‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 4)Chapitre 47 sur 111 · R RAR A · texte numérisé non relu

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un autre poële : Isaïe succède à Homère. À

Et ce n'était pas tout encore; car la mer que je contemplais baignait, à ma droile, les campagnes de la Galilée, et, à ma gauche, la plaine d’Ascalon : dans les premières je retrouvais les traditions de la vie patriarcale et de la nativité du Sauveur; dans la seconde je rencontrais les souvenirs des croisades etles ombres des héros de Jérusalem :

Grandee mirabil cosa era il vedere | Quando quel campo e questo a fronte venne + :73) Come spiegate in ordine le schiere,

Di mover già, già d’assalire accenné :

Sparse al vento ondeggiando ire le bandiere # ÆE ventolar su i grand cimier le penne : «18e Abiti, fregi, impresse, e arme, e colori tes D’oro e di ferro, al sol lampi, e fülgori. |

« Quel grand et admirable spectacle, de #oir les deux camps

.s'avancer front contre front, les bataillons se déployer en ordre,

impatients de marcher et impatients de combattre ! Les bannières ondoyantes floltent dans les airs, et le vent agite les panaches sur les hauts cimiers. Les habits, les franges, les devises, les couleurs, les armes d’or et de fer resplendissent aux feux du soleil. »

J.-B. Rousseau nous peint ensuite le succès de cette journée: La Palestine, enfin, après tant de ravages, Vit fuir ses ennemis, comme on voit les nuages Dans le vague des airs fuir devant l’aquilon ; Et du vent du midi la dévorante haleine

N'a consumé qu’à peine

Leurs ossements blanchis dans les champs d’Ascalon,

Ce fut avec regret que je m’arrachai au spectacle de cette mer qui réveille tant de souvenirs; mais il fallut céder au sommeil.

Le père Juan de la Conception, curé de Jalfa et président de l’hospice, arriva le lendemain matin, 2 octobre. Je voulais pat= courir la ville et rendre visite à laga, qui m'avait envoyé complimenter; le président me détourna de ce dessein :

« Vous ne connaissez pas ces gens-ci, me dit-il; ce que vous « prenez pour une politesse est un espionnage. On n’est venu « vous saluer que pour savoir qui vous êtes, si vous êles riche, € si on peut vous dépouiller, Voulez-vous voir l'aga ? 11 faudra

(1) Jon. — (2) 14. — (3) Ps, = (1) Is., cap, xix, L, (5) Is, cap. xxills 44 ;xxuv, 40, 13, | :

en ces lieux sera comme quelques olives demeurées sur larbre

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après la vendange. » Voilà d’autres antiquités expliquées par À

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« d'abord lui porter des présents: il ne manquera pas de vous « donner malgré vous une escorte pour Jérusalem; laga de « Rama augmentera cette escorte; les Arabes, persuadés qu'un « riche Franc va en pèlerinage au Saint-Sépulcre, augmenteront « les äroits de Caffaro, ou vous altaqueront, A la porte de Jéru- « salem, vous trouverez le camp: du pacha de Damas, qui est « venu lever les contributions, avant de conduire la caravane à « la Mecque : votre appareil donnera de l'ombrage à ce pacha , «et vous exposera à des avanies. Arrivé à Jérusalem, on vous « demandera trois ou quatre mille piastres pour l’escorte. Le « peuple, instruit de voire arrivée, vous assiégera de telle ma- «nière, qu'eussiez-vous des millions, vous ne satisferiez pas son « avidité. Les rues seront obstruées sur votre passage, et vous « ne pourrez entrer aux saints lieux sans courir les risques d’être « déchiré. Croyez-moi , demain nous nous déguiserons en pèle- « rins, et nous irons ensemble à Rama; là je recevrai la réponse « de mes exprès ; sielle est favorable, vous partirez dans la nuit, « vous arriverez sain et sauf, à peu de frais, à Jérusalem. »

Le père appuya son raisonnement de mille exemples, et en particulier de celui d'un évêque polonais, à qui un trop grand air de richesse pensa coûler la vie, il y a deux ans. Je ne rapporte ceci que pour montrer à quel degré la corruption, l'amour de Tor, l’anarchie et la barbarie sont poussés dans ce pays.

