‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 4)Chapitre 28 sur 111 · ITINÉRAIRE DE PART · texte numérisé non relu

ITINÉRAIRE DE PART

tre et le dromos, n’a pu pnare je vraie position de Sparte. Les meilleures géographies, se Re mant à ces grandes autorités , ont pris soin d'avertir que °°

n’est point du tout Lacédémone. Il y en bien la distance de l’une à l’autre de ces

a même qui fixent assez

illes, en la faisant d’en- milieu de ces monuments nouveaux! Mais villes, ê |

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Intéricur du tombeau d'Agamemnon,

« Voilà Misitra, disais-je au cicérone :

« n'est-ce pas? »

Lycurgue dans une villeabsolument moderne, et dont l’architec-, — « Sparte? Quoi?

(1) T1 dit même en toutes lettres que Misitra n’est pas sur l'emplacement de Sparte ; ensuite il revient aux idées des habitants du pays: On voit que

— « Je vous demande si Misitra est Sparte,

— « Je n’entends pas,

: Én ART | issez pas le nom de S ?

l'auteur était sans cesse entre les grandes autorités qu'il connaissait et le ba: | © CONNAIssez pe Sparte

vardage de quelque Grec ignorant,

— «Sparte? Oh, ouil Grande république! Fameux Lycurgué

Il me répondait : « Signor, Lacédémone? Comment? — « Je vous dis, Lacédémone ou Sparte ?

— «Comment! vous, Grec, vous, Lacédémonien, vous

; Re ne-m'ofrait qu'un mélange confus du genre oriental et du style gothique , grec et italien : pas une pauvre petite ruine an ARR se consoler au milieu de tout cela. Encore si la vieille Sparte, comme la vieille Rome, avait levé sa tête défigurée du

non : Sparle élait renversée dans la poudre, ensevelie dans le tombeau, foulée aux pieds des Turcs, mortes morte tout entière!

Jelecroyaisain:

si. Mon cicérone savait à peinequelques mots d’italien et d'anglais. Pour me faire mieux entendre de lui, j'essayais de méchantes phrases de grec moderne: je barbouillais au crayon quelques mots de grec ans cien, je parlais itas lien et anglais, je mêlais du français à tout cela; Joseph" voulaitnous mettre d'accord, et il ne faisait qu'accroître Ja confusion; leja= nissaire ex le gui de ( espèce de juil demi-nègre) dons naient leur avis en À.

turc et augmen= taient le mal. Nous.

parlions tous à là fois, nous criionss… nous gesticulionss avec nos habils différents, nos lan= gages et nos visa= ges divers, nous avions l'air d'une assemblée de dés mons perchés aus coucher du soleil sur la pointe de cesruines. Les bois.

et les cascades dus Taygète étaient, derrière nous, là Laconie à nos pied; et le plus beau ciel sur notre tête.

c’est Lacédémone#

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— « Ainsi Misitra est Lacédémone ? »

Le Grec me fit un signe de tête affirmalif. Je fus ravi.

« Maintenant, repris-je, expliquez-moi ce que je vois : quelle «est celte partie de la ville? » Et je montrais la partie devant moi, un peu à droite. | ,

« Mésochôrion, » répondit-il,

—« J'entends bien ; mais quelle partie était-ce de Lacédémone ?

— « Lacédémone? Quoi?»

J'étais hors de moi. es

« Au moins, In.

«diquez - moi le «fleuve.» Et je répélais : « Pota- « mos, Potamos. »

Mon Grec me fit remarquer le torrent appelé Ja rivière des Juifs.

«Comment, c’est

— «Là-bas, à Magoula, » dit le cicérone; et il me montrait au loin dans la vallée une chaumière blanche environnée de quelques arbres.

Les larmes me vinrent aux Yeux en fixant mes regards sur celle misérable cabane qui s'élevait dans l’enceinte abandonnée d’une des villes les plus célèbres de l'univers, et qui servait seule à faire reconnaître l'emplacement de Sparte, deméure unique d’un chevtier, dont toute la richesse consiste dans l'herbe qui croît sur Îles tombeauxd'Agis et de Léonidas.

Jene voulus plus rien voir ni rien entendre : je descendis précipitammentdu château, malgré les cris des guides qui vou- Jaient me montrer des ruines moder-

a là l'Eurotas? im- « possible ! Dites- «moi où est le « Vasilipotamos. »

Le cicérone fit de grands gestes, et étendit le bras à droite du côlé d’Amyclée.

