‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 4)Chapitre 57 sur 111 · UN AU CIRCIOATIR HET À · texte numérisé non relu

UN AU CIRCIOATIR HET À

évêque de Jérusalem, et saint Pierre y tint le ptemier concile de

Enfin ce fut de ce lieu que les apôtres partirent, pauvres et nus, pour monter sur tous les trônes de la terre : Docete omnes

L'historien Josèphe nous a laissé une description magnifique

du palais et du tombeau de David,

Benjamin deTudèle fait au sujet de ce tombeau un conte assez curieux (e).

En descendant de la montagne de Sion du côté du levant, nous arrivâmes à la vallée, à la fontaine et à la piscine de Siloë, où Jésus- Christ rendit la vue à l’aveugle.

La fontaine sort d’un rocher; elle coule en silence, cum silentio, selon le témoignage de Jérémie , ce qui contredit un passage de saint Jérôme; elle a une espèce de flux et de reflux, tantôt versant ses eaux comme la fontaine de Vaucluse, tantôt les retenant et les laissant à peine couler. Les lévites répandaient l’eau de Siloë sur l’autel à la fête des Tabernacles, en chantant : Haurielis aquas in gaudio de fontibus Salvatoris. Milton invoque celtesource, au commencement de son poëme, au lieu de la fontaine Castalie :

pas se es ve Orit Sion-hill

Delight thee more, and Si loa’s brook that flow’d

Fast by the oracle of God, ete, ;

ment fameux dans l’ancien et dans le nouveau Testament : Da- | beaux vers que Delille a magnifiquement rendus : vid y bâtit son palais et son tombeau; il y garda pendant {rois mois l'arche d’alliance,

Jésus-Christ y fit la dernière Pâque, et y institua le sacrement

d'Eucharistie,

Il apparut à ses disciples le jour de sa résurrection; le Saint-

Esprit y descendit sur les apôtres.

Le Saint-Cénacl

e devint le premier temple chrétien que le monde ait vu; saint Jacques le Mineur y fut consacré premier

LED LAGNY,— Imprimerie de ViaLar et Cie,

Toi done qui, célébrant les merveilles des cieux,

Prends loin de l'Hélicon un vol audacieux ; Soit que, te retenant sous ses palmiers antiques Sion avec plaisir répète tes cantiques ;

…. ER ONE Gr AN EC OS SE

Soit que, chantant le jour où Dieu donna sa loi, É

Le Sina sous tes pieds tressaille encor d'eftroi - Soit que, près du saint lieu d’où partent ses oracles

ont dE.

. Senfuyant. L'ea

RE ss à 1 2e SU RSR à. sn | ie rire

Les flots du Siloë te disent ses miracles :

Muse Sainte, soutiens mon vol présomptueux !

t Res. pns racontent que cette fontaine sortit tout à coup de la dis Pour apaiser la soif d'Isaïe lorsque ce prophète fut scie en eux avec une scie de bois par l’ordre de Manassès ; les autres

prétendent qu’on la vit paraître sous le règne d’Ézéchias, dont nous avons l’adinirable cantique :

J'ai va mes tristes journées Décliner vers leur penchant ! ete.

Selon Josèphe, cette source miraculeuse coulait pour l’armée de Titus, et

refusait ses eaux aux Juifs coupables. La piscine, ou

plutôt les denx piscines -du même nom sont tout auprès de la

source. Elles servent aujourd’hui à laver le linge comme autre-

fois, et nous y vimes des femmes qui nous dirent des injures en

Re RO de la fontaine est sanmâtre et assez désagréable

#3 on s’y baigne les yeux en mémoire du miracle de l’aveugle-né.

ai ire là on montre l'endroit où le prophète Isaïe subit le # je d ont} el parlé, On y voit aussi un village appelé Siloan; Rogel : Lu Fes est une autre fontaine que l'Ecriture nomme ir rot te e cette fontaine, au pied de la montagne de Sion, Dites us roisième fontaine qui porte le nom de Marie. On de | je à Vierge y venait chercher de l’eau ; comme les filles FER re * au puits dont Jacob ôta la pierre : Ecce Rachel veniebat \ DIOUS patris sui, ete, La fontaine de la Vierge mêle ses aux à celles de la fontaine de Siloë. | ae Mare le remarque saint Jérôme, on est à la racine du qe lt SOUS les murs du temple, à peu près en face de la porte Sterquilinaire. Nous avançâmes jusqu’à l'angle oriental du mur de la ville, et nous entrâmes dans la vallée de Josaphat, Elle Se du nord au midi, entre la montagne des Oliviers et le mont - oria. Le torrent de Cédron passe au milieu. Ce torrent est à ec une partie de l’année ; dans les orages ou dans les printemps pluvieux il roule une eau rougie.

La vallée de Josaphat est encore appelée dans l'Ecriture vallée

de Savé, vatté à € la vallée pit SA Roi, vallée de Melchisédech (4). Ce fut dans

elchisédech que le roi de Sodome chercha Abra-

Éuis en aus de la victoire remportée sur les cinq rois. brit dans la is eo furent adorés dans cetle même vallée. Elle y fit élever son L Se. de Josaphat, parce que le roi de ce nom jours servi de ci 3 Re La vallée de Josaphat semble avoir touments des sièc| SAS. à Jérusalem ; on y rencontre les monules Jui, vie c'es les plus reculés et des temps les plus modernes : étranger Net nent Y mourir des quatre parties du monde; un leurs corps ME au poids de l’or un peu de terre pour couvrir RS nn nt champ de leurs aïeux. Les cèdres dont Salo- Planla cette vallée 9), l'ombre du tétnole dont elle étui

le torrent qui la traversait (9). lé tantlanes de denil

couverte, que David y composa, les lamentations que Jérémie y fit en-

tendre, la rendaient pro

beaux. En commençant sa Passion dans ce lieu solitaire, Jésus- Christ le consacra de nouveau aux douleurs : ce David innocent PAGES ARE effacer nos crimes, les larmes que le David coupable y répandit pour expier ses propres erreurs. Il y a peu de

noms qui réveillent dans l’imagination des pensées à la fois plus louchantes et

phat : vallée si pleine de mystères que, selon le prophète Joël,

(1) Sur tout cela il y a différentes opinions. La vallée du Roi pourrait bien étre vers les montagnes: du Jourdain, et cette position conviendrait même davautage à l’histoire d'Abraham:

(2) Joséphe raconte que Salomon fit eouvrir de cèdres les montagnes de la Judée. ; x t

(3, Cédron est ün mot hébreu qui, signifie noireeur et tristesse. On observe qu'il ÿ à faute dans l'évaugile du saint Juau, quinomme ee torreut, urrent des Cédres. L'erreur vieut d'un oméga, écrit au licu d’uu omieron : xé0 puy au li u de 2:00u.

pre à la tristesse et à la paix des tom-

Plus formidables que celui de la vallée de Josa-

tous les hommes y doivent comparatlre un Jour devant le juge ”

doutable : Congregabo omnes gentes, el deducam eas in vallem 7 hat. et disceptabo cum eis ibi. « Il est raisonnable, dit le RE No que l'honneur de Jésus-Christ soit réparé publique- ; AS te le lieu où il lui a été ravi par tant d'opprobres et

Fe Q à ET, , « d'ignominies, et qu’il juge justement les hommes où ils l'ont.

« jugé si injustement. »

L'aspect de la vallée de Josaphat est désolé ; le côte occidental

t une haute falaise de craie qui soutient les murs gothiques dé dessus desquels on aperçoit Jérusalem ; le coté oriental A Reis mont des Oliviers et par la montagne du Scanpaf DIRE Offensionis, ainsi nommée de l'idolâtrie de Salomon doit montagnes, qui se touchent, sont presque nues et d'une cs dan e et sombre : sur leurs flancs déserts on voit cà et sAuIene A eee noires et brûlées, quelques bouquets d'oliviers Pa ; des friches couvertes d'hysope, des chapelles, des orabec Ai mosquées en ruine. Au fond de la vallée on découvre un pont d'une seule arche, jelé sur la ravine du torrrent de Cédron. Les pierres du cimetière des Juifs se montrent comme un amas de débris au pied de la montagne du Scandale, sous le village arabe de Siloan : on a peine à distinguer les masures de ce village des sépuleres dont elles sont environnées, Trois monuments antiques, les tombeaux de Zacharie, de Josaphat et d Absalon, sé fout re marquer dans ce champ de destruction, A la tristesse de Jérisé lem, dont il ne s'élève aucune fumée, dont ilne sort aucun bruits à la solitude des montagnes où l’onn aperçoit pas un être vivant; au désordre de toutes ces tombes fracassées, brisées; derni-0ls vertes, on dirait que la trompette du jugement s esl déjà lait en tendre, et que les morts vont se lever dans la vallée de Josapha:

Au bord même, et presque à la naissance du torrent de Cédron; nous entrâmes dans le jardin des Oliviers; il appartient aux pères latins, qui l'ont acheté de leurs propres deniers : on y voit huit gros oliviers d'une extrême décrépitude. L'olivier est pour ainsi dire immortel , parce qu’il renaît de sa souche : on conservail dans la citadelle d'Athènes un olivier dont l'origine remontait à la fondation de la ville. Les oliviers du jardin de ce nom à Jére salem sont au moins du temps du Bas-Empire ; en voici la preuve en Turquie, tout olivier trouvé debout par les musulmans, lors: qu'ils envahirent l'Asie, ne paie qu'un médin au fisc, tandis qe l’olivier planté depuis la conquête doil au Grand Seigneur moitié de ses fruits (1) jee les huit oliviers dont nous parlons ne 5 5$ qu’à huit médins, ; | ee din de cheval à l’entrée de ce jardin , pour vi= siter à pied les Stations de la Eu a M de Gethsé= mani était à quelque distance du jardin des Oliviers. On le confond aujourd’hui avec ce jardin, comme le remarquent Thévenot . Nine d’abord dans le sépulere de la Vierge, C'est une

église souterraine où l'on descend par cinquante degrés assez

beaux : elle est partagée enire toutes les sectes chrétiennes : les Tures même ont un oraloire dans ce lieu; les catholiqnes possèdent le tombeau de Marie. Quoique la Vierge ne soit pas morte à Jérusalem, elle fut (selon | opinion de plusieurs Pères) miracu” leusement ensevelie à Gethsémani par les apôtres. Euth ymnius raconte l’histoire de ces merveilleuses funérailles. Saint Thomas ayant faitouvrir le cercueil, on n'y trouva plus qu'une robe #72 ginale, simple et pauvre vêtement de cette reine de gloire que les anges avaient enlevée aux cieux. Les tombeaux de saint Joseph, de saint Joachim et de sainte Anne se -voient aussi da celte église souterraine. | + 150 Sortis du sépulere de la Vierge, nous allâmes voir, dans le jardin des Oliviers, la grotte où le Sauveur. répandit une sueur de sang, en prononçant ces paroles : Pater, si possibile eut; PES seat a me cali iste. ]

(1) Cette loi est aussi absurde que la plupart des autres lois en rss chose bizarre d'épargiièr le vaineu au moment de Ja couuèle, Dit a la vi lence peut amener l'injustice, et d'aceabler le sujet en pleine paix!

ruse

ES

Cette grotte est irrégulière ; on y a pratiqué des autels. A quelques pas en dehors on voit la place où Judas trahit son maître par un baiser. A quelle espèce de douleur Jésus-Christ consentit à descendre! Iléprouva ces affreux dégoûts de la vie que la vertu même a de ra peine à surmonter. Et à l’instant où un ange est obligé de sortir du ciel pour soutenir la Divinité défaillante sous le fardeau des misères de l’homme, cette Divinité miséricordieuse est trahie par Phomme (f)!