Je m’abandonnai donc à l’expérience de mes hôtes, et je me renfermai dans l’hospice, où je passai une agréable journée dans des entretiens paisibles. J’y recis la visite de M. Contessini, qui aspirait au vice-consulat de Jaffa, etde MM. Damiens père et fils, Français d’origine, jadis établis auprès de Djezzar, à Saint-Jean d’Acre. Ils me racontèrent des choses curieuses sur les derniers événements de la Syrie; ils me parlèrent de la renommée que l'empereur et nos armes ont laissée au désert. Les hommes sont encore plus sensibles à la réputation de leur pays, hors de leur

ys, que sous le toit paternel; et l’on a vu les émigrés français réclamer leur part des victoires qui semblaient les condamner à an exil éternel (1).

Je passai cinq jours à Jaffa à mon relour de Jérusalem, et je l'examinai dans le plus grand détail : je ne devrais donc en parler qu’à celte époque; mais pour suivre l'ordre de ma marche, je placerai ici mes observations; d’ailleurs, après la description des ssints lieux, il est probable que les lecteurs ne prendraient pas un grand intérêt à celle de Jaffa.

Jaffa s'appelait autrefois Joppé, ce qui signifie belle ou agréable, pulchritudo aut decor, dit Adrichomius. D'Anville dérive le nom actuel de Jaffa d’une forme primitive de Joppé, qui est Japho (2). Je remarquerai qu’il ÿ avait dans le pays des Hébreux une autre cité du nom de J'affa, qui fut prise par les Romains : ce nom a peut-être été transporté ensuite à Joppé. S'il faut en croire les interprètes el Pline lui-même, l’origine de cette ville remonterait à une haute antiquité, puisque Joppé aurait été bâlie avant le dé-

Juge. On dit que ce fut à Joppé que Noé entra dans l’arche. Après :

Îa retraîte des eaux , le patriarche donna en partage à Sem, son fils aîné, toutes les terres dépendantes de la ville fondée par son troisième fils Japhet. Enfin Joppé, selon les traditions du pays, garde la sépulture du second père du genre humain:

* Selon Pococke, Shaw et peut-être d'Anville, Joppé tomba en partage à Éphraïm, et forma la partie occidentale de cette tribu, avee Ramlé et Lydda. Mais d’autres auteurs, entre autres Adri- Chomius, Roger, etc., placent Joppé sous la tribu de Dan. Les Grecs étendirent leurs fables jusqu’à ces rivages. Ilsdisaient que

: Joppé trait son nom d’une fille d'Éole. Ils plaçaient dans le voi-

sinage de cette ville l'aventure de Persée et d’Andromède. Scaurus, ‘selon Pline, apporta de Joppé à Rome les os du monstre marin suscité par Neptune. Pausanias prétend qu’on voyait près

(4) Jacques IF, qui perdait un royaume, exprima le même sentiment au ‘combat de la Hogue. é:

(2) Je sais qu’on prononce en Syrie Yafa, et M. de Volney l'écrit ainsi; mais je ne sais point l'arabe ; je n’ai d’ailleurs aucune autorité pour réformer l'orthographe de d’Anville et de tant d'autres sivants écrivains,

de Joppé une fontaine où Persée lava 1e sang dont le monstre l'avait couvert; d’où il arriva que l'eau de celte fontaine demeura teinte d’une couleur rouge. Enfin saint Jérôme raconte que déson temps on montrait encore à Joppé le rocher et l'anneau auquel Andromède fut attachée.

Ce fut à Joppé qu’abordèrent les flottes d'Hyram;, chargées de cèdres pour le Temple, et que s'embarqua le prophète Jonas lorsqu'il fuyait devant la face du Seigneur. Joppé tomba cinq fois

entre les mains des Égyptiens, des Assyriens et des différents peuples qui firent la guerre aux Juifs avant l'arrivée des Ro-

mains en Asie. Elle devint une des onze toparchies où Fidole

Ascarlen était adorée. Judas Machabée brûla cette ville, dont les

habitants avaient massacré deux cents Juifs. Saint Pierre y ressuscila Tabithe, et yrecut chez Simon le corroyeur les hommes

venus de Césarée. Au commencement des troubles de la Judée,

Joppé fut détruite par Gestius: Des pirates en ayant relevé les murs, Vespasien la saccagea de nouveau, et mit garnison dans la citadelle.

