‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 4)Chapitre 29 sur 111 · FE · texte numérisé non relu

FE

Je rentrai chez TIbraïm après treize heures de courses, pen.

Je dis adieu à Ibraïm; j'ordonnai à Joseph et au guide de se |

Toul étant réglé de la sorte, le 48, une demi-heure avant le.

I y avait déjà une heure que nous courions par un chemin unk

perçus quelques débris et un long mur de construction antiques le cœui commence à me battre. Le janissaire se tourne vers n et me montrant &ut la droite , avec son fouet, une cabane h] châtre, il me crie d'un air de satisfaction : « Palæochôril » Je

hauteur. En tournant cetie haüteur par le nord-ouest afin d'ÿn monter, je m'avrélai tout à coup à la vue d’une vaste enceintes ouverle ën demi-cércle, et que je reconnus à l'instant pour Un théâtre, Je ne puis peindre les sentiinents confus qui vinrenh in'assiéger. La colline au pied de laquelle je me trouvais était done, la colline de la citadelle de Sparte, puisque le théâtre était adossè" à la citadelle : la ruine que je voyais sur cette colline était donc Jeu temple de Minerve-CGhalciæcos, puisque celui-ci était dans la CE tadelle ; les débris et le long mur que j'avais passés plus bas saient donc partie de la bu des Gynosures, puisque cette {rl était au tord de la ville : Sparte était donc sous mes yeux; et Sûl théâtre, que j'avais eu le bonheur de découvrir en arrivant, & donnait sur-le-champ les positions des quartiers et des mot ments. Je mis pied à terre, et je montai en courant sur la coll de la citadelle, ù : 5 Comme j'artivais à son sommet, le soleil se levait derrière monts Ménélaïons. Quel beau spectacle! mais qu’il était tri L'Eurotas coulant solitaire sous les débris du pont Babyx;. ruines de toutes parts, et pas un homme parmi ces ruines! restai immobile, dans une espèce de stupeur, à contempler ce scène. Un mélange d'admiration et de douleur arrêtait mes et ma pensée; le silence était profond autour de moi : je vou du moins faire parler l'écho dans des lieux où la voix humailô ne se faisait plus entendre, et je criai de toute ma force : Léonk das! Aucune ruine ne répéta ce grand nom, et Sparte même sembla l'avoir oublié. . 2 3 Si des ruines où s’attachent des souvenirs illustres font bieï voir la vanité de tout ici-bas, il faut pourtant convenir que les noms qui survivent à des empires et qui :mao la isent des ten et des lieux sont quelque chose. Après tou, ue dédaignons, trop la gloire; rien n’est plus beau qu’elle, si ce n’est la vert. E

comble du bonbeur serait de réunir l’une à l’autre dans cette vie ; et c'était l'objet de l’unique prière que les Spartiates adressaient aux dieux : « Ut pulchra bonis adderent! »

Quand l'espèce de trouble où j'étais fut dissipé, je commençai

à étudier {es ruines autour de moi, Le sommet de la colline of- {raitun plateau environné, surlout au nord-ouest, d'épaisses murailles : jen fis deux fois le tour, et je comptai mille cinq cent soixante, et mille cinqcent Soixante-six pascommuns, ou à peu près sept cent quatre vingis pas géométriques; mais il faut remarquer que j'embrasse dans ce circuit le sommet entier de la colline ; y compris la courbe que forme l’excavaltion du théâtre dans cette colline : c’est ce théâtre que Leroi a examiné,

Des décombres, partie ensevélis sous terre , partie élevés audessus du sol, annoncent, vers le milieu de ce plateau , les fondements du temple de Minerve-Chalciæcos , où Pausianias se rélugia vainement et perdit la vie. Une espèce de rampe en terrasse, large de soixante-dix pieds, et d’une pente extrêmement douce, descend du midi de la colline dans la plaine. C'était peutêtre le chemin par où l'on montait à la citadelle, qui ne devint très-forle que sous les lyrans de Lacédémone.

A la naissance de cette rampe , et au-dessus du théâtre , je vis un petit édifice de formé ronde aux troïs quarts détruit : les niches intérieures en paraissent également propres à recevoir des states ou des urnes. Est-ce un tombeau ? Est-ce le temple de Vénus armée? Ce dernier devait être à peu près dans cette position , et dépendant de la tribu des Égides. César, qui prétendait descendre de Vénus, portaitsur son anneau l'empreinte d'une Vénus armée : c’était en effet le double emblème des faiblesses et de la gloire de

ce grand homme :

Vincere si possum nuda, quid arma gerens ?

