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amènent, les grandes dames de France s'établirent dans les ruines des palais de Didon. brie | Mais la prospérité semblait abandonner saint Louis dès qu'il, avait passé les mers ; comme s’il eût toujours été destiné à donner , aux infidèles l'exemple de l’héroïsme dans le malheur, Ilne pouvait attaquer Tunis avant d’avoir reçu les secours que devait lui amener son frère, le roi de Sicile. Obligée de se relrancher, dans l’isthme, l’armée fut attaquée d'une maladie contagieuse, qui en peu de jours emporta la moitié des soldats. Le soleil de l'Afrique dévorait des hommes accoutumés à vivre sous un ciel, plus doux. Afin d’augmenter la misère des croisés, les Maures, élevaient un sable brûlant avee des machines : livrant au souffle du midi cette arène embrasée, ils imitaient pour les chrétiens les, effets du kansim ou du terrible vent du désert : ingénieuse et, épouvantable invention, digne des solitudes qui en firent naïlre, l'idée, et qui montre à quel point l’homme peut porter le génie, de la destruction. Des combats continuels achexaient d'épuiser les forces de l’armée : les vivants ne suffisaient pas à enterrer les, morts; on jetait les cadavres dans les fossés du camp, qui en, furent bientôt comblés, E »
Déjà les comtes de Nemours, de Montmorency et de Vendôme, n'étaient plus; le roi avait vu mourirdans ses bras son fils chéri, le comte de Nevers. Il se sentit lui-même frappé. IL s'aperçut, dès le premier moment que le coup était mortel; que ce coup, abattrait facilement un corps usé par les faligues de la guerre, . par les soucis du trône-et par ces veiïlles religieuses et royales que, Louis consacrait à son Dieu et à son peuple. Il tâcha néanmoins de dissimuler son mal et de cacher la douleur qu’il ressentait de. la perte de son fils. On le voyait, la mort sur le front, visiter les, hôpitaux, comme un de ces pères de la Merci consacrés dans les, mêmes lieux à la rédemption des captifs et au salut des pestiférés. Des œuvres du saint il passait aux devoirs du roi, veillait,
| à la sûreté du camp, montrait à l'ennemi un visage intrépide, ou, | assis devant sa tente, rendait la justice à ses sujets comme sous.
le chêne de Vincennes. |
+ Philippe, fils aîné et successeur de Louis, ne quittait point son, père qu’il voyait près de descendre au tombeau, Le roi fut enfin obligé de garder sa tente : alors, ne pouvant plus être lui-même, utile à ses peuples, il {cha de leur assurer le bonheur dans l’a. Yenir, en adressant à Philippe cette instruction qu'aucun Fran-
| çais ne lira jamais sans verser des larmes. Il l'écrivit sur son lit,
de mort. Du Cange parle d'un manuscrit qui parait a voir été l’o-: riginal de cette instruction : l'écriture en était grande, mais al-,
| térée : elle annonçait la défaillance de la main qui avait tracé | Vexpression d'une âme si forte. ÉNRRE à
« Beau filz, la premiere chose que je t'enseigne et commande,
| « à garder, si est que de lout ton cœur tu aimes Dieu. Car sans, | « ce, nul homme ne peut estre sauvé. Et garde bien de faire
chose qui lui deplaise. Car tu devrais plutost desirer à souffrir toutes manieres de tourments, que de pecher mortellement... « Si Dieu 'euvoie adversité, reçois-la benignement, et lui en; rends grace : et pense que {u l’as bien desservi, et que le tout, te tournera à ton preu. S'il te donne prosperité, sil’en re-, mercie très-humblement, et garde que pour ce tu n’en sois, pas pire par orgueil, ne autrement. Car on ne doit pas guer-, royer Dieu de ses dons. ee « Prends-loi bien garde que tu aies en ta compagnie prudes. gens et loyaux, qui ne soient point pleins de eonvoilises, soit. gens d'eglise, de religion, seculiers ou autres. Fuis la compas gnie des mauvais, et t'etforce d’escouter les paroles de Dieu, et les retiens en ton cueur. HS de, « Aussi fait droicture et justice à chacun , tant aux pauvres, « comme aux riches. Et à tes serviteurs sois loyal, liberal et roide. « de paroles, à ce qu'ils le craignent et aiment comme leur « maistre. Etsiaucune controversité ou action se meut, enquiers= « loi jusqu'à la verité, soit tant pour toi que contre toi. Si lu es « averti d’avoir aucune chose d'autrui, qui soit certaine, soit par
| « loi ou par tes predecesseurs, fais-la rendre incontinent. …
EE ren : à.