* On a vu que Joppé existait encore environ deux siècles après, du temps de saint Jérôme, qui la nomme Japho. Elle passa avec toute la Syrie sous le joug des Sarrasins. On la retrouve dans les historiens descroisades. L’Anonyme qui commence la collection, Gesta Dei per Francos, raconte que, Parmée des croisés étant

sous les murs de Jérusalem, Godefroy de Bouillon envoya Ray=

mond Pilet, Achard de Mommellou et Guillaume de Sabran pour garder les vaisseaux génois et pisans arrivés au port de Jaffa : Qui fideliter custodirent homines et naves in portu Japhæi. Benjamin de Tudèle en parle à peu près à celte époque sous le nom de Gapha : Quinque abhinc leucis est Gapha, olim Japho, aliis Joppe dicta, ad mare sita ; ubi unus tantum Judœus, isque lanæ inficiendæ artifex est. Sakadin reprit Jaffa sur les croisés, et Richard Cœur de Lion l’enleva à Saladin. Les Sarrasins y rentrèrent et massacrèrent les chrétiens. Mais lors du premier voyage de saint Louis en Orient, elle n’était plus au pouvoir des infidèles; car elle était tenue par Gautier de Brienne, qui prenait le titre de comte de Japhe, selon l'orthographe du sire de Joinville,

« Et quand le comte de Japhe vit que-le roy venoit, il assorta « et mist son chastel de Japhe en tel point, qu'il ressémbloit « bien une.bonne ville deffensable. Car à chascun creneau de « son chastel il y avoit bien cinq cents hommes; à tout chascun «une targe et ung penoncel à ses armes. Laquelle chose estoit « fort belle à veoir. Car ses armes estoient de fin or, à une croix

« de gueules patées faicle moult richement, Nous nous logeasmes -

« aux champs tout à l’entour d'icelui chastel de Japhe qui estoit & seant rez de la mer et en une isle. Et fist commancer le roy à « faire fermer et edifier une bourge tout à l’entour du-chastel; « l'une des mers jusques à l’aultre, en ce qu’il y avoitde terre. » Ce fut à Jaffa que la reine, femme de saint Louis, accoucha d’une fille nommée Blanche, et saint Louis reçut dans la même ville la nouvelle de la mort de sa mère. Il se jeta à genoux et s’écria : « Je vous rends grâce, mon Dieul de ce que vous m’a- « vez presté madame ma chere mere tant qu'il a plu à vostre « volonté; et de ce que maintenant, selon vostre bon plaisir, vous « l'avez retirée à vous. Îl est vrai que je l’aimois sur toutes les « creatures du monde, et elle le meritoit; mais puisque vous «me l'avez ostée, vostre nom soit béni eternellement. » Fe Jaffa, sous la domination des chrétiens, avait un évêque suffragant du siége de Césarée. Quand les chevaliers eurent été contraints d'abandonner entièrement la Terre-Sainte, Jaffa retomba avec toute la Palestine, sous le joug des soudans d'Égypte et ensuite sous la domination des Turcs. Er A4

Depuis celle époque jusqu'à nos jours on retrouve Joppé ou

Jaffa dans tous les voyages à Jérusalem ; maisla ville, telle qu’on

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fa voitaujourd’hui, na guère plus d’un siècle d existence, puisque

Monconys, qui visita Ja Palestine en 1647, ne trouva à Jafla qu’un château el trois Cavernes creuses dans le roc. Thévenot ajoute que les moines de Terre-Sainte avaient élevé devant les cavernes des baraques de bois, et que les Türes contraignirent

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les pères de les démolir. Gela explique un passage de la relation d’un religieux vénitien. Ge religienx raconte qu’à leur arrivée à Jaffa on renfermait les pèlerins dans une caverne. Breve, Opdam. Deshiayes, Nicole le Huen, Barthélemy de Salignac, Doloir, Zuallart, le père Roger et Pierre de La Vallée, sont unanimes sur le peu d’étendue et la misère de Jaffa. LE

On peut voirdans M. de Volney ce qui concerne la moderne Jaffa, l'histoire des siéges qu’elle a soutferts pendantles guerresde Dâher et d’Aly-Bey, ainsi que les autres détailssur la bonté deses fruits, l'agrément de ses jardins, ete. J'ajouterai quelques remarques:

Indépendamment des deux fontaines de Jaffa, citées par les voyageurs, on trouve des eaux douces le long de la mer, en remontant vers Gaza; il suffit de creuser avec la main dansle sable pour faire sourdre au bord même de la vague une eau fraîche; j'ai fait moi-même, avec M. Contessini, cetle curieuse expérience, depuis l'angle méridional de la ville jusqu’à la demeure d’un santon, que l'on voit à quelque distance sur la côte.

