‹ Itinéraire de Paris à Jérusalem (volume 4)Chapitre 96 sur 111 · DES MESURES HÉBRAÏQUES DE.LONGUEUR · texte numérisé non relu

DES MESURES HÉBRAÏQUES DE.LONGUEUR

Je terminerai cet écrit par quelque discussion des mesures hébraïques propres aux espaces, Cette discussion se lie d'autant mieux à ce qui précède, qu’elle fournit des preuves sur plusieurs points. Ilne parait pas équivoque que la coudée, dite en hébreu

re que, dans la mesure du temple, on a pu et dû même -

ameh (per aleph, mem, he) en langue chaldaïque ametha, appelée par les Grecs räyvs, d'où est venu lemot de pic, et autrement oévn, d'où les Latins ont pris le mot d’ulna, ne soit un élément de mesure qu'il soit très-essentiel de vérifier. La mesure que cette coudée a prise ci-dessus par rapport à l'étendue du temple paraît assez convenabie pour qu’elle en tire déjà grand avantage. Voyons si elle se peut répéter d’ailleurs, ou déduire de quelque autre moyen.

Si l’on s’en rapporte au rabbin Godolias sur l'opinion de Maïmonides, la coudée hébraïque se compare à l’aune de Bologne ; et, de cette comparaison, le docteur Cumberland, évêque de Pe. terborough, a conclu la coudée de vingt et un pouces anglais et sept cent trente-cinq millièmes de pouce, comme je l’apprends d’Arbuthnot (Traité des poids, monnaïes et mesures), ce qui revient à vingt pouces el environ cinq lignes du pied de Paris, et ne diffère par conséquent que d’une ligne en déduction de l’évaluation propre au dérah ou à la coudée égyptienne.

Mais un moyen de déterminer la mesure de la coudée hébraïque, duquel je ne sache, point qu on ait fait usage, {out décisif qu’il puisse paraitre, est celui-ci : les Juifs conviennent à définir l’iter sabaticum, ou l'étendue de chemin qu’ils se permettaient le jour du Sabbat, en dérogeant au précepte du xvI® chapitre de l'Exode, v. 30 : Nullus egrediatur de loco suo die septimo; ils conviennent, dis-je, sur le pied de deux mille coudées, L'auteur de la Paraphrase Chaldaïque s'en explique positivement, à l’occasion du v. 6 du chap. [°° du livre de Ruth. OŒEcumenius confirme cette mesure par le témoignage d Origène, lorsqu'ildit que le mille, étant égal au chemin sabbatique, comprend doygthioy rnysv. Le Traité des mesures judaïques composé par saint Épiphane, qui, étant né Juif et dans la Palestine, devait être bien instruit du fait dont il s’agit, nous apprend que l’espace du chemin sabbatique revient à la mesure de six stades. Pour donner à la coudée en question plus que moins d étendue, on ne peut mieux faire que d'employer ici le stade ordinaire, dont huit remplissent l’espace d’un milleromain, et qui semblemême avoir prévalu sur tout autre stade dans les bas temps. La mesure de ce stade , définie à quatre-vingt-quatorze loises deux pieds huit pouces, étant multipliée par six, fournit cinq cent soixante-six toises quatre pieds. En décomposant ce calcul en pieds, on y trouve trois mille quatre cents pieds, qui renferment quarante mille huit cents pouces. Et, en divisant celte somme de poucesen deux mille parties, chacune de ces parties se trouve de vingt pouces.et deux cinquièmes de pouce. Or, le produit de ce calcul semblerait en quelque sorte fait exprès pour servir de vérification à la mesure déduite ci-dessus. Que s’en faut-il même que l’évaluation qui vient d’être conclue ne soit précisément la même que celle quenous avons employée précédemment pour Ja coudée Dé braïque , en la croyant une même mesure avec le dérah ou la coudée égyptienne? La diversité d’une ligne et un cinquiéme ne doit-elle pas être censée de petite considération dans une combinaison de celte espèce. Outre que la diversité ne va pas à un deux-centième sur le contenu, il faudrait, pour que celte diversité pût être regardée à la rigueur comnie un défaut de son dans l’emploi du dérah pour la coudée hébraïque, qu'on k ne assuré que les six stades faisaient étroitement et sans qques a le juste équivalent des deux mille coudées. Il ne cer, j we aussi de trouver à redire à la compensation que saint PP ane donne de six stades pour deux mille coudées 4 ps Len avoir négligé d’y ajouter ue trente-quatrième de stades, où la va-

ize à dix-sept pieds.