Me voilà replongé dans toutes mes perplexités. Je pro- . noncai le nom d’1ri; et, à ce nom, mon Spartiate me montra la gauche à l'opposé d’Amyclée.

Il fallait conclure qu'il y avait deux fleuves : l’un à droite, le Vasilipotamos; l’autre à gauche, l'Iri; et que ni l’un ni l'autre de ces fleuves ne passait à Misifra, On a vu plus haut, par l’explication que j’ai donnée de ces deux noms, Ce qui causait mon erreur.

Ainsi, disais-je en moi-même, je ne sais plus où est l'Eurotas; mais il est clair qu'il ne passe point à Misi- .

fra. Donc Misitra n’est point Sparte, x moins que le cours du fleuve n'ait changé, et ne se soit éloigné de la ville; ce qui n’est pas du tout probable. Où estdonc Sparte Je serai venu jusqu'ici sans avoir pu la trouver {Je m’en retournerai sans l'avoir vue ! J'étais dans la constérnalion. Gomme j'allais descendre du château, le Grec s'écria: « Votre Seigneurie demande peut-être Palæochôri? » À ce LP FAPpEIRt le passage de d'Anville ; je m’écrieà mon tour : « Oui, Palæochôri! la vieille ville! Où est-elle, Palæochôri?

BD LaGnr, — Imprimerie de Viazar et Cie,

Promenade anx environs d'Afhénes.

nes, el me raconter des histoires d'agas, de pachas, de cadis, de vayvodes ; mais, en passant devant l'archevêché, je trouvaides papasquiattendaient le Français à la porte, et

qui m'invitèrent à

entrer de Ja part

de l'archevêque.

Quoique j'eusse bien désiré refuser cette politesse, il n’y eut pas moyen de s’y soustraire.

J’entrai donc : l’archevêque élait assis au milieu de son clergé dans une salle très-propre, garnie de nattes et de coussins à la manière des Turcs. Tous ces papas et leur chef étaient gens d’esprit et de bonne humeur; plusieurs savaient italien et s'exprimaientavec facilité dans cette langue. Je Jeur conlai ce qui venait de m'arriver ; au sujet des ruines de Sparte : ils en rirent et se moquèrent du cicérone: ils me pa-

rurent fort accoutumés aux étrangers.

La Morée est en effet remplie de Lévantins, de Francs, de Ragusains, d'Ttaliens,”et surtont de jeunes médecins de Venise et des îles Toniennes, qui viennent dépécher les cadis et les agas, Les chemins sont assez sûrs : on trouve passablement de quoi se nourrir; on jouit d'une grande liberté, pourvu qu'on ail un peu de fermeté et de prudence, C’est en général un voyage lrès-facile,

ES

Léo

sont eux qui ont établi de bonnes auberges dans toute l'Europe, en

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SR rep med rteee surtout pour un homme qui a véeu chez les Sauvages de l'Am rique. I y a toujours quelques Anglais sur les chemins du Péloponèse : les papas me dirent qu'ils avaient vu dans ces derniers temps des antiquaires et des ofliciers de cette nation. Il y a même à Misitra une maison grecque qu'on appelle l'Auberge anglaise : on-ymange du roast-beef, et l’on y boit du vin de Porto. Le voyageur à sous ce rapport de grandes obligations aux Anglais : Ce