Jaffa, déjà si maltraitée dans les guerres de Dâher, a beaucoup souffert par les derniers événements. Les Français, commandés .

par l'empereur, la prirent d'assaut en 1799. Lorsque nos soldats furent retournés en Égypte, les Anglais, unis aux troupes du grand vizir, bâtirent un bastion à J'angle sud-est de la ville. Abou- Marra, favori du grand viir, fut nommé commandant de la

ville. Djezzar, pacha d’Atre, ennemi da grand vizir, vint mettre

le siége devant Jaffa après le départ de l'armée ottomane. Abou: Marra :e défendit yaillamment pendant neuf mois, et trouva moyen de s'échapper par mer. Les ruines qu’on voit à lorient de la ville sont les frnits de ce siége. Après la mort de Djezzar, Aboy-Marra fut nommé pacha de Gedda, sur la mer Rouge, Le nouyeay pacha prit sa route à travers la Palestine; par une de ces réyolles si communes en Turquie, il s’arrêla dans Jaffa, et refusa de se rendre à son pachalic. Le pacha d’Acre, Suleirpan- Pacha, second successeur de Djezzar (1), reçut ordre d'attaquer le rebelle, et Jaffa fut assiégée de nouveau. Après une assez faible résistance, Abon-Marra se réfugia auprès de Mahomet- Pacha-Adem, alors élevé au pachalic de Damas. ;

- J'espère qu’on vondra bien pardonner l'aridité de ces détails. 4 cause de l'importance que Jaffa avait autrefois, et de celle qu'elle a acquise dans ces derniers temps,

- J'allendais aves impatience Je moment de mon départ pour Jérusalem, Le 3 octobre, à quatre beures de l'après-midi, mes damesiques se reyélrent de sayons de poils de chèvre, fabriqués ans le haute Égyple, et tels que les portent les Bédouins; je dl par-dessus mon habit une robe semblable à celle de Jean el À Julien, el nous montâmes sur de petits cheyaux. Des bâls nous servaient de selles; nous avions les pieds passés dans des cordes SP guise d'étriers, Le président de J'hospice marchait à notre tête, Prime pn simple frère ; un Arabe presque nu nous montrait le chemin, et un autre Arabe nous suivail, chassant deyant lui uv âne chargé de nos bagages. Nous sorties par les derrières du

Couvent, et nous gagnâmes la porte de la ville, du côté du snidi,

à {rayers les décombres des maisons délruiles dans les derniers siéges. Nous cheminâmes d'abord au milieu des jardins, qui de- Yueut être charmants autretois : le père Neret et M. de Volney en on! fait l'éloge. Ces jardins ont été ravagés par les différents Parlis qui se son! disputés les ruines de Jaffa : mais il reste encore des grenadiers, des figuiers de Pharaon, des cilrouniers, quelques palmiers, des buissons de nopals el des pommiers, que l'on cultive aussi dans les environs de Gaza, et même au couvent du inont Sinaï. D à ee | Nous nous avançâmes dans la plaine de Saron, dont l’Écriture lou Ji beauté (2). Quand le père Neret y passa, au mois d'avoi 1713, elle était couverte de tulipes, « La variété de leur « couleur, dit-il, forme un agréable parterre. » Les fleurs qui

(1) Le successeur immédiat de Djezzar s'appelait {smael-Pacha. W s'était saisi de l'autorité à la mort de Djezzar. 7188 (2) Voyez Les Martyrs, lis. XViI,

couvrent au printemps cette campagne célèbre sont les roses blans

ches et roses, le narcisse, lanémone, les lis blancs et jaunes, les

giroflées et une espèce d’immortelle très-odorante, La plaine stés

tend le long de la mer. depuis Gaza au midi jusqu’au montGars « mel au nord. Elle est bornée au levant par les montagnes de Jus v

dée et de Samarie. Elle n’est pas d’un niveau égal : elle forme quatre plaleaux qui sont séparés les uns des aulres par un cors