En quiltant la grotte du Calice d’amertume, et gravissant un chemin torlueux semé de cailloux, le drogman nous arrêta près d'une roche d’où l’on prétend que Jésus-Christ regarda la ville coupable en pleurant sur la désolation prochaine de Sion. Baronius observe que Titus planta ses tentes à l'endroit méme où le Sauveur avait prédit la ruine de Jérusalem. Doubdan, qui combat cette opinion sans citer Baronius, croit que la sixième légion

“romaine campa au sommet de la montagne des Oliviers et non pas sur le penchant de la montagne. Cette critique est trop sévère, et la remarque de Baronius n’en est ni moins belle ni moins juste (9). :

De la roche de la Prédiction nous montâmes à des grottes qui sont à la droite du chemin. On les appelle les Tombeaux des Prophètes; elles n'ont rien de remarquable, et l'on ne sait trop de quels prophètes elles peuvent garder les cendres.

Un peu au-dessus de ces grotles nous tronvâmes une espèce de citerne composée de douze arcades : ce fut là que les apôtres composèrent le premier symbole de notre croyance. Tandis que le monde entier adorait à la face du soleil mille divinités honteuses, douze pêcheurs, cachés dans les entrailles de la terre, dressaient la profession de foi du genre humain, et reconnaissaient l'unité du Dieu créateur de ces astres à la lumière desquels on n’osait encore proclamer son existence, Si quelque Romain de la cour d'Auguste, passant auprès de ce souterrain, eût aperçu les douze Juifs qui composaient cette œuvre sublime, quel mépris il eût témoigné pour celte Xoupe superstitieuse ! Avec quel dédain il eût

arlé de ces premiers fidèles! Et pourtant ils allaient renverser les temples de ce Romain, détruire la religion de ses pères, changer les lois, la politique, la morale, la raison et jusqu'aux pensées des hommes. Ne désespérons donc jamais du salut des peuples. Les chrétiens gémissent aujourd’hui sur la tiédeur de la foi: qui sait si Dieu n’a point planté dans une aire inconnue le

rain de sénevé qui doit multiplier dans les champs? Peut-être cet espoir de salut est-il sous nos yeux sans que nous nous y arrêtions * peut-être nous paraît-il aussi absurde que ridicule Mais qui aurait jamais pu croire à la folie dela Croix?

On monte encore un peu plus haut, et l'on rencontre les ruines ou plutôt l'emplacement désert d'une chapelle: une tradition constante enseigne que Jésus-Christ récita dans cet endroit l'Oraison dominicale.

« Un jour, comme il était en prière en un certain lieu, après « qu'il eut cessé de prier, un de ses disciples lui dit: Seigneur, « apprenez-nousà prier, ainsi que Jean l’a appris à ses disciples,

« Etil leur dit : Lorsque vous prierez, dites: Père, que votre « nom soit sanctifié, ete. (4). »

Ainsi furent composées presque au même lieu la profession de foi de tous les hommes et la prière de tous les homines.

A trente pas de là, en tirant un peu vers le nord, est un olivier au pied duquel le Fils du souverain Arbitre prédit le jugement universel (h).

‘Enfin, on fait encore une cinquantaine de pas sur la montagne, a lon arrive à une pelile mosquée, de forme octogone, reste d une église élevée jadis à l'endroit même où Jésus-Christ monta au ciel après sa résurrection, On distingue sur le rocher l'empreinte du pied gauche d'un homimne; le vestige du pied droit s’y SA AU autrefois: la plupart des pèlerins disent que les Turcs

NE enlevé ce second vestige pour le placer dans la mosquée du Temple; mais le père koger affirme positivement qu’il n’y.est

(4) Sainr Luc,

pas. Je me tais, par respect, sans pourtant être convaincu, devant des autorités considérables : saint Augustin , saint Jérôme, saint Paulin, Sulpice Sévère , le vénérable Bède, la tradition, tous les voyageurs anciens et modernes, assurent que cette trace marque un pas de Jésus-Christ. En examinant cette trace, on en a conclu que le Sauveur avait le visage tourné vers le nord au moment de son ascension, comme pour renier ce midi infesté d'erreurs, pour appeler à la foi les Barbares qui devaient renverser les temples des faux dieux, créer de nouvelles nations, et planter l'étendard de la croix sur les murs de Jérusalem. :

Plusieurs Pères de l'Église ont cru que Jésus-Christ s’éleva aux cieux au milieu des âmes des patriarches et des prophètes, délivrées par lui des chaînes de la mort: sa mère et cent vingt disciples furent témoins de son ascension. [l étendit les hras comme Moïse, dit saint Grégoire de Nazianze, et présenta ses disciples à son père; ensuite il croisa ses mains puissantes en les abaissant sur la tête de ses bien-aimés (1), et c’était de cette manière que Jacob avait béni les fils de Joseph; puis, quittant la terre avec une majesté admirable, il monta lentement vers les demeures éternelles et se perdit dans nne nue éclatante (2)!

Sainte Hélène avait fait bâtir une église où l’on trouve aujourd'hui la mosquée octogone. Saint Jérôme nous apprend qu’on n'avait jamais pu fermer la voûte de cette église à l'endroit où Jésus-Christ prit sa route à travers les airs. Le vénérable Bède assure que de son temps, la veille de l’Ascension,on voyait, pendant la nuit. la montagne des Oliviers couverte de feux. Rien n’oblige à croire ces traditions, que je rapporte seulement jour faire connaître l’histoire et les mœurs; mais si Descartes et Newton eussent philosophiquement douté de ces merveilles, Racine et Milton ne les auraient pas poétiquement répétées.