mn - ges ne ne d'espace à laquelle, outre le terme de berath, que quelques commentateurs croient lui être propre, od, lamed) , au pluriel milin.

ils ont adapté celui de mil (mem, J04, tameur, ai Quoiqu’on ne puisse douter que cette dénomination ne soit erm-

pruntée des Romains, cela n'empêche pas que chez les Juifs, le wille n’aitsa définition distincte et particulière, laquelle est donnée sur le pied de deux mille coudées ; ce qui se rapporte précisément à ce que dit OEcumenius, que l’on vient de citer. Plusieurs en-

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droits de la Gémare , indiqués pat Réland (Palæstina, vol. 1er, pag. 400), nous apprénnënt qie les Juifs compensent la mesure du mille par sept <lades et dei: Le terne dont ils se servent pour exprimer le s'ade ést riz (rech, jod, Sämech), au plririel risin. Îl peut S'interpréter par le latit curriculur, Qui est propre à la cafrière du stade, curriculum stadii, dans Aûlu-Géllé (Noct. Attic:; Kb. 1, cap. 1.) La jonction dé Quaire milin co ipose chez les Juifs une espèce de lieue nommée parseh (pe. resch, samech, he). Dans là längue syriaque, paras Sighifié élendré, ét parseh élendue. Etil ést d'autant plus näturel que ce terme paraisse em: prüuté de celle lanigué, qu'elle éiait devenue propre aux Juifs dans les temps qui ont suivi la captivité. Oh lrotivéra datis Rélañd (pag. 97) un endroit du Tulmud qui donne positivement Ja défi: nilion du mille jüdaïqué à deux mille coudées, et de la jarseh de quatre mille, Les deux mille coudées dssujetties à la mesure précise du déraäh font cinq cent soixanté-licuf loises deux pieds huit pouces. En mültipliant cette soitimé par quatre, la parséh se frouve dé déux mille déux cént soixante-dix=sept loises quatre pieds huit pouces. Cetté mésuie ne diffère presque en riëñ dé notre liëue française | coinposéé de deux lieties gauloïses, eldont vingt:cing font presque le jüsteéquivalentd'un degré; Le déété Réland, partant dé la süpposition que lé imillé judaïqué n'ést point différent dû mille rorhain, et comparant lé noriibfé de deux fille coudéëes dns lun , à célui de tin iñille pieds dans l’aütre, conclut la éoudée à déux pieds ét demi. Mais, quoiqu'on ne puisse disconvenir qué l'éténdue de la doininätion romaine nait rendu le millé fomain presque universel , loutefois il est biën céftain dué avéc célle qui nous ésl donnée du trnille judaïque. Et outré que l'évalüation de la cüudéé qui résultérait de l’équivoqué ést naturellement difficile à ädmettre, excédänt la vraisemblance én qualitédé coudée, üné Simple compäraison dé nombres déstituéé des rapports essentiels né peut sé soutéñir éoñtré üné définition positive, et qui éprouvé dés vérifications. Il ÿ à ufi érnidroit dé la Gémüré qui définit le éhémin d'une journée orditiaire à dixpar= saut (et est lé plüriél de patseh). Si la parséh équitalait à quätre Milles romains, il en résuliérait quarante milles. Mais les añciens ne vont poiht jusque-là dus celte estimation : ils Sen tientierit cotthunément à vingt-cin{ milles, ou deux cehits stades : et $i Hérodüté div. v) y emploie deux cént cinquarité stadés, il faut avoir égard à ce que l’usagé des Stades à dix au millé est propre à cet historieh en beaucoup d’éndroits: Les géographes oriëntäux convienfént aissi ur | pacé d’une jouriée commu: ce que lés maronités qui ont traduit là Géographie d El-Edrisi dans l'étit où nous l'avons, ou Plutôt Soù exlrait, ont noté dans la préface dé leur traduction. Et quand lés Orietitaux ont paru varier sur le nornbre des milles, En târquant quelquefois trente au liéu dé vingl-citiq, c'est à raison dé la différéhiée des inilles, qu’ils n’ont pas toujours ëmnployés à la rigueur sur lé pied du mille arabique, dont les vingtcihq peuvetit Équivaloir trente où trénité et un d’une espèce plus ordinaire. Pat l'évaluation qui est propre à la parseh, les dix faisant la Compensation de trente mMillesromains, ilést évident qu une