Si l’on se place avec moi sur la colline de la citadelle, voici ce w’on verra autour de soi :

Au levant, c’est-à-dire vers l’Eurotas, un monticule de forme

allongée, et aplali à sa cime,comme pour servir de stade ou d’hip-

podrome. Des deux côtés de ce monticule, entre deux autres mon- :

ticules qui font, avec le premier, deux espèces de vallées, on aperçoit les ruines du pont Babyx et le cours de l'Eurotas: De l’autre côté du fleuve, la vue est arrêtée par une chaîne de collines rougeâtres : cé sont les monts Ménélaïons. Derrière ces monts s'élève la barrière des hautes montagnes qui bordent au loin le golfe d'Argos.

Dans cette vue à l'est, entre la citadelle et l'Eurotas, en portant les yeux nord et sud par l’est, parallèlement au cours du fleuve, on placera la tribu des Limnates, le temple de Lycurgue, le palais du roi Démarate, la tribu des Égides et celle des Mes-

- soates, un des Lesché, le monument de Cadmus, les temples

d'Hereule, d'Hélène, et le Plataniste. J'ai compté dans ce vaste espace sept ruines debout et hors de terre, mais tout à fait informes et dégradées, Comme je pouvais choisir, j'ai donné à l'un

* de ces débris le noi du temple d'Hélène; à l'autre celui du tombeau d’Aleman : j'ai cru voir les monuments héroïques d’Égée et de Cadmus; je me suis déterminé ainsi pour la Fable, et n’ai reconnu pour l’histoire que le temple de Lycurgue. J’avoue que je préfère au brouet noir et à la Cryptie la mémoire du seul poëte que Lacédémone ait produit, etla couronnede fleurs que lesfilles de Sparie cueillirent pour Hélène dans l’île du Plataniste :

O ubi campi, Sperchiusque et virginibus bacchata Lacænis, Ta, gela !

En regardant maintenant vers le nord, et {oujours du sommet

(4) Chalciecos, maison d'airain. Il ne fant pas prendre Je texte de Pausanins et de Plutarque à la Lttre, et s'imaginer que ce temple fat tout d’airain ; cela veut dire seulement que ce L.m le était revètu d'airain en dedaus et pent-ètre en dehors. J'espere que personne ne confondra L:s deux Pausanius que je cite ici, l’un dans le texte, l'autre dans la note.

de la citadelle, on voit une assez haute colline qui domine même celle où la citadelle est bâtie, ce qui contredit le texte de Pausanias. C’est dans ia vallée que forment ces deux collines que devaient se trouver la place publique et les monuments que cette dernière renfermait, tels que le sénat des Gérontes, le Chœur, le Portique des Perses, elc. n'ya aucune ruine de ce côté, Au nord ouest s’étendait la tribu des Cynosures, par où j'étais entré à Sparte , et où j'ai remarqué le long mur. |

Tournons-nousà présent à l'ouest, el nous aperceyrons, sur un terrain uni, derrière et au pied du théâtre, trois ruines, dont l’une est assez haute et arrondie comme une tour : dans cette direction se trouvaient la tribu des Pitanates, le Théomélide , les tombeaux de Pausanias et de Léonidas, le Lesché des Grotanes et le temple de Diane Isora.

Enfin, si l’on ramène ses regards au midi, on verra une terre inégale que soulèvent çà et là des racines de murs rasés au niveau du sol. Il faut que les pierres en aient été emportées, car on ne les aperçoit point à l'entour. La maison de Ménélas s'élevait dans celte perspective; et plus loin, sur le chemin d’Amyclée, on rencontrait le temple des Dioscures el des Grâces. Celte description deviendra plus intelligible si le lecteur veut avoir recours à Pausanias ou simplement au Voyage d'Anacharsis.

‘Tout cet emplacement de lacédémone est inculte : le soleil l'embrase en silence et dévore incessarnment le marbre des tombeaux. Quand je vis ce désert aucune plante n’en décorait les débris, aucun oiseau , aucun inseclé ne les animait, hors des millions de lézards qui montaient et descendaient sans bruit le long des murs brûlants, Une douzaine de chevaux à demi sauvages paissaient cà et là une herbe flétrie, ua pâtre cultivait dans un coin du théâtre quelques pastèques; et à Magoula, qui donne son triste nom à Lacédémone, on remarquait un pelit bois de cyprès. Mais ce Magoula même, qui fut autrefois un village turc assez considérable, a péri dans ce champ de mort : ses masures sont tombées, et ce n'est plus qu’une ruine qui annonce des ruines.

Je descendis de la citadelle, et je marchai pendant un quart d'heure pour arriver à l'Eurotas, Je le vis à peu près tel que je l'avais passé deux lieues plus haut sans le connaître : il peut avoir devant Sparte la largeur de la Marne au-dessus de Charenton. Sonlit, presque desséché en été, présente une grève semée de petits cailloux, plantée de roseaux et de lauriers-roses, et sur laquelle coulentquelques filets d’une eau fraiche et limpide. Cette eau me parut excellente; j'en bus abondamment, car je mourais de soif. L’Eurotas mérite certäinément l’épithète de xæh ed 0vaE , aux beauxroseaux, que lui a dounée Euripide, mais je nesais s’il doit garder celled’olorifer, car je n'ai paint aperçu decygnes dans ses eaux. Jesuivis son cours, espérant rencontrer ces oiseaux qui, selon Platon, ont avant d’expirer une vüe de l'Olyinpe, et c'est pourquoi leur derniet chant est si mélodieux : mes recherches furent inutiles. Apparemment que je n’ai pas, comme Horace, la faveur des Tyndarides, et qu'ils n'ont pas voulu me laisser pénétrer le secret de leur berceau.