Telle est l’histoire évangélique expliquée par les monuments. Nous l'avons vue commencer à Bethléem, marcher au dénoùment chez Pilate, arriver à la catastrophe au Calvaire, et se terminer sur la montagne des Oliviers. Le lieu même de l'ascension n’est pas tout à fait à la cime de la montagne, mais à deux ou trois cents pas au-dessous du plus haut sommet (i).

Nous descendimes de la montagne des Oliviers, et remontant à cheval, nous continuâmes notre route. Nous laissâmes derrière nous la vallée de Josaphat, et nous marchâmes par des chemins escarpés , jusqu’à l'angle septentrional de la ville; de là, tournant à l’ouest, et longeant le mur qui fait face au nord, nous arrivâmes à la grotte où Jérémie composa ses Lamentations. Nous n'étions pas loin des sépulcres des rois; mais nous renonçâmes à les voir ce jour-là, parce qu’il était trop tard. Nous revinmes chercher la porte de Jaffa, par laquelle nous étions sortis de Jérusalem. fl était sept heures précises quand nous rentrâmes au couvent.

Notre course avait duré cinq heures. A pied, et en suivant l'enceinte des murs, il faut à jeine une heure pour faire le tour de Jérusalem.

Le 8 octobre à cinq heures du matin, j'entrepris avec Ali-Aga et le drogman Michel la revue de l'intérieur de la ville: Haut nous arrêter ici pour jeter un regard sur l'histoirede Jérusalem.

Jérusalem fut fondée l'an du monde 2023, par le graud-prêtre Melchisédech : il la nomma Salem, c'est-à-dire da Paix; elle n'occupait alors que les deux montagnes de Mora et d’Acra.

Cinquante ans après sa fondation, elle fut prise par les Jébu. séens, descendant de Jébus, fils de Chanaan. Es bâtirent sur Le mont Sion une forteresse à laquelle ils donnèrent le nom de J6. bus leur père : da ville prit alors le nom de Jérusalem, ce qui signifie Vision de paix. Toute l'Écriture en fait un magaitique éloge: Jerusalem, civitas Dei, luce splendida futgebis. Omnes nationes terræ udorabunt te, etc. (3).

Josué s'empara de la ville basse de Jérusalem, Ja première année de son entrée.dans la terre promise : il {it mourirde soi Adonisédech.et les quaire rois d'Ébron, de Jerunol, de Lachis et

| (1) TerruuLs — (2) Lunozew, — (3) Toprg, #

eurérent Jes maitres de la ville haute Ils n’en furent chassés que par Daaprès leur entrée dans la cité de

d'Églon. Les Jébuséens dem ou de la citadelle de Jébus.

vid, huit cent vingt-quaire ans

Mens la forteresse de Jébus, et lui donna son

David fit augmenter Ja I! 1 MÉTRO DE ropre nom. Il fit aussi bâtir sur la montagne P nu che d’alliance.

’ 4 & Z r et un tabernacle, afin d LR iL éleva ce premier temple ilé s : .

Salomon augmenta la Josèphe racontent les merveilles, et dont l'Écriture et l'historien JOsep de si beaux cantiques pour lequel Salomon Jui-même composa de SL DEA d'Égypte, : l + + AS ETES le Salomon, Sésac, roi d'ÉSYple, alla- Cinq ans après la mort de : illa Jérusalem.

ua Roboam, prit et pilla ; à q Elle fut re saccagée cent cinquante ans apres par Joas, roi d'Israël.

Envahie de nouveau par les Assyriens, Manassès, roi de Juda,

® futemmené captif à Babylone. Enfin, sous le règne + Peru Nabuchodonosor renversa Jérusalem de fond en comble, 3 a le temple, et transporta les Juifs à Babylone. Sion ass EAe ST batur, dit Jérémie; Hierusalem ut :.… lapidum que au Jérôme, pour.peindre la A de cette ville désolée, dit qu'on

K it pas voler un seul oIseau. 4 ;

: a temple fut détruit quatre cent soixante-dix ans Hu mois et dix jours après sa fondation par Salomon, l’an du monde 3513, environ six cents ans avant Jésus-Christ : qualre cent soixante-dix-sept ans s’élaient écoulés depuis David jusqu’à Sédécias, et la ville avait été gouvernée par dix-sept rois,

Après les soixante et dix ans de captivité, Zorobabel commença à rebâlir le temple et la ville. Get ouvrage, interrompu pendant quelques années, fut successivementachevé par Esdras el Néhémie.

Alexandre passa à Jérusalem l'an du monde 3583, et offrit des sacrifices dans le temple. : 2 :

Ptolémée, fils de Lagus, se rendit maitre de Jérusalem ; mais elle fut très-bien traitée par Ptolémée Philadelphe, qui fit au temple de magnifiques présents. : :

Antiochus le Grand reprit la Judée sur les rois d'Égypte, et la remit ensuite à Ptolémée Évergètes. Antiochus Épiphane saccagea de nouveau Jérusalem, et plaça dans le temple l’idole de Ju- Piter Olympien.

Les Machabées rendirent la liberté à leur pays, et le défendirent contre les rois de l'Asie.

Malheureusement Aristobule et Hircan se disputèrent Ja couronne ; ils eurent recours aux Romains qui, par la mort de Mithridate, étaient devenus les maîtres de l'Orient. Pompée ac- Courut à Jérusalem : introduit dans la ville, il assiége et prend le temple. Crassus ne tarda pas à piller ce monument auguste que Pompée vainqueur avait respecté.