la composition

Mésule sénsiblérnent supérieure sért-des bornes dé ce dont il

s'agit: Le père Lamy a objecté à Villaipando; sur une pareille opinioi, que lacouüée hébraïque égalait deux piedsroiains; que la hütléur de l’autel des patfuins étant indiquée de deut coudées, il aurait fallu que là taillé du prêtre qui faisait le sufvice ei répahrifit l'éneéns Sur cet autel eût été gigaritesque. Îl est constant que les coivenances que nous avons rencontrées sur le 1oval ; à l'écard dé tépie, n'aurdiéiit point eu lieu avec uné mesure dela codée plüs fürte d'environ un quart que celle qui esticidonnée, Le pied foiiain évatuait inille trois cent six dixièmes de ligué du pied dé Paris, les deux pieds ét demi renferment trois cent vingt-six ligries et déinié ; ou viagl-sept pouces deux lignes el déifiié On rerrarqueri mème, au surplus, que Villaipaudo atiribüait encoré äu pied romain quelijue excédant sur cettédélinition.

Je n'ai observé ci-dessus la convenance fortuite qui se ren-

que là mesuré de cé mille ne peut étre confon:

ce nombre dé vingt-cinq millés pour l'es:

| six toises quatre pieds, et qu’on multiplie cetle valeur par quatié.

contrait entre la parseh et notre lieue française, que pour come uniquer à celle parseh l’idée de ce qui nous est propre et fami- : lier: Mais la même convéhance entre la parseh et une ancienne mesure orientale né doit pas êtré également regardée cominel'ef

fet du hasard. Cetlé Extrême conivéhance sera plutôt lo vérificas tion d’une seule et même inésüre. J'ai fait voir, dans te Traité. des Mesures itinéraires, que le'stadé, qüi revient à un dixième inillé romain, convenait précisément à la inésuré des marches de Xénophon, él qu'en conséquence de l'évaluation faite es Xé noplion lui-mêrie du nombré de stades en parasariges, il patais Saitcotistant que trenté städes répondaient à une jarasänge. CO compensation n'a mêiné rien que de conforme à la définition prés cise qü'Hérodote, Hésychius, Shidas, ont donnée de la parasanger À En multipliant par trente la mésure de soixante-quinise toisés trois pieds quatré pouces, à lagüélle le städe de dix aû mille és. défini, on aura par cé calcul deux mille deux cent soitäntessit toises quatre pieds. Or, cette évaluation de la parasange n’est qui onze loises de la parseh ; de manière que deux pieds deux ponées de plus sur la définition du Stade qui sert à compüser la pañd sange meltraient le calcul rigideinent au pair, Si même on veut donner par préférencé dans la suppütation qui résulte de la dotii# paraison qué saint Épiphañe « faite du mille judaïque où chemitt sabbatique avec six stadés ordinaires, savoir, cinq cent soixantés

pour avoir la parsèh, on rencontrera précisément les deux mille deux cent soixante-six toises quatre pieds qui sont le produit d&