Les fleuves fameux ont la même destinée que les peuples fa: meux : d’abord ignorés, puis célébrés sur toute la terre, ils re= tombent ensuite dans leur première obscurité. L’Eurotas, appelé d'abord Himère, coule maintenant oublié sous le nom d'/r4, comme le Tibre, autrefois l'Albula, porte aujourd'hui à la mer les eaux inconnues du Tévère. J'examinai les ruines du pont Babyx, qui sont pen de chose. Je cherchai l'île du Plataniste, et je crois l’avoir trouvée au-dessous même de Magoula : c’est on terrain de forme triangulaire, dont un côté est baigné par l'Eurotas, el dont les deux autres côtéssont fermés par des fossés pleins de jonc, où coule pendant l'hiver la rivière de Magoula, l’ancien Cnacion.

Il y à dans cette île quelqnes müûriers et des Sycomores, mais point de platanes, Je n'aperçus rien qui prouvât que les Tures fissent encore de cette ile un lieu de délices: je vis cependant quelques fleurs, entre aulres des lis bleus portés par une espèce de glaïeuls; j'en cueillis plusieurs en inémoire d'Hélène:

PE

la fragile couronne de la beauté existe encore sur les bords de l'Eurotas, et la beauté même a disparu. Ë

La vue dont on jouit en marchant le long de PEurolas est bien différente de celle que l’on découvre du sommel à la citadelle, Le fleuve suit un lit tortueux, et se cache, comme je l'ai dit, parmi des roseaux et des lauriers-roses aussi grands que des arbres ; sur la rive gauche, les monts Ménélaïons, d’un aspect aride et rougeâtre, forment contraste avec la fraîcheur et la verdure du cours de l'Eurotas. Sur la rive droite, le Taygète déploie son magnifique rideau : tout l'espacecompris entre ce rideau et le fleuve est occupé par les collines et les ruines de Sparte; ces collines et ces ruines ne paraissent point désolées comme lorsqu'on les voit de près : elles semblent au contraire teintes de pourpre, de violet, d’or pâle. Ce ne sont point les prairies et les feuilles d'un vert cru et froid qui font les admirables paysages, ce sont les effets de la lumière : voilà pourquoi les roches et les bruyères de la baie de Naples seront toujours plus belles que les vallées les plus fertiles de la France et de l'Angleterre. d

Ainsi, après des siècles d’oubli, ce fleuve qui vit errer sur ses bords les Lacédémoniens illustrés par Plutarque, ce fleuve, disje, s’est peut-être réjoui dans son abandon d'entendre retentir autour de ses rives les pas d’un obscur étranger. C'était le 48 août 1806, à neuf heures du matin, que je fis seul, le long de l'Eurotas, celte promenade qui ne s’effacera jamais de ma mémoire. Si je hais les mœurs des Spartiates, je ne méconnais point la grandeur d’un peuple libre, et je n’ai point foulé sans émotion sa noble poussière. Un seul fait suffit à la gloire de ce peuple : quand Néron visita la Grèce il n’osa entrer dans Lacédémone. Quel magnifique éloge de cette cité !

.… Je relournai à la citadelle en m’arrêtant à tous les débris que Je rencontrais sur mon chemin. Comme Misitra a vraisemblablement été bâtie avec les ruines de Sparte; cela sans doute aura beaucoup contribué à la dégradation des monuments de cette dernière ville. Je trouvai mon compagnon exactement dans la même place où je l'avais laissé : il s'était assis; il avait dormi; il venait de se réveiller ; il fumait ; il allait dormir encore. Les chevaux pen paisiblement dans les foyers du roi Ménélas :« Hélène point quitté sa belle quenouille chargée d’une laine à Fr MS Late Len leur donner un pur froment dans une Es He » AUSSI, tout voyageur que Je suis, je ne dE ysse, quoique je préfère, comme Télémaque, = rochers paternels aux plus beaux pays.

ae ue le PoIste dardait à plomb ses rayons sur nos têtes. nous mimes à l’ombre dans un coin du théâtre, et nous mangeñmes d'un grand appélit du pain et des figues sèches que nous avions apportés de Misitra ; Joseph s’était emparé du reste des provisions. Le janissaire se réjouissait; ilcroyait en être quitte, et + préparait à partir; mais il vit bientôt, à son grand déplaisir, qu’il s'était trompé. Je me mis à écrire des notes et à prendre la vue des lieux : tout cela dura deux grandes heures, après quoi je voulus examiner les monuments à l’ouest de la citadelle. C'était de ce côté que devait être le tombeau de Léonidas. Le janissaire m accompagna, tirant les chevaux par la bride; nous allions errant de ruine en ruine. Nous étions les deux seuls hommes vivants au milieu de tant de morts illustres; tous deux Barbares, élrangers l’un à l’autre, ainsi qu’à Ja Grèce; sortis des forêls de la Gaule et des rochers du Caucase, nous nous étions rencontrés au fond du Péloponèse, moi pour passer, lui pour vivre sur les tombeaux qui w’étaient pas ceux de nos aïeux.