Hircan, protégé de César, s'était maintenu dans la grande sacrificature. Antigone, fils d’Aristobule, empoisonné par les Pompéiens, fait la guerre à son oncle Hircan et appelle les Parthes à son secours. Ceux-ci fondent sur la Judée, entrent dans Jérusalem et emmènent Hircan prisonnier. |

Hérode le Grand, fils d’Antipater, officier distingué de la cour d'Hircan, s'empare du royaume de Judée par la faveur des Ro- Mains. Antigone, que le sort des armes fait tomber entre les mains d’Hérode, est envoyé à Antoine. Le dernier descendant des Machabées, le roi légitime de Jérusalem, est attaché à un poteau, battu de verges et mis à mort par l’ordre d’un citoyen romain,

Hérode, demeuré seul maître de Jérusalem, la remplit de monuments superbes dont je parlerai dans un autre lieu. Ce fut sous

le règne de ce prince que Jésus-Christ vint au monde. Archélaüs, fils d'Hérode et de Mariamne, succéda à son père, tandis qu'Hérode Antipas, fils aussi du grand Hérode, eut la tétrarchie de la Galilée et de la Pérée. Celui-ci fit trancher la tête à saint Jean-Baptiste, et renvoya Jésus-Christ à Pilate. Cet Hérode le tétrarque fut exilé à Lyon par Caligula.

Agrippa, petit-fils d'Hérode le Grand, obtint le royaume de Judée; mais son frère Hérode, roi de Chalcide, eut tout pouvoir sur le temple, le trésor sacré et la grande sacrificature,

eee DE Te NN rm

Après la mort d'Agrippa , la Judée fut réduite en province romaine. Les Juifs s'étant révoltés contre leurs maîtres, Titus assiégea et prit Jérusalem. Deux cent mille Juifs moururent de faim pendant ce siège. Depuis le 14 avril jusqu'au 1° de juillet de l'an 71 de notre ère, cent quinze mille huit cent quatre-vingts cadavres sorlirent par une seule porte de Jérusalem (1). On mangea le cuir des souliers et des boucliers ; on en vint à se nourrir de foin et des ordures que l’on chercha dans les égouts de la ville : une mère dévora son enfant. Les assiégés avalaient leur or ; le soldat romain qui s’en aperçut égorgeait les prisonniers, et cherchaït ensuite le trésor recélé dans les entrailles de ces malheureux, Onze cent mille Juifs périrent dans la ville de Jérusalem, et deux cent trente-huit mille quatre cent soixante dans le reste de la Judée. Je ne comprends dans ce calcul ni les femmes, ni les enfants, ni les vieillards emportés par la faim, les séditions et

les flammes. Enfin il y eut quatre-vingt dix-neuf mille deux cents .

prisonniers de guerre ; les uns furent condamnés aux travaux publics; les autres furent réservés au triomphe de Titus : ils parurent dans les amphithéâtres de l’Europe et de l'Asie, où ils s'entre-luèrent pour amuser la populace du monde romain. Ceux qui n'avaient pas alteint l’âge de dix-sept ans furent mis à l’encan avec les femmes ; on en donnait {rente pour un denier. Le sang du Juste avait été vendu trente deniers à Jérusalem, et le peuple avait crié : Sanguis ejus super nos et super filios nostros. Dieu entendit ce vœu des Juifs, et pour la dernière fois il exauça leur prière : après quoi il détourna ses regards de la terre promise et choisit un nouveau peuple.

. Le temple fut brûlé trente-huit ans après la mort de Jésus-

Christ; de sorte qu’un grand nombre de ceux qui avaient entendu

la prédiction du Sauveur purent en voir l’accomplissement.

Le reste de la nation juive s'étant soulevé de nouveau, Adrien acheva de détruire ce que Titus avait laissé debout dans l'an cienne Jérusalem. 11 éleva sur les ruines de la cité de David une autre ville à laquelle il donna le nom d'Ælia Capitolina; il en défendit l'entrée aux Juifs sous peine de mort, et fit sculpter un pourceau sur la porte qui conduisait à Bethléem. Saint Grégoire de Nazianze assure cependant que les Juifs avaient la permission d'entrer à Ælia une fois par an, pour y pleurer; saint Jérôme ajoute qu’on leur vendait au poids de l'or le droit de verser des larmes sur les cendres de leur patrie.

Cinq cent quatre-vingt-cinq mille Juifs, au rapport de Dion,

moururent de la main du soldat dans cette guerre d’Adrien. Une multitude d'esclaves de l’un et de l’autre sexe fut vendue aux foires de Gaza et de Membré; on rasa cinquante châteaux et neuf cent quatre-vingt-cinq.bourgades. é Adrien bâtit sa ville nouvelle précisément dans la place qu’elle” occupe aujourd'hui; et, par une providence particulière, comme l'observe Doubdan, il enferma le mont Calvaire dans l'enceinte

des murailles. A l’époque de la persécution de Dioclétien, lenom :

même de Jérusalem était si totalement oublié, qu'un martyrayant répondu à un gouverneur romain qu’il était de Jérusalem, ce gouverneur s’imagina que le martyr parlait de quelque ville factieuse bâtie secrètement par les chrétiens. Vers la fin du septième siècle, Jérusalem portait encore le nom d'Ælia, comme one

voit par le Voyage d’Arculfe, de la rédaction d’Adamannuss

ou de celle du vénérable Bède.

Quelques mouvements paraissent avoir eu lieu dans la Judées. sous les empereurs Antonin, Septime-Sévère et Caracalla. Jérusalem, devenue païenne dans ses vieilles années, reconnutenfin le Dieu qu’elle avait rejeté. Constantin et sa mère renversèrent les idoles élevées sur le sépulcre du Sauveur, et consacrèrent les saints lieux par des édifices qu’on y voit encore. FA

(1) N’est-il pas singulier qu'un critique m’ait reproché tous ces caleuls, comme s’ils étaient de moi, et comme si je faisais autre chose que de suivre ici les historiens de l’antiquité, entre autres Josèphe? L'abbé Guénée o plusieurs savants ont prouvé au reste que ces caleuls ne sont point exagérés |

(Note de la troisième édition.) :

neo au

Ce fut en vain que Julien, trente-sept ans après, rassembla les Juifs à Jérusalem pour y rebâtir le temple : les hommes travaillaient à cet ouvrage avec des hottes, des bêches et des pelles d’argent ; les femmes emportaient la terre dans le pan de leurs plus belles robes ; mais des globes de feu sortant des fondements à demi creusés dispersèrent les ouvriers et ne permirent pas d’achever l’entreprise.