nos rente stades. Qui ne conelura de là que la parseh n'est utré chose quela paräsange persane, babylonienne, comme on voudré l'appeler? La païseh ne renferme-t-elle pas €n elle-même cornposition des trente stades, puisque le mille iudaïque, la. lrième partie de la parscb, est comparé par les Juifs à sepLstades et dei? Ajoutons que les noms de parseh et de parasange ont

assez d’affinité pour concourir avec l'identité de mesure : ét qi conime les termes de parseh et de para trouvent dans Pa langage oriéntal, chaldaïque, de même que syriaque, unei prétation propre et littérale qui ne peut renfermer de senspli convenable à l'égard de la chose mème, c’est acquérir indubita” blement la signification propre du mot de parasange. La parsèh ; n’étant point mentionnée dans les livres sainis, il y a toutlieudé croire que les Juifs ne l’auront adopiée que depuis leur capté vité dans le pays dè Babylone. Lors

- Mais remarqueéz quel enchaînement de convenanices! La définition de la parasange a son existence, indépendamment dev qui constilue la parseh; car cette parasange dépend d'un stade particulier ; lequel se produit par des moyens tout à fait étrangers à ce qui parait concerner ou intéresser la. parasange même comme on peut s'en éclaircir par le Traité que j'ai donné des Mesures: La parséh, d'un autre côté, sort d'éléments absolument | différents, et prend ei son principe de ce que la coudée : tienne parait urie mesure de la plus haute antiquité, et dont il } semble vraisemblable que le peuple hébreu ait adopté Susagés | Sur ces présomptions (car jusque-là il n’y a, ce semble, rien-de | plus); l'application de cette coudée à la parseh trouve une vérili= | cation plus précise qu’on ne pourrait oser l'espérer; danscequE se doit conclure de la mesure que saint Épiphañe donne de quatrième partie de la parseh; Toutes ces voies difiérentess € aucune n’a de vue sur l'autre;conduisent néanmoins aux mème coriséquences, se réunissent dans des points communs: On Hs pourrait se procurer plus d'accord pér des-muÿens voncertes: Qu’en doit-il résulter? Une garantie mutuelle, si l'on peut ss ployer cetle expression, de loutes les parties et circouslunges qu entrent dans la combinaison.

La connaissance positive de la eoudée hébraïque est un M principaux avantages d’une pareille. discussion. Il est bien \a que le père Lamy, ainsi que quelques aütres savants, avait sr proposé la mesure du dérah pour cette coude; iais Sans me montrer positivement la propriéié , ou la vérirer par des app 3 lions de la nalure dé celles qui viennent d'être produites. ll

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tte mesure ait én quelque manière échappé au père Lamy, puisque, nonobstant sa conjecture sur le dérah, il conclut la coudée hébraïque à vingt pouces (iv. 1, sect, 1 Nos, dit-il, cubitum Hebræum facimus viginti pollicum. La coudée hébraïque élait composée de six palmes mineurs. et ce palme est appelé en hébreu tophach (teth; phe, thelh.) La version des Septante a rendu ce mot par celui de TANT üy qui est propre au palme dont il s’agit, et que les définitions données par Hésychius et par Julius Pollux fixent à quatre doigts. Par conséqueni la coudée contenait. vingt-quatre doigts P el c’est en effet le nombre de divisions que porte la coudée égyptienne ou dérab, la colonne de Mihias, qui est le nilomètre près de Fostat ou du Vieux-Caire. Abul-Feda estcité par Kircher, pour dire que la coudée légale des Juifs, la méme que légyplienne, contient -quatre doigts. Dans Diodore de Sicile (liv. 1), lorsqu'il parle du nilomètre qui existait à Memphis, et qu’il appelle N::109z0r0<, On trouve mention non-seulement des coudées qui en faisaient la division, mais encore des doigls, d'axsdlove, Qui étaient de subdivision par rapport à la coudée.