J'interrogeai vainement les moindres pierres pour leur demander les cendres de Léonidas, J'eus pourtant un moment d'espoir : près de celte espèce de tour que j'ai indiquée à l’ouest de la citadelle, je vis des débris de sculptures, qui me semblèrent être ceux d’un lion. Nous savons par Hérodote qu’il y avait un lion de pierre sur le tombeau de Léonidas; circonstance qui n’est pas rapportée par Pausanias, Je redoublai d'ardeur; tous mes soins fu-

(1) Odyss,

rent inutiles (1). Je ne sais si c'est dans cet endroit que l'abbé Fourmont fil la découverte de trois monuments curieux. L'un était un cippe sur lequel était gravé le nom de Jérusalem sil s'agissait peut-être de celte alliance des Juifs et des Lacédémo- -niens dont il est parlé dans les Macchabées ; les deux autres monuments étaient les inscriptions sépulcrales de Lysander et d'Aoésilas : un Français devait naturellement retrouver le tombeau de deux grands capitaines. Je remarquerai que c’est à mes compatriotes que l’Europe doit les premières notions satisfaisantes qu'elle ait eues sur les ruines de Sparte et d'Athènes (2). Deshayes, envoyé par Louis XIII à Jérusalem, passa vers l’an 1629 à Athènes : nousavonsson Voyage, que Chandler n’a pas connu. Le père Babin, Jésuite, donna en 1672 sa relation de l'Etat pré- » sent de la ville d'Athènes; cette relation fut rédigée par Spon, avant que ce sincère et habile voyageur eùt commencé ses courses avec Wheler. L'abbé Fourmont et Leroi ont répandu les prez miers des lumières certaines sur la Laconie, quoique à la vérité Vernon eût passé à Sparte avant eux; mais on n'a qu'une seule lettre de cet Anglais : il se contente de dire qu’il a vu Lacédé-" mone, et il n’entre dans aucun détail (3). Pour moi, j'ignore si mes recherches passeront à l'avenir; mais du moins j'aurai mêlé mon nom au nom de Sparle, qui peut seule le sauver de l'oubli; j'aurai, pour ainsi dire, retrouvé celte cité immortelle, en donnant sur ses ruines des détails jusqu'ici inconnus : un simple pêcheur, par naufrage ou par aventure, détermine souvent la position de quelques écueils qui avaient échappé aux soins des pi: lotes les plus habiles.

Il y avait à Sparte une foule d’autels et de statues consacrés a Sommeil, à la Mort, à la Beauté (Vénus-Morphô), divinités de tous les hommes: à la Peur sous les armes, apparemment celle que les Lacédémoniens inspiraient aux ennemis * rien de tout cela n’est resté; mais je lus sur une espece de socle ces quatre lettres AASM. FautAl rétablir T'EAAZMA; Gelasma? Serait-ce le piédestal de cette statue du Rire que Lycursue plaça chez les graves descendants d'Hercule? L’autel du Rire subsistant seul au milieu de Sparte ensevelie offrirait un beau sujet de triomphe à la philosophie de Démocrite | 3 ae Le

Le jour finissait lorsque je m'arrachaï à Ces illustres débris, à l'ombre de Lycurgue, aux souvenirs des Thermopyles et à tous les mensonges de la Fable et de l’histoire. Le soleil disparut derrière le Taygète, de sorte que je le vis commencer et finir son tour sur les ruines de Lacédémone. Il ÿ avait trois mille cinq cent quarante-trois ans qu'il s'était levé et couché pour la pre M mière fois sur celte ville naissante. Je partis l'esprit rempli des objets que je venais de voir, el livré à des réflexions intarissables : de pareilles journées font ensuile supporter patiemment beaucoup de malheurs, et rendent surtout indifférent à bien des spectacles.

