‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 4)Chapitre 90 sur 111 · MESURE ACTUELLE DU PLAN DE JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

MESURE ACTUELLE DU PLAN DE JÉRUSALEM

L'échelle du plan de M. Deshayes demandant quelques éclair= cissements, je rendrai un fidèle compte de ce qu'un examen scrupuleux m'y a fait remarquer. On y voit une petite verge; définie cent pas , et nous en donnons la répétition sur le plan ci joint. A côté de cette verge en est une plus longue, avec lé nombre de cent, et dont la moitié est subdivisée en partie de dit en dix. Par la combinaison de longueur entre ces deux verges il est aisé de reconnaitre en gros que l’une indique des pas com muns, l’autre des toises. Mais je ne dissimulerai point qu'il n'ya pourtant pas une exacte proportion entre ces mesures. L’échelle des pas communs m’a paru donner, en suivant le pourtour de la ville, environ cinq mille cent pas, lesquels à deux pieds et demi, selon la définition du pas commun, fournissent douze mille sept cent cinquante pieds, où deux mille cent vingt-cinq toises. Or, par l'échelle en toises, on n'en compte qu'environ deux mille, savoir dans la partie septentrionale, et de l'angle nord-est à l'angle nord-ouest, six cent soixante-dix-sept toises ; dans la partie occidentale, jusqu’à l'angle sud-ouest, trois cent cinquante-cinq; dans la p®rtie méridionale, cinq cent quarante-quatre ; et de angle sud-est, én regagnant le premier par la partie orientale, quatre cent vingt-huit. Total, deux mille quatre. Dans ces mésures, on a cru devoir négliger la saillie des tours et quelques petits redans que fait l'enceinte en divers endroits; mais tous lés changements de direction etautres détours marqués ontété suivis: Et ce qu’on ne fait point ici, par rapport à la mesure prise selon l'échelle des pas, qui est d’entrer dans le détail des quatre prinêtpaux aspects suivant lesquels Pemplacement de Jérusalem se trouve disposé, a paru devoir être déduit préférablement sé= lon l'échelle des toises, par la raison que cétte échelle semble beaucoup moins équivoque que l’autre. Nonobstant celte pré” férence, qui trouvera sa justification dans ce qui doit suivre; il faut, pour tout dire, accuser la verge de cette échelle des toises’ d'être subdivisée peu correctément dans: Pespace pris pour cinquante toises, ou pour la moitié de cette vergé; car cette partie se trouve trop courte, eu égard au total de la verge ;'et j'ai étendu l'examen jusqu’à m'instruire que par cetle portion de verge le’ circuit de Jérusalem monterait à deux millé deux cents toises.

Quoiqu'on ne puisse disconvénir que ces variétés ne donnent quelque atteinte à la précision de l'échelle du plan de Jérusalem; il ne conviendrait pas néanmoins de s’en autoriser pour rejeter” lotalèment celle échelle. Je dis que la verge des cent toises me parait moins équivoque que le reste. La mesure du tour de Lors salem dans son élat moderne, ‘et tel que le plan de M. Desha yés

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. PIÈCES JUSTIFICATIVES. 185 PRE UE ARE ER ee

SE PE à Je représente, est donnée par Maundrell, Anglais, dans sôn

Voyage d'Alep à Jérusalem, un des meilleurs morceaux sans contredit qu'on ait en ce genre. Cet habile et très-exact voyageur té quatre mi EME de murailles de Jérusalem ; et il remarque que la défalcation d’un dixième sur ce nombre donne la mesure de ce circuit à quatre mille cent soixante-sept verges anglaises, c’est-àdire que dix pas font l'équivalent de neuf verges. En composant une toise anglaise de deux verges, puisque la verge est de trois ieds, cette toise revient à huit cent onze lignes de la mesure du

ied-français, selon la plus scrupuleuse évaluation, ce qui ajoute

même quelque chose aux comparaisons précédemment faites

entre le pied français et le pied anglais, comme je l'ai remarqué dans le Traité des Mesures ilinéraires. Conséquemment, les quatre mille cent soixante-sept verges, ou deux mille quatrevingt-trois et demi toises anglaises fourniront un million six cent

uatre-vingt-neuf mille sept cent dix-huit lignes, qui produisent cent quarante-buit mille cent dix pouces, ou onze mille sept cent trente-quatre pieds deux pouces, ou mille neuf cent cinquantecinq toises quatre pieds deux pouces. Or, si nous mettons cette mesure à mille neuf cent soixante toises de compte rond, et que nous prenions de la même manière celle du plan de M. Deshayes à deux mille, la moyenne proportionnelle ne sera qu'à vingt toises de distance des points extrêmes, ou à un centième du tout.

Et que peut-on désirer de plus convenable sur le sujet dont il est

uestion? On ne trouverait peut-être pas de moindres contrariétés entre les divers plans dé nos places et villes frontières. I convient de regarder comme une preuve du choix et de la préférence que demande la verge des cent Joises, que, quoique son écart des autres indications de l'échelle du plan consiste à donner moins de valeur de mesure, toutefois elle pèche plutôt en abondance

wautrement, par comparaison à la mesure prise sur le terrain par Maundrell.

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