En conséquence de la mesure qui.est propre à celte coudée, le {ophach ou palme revient à trois pouces tinq lignes de notre pied; et j'observe que celle mesure particulière a l'avantage de paraitré prise dans la nature. Car, étant censée relativé à la largeur qu'ont les quatre doigts d’une main fermée, coinme Pollux s'en explique, l'étude des proportions entre les parties du corps peut faire voir que relle mésure conviendra à une slalue d'environ éinq pieds huit pouces français ; et celte hauteur de stature, qui fait le juste équivalent de six pieds grecs, passe plutôt la taille commune des hommes qu'elle ne s’y confond. Mais si le palme, qui fait la sixième partie de la coudée hébraïque, prend cette convenance avec une belle et haute stature, et qu’on ne saurait asser sensiblement sans donner dans le gigantesque, il s’ensuiyra que la mesure de cette coudée ne peut, en tant que coudée, articiper à la même convenance. Le père Lamy, en fixant la coudée hébraïque à vingt pouces, en a contlu la hauteur des patriarches à quatre-vingts pouces, où six pieds huit pouces, ce qui est conforme en proportion à ce principe de Vitruve : Pes altitudinis corporis sextæ, cubitus quartæ. Sur cette proportion, la mesure prise du dérah produirait sept pieds moins deux pouces. Si une telle hauteur de taille devient admissible; au moyen d’une distinction particulière entre la race des premiers hommes et l'état actuel de la nature, toujours est-il bien constant que la mesure de la coudée en question excède les bornes que les horminés ont reconnués depuis longempis dans leur staturé ordiiidiré. Dé mauière qué, relätivéme t à la hauteur de là taille à Jaquelle la mesure du palme pärait s’assôrtir én particulier, où cinq pieds et environ buit pouces, fa coudée proportionnelle Wirait qu'à environ dix-sept pouces. Or, lés rabbins paraissent persuadés que l’ôn distiniguait la coudée commune de la coudée légale èt Sacrée, dont l’étalon était déposé dans le sanctuaire ; et celte coudée comimuhe différait dé l'autre par la Süppression d'un tophach. Ainsi, se réduisant à cinq tiphuchim (pluriel de tophaëh}) où à vingt doigts, ét pérdant la valeur de trois pouces cinq lignes, sa lotigueur révétait à dix-sept pouces et uné ligne, Quoique le père Lamy ait Corbattu la trädition judaïque sur cette cotidée commune, toutefois Ja grande änalogié de proportion qui s'y rénicoutre lui peut servir d'appui. Le témoignagé des rabbins trouvé même une confirmation positive dans la comparaison que Josëphe a failé de la coudée d'usage chez les Juifs avec la coudée alique. Car, cetté coutlée se déduisant de là proportion qui lui est Häturelle avée le pied grec, lequel se compare à mille trois

même que la précision de ce

sur

vingt

cent Soikante parties où dixièmes de lignée du pied de Paris, rez

vient à deux mille quarante des mêmés ‘parties, où deux cent quairé lignés, qui font dix-<ejit porrces. Happélons-nous, au surplis, ce qui à êté ci-dessus rapporté d'Ezéchiel , en traitant dé la mesure du témple, lorsqu'il prescrit aux Juits dé Babylone d'emnpIOTERS dans là réédification du templé, une coudée plus forte d'u travers de mai que l'ordinaire, Ce travers de maih n'étant