Nous trouvons une révolte des Juifs sous Justinien, lan 501 de Jésus-Christ. Ce fut aussi sous cet empereur que l’Église de Jérusalem fut élevée à la dignité patriarcale. :

Toujours destinée à lutter contre l’idolâtrie et à vaincre les fausses religions, Jérusalem fut prise par Cosroës, roi des Perses, l'an 613 de Jésus-Christ. Les Juifs répandus dans la Judée achetèrent de ce prince quatre-vingt-dix mille prisonniers chrétiens et les égorgèrent.

Héraclius battit Cosroës en 627, reconquit la vraie croix que le roi des Perses avait enlevée, et la reporta à Jérusalem.

Neuf ans après, le calife Omar, troisième successeur de Mahomet,s’empara de Jérusalem, après l'avoir assiégée pendant quatre mois : la Palestine, ainsi que l'Égypte, passa sous le joug du vainqueur.

Omar fut assassiné à Jérusalem en 643. L'établissement de plusieurs califats en Arabie et en Syrie, la chute de la dynastie des Omniades et l'élévation de celle des Abassides, remplirent la Judée de troubles et de malheurs pendant plus de deux cents ans.

Ahmed, Turc Toulounide, qui de gouverneur de l'Égypte en était devenu le souverain, fit la conquête de Jérusalem en 868; mais son fils ayant été défait par les califes de Bagdad, la Cité sainte retourna sous la puissance de ces califes l'an 903 de notre ère.

Un nouveau Turc, nommé Mahomet-Ikhschid, s'étant à son tour emparé de l'Égypte, porta ses armes au dehors, et soumit Jérusalem l'an 936 de Jésus-Christ. gue*

Les Fatimites, sortis des sables de Cyrène en 968, chassèrent les Ikhschidites de l'Égypte, et conquirent plusieurs villes de la Palestine.

Un autre Turc, du nom d’Ortok, favorisé par les Seljoucides d'Alep, se rendit maitre de Jérusalem en 984, et ses enfants y régnèrent après lui.

Mostali, calife d'Égypte, obligea les Ortokides à sortir de Jérusalem.

Hakem ou Hequem, successeur d’Aziz, second calife fatimite, persécuta les chrétiens à Jérusalem vers l’an 996, comme je l'ai déjà raconté en parlant de l’église du Saint-Sépulcre, Ce calife mourut en 4021.

Meleschah, Turc Seljoucide, prit la sainte Cité en 1076, et fit ravager tout le pays. Les Ortokides qui avaient été chassés de Jérusalem par le calife Mostali y rentrèrent, et s’y maintinrent contre Redouan, prince d'Alep. Mais ils en furent expulsés de nouveau par les Fatimites en 1076 : ceux-ci y régnaient encore lorsque les croisés parurent sur les frontières de la Palestine.

Les écrivains du dix-huitième siècle se sont plu à représenter les croisades sous un jour odieux. J’ai réclamé un des premiers contre celte ignorance ou cette injustice (1). Les croisades ne furent des folies, comme on affectait de les appeler, ni dans leur principe , ni dans leur résultat. Les chrétiens n’étaient point les agresseurs, Si les sujets d’Omar, partis de Jérusalem, après avoir fait le tour de Afrique, fondirent sur la Sicile, sur l'Espagne, sur la France même, où Charles-Martel les extermina, pourquoi des sujets de Philippe Le", sortis de la France, n’auraient-ils pas fait Le tour de l'Asie pour se venger des descendants d'Omar pre dans Jérusalem ? C’est un grand spectacle sans doute que fa a pen de l’Europe et de l'Asie marchant en sens con-

a our de la Méditerranée, et venant chacune sous la ban- Mère de sa religion, attaquer Mahomet et Jésus-Christ au milieu SRE adorateurs. N'apercevoir dans les croisades que des pèn$ armés qui courent délivrer un tombeau en Palestine, c’est