Lialie, en Suisse, en Allemagne, en Espagne, à Constantinople, à Athènes, et jusqu'aux portes de Sparte, en dépit de Lycurgue. L'archevêque connaissait le vice-consul d'Athènes, etje ne sals s'il ne me dit point lui avoir donné l'hospitalité dans lex deux ou trois courses que M. Fauvel a faites à Misitra. Après qu'on m'eut servi le café, on me montra l’archevêché et l’église : celle-ci, fort célèbre dans.nos géographies, n’a pourtant rien de remarquable. La mosaïque du pavé est commune ; les peintures, vantées par Guillet, rappellent absolument les ébauches de l’école avant le Pérugin. Quant à l'architecture, ce sont toujours des dômes plus ou moins écrasés, plus ou moins multipliés. Cette cathédrale, dédiée à saint Dimitri, et non pas à la Vierge, comme on l'a dit, a pour sa part sept de ces dômes. Depuis que cet ornetnent à été employé à Constantinople dans la dégénération de l'art, il à inatqué tous les monuments de la Grèce. Il n’a ni la hardiesse du go= thique, ni la sage beauté de l'antique Il est assez majestueux quand il est immense; mais alors il écrase l'édifice qui le porte à s'il est petit, ce n’est plus qu'une calotte ignoble qui ne se lie à aucun wembre de l’archilecture, et qui s’élève au-dessus des en+ tablements tout exprès pour rompre la ligne harmonieuse de la cymaise.. CE RRUE … de vis dans la bibliothèque de l’archevêché quelques traités des pères grecs, des livres de controverse, et deux ou {rois historiens de la -Byzantine; entre autres Pachymère. Il eût élé intéressant de.collationner le texte de ce manuscrit avec les textes que nous avons; mais il aura sans doute passé sous les yeux de nos deux grands hellénistes, l'abbé Fourmont et d’Ansse de Villoison. Il est probable que les Vénitiens, longlemps mailres de la Morée, en auront enlevé Jes manuscrits les plus précieux. … Mes hôtes me montrèrent avec empressement des traductions imprimées de quelques oùvrages francais : c’est, comme on sait, le Télémaque; Rollin, ele ; et des nouveautés publiées à Buchas rest, Parmi ces lraductions, je n’oserais dire qué je trouvai Atala, Si M, Stamali ne m'avait aussi fait l’honneur de prêter à ma Sat yage. la langue d'Homnère, La lraduclion que je vis à Misitra n’é- Lul pas achevée; le traducteur était un Grec, natif de Zante: il s'était trouvé à Venise, lorsque Atala y parut en italien, et c’élait sur celle traduction qu'il avait commencé la sienne en grec vulgaire. Je ne sais si je cachai mon nom par orgueil ou par modestie; mais ma petite gloriole d'auteur fut si satisfaite de se rencontrer auprès de la grande gloire de Lacédémone, que le potlier de l'archevêché eut lieu de se louer de ma générosité : c’est une charité dont j'ai fait depuis pénitence.

Il était nuit quand je sortis de l’archevêché : nous traversämes la partie la plus peuplée de Misitra; nous passèmes dans le bazar inliqué dans plusieurs descriptions comme devant être l'Agora des anciens, supposant toujours que Misitra est Lacédémone. Ce bazar est un mauvais marché pareil à ces halles que l'on voit dans nos petites villes de province. De chétives boutiques deschalls, de merceries, de comestibles, en occupent les rues. Ces boutiques étaient alors occupées par des lampes de fabrique italienne. On me fit remarquer, à la lueur de ces lampes, deux Maniolles qui vendaient des sèches et des polypes de mer, appelés à Naples frutti di mare. Ces pêcheurs, d’une assez grande taille, ressemblaient à des paysans franes-comlois. Je ne leur lrouvai rien d’extraordinaire. J'achetai d'eux un chien de Tayzète : 1l était de moyenne taille, le poil fauve et rude, le nez irès-Court, l'air sauvage : . "

Fulvus Lacon, Amica vis pastoribus.

Je l'avais nommé Argus : « Ulysse en fit autant. » Malheureuz sement je le perdis quelques jours après sur la route entre Argos

et Corinthe.

longs habits. Nous nous détournions pour leur céder Je chemin, selon une coutume de l'Orient, qui tent à la jalousie plus qu’à Ja politesse. Je ne pus découvrir leurs visages ; je ne sais done s’il faut dire encore Sparte aux belles femmes , d’après Homère;

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dant lesquelles je ne m'étais reposé que quelques momentss Outre que je supporte la fatigue, le soleil et la faim, j'ai observê qu'une vive émotion me soutient contre la lassitude, et me donne M de nouvelles forces. Je suis convaincu d’ailleurs, et plus que pers sonne, qu'une volonté inflexible surmonte tout et l'emporte même sur le temps. Je me décidai à ne me point coucher, à profiter d& la nuit pour écrire des notes, à me rendre le lendemain aux ruines de Sparle, et à continuer de là mon voyage sans revenib à Misitra. |

reidre avec leurs chevaux sur la route d'Argos. et de m'attendre « à ce pont de l’Eurolas que nous avions déjà passé en venant de : Tripolizza. Je ne gardai que le janissaire pour M'ACCOLIPAGNEE M aux ruines de Sparte : si j'avais même pu me passer de lui, je Sn" rais allé seul à Magoula; car j'avais éprouvé combien des subab ternes qui s’unpatientent et s'ennuient vous gênent dans les ré cherches que vous voulez faire. :

jout, je montai à cheval avec le janissaire ; je récompensai les es claves du bon Ibraïm, et je partisau grand galop pour Lacédémones

qui se dirigeait droit au sud-est, lorsqu'au lever de l’aurore j'a

me dirigeai vers la principale ruine que je découvrais sur Un

Nous vimes passer plusieurs femmes enveloppées dans leurs

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