autre chose que le palme mineur, ou tophach, AE pas là celte distinction formelle de plus ou de moins entre deux coudées, dout la plus faible mesure paraît même prévaloir par l'usage ? Mais, en tombant d'accord que la coudée inlérieure élait adrisé durant le second temple. on pourrait, par délicatesse, et pour ne porler aucune atleinte au précepte divin, qui ne souffre qu’un seul poids. qu'une seule mesure, vouloir rejeter la coudée en quéstion pour les temps qui ont précédé la captivité : en quoi toutefois on ne serait point autorisé absolument par le silericé de l'Écriture. puisque, dans le Deutéronome (chap. 11, v. 11), la imesure du lit d'Og, roi de Basan, est donnée en coudées prises de la proportion naturelle de l'homme, in cubito viri; ou, selon la Vulgale, admensuram cubitivirilis manus. Bien q w’un noinbre infini de mesures, qui enchérissent sur leurs principes naturels, par exemple, teut ce que nous appelons pied, sans entrer dans ün plus grand détail, autorise suffisamment la dénomination de éoudée dans une mesure aussi forte que celle qui parait propre à la coudée égyptienne et hébraïque ; toutefois, la considération dé ces principes devient souvent essentielle dans la discussion des thesures, et ilne faut pas la perdre de vue. Gest à elle que j'ai dù la découverte du pied naturel, dont la mesure el l'emploi ont trouvé leur discussion dansle Traitédes Mesuresitinéraires que j'aidonné. “Nous ävons donc dans cet écrit une analyse des inesures hébraïques qui, bien qu’indépendante de toute application particulière, se concilie néanmoins à la mesure d'enceinte de Jérusalem et de l'étendue du temple, selon que cetle mesure se déduit des diverses indications de l'antiquité conférées avec le local même Il patait une telle liaison entre ces differents objets ici réunis, qu’ils semblent dépendants les uns des autres, el se prêter,

sur ce qui les regarde, une mutuelle confirmation. DISCUSSION DE LA COUDÉE ARABIQUE.

J'ai pris engageinent, au Sujet d’uñ articlé qui intéresse la mesuré du lemple, d'entrer en discussion sur la éoudée arabique, à là suite des mésüres hébraïqués. de 2) |

Cette coudéé, deraga où derah, ést de trois Sorles, l'ancienne, là comiminé ét la noire. La préthière, qui tiré sa dénomitiation de ce qu’on prétend qu’elle existait du temps des Persans, est coinposée de trénte-deux doigts; la seconde, de vingt-quatre, selon là définition plus orditiaire et naturelle; la troisième tient le milieu, et est éstinée vingl-sept doigls. On distingue la preiière par l’addition de deux palines aux Six palines, qui sont onde, et qui lui ont été coniinuns avec la cou- Ces définitions sé tirent ainsi de donton ét redevable à Golius, | stronomie de

l'élément de la sec dée égyptienne et. hébraïque.

l'éxtrait d’un arpenteut oriental, dans leg notes doht il a illustré les Eléments d'A l’Alférgane.

De ces trois coudéés, té avoir plus d'égard, suftout par fappo HR re GARE VAE Abe avéc éé qui ést dé l'espèce de coudéé en genéral, est la cotnnune. Et éé qui devient esséntiel pour PArREF à én lixer là mesure, je dis que cellé qui se déduit dé “pie de là inésure de l4 terré, läïle par oräré du calife Alaïnoun, dans les plaines de Sinjar, en Mésopotitnie, ne SE Fa APAURIEC rieux qu'à là coudéë qualitiée de comimue où ordinaire. Sélon là narration d'Abul-Fedà sur là mesure d Almämoun, le degré terrestre sur le méridien fut évalué ciiquante-six tilles arabiques et detix tiers; et l'Alfergane (chaÿ. vint) dit que le inillé en celte unésuré élait composé de quatre inille coulées. En prenant le dégré de éinquarñte-sept mille ioises de compte told (par là rai son dont nous avons cru devoir le faire en parlaut dé la mesuré du téniple), le mille atabique retient à inille Six au plu près. Lés wiile toises font là vuudée de dix-huit pouces; etsi lun veut avoir égard à l'excédant dé six loisés, il én résulierà une ligie et à péu près (rois dixiètiies de ligne par delà.