don de pierres nues et dépouillées. Le sol est une-arèné fines

blanche et rouge qui paraît, quoique sablonneuse, d'une exs trême fertilité. Mais. grâces au despolisme musulman, ce sol

n'offre de toutes parts que des chardons, des herbes sèches et Îlés ;

tries, entremêlées de chétives plantations de coton, de doura+ d'orge et de froment. Çà et là paraissent quelques villages tous

jours en ruine, quelques bosquets d’oliviers et de sycomores. À |

moitié chemin de Rama à Jaffa, on trouve un puits indiqué par tous les voyageurs : l'abbé Mariti en fait l'histoire, afin d’avoir le plaisir d’opposer l'utilité d'un sandon turc à l'inutilité d'un re» ligieux chrétien. Près de ce puits on remarque un bois d'oliviers

plantés en quinconce, et dont la tradition fait remonter l'origine au temps de Godefroy de Bouillon. On découvre de ce lien Rama

ou Ramlé, situé dans un endroit charmant, à lextrémilé d'un des plateaux ou des plis de la plaine. Avant d'y entrer nous quite tâmes le chemin pour visiler une citerne, ouvrage de la mère d@& Constantin (4). On y-descend par vingt-sept inarches; elle à trente-trois pas de long sur trente de large; elle est composée de

vingt-quatre arches, et reçoit les pluies par vingt-quatre ouyers |

tures.. De là, à travers une forêt de nopals, nous nous rendimes

à la tour des Quarante Martyrs, anjourd’hui le minaret d’une mosquée abandonnée, antrefois le clocher d'un monastère dont il reste d'assez belles ruines : ces ruines consistent en des espi

de portiques assez semblables à ceux des écuries de Mécèue Tibur; ils sont remplis de figuiers sauvages. On veut que Joseph; la Vierge et l'Enfant se soient arrêtés dans ce lien lors de Ja fui en Égyple : ce lieu certainement serait charinant pour y peindré le repos de la sainte Famille ; le génie de Claude Lorrain semble

ayoir deviné ce paysage, à en juger par son admirable tableau

du palais Doria à Rome, 1 Sur la porte de Ja tour, on lit une inscriplion arabe rapportéé. par M. de Volney : tout près de là est une antiquité miraculeusé, décrite par Muratori.. | dé 1 Après avoir visité ces ruines, nous passâmes près d'un moulin abandonné : M. de Volney le cite comme le seul qu'il eût vu

en Syrie; il y en a plusieurs autres aujourd’hui. Nous descens

dimes à Raina et nous arrivämes à lhospice des moines de Terres Saiple. Ce couvent avait élé saccagé ginq années auparavant, et. l'on me montra le tombeau d'an des frères qui périt dans celle, occasion, Les religieux venaient enlin d’oblenir, avec beaucoup. de peiue, la permission de faire à leur nonastère les r éparalions, les plus urgentes. à

De: bonnes nouvelles m'attendaient à Rama jy trouvai ot

drogman du couvent de Jérusalem, que le gardien envoyait aus devant de moi. Le chef arabe que les pères avaient. fait avertins: et qui me devait servir d'escorte, rôdait à quelque distance dans la cam pagne; car l'aga de Rama ne permeltait pas aux Bédouins. d'entrer dans la ville. Latribu la plus puissante des montagnes de Judée fait sa résidence au village de Jérémie; elleouvre et ferme à volonté le chemin de Jérusalem aux voyageurs. Le scheik de: celte tribu éjait mort depuis très-peu de temps ; il avait laissé so fils Utmun sous la tutelle de son oncle Abou-Goh : celui-ci avails

deux frères, Djiaber et {braïim-Habd-el-Rouwan, qui LA ACCONNR, -

pagnèrent à non retour.

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34 i18->2 L fut convenu que je partirais au milieu de la nuit. Coimeles

(1) Si l'on en croyait les traditions du pays, saiute Hélène aurait élevb tous les monuments de la Palestine, ce qui n: se peut accorder avec Legrand âge de cette princesse quand elle fit le pelerinage de Jérusalem. Muis il êst, certain cepoudant, par le Kmoigs, ge unanim : d'Eusehe, de saut Jérèmeet de tous les historicus ecclésiastiques, qu'Hclene contribua puissamment ag rétablissement dus saints lieux.

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