Nous remontâmes le cours de l’Eurotas pendant une heure et demie, au travers des champs, et nous tombâmes dans le chemin de Tripolizza. Joseph et le guide étaient campés de l'autre côté de la rivière, auprès du pont : ils avaient allumé du feu avec des roseaux, en dépit d’Apollon, que le gémissement de ces roseaux …

(1) Ma mémoire me trompait ici : le lion dont parle Hérodote était aux, Thermopyles. Cet historien ne dit pas mème qne les os de Léonidas furent transportés dans sa patrie. Il prétend, au contraire, que Xerxès fit mettre en croix le corps de ce prince. Ainsi, les débris du lion que j'ai vu à Sparte ne peuvent point indiquer la tombe de Léonidas. On croit bien que je n'avais pas un Hérodote à la main sur les ruines de Lacédémone ; je n'avais porté dans mon voyage que Racine, le Tasse, Virgile et Homère; celui-ci avait des feuillets blancs pour écrire des notes, IL n’est donc pas bien étonnant qu’obligé de tirer mes ressources de ma mémoire, j'aie pu me méprendre » sur un lieu, sans néanmoins me tromper sur un fait. On peut voir deuxjolies épigrammes de l’Anthologie sur ce lion de pierre des Thermopyles.

(2) On a bien sur Athènes les deux lettres de la collection de Martin Crusius, en 4584; mais, outre qu’elles ne disent pres que rien, elles sont écrites par des Grecs natifs de la Morée, et par conséquent elles ne sont point le fruit des recherches des voyageurs modernes, Spon cite encore le manuscrit de la bibliothèque Barberine, à Rome, qui remontait à deux cents ans avant son voyage, et où il trouva quelques dessins d'Athènes, Voyez l’Introduction.

(3) Voyez sur tout cela l'Introduction,

RE ir consolait de la perte de Daphné. Joseph s'était abondamment pourvu du nécessaire il avait du sel, de l'huile, des pastèques, du pain et de la viande. Il prépara un gigot de mouton, comme le compagnon d'Achille, et me le servit sur le coin d’une grande pierre, avec du vin de la vigne d'Ulysse et de l’eau de l'Eurotas. J'avais justement pour trouver ce souper excellent ce qui manquait à Denys pour sentir le mérite du brouet noir.

Après le souper Joseph apporta ma selle, qui me servait ordinairement d'oreiller; je m’enveloppai dans mon manteau, et je me couchai au bord de l’Eurotas, sous un laurier. La nuit était

si pure et Si sereine, que la voie lactée formait comme une aube réfléchie par l'eau du fleuve, et à la clarté de laquelle on aurait pu lire. Je m'endormis les yeux attachés au ciel, ayant précisément au-dessus de ma tête la belle constellation du Cygne de Léda. Je me rappelle encore le plaisir que j'éprouvais autrefois à me reposer ainsi dans les bois de l'Amérique, et surtout à me réveiller au milieu de la nuit. J’écoutais le bruit du vent dans la solitude, le bramement des daims et des cerfs, le mugissement d’une cataracte éloignée, tandis que mon bûcher, à demi éteint, rougissait en dessous le feuillage des arbres. J'aimais jusqu'à la voix de J’Iroquois, lorsqu'il élevait un cri du sein des forêts, et qu’à la clarté des étoiles, dans le silence de la nature, il semblait proclamer sa liberté sans bornes. Tout cela plaît à vingt ans, parce que la vie se suffit pour ainsi dire à elle-même, et qu’il y a dans la première jeunesse quelque chose d'inquiet et de vague qui nous porte incessamment aux chimères, ipsi sibi somnia fingunt ; mais, dans un âge plus mr, l'esprit revient à des goûts plus solides : il veut surtout se nourrir des souvenirs et des exemples de l’histoire. Je dormirais encore volontiers au bord de l’Eurotas où du Jourdain, si les ombres héroïques des trois cents Spartiates ou les douze fils de Jacob devaient visiter mon sommeil : mais je n’irais plus chercher une terre nouvelle qui n’a point été déchirée par le soc de la charrue ; il me faut à présent de vieux déserts qui me rendent à volonté les murs de Babylone ou les légions de Pharsale, grandia ossa ! des champs dont les sillons m'instruisent, et où je retrouve, homme que je suis, le sang, les larmes et les sueurs de l’homme.

Joseph me réveilla le 19, à trois heures du matin, comme je le lui avais ordonné: nous sellâmes nos chevaux et nous partimes. Je tournai la tête vers Sparte, et je jetai un dernier regard sur l’Eurotas : je ne pouvais me défendre de ce sentiment de tristesse qu’on éprouve en présence d’une grande ruine, et en quittant des lieux qu’on ne reverra jamais.

Le chemin qui conduit de la Laconie dans l’Argolide était dans l'antiquité ce qu'il est encore aujourd’hui, un des plus rudes et des plus sauvages de la Grèce. Nous suivimes pendant quelque temps la route de’ Tripolizza 3 Puis, tournant au levant, nous nous enfonçâmes dans des gorges de montagnes. Nous marchions rapidement dans des ravines et sous des arbres qui nous obligeaient de nous coucher sur le cou de nos chevaux. Je frappai si rudement de la tête contre une branche de ces arbres, que je fus jeté à dix pas sans connaissance, Comme mon cheval continuait de galoper, mes Compagnons de voyage qui me devangalent, ne 8 aperçurent pas de ma chute : leurs cris, quand ils revinrent à moi, me tirèrent de mon évanouissement.