(1) Dans le Génie du Christianisme,

montrer une vue très-bornée en histoire. Il s’agissait non-seulement de la délivrance de ce tombeau sacré, mais encore de savoir qui devait l’emporter sur la terre, ou d’un culte ennemi de la civilisation, favorable par système à l’ignorance , au despotisme, à l'esclavage, ou d'un culte qui a fait revivre chez les modernes le génie de la docte antiquité, et aboli la servitude. Il suffit de lire le discours du pape Urbain IT au concile de Clermont, pour se convaincre que les chefs de ces entreprises guerrières n'avaient pas Jes pelites idées qu’on leur suppose, et qu'ils pensaient à sauver le monde d’une inondation de nouveaux Barbares. L'esprit du mahomélisme est la persécution et la conquête ; l'Évangile au contraire ne prêche que la tolérance et la paix. Aussi les chrétiens supportèrent-ils pendant sept cent soixante. quatre ans tous les maux que le fanatisme des Sarrasins leur voulut faire souffrir; ils tâchèrent seulement d'intéresser en leur faveur Charlemagne : mais ni les Espagnes soumises, ni la France envahie, ni la Grèce et les deux Siciles ravagées, ni l’Afrique entière tombée dans les fers, ne purent déterminer pendant près de huit siècles les chrétiens à prendre les armes: Si enfin les cris de tant de victimes égorgées en Orient, si les progrès des Barbares, déjà aux portes de Constantinople, réveillèrent la chrétienté et la firent courir à sa propre défense, qui oserait dire que la cause des guerres sacrées f'ut injuste ? Où en serionsnous si nos pères n’eussent repoussé la force par la force? Que l’on contemple la Grèce, et l’on apprendra ce que devient un peuple sous le joug des. musulmans. Ceux qui s'applaudissent tant aujourd’hui du progrès des lumières auraient-ils donc voulu voir régner parmi nous une religion qui a brûlé la bibliothèque d'Alexandrie, qui se fait un mérite de fouler aux pieds les hommes, et de mépriser souverainement les lettres et les arts ? “Les croisades, en affaiblissant les hordes mahométanes au centre même de l'Asie, nous ont empêchés de devenir la proie des Turcs et des Arabes. Elles ont fait plus : elles nous ont sauvés de nos propres révolutions; elles ont suspendu, par la paix de Dieu, nos guerres intestines ; elles ont ouvert une issue à cet excès de population qui tôt ou tard cause la ruine des États : remarque que le père Maimbourg a faite, et que M. de Bonald a développée. | Quant aux autres résultats des croisades , on commence à convenir que ces entreprises guerrières ont été favorables au pro= grès des lettres et de la civilisation. Rorbertson a parfaitement traité ce sujet dans son Histoire du commerce des anciens aux Indes orientales. J'ajouterai qu’il ne faut pas, dans ces calculs, omeltre la renommée que les armes européennes ont obtenue dans les expéditions d'outre-mer. Le temps de ces expéditions est le temps héroïque de notre histoire; c’est celui qui à donné naissance à notre poésie épique. Tout ce qui répand du merveil= leux sur une nation ne doit point être méprisé par cette nation même. On voudrait en vain se le dissimuler, il y a quelque chose dans notre cœur qui nous fait aimer la gloire; l'homme ne se compose pas absolument de calculs positifs pour son bien et pour son mal, ce serait trop le ravaler; c’est en entretenant les Romains de l’éternité de leur ville qu'on lesa menésà laconquêle du monde, et qu’on leur a fait laisser dans l'histoire un nom éternel, Godefroy parut donc sur les frontièresde la Palestine, l’an 1099 de Jésus-Christ ; il était entouré de Baudoin, d'Eustache, de Tan crède, de Raimond de Toulouse, des comtes de Flandre et de Normandie, de l'Étoile, qui sauta le premier sur les murs de Jéa rusalem ; de Guicher, déjà célèbre pour avoir coupé un lion par la moitié ; de Gaston de Foix, de Gérard de Roussillon, de Raimbaud d'Orange, de Saint-Pol, de Lambert : Pierre l'Ermite marz chait avec son bâton de pèlerin à la tête de ces chevaliers. Ils s'emparèrent d’abord de Rama ; ils entrèrent ensuite dans ] maüs, tandis que Tancrède et Baudoin du B Bethléem. Jérusalem fut bientôt assiégée , croix flotta sur les murs un vendredi 13, et,s juillet 1099, à trois lieures de l’après-midi. Je parlerai du siége de celle ville lorsque Jj'examinerai Je

imourg pénétraient à et l’étendard de la elon d’autres, 12 de

mes

118 ITINÉRAI D pu Q .

in par ses frères théâtre de la Jérusalem délivrée. Godefroy fut cs RUE nié d'armes roi de la cité conquise. C'était le temp sque appreli chevaliers sautaient de la brèche sur le trône : le va pique s'en à porter le diadème; et la main blessée qu ra de mettre veloppe noblement dans la pourpre. Got it, «ne voulant sur sa tête la couronne brillante qu'on hu gi ésas-Christ avait « point, dit-il, porter une couronne d’or où « porté une couronne d'épines. » ‘soudan d'Égypte fut Naplouse ouvrit ses portes, l’armée du Û la défaite de cette battue à Ascalon. Robert, moine, pour peindre nployée par J. B. armée, se sert précisément de la comparaison Hute ble à Rousseau ; comparaison d’ailleurs empruntée

es La Palestine enfin, après tant de Fe nuägës Vit fuir ses ennemis comme on voit lES do Dans le vague des airs fuir devant J'aqu

rut à Jaffa, dont il avait fait

Il est probable que Godefroy mou À foin son frère, comte

relever les murs. Il eut pour successeur d'Edesse. re

Celui-ci expira au milieu de ses victoires ; le royaume à Baudoin du Bourg son neveu: Foulques d’An-

Mélisandre , fille aînée de Baudoin IE, épousa Re de dt jou, et porta le royaume de Jérusalem dans Ja Are de mari, vers l’an 1130. Foulques étant morl d’une € fl NE en 1140, son fils Baudoin LI lui succéda. La pe à tre prêchée par saint Bernard, conduite par Louis He 4 Es db pereur Conrad , eut lieu sous le règne de Baudoin ë Fe à occupé le trône pendant vingt ans, Baudoin laissa la C RU Mbde son frère Amaury, qui la porta onze années. Amaury eu Po successeur son fils Baudoin, quatrième du none me

On vit alors paraître Saladin, qui, battu d’abord et ensuile Victorieux, finit par arracher les lieux saints à leurs nouveaux maitres. :

Baudoin avait donné sa sœur Sibylle, veuve de SE it Longue-Epée, en mariage à Gui de Lusignan. Les grands : royaume, jaloux de ce choix, se divisèrent. Baudoin IV, 2 {op fini ses jours en 1184, eut pour héritier son neveu ; Baudoin ; ee de Sibylle et de Guillaume Longue-Epée: Le jeune rot, qu! avait que huit ans, succomba en 4186 sous une violente maladie. Sa mère Sibylle fit donner la couronne à Gui de Lusignan; son second mari, Le comte de Tripoli trahit le nouveau mo* Barque, qui tomba entre les mains de Saladin à la bataille de Tir bériade.

