Re oldt: je nai point la prétéhtion d'avoir coutiu des peuples chez lesquels je n’ai fait que passer. Un moment suftit au peiutre de paysage pour crayonner
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un arbre, prendre une vue, aessiner une ruine ; ais des anuées entières sont trop courtes pour étudier les mœurs des hommes, et pour approfondir les sciences et les arts.
Toutelois.je sais respecter lé public, et l’on aurait tort de pen ser que je livre au joûr ün Süvrâge qui ne m'a coûté ni soins, ni recherches, ni travail: où vérrà que j'ai scrupuleusement rempli res devoirs d'écrivain. Quand je n'aurais fait que donner une description détaillée des rümes de Lacédémone, découvrir un Houven tombeau à Mycènes, indiquer les portes de Carthage, je mériterais encore la bienveillance des voyageurs. :
troduction, destinés à une académie étrangère; il est juste que ma patrie ait la préférence. |
Cependant, je dois prévenir le lecteur que cette Introduction est d'une extrême aridité. Elle woffre qu'une suite de dates et de faits
pour éviter l'ennui attaché à ces espèces de tables chronologiques.
Dans un Ouvrage du geure de cet frinéraire, j'ai dù souvent passer des réflexions les plus graves aux récits les plus faniliers: tantôt m'abandonnant à ures réveries sur les ruines de la Grèce, tantôt revenant aux soins dû voyageur, mon style a suivi n°ces= Säireneut le mouvement de ma pensée et de ma fortune. Tous lés lecteurs ne S'attacheront done pas aut mèmes endroits: les ans He chercheront que mes sentiments; les autres n'aimeront
in x he E 543 4 J'avais commencé à mettre en latin les deux Mémoires de l'In-
dépouillés de tout ornement: on peut la passer sans inconvénient,
… éd Éd.
que mes aventures; ceux-ci me sauront gré des détails positifs: | même au moment où je les abandonne. Eh! comment n’aimeque j'ai donnés sur beaucoup d'objets : ceux-là s’ennuieront de la | rais-je pas ces nobles et généreuses immortels! Elles seules ne critique des arts, de l’étude des monuments, des digressions his- | sout pas devenues mes ennémies lorsque ja obtenu quelques toriques. Au rete, c’est l'homme, beaucoup plus que l’auteur, | succès; elles seules encore, sans s'étonner d'une vaine rumeur, que l'on vera partout; je parle éternellement de moi, et j'en | out opposé leur opinion au déchainement de la malveiliance. Si parlais en sürelé, puisque je ne Comptais point publier ces Mé- je ne puis faire vivre Cymodocée, elle aura du moins la gloire moires. Mais, comme je nai rien dans le cœur que je craigne de | d’avoir été chantée par ua des plus grands poëtes de nos jours, montrer au dehors, Je n'ai rien retranché de mes notes origi- let par l’homme qui, de l’aveu de tous, juge et apprécie le anieux pales. Enfin, j'aurai atteint le but que je me propose, .si l'on | les ouvrages des autres (1). 4 |
sent d’én bout à l’autre de cet ouvrage une parfaite sincérité, Un Quant aux censeurs qui, jusqu'à présent, ont parlé de mes ouvoyageur est une espèce d’historien: son devoir est de raconter vrages, plusieurs-m'ont {raité avec une indalgence dont je confidèlement ce qu'il a vu où ce qu'il a entendu dire; il re doit | serve la reconnaissance la plus vive : je tâcherai, d'ailleurs, dans rieai invéiter ; mais aussi il ne doit rien omettre ; et. quelles que | tous les cas et dans tous les temps, de mériter les éloges, de prosoient ses opinions parliculières, elles ne doivent jamais l’aveu- | fiter des critiques, et de pardonner aux injures.
gler au point de taire ou de dénaturer la vérité. Pere
Je n'ai point chargé cet Itinéraire de notes; j'ai seulement rare réuni, à la fin du troisième volume, trois opuscules qui éclaircisent ines propres travaux (4): BÉF :
4° L'Jtinéraire latin de Bordeaux à Jérusalem : il trace le PRÈF à CE chemin que suivirent, depuis, les croisés. et c’est pour ainsi dire le premier pèlerinage à Jérusalem. Cet {tinéraire ne se trouvait jusqu'ici que dans les livres connus des seuls savants ;
9 La disserlation de d’Anville sur l’ancienne Jérusalem: disserlalion très-rare, et que le savant M. dé Sainte-Croix regardait, avec raison, comine le chef-d'œuvre de l’auteur ;
3e Un Mémoire inédit sur Tunis.
J'ai reçu beaucoup de marques d'intérêt durant le cours de mon voyage. M le général Sébastiani, MM. Vial, Fauvel, Drovelti, Saint-Marcel, Caffe, Devoise, etc. , trouveront leurs noms cités avec honneur dans cet Jtinéraire: rien n’est doux comime de publier les services qu'on a reçus. :
La même raison n'engage à parler de quelques autres per- | sonnes à qui je dois aussi beaucoup de reconnaissance.
M. Boissonade s'est condatnné, pour m’obliger, à la chose la plus ennuyeuse et la plus pénible qu’il y aitau monde: il a revu les épreuves des Martyrset del’Jtinéraire. J'ai cédé à toutes ses observations, dictées par le goût le plus délicat, par la critique la plus éclairée et la plus saine. Si j'ai admiré sa rare complaisance, il a pu connaitre ma docilité.
M. Guizot, qui possède aussi ces connaissances que l’on avait . toujours autrefois avant d'oser prendre la plume, s’est eupressé de me donner les renseignements qui pouvaient m'être utiles. J’ai trouvé en lui cette politesse et cette noblesse de caracière qui font aimer et respecter le talent,
Enfin, dessavants distingués ont bien voulu éclaircir mes doutes et me faire part de leurs lumières : j'ai consulté MM. Malte-Brun et Langlès. Je ne pouvais mieux m'adresser pour (out ce qui concerne la géographie et les langues anciénnes et modernes de