A quatre heures du malin nous parvinmes au sommet d’une montagne où nous laissâmes reposer nos chevaux Le froid devint si piquant, que nous fûmes obligés d'allumer un feu de bruyères. Je ne puis assigner de nom à ce lieu peu célèbre dans l'antiquité ; Mails nous devions être vers les sources dé Lœnus, dans la chaîne du mont Éva, et peu éloignés de Prasiæ, sur le golfe d’Argos. La

Nous arrivämes à midi à un gros village appelé Saint-Paul, assez Voisin de la mer : on n’y parlait que d’un événement tra- 8ique qu ons empressa de nous raconter,

À AeRILE de ce village, ayant perdu son père el sa mèrt, et se trouvant maitresse d’uue pelile fortune, fut envoyée par ses pareuts à Constantinople. A dix-huit ans elle revint dans

son village : elle parlait le ture, l'italien et le français, et quand il passait des étrangers à Saint-Paul , elle les recevait avec une politesse qui fit soupçonner sa vertu. Les chefs des paysans s'assemblèrent. Après avoir examiné entre eux la conduite de l’orpheline, ils résolurent de se défaire d’une fille qui déshonorait le village. Ils se procurèrent d’abord la somme fixée en Turquie pour le meurtre d’une chrétienne; ensuite ils entrèrent pendant la nuit chez la jeune fille, l’assommèrent; et un homme qui attendait la nouvelle de l'exécution alla porter au pacha le prix du sang. Ce qui mettait en mouvement tous ces Grecs de Saint-Paul, ce n’était pas l’atrocité de l’action; mais l’avidité du pacha; car celui-ci, qui trouvait aussi l’action toute simple, et qui convenait avoir reçu la somme fixée pour un assassinat ordinaire, observait pourtant que la beaulé, la jeunesse, la science, les voyages de l’orpheline, lui donnaient (à lui pacha de Morée) de justes droits à une indemnité : en conséquence sa seigneurie avait envoyé le jour même deux janissaires pour demander une nouvelle contribution. .

Le village de Saint-Paul est agréable ; il est arrosé de fontaines ombragées de pins de l'espèce sauvage, pinus sylvestris. Nous y trouvâmes un de ces médecins italiens qui courent toute la Morée : je me fis tirer du sang. Je mangeai d'excellent lait dans une maison fort propre, ressemblant assez à une cabane suisse. Un jeune Moraïte vint s'asseoir devant moi : il avait l'air de Méléagre par la taille et le vêtement. Les paysans grecs ne sont point habillés comme les Grecs levantins que nous voyons en France : ils portent une tunique qui leur descend jusqu'aux genoux, et qu'ils rattachent avec une ceinture; leurs larges culottes sont cachées par le bas de cette tunique; ils croisent sur leurs jambes nues les bandes qui retiennent leurs sandales : à la coiffure près, ce sont absolument d'anciens Grecs sans manteau.

Mon nouveau compagnon, assis, comme je l’ai dit, devant moi, surveillait mes mouvements avec une extrême ingénuilé. Il ne disait pas un mot el me dévorait des yeux : il avançait la tête pour regarder jusque dans le vase de terre où je mangeais mon lait. Je me levai, il se leva; je me rassis, il s’assit de nouveau. Je lui présentai un cigare; il fut ravi et me fit signe de fumer avec lui, Quand je partis, il courut après moi pendant une demi-heure, toujours sans parler et sans qu’on püût savoir ce qu’il voulait. Je lui donnai de l'argent, il le jeta : le janissaire voulut le chasser, il voulut battre le janissaire, J'étais touché je ne sais pourquoi, peut-être en me voyant, moi Barbare civilisé, l’objet de la curiosité d'un Grec devenu Barbare (1).

Nous étions partis de Saint-Paul à deux heures de l’aprèsmidi, après avoir changé de chevaux, et nous suivions le chemin de l’ancienne Cynurie. Vers les quatre heures le guide nous cria que nous allions être attaqués : en effet, nous aperçümes quelques hommes armés dans la montagne; ils nous regardèrent longtemps et nous laissèrent tranquillement passer. Nous entrâmes dans les monts Parthénius, et nous descendimes au bord d’une rivière dont le cours nous conduisit jusqu’à la mer. On découvrait la citadelle d’Argos, Nauplie en face de nous, et les montagnes de la Corinthie vers Mycènes. Du point où nous étions parvenus, il y avait encore {rois heures de marche jusqu’à Argos; il fallait tourner le fond du golfe en traversant le marais de Lerne, qui s'élendait entre la ville et le lieu où nous nous trouvions, Nous passâmes auprès du jardin d’un aga, où je remarquai des peupliers de Lombardie mêlés à dés cyprès, à des citronniers, à des orangers, et à une foule d'arbres que je n avais point vus jusqu’alors en Grèce. Peu après le guide se trompa de chemin, et nous nous trouvâmes engagés sur d'étroites chaussées qui séparaient de petits élangs et des rivières inondées. La nuit nous surprit au milieu de cet embarras : il fallait à chaque pas faire sauter dé larges fossés à nos chevaux qu’effrayaient l'obscurité, le coasse-