Après avoir achevé la conquête des villes maritimes dé la Palestine, le soudan assiégea Jérusalem ; il la prit l'an 1188 de notre ère, Chaque homme fut obligé de donner pour rançon dix besants d’or : quatorze mille habitants demeurèrent esclaves faute de pouvoir payer cette somme. Saladin ne voulut point entrer dans la mosquée du Temple, convertie en église par les chrétiens, sans en avoir fait laver les murs avec de l’eau de rose. Cinq cents chameaux, dit Sanut, suflirent à peine pour porter toute l’eau de rose employée dans celle’ occasion ; ce conte est digne de l'Orient. Les soldats de Saladin abattirent une croix d'or qui s'élevait au-dessus du temple, la trainèrent par les rues jus qu’au sommet de la montagne de Sion, où ils la brisèrent. Une seule église fut épargnée, et ce fut l'église du Saint-Sépulere ;

S Syriens la rachetèrent pour une grosse somine d argent.

La couronne de ce royaume à demi perdu passa à Isabelle ; fille d’Amaury kr, sœur de Sibylle décédée, et femme d'Eufroy de Turenne. Philippe-Auguste et Richard Cœur de Lion arrivèrent {rop lard pour sauver la ville sainte ; mais ils prirent Plolémais ou Saint-Jean d’Acre. La valeur de Richard fut st renommée que, longiemps après la mort de ce prince, quand un cheval tressaillait sans cause, les Sarrasins disaient qu'il avait vu l'ombre de Richard. Saladin mourut peu de temps après la prise de Ptolémaiïs : il ordouna que l'on portät un linceul au bout d’une lance

et laissa, en 1118,

le jour de ses funérailles, et qu’un héraut criât à haute voix :

SALADIN , DOMPTEUR DE L'ASIE , DE TOUTES LES RICHESSES QU'IL A CONQUISES, N'EMPORTE QUE CE LINCEUL.

Richard, rival de gloire de Saladin, après avoir quitté la Palestine, vint se faire renfermer dans une lour en Allemagne. Sa prison donna lieu à des aventures que l'histoire a rejetées, mais que les troubadours ont conservées dans leurs ballades. |

L'an 1242, l'émir de Damas Saleh-Ismaël, qui faisait la guerre à Nedjmeddin, soudan d'Egypte , et qui était entré dans Jérusa= lem, remit cette ville entre les mains des princes latins. Le sou= dan envoya les Karismiens assiéger la capitale de la Judée. {ls la reprirent et en massacrèrent tous les habitants : ils la pillèrent encore une fois l’année suivante avant de la rendre au soudan Saley-Ayoub, successeur de Nedimeddin. K

Pendant le cours de ces événements, la couronne de Jérusalem avait passé d'Isabelle à Henri, comte de Champagne, son nouvel époux ; et de celui-ci à Amaury, frère de Lusignan, qui épousa en quatrièmes noces la même Isabelle. Il en eut un fils qui mourut en bas âge. Marie, fille d'Isabelle et de son premier mari Conrad, marquis de Montferrat, devint l’héritière d'un royaume imaginaire. Jean, comte de Brienne, épousa Marie, Il en eut une fille, Isabelle Yolande, mariée depuis à l'empereur Frédéric IL. Celui-ci, arrivé à Tyr, fit la paix avec le soudan d'Eegypte. Les conditions du traité furent que Jérusalem serait partagée entré les chrétiens ét les musulmans. Frédéric IL vint en conséquence prendre la couronné de Godefroy sur l'autel du Saint-Sépulcre, la mit sur sa tête, et repassa bientôt en Europe. IL est probable que les Sarräsins ne tinrent pas les engagements qu’ils avaient pris avec Frédéric, puisque nous voyons, vingt ans

après, en 1242, Nedjmeddin, saccager Jérusalem, coinme jel'ai

dit plus haut. Saint Louis arrive en Orient sept aus après ce dér= nier malheur. Il est remarquable que ce prince, prisonnier ét Egypte, vit massatrer sous ses ÿeux les derniers héritiers de la famille de Saladin (j).

Il est certain que les mamelucks Baharites, après avoir trempé leurs mains dans le sang de leur maître, eurent un moment la pensée de briser les fers de saint Louis, et de faire de leuf pri sonnier leur soudan, tant ils avaient été frappés de ses vertus! Saint Louis dit au sire de Joinville qu'il eût accepté cette cons ronne, si les infidèles la lui avaient décernée. Rien peul-êlre ne fait mieux connaître ce prince, qui n'avait pas moins de grandeur d’âme que de piété, et en qui la religion n’excluait point les pensées royales.

Les mamelucks changèrent de sentiments : Moas, Almansor-

Nuradin-Ali, Sefeidin-Modfar, succédèrent tour à tour au trône d'Egypte, et le fameux Bibars-Bondoc-Dari devint soudan en 1263. Il ravagea la partie de la Palestine qui n'était pas soumise à ses armes , el fit réparer Jérusalem, Kelaoun, héritier de Bondoc- Dari en 1281, poussa les chrétiens de place en place, et Khälil, son fils, leur enleva Tyr et Ptolémais ; enfin, en 4291, ils furent entièrement chassés de la Terre-Sainte, après s’être maintenus cent quatre-vingt-douze ans dans leurs conquêtes, et après avoir régné quatre-vingt-huit ans à Jérusalem.

Le vain titre de roi de Jérusalem fut transporté dans la maison de Sicile, par le frère de saint Louis, Charles, comte de Pro vence et d'Anjou, qui réunit sur sa tête les droits du roi de Chypre et de la princesse Marie, fille de Frédéric, prince dAntioche. Les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, devenus les chevaliers de Rhodes et de Malte, les chevaliers Teutoniques;, conquérants du nord de l'Europe et fondateurs du royaume de Prusse, sont aujourd’hui les seuls restes de ces croisés qui firent trembler l’Afrique et l’Asie, et occupèrent les trônes de Jérusa= lem, de Chypre et de Constantinople, le

Il y a encore des personnes qui se persuadent, sur l'autorité

Page 1