(1) Les Grecs de ces montagnes prétendent être les vrais descendants des Lacédémoniens ; ils disent que les Maniottes ne sont qu'un ramas de brigands étrangers, et ils ont raison,

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ment d’ine multitude de grenouilles, et les flammes violettes qui Couraient sur lé marais. Le cheval du guide s'abattit; et, comme fous marchions à la filé, nous trébûchâmes les uns sur les autres dans un fossé. Nous eriions vus à la fois sans nous entendre ; l’eau était assez profonde pour que les chevaux pussent y nager et S'y noyer avec leurs maîtres ; ma saignée s'était rouverte, et Je Souffrais beaucoup de la tête. Nous sorlimes enfin miraculeuse ment de ce bourbier, mais nous étions dans l'impossibilité de ga- 8ner Argos. Nous aperçümes à travers les roseaux une petite lu- Mière : nous nous dirigeämes de ce côté, mourant de froid, cou- Verts de boue, tirant nos chevaux par la bride, et courant le risque à chaque pas de nous replonger dans quelque fondrière.

La lumière nous güida à une ferme située au milieu du marais, dans le voisinage du village de Lerne : on venait d’y faire la moisson ; les moissonneurs étaient couchés sur la terre; ils se levaient Sous nos pieds, et s’enfuyaient comme des bêtes fauves. Nous par- Vinres à les rassurer, et nous passämes le reste de la nuit avec eux sur un fumier de brebis, au lieu le moins sale et le moins bumidé que nous pûtnes trouver. Je serais en droit de faire une querelle à Hercüle, qui n’a pas bien tué l’hydre de Lerne ; car je gagnai dans ce lieu malsain une fièvre qui ne me quitta tout à fait qu'en Égypte,

Le 20, au lever de l'aurore, j'étais à Argos : le village qui remplace cette ville célèbre est plus propre et plus animé que la Plupart des autres villages de la Morée. Sa position est fort belle au fond du golfé de Nauplie ou d’Argos , à une lieue et demie de la mer; il a d'un côté les montagnes de la Cynurie et de l’Arcadie, et de l'antre, lés hauteurs de Trézène et d'Épidaure.

Mais, soit que mon imagination fût attristée par le souvenir des malheurs et des füreurs des Pélopides , soit que je fusse réellement frappé par la vérité, les terres me parurent incultes et désertes, les montagnes, sombres et nues, sorte de nature féconde en gratis crimes et en grandes vertus. Je visitai ce qu’on appelle les restes du palais d'Agamemnon, les débris d’un théâtre et d’un aqueduc romain ; je monlai à la citadelle, je voulais voir jusqu’à la moindre pierre qu'avait pu remuer la main du roi des rois. Qui se peut vanter de jouir de quelque gloire auprès de ces familles chantées par Homère, Eschyle, Sophocle, Euripide ct Racine? Et quand ôn voit pourtant sur les lieux combien peu de chose reste de ces familles, on est merveilleusement étonné!

Il y à déjà longtemps que les ruines d’Argos ne répondent plus à la grandeur de son nom, Chandler les trouva en 1756 absolument lelles que je les ai vues: l'abbé Fourmont en 1746, et Pellegrin en 4719, n'avaient pas été plus heureux. Les Vénitiens Ont Surtout contribué à la dégradation des monuments de celte Ville, en employant ses débris à bâtir le château de Palamide. Il Y avait à Argos, du temps de Pausanias, une statue de Jupiter, remarquable parce qu’elle avait trois yeux, et bien plus remarquable encoré par une autre raison : Sthénélus l'avait apportée de Troie ; c'était, disait-on , la statue même aux pieds de laquelle Priam fut massacré dans son palais par le fils d'Achille :

Ingens ara fuit, juxtaque veterrima laurus, Incumbens aræ, atque umbra complexa Penates,

Mais Argos, qui triomphait sans doute lorsqu'elle montrait dans ses murs les Pénates qui trahirent les foyers de Priam; Argos offrit bientôt elle-même un grand exemple des vicissitudes du sor!, Dès le règne de Juiien l'Apostat, elle était tellement déchue de sa gloire, qu'elle ne put, à cause de sa pauvreté, contribuer au rétablissement et aux frais des jeux Isthmiques. Julien plaida sa cause contre les Corinthiens : nous avons encore ce plaidoyer dans les ouvrages de cet empereur. (Ep. xxv.) C'est un des plus singuliers documents de l’histoire des choses et des hommes. Eutin Argos, la patrie du roi des rois, devenue dans le moyen âge l’héririlage d’une veuve vénitienne, fut vendue par cette veuve à la république de Venise pour deux cents ducats de rente viagère

et cinq cents une fois payés. Coronelli rapporte le contrat : Omnia tas!

SE fie recu à Argos par le médecin italien Avramiotti, que M. Pouqueville vit à Nauplie, et dont il opéra Ja pelite fille attaquée d’une hydrocéphale. M. Avramiolti me montra une carte du Péloponèse où il avait commencé d'écrire, avec M. Fauvel; les noms anciens auprès des noms modernes : ce sera tin travail précieux, et qui ne pouvait être exécuté que par des hommes résidant sur leslieux depuis un grandnombre d'années. M : Avramiotti avait fait sa fortune, et il commençait à soupirer après l'Italie. Il a deux choses qui revivent dans le cœur de l’homme à mesure w'il avance dans la vie, la patrie et la religion. On à beau avoir ou: blié l’une et l’autre dans sa jeunesse, elles se présentent tôt on tard à nous avec tous leurs charmes, et réveillent au fond de nos cœurs un amour justement dû à leur beauté. Nous parlâmes donc de la France et de l'Italie à Argos, par la même raison que le soldat argien qui suivait Énée se souvint d’Argos en monrant en Italie. Il ne fut presque point question entre nous d Agamemnon, quoique je dusse voir le lendemain son tombeau. Nous causions sur là terrasse de la maison, qui dominait le golfe d'Argos : c'était peut-être du haut de cette terrasse qu’une pauvre femme lança la tuile qui mit fin à la gloire et aux aventures de Pyrrhus: M. Avramiotti me montrait un promontoire de l’autre côté de la mer et me disait : « C'était là que Clytemnestre avait placé l’es- « elave qui devait donner le signal du retour de la flotte des « Grecs : » et il ajoutait : « Vous venez de Venise à présent ? Je « crois que je ferais bien de relourner à Venise. »

Je quittai cet exilé en Grèce le lendemain à la pointe du jour, et je pris, avec de nouveaux chevaux et un nouveau guide, le chemin de Corinthe. Je crois que M. Avramiotli ne fut pas fâché d’être débarrassé de moi : quoiqu'il m’eût reçu avec beaucoup de politesse, il était aisé de voir que ma visite n'était pas venue (très à propos:

Après une demi-heure de marche, nous traversämes l’Inachus, père d'Io, si célèbre par la jalousie de Junon : avant d'arriver au lit de ce torrent, on trouvait autrefois, en sortant d’Argos, la porte Lucine et l'autel du soleil. Une demi-liene plus loin, de l'autre côté de l'Inachus, nous aurions dà voir le temple de Cérès

Mysienne, et plus loin encore le tombeau de Thyeste, et le monu-

nument héroïque de Persée. Nous nous arrèlâmes à peu près à la hauteur où ces derniers monuments existaient à] époque du voyage de Pausanias. Nous allions quitter la plaine d Argos, sur laquelle on a un très-bon mémoire de M. Barbié du Bocage. Près d’entrer dans les montagnes de la Corinthie, nous voyions Nauplie derrière nous. L'endroit où nous étions parvenus se nomme Carvali, et c’est là qu'il faut se détourner de la route pour chercher sur la droite les ruines de Mycènes. Chandler les avait manquées en revenant d’Argos. Elles sont (rès-connues aujourd’hui, à cause des fouilles que lord Elgin y a fait faire à son passage en Grèce. M. Fauvel les a décrites dans ses Mémoires, et M. de Choiseul-Gouffier én possède les dessins : l’abbé Fouront en avait déjà parlé; et Dumonceaux les avait aperçues. Nous traversâmes une bruyère; un pelit sentier nous conduisit à ces débris, qui sont à peu près tels qu'ils étaient du temps de Pausanias; car il y a plus de deux mille deux cent quatre-vingts années que Mycènes esl détruite. Les Argiens la renversèrent de fond en comble, jaloux de la gloire qu’elle s'était acquise en envoyant quarante guertiers mourir avec les Spartiates aux Thermopyles. Nous commençämes par examiner le tombeau auquel on à donné le nom de tombeau d'Agamemnon : c'est un monumént-souterrain, de forme ronde, qui reçoit la lumière par le dôme, et qui n’a rien de remarquable, hors la simplicité de l'architecture. On ÿ entre par une tranchée qui aboutit à la porte du tombeau : celte porte était ornée de pilastres d’un marbre bleuâtre assez commun, liré des montagnes voisines. C’est lor& £lgin qui a fäit ouvrir cé monument et déblayer les terres qui encombraient l'intérieur: Uue petite porte surbaissée conduit de la chambre principale à une chambre de moindre étendue. Après

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