llé à laquelle il Sétnble qu'on doivé rt à l'usagé et à uné plus

Le docte Golius a cru qu’il était question de la coudée noire dans là mesure d’Almamoun, sur ce que l’Alfergane s’est servi du terme de coudée royale pour désigner celle qu’il a pensé être propre à cette mesure, Il faut convenir d’ailleurs que l'opinion Yeut que cetle coudée doive son établissement à Almamoun, et qu’elle fut ainsi appelée pour avoir été prise sur le travers de Main où palme naturel d’un esclave éthiopien au service de ce prince, ef qui s'était trouvé fournir plus détendue qu'aucun auire. Maïs, outre que l’arpenteur cité par Golius applique l'usage de la coudée noire à la mesure des éloffes de prix dans Bagdad, la proportion établie entre les différentes coudées arabiques est d'un grand inconvénient pour l'application de la coudée noire à Ja mesure de la terre sous Almamoun, Remarquez, 1° que la coudée noire, avec l'avantage de trois doigts sur la coudée commune, n'aurait point loutefois l’excédant trop marqué sur la portée ordinaire, si son évaluation n'allait qu’à dix-huit pouces ; 90 que la coudée commune, qui serait à deux pouces au-dessous, Pourrait conséquemment paraître faible, puisque nous voyons que la coudée d'usage chez les Juifs, malgré son-infériorilé à l’égard de la coudée légale, s’évalue au moins dix-sept pouces ; 3° que la coudée ancienne, qui est appelée hashémide, ne monterait par proportion qu’à vingt et un pouces et quelques lignes, quoiqu'il y ait des raisons pour la vouloir plus forte. Car, selon le Marufide, la hauteur de la basilique de Sainte-Sophie, qui, du pavé au dôme, est de soixante-dix-huit coudées hashémides, S évalue par Évagrius à cent quatre-vingts pieds grecs, et, par une suite de la proportion qui est entre le pied grec et le nôtre, la coudée dont il s’agit monlera à vingt-six pouces et près de deux lignes. Ce n'est pas même assez, si l’on s’en rapporte au module de la coudée hashémienne du Marufde, qu'Edward Bernard dit êlre marqué sur un manuscrit de la bibliothèque d'Oxford, et qu’il évalue vingt-huit pouces neuf lignes du pied anglais, ce qui égale à peu de chose’ près vingt-sept pouces du pied de Paris. Les mesures données par le Marufide de la longueur et largeur de Sainte Sophie, savoir : cent une coudées d’une part, et quatre-vingt-treize et demie de l’autre, feront la coudée plus forte, sion les compare aux dimensions de Grelot, quarante-deux toises et trente-huit. La comparaison n'étant point en parfaite analogie, il résultera de la longueur près de trente pouces dans

la coudée, et de la largeur vingt-neuf pouces trois lignes de bonne mesure.

Je sens bien que l’on pourrait se croire en droit de prétendre

LL < , x que l'évaluation quelconque de la coudée ancienne ou hashémide ait une influence de proportion sur les autres coudées et

qu’elle fasse monter la commune à yingt pouces trois lignes, en se conformant à lé

à trois. Mais un tel raisonnement ne suffisant pas pour suppri-

mer et rendre nulle l'analyse de coudée résultante de la mesure posilive du degré terrestre sous Almamoun, quand même cette mesure ne serait pas jugée de la plus grande précision, il sera toujours naturel de présumer qu'il n'y a point de proportion entre les différentes coudées arabiques qui soit plus propre à cadrer à celte analyse de coudée, que la coudée commune. Et la coudée noire y sera d'autant moins convenable, qu'en conséquence de la mesure hashémide, elle devait monter à vingtdeux pouces et neut lignes.

Thévenot, dont l'exactitude et l'habileté au-dessus du commun des Voyageurs sont assez connues, ayant remarqué, dans une géographie écrite en persan, que le doigt , la quatrième partie du palme, ja vingt-quatrième de la coudée, élait défini à six &rains d'orge mis à côté l’un de l’autre (définition qui est en effet universelle chez tous les auteurs orientaux), dit avoir trouvé que la mesure de six grains d'orge, multipliés huit fois, revenait à Six pouces de notre pied, d’où il conclut que la coudée composée de cent quaranle-quatre grains. doit valoir un pied et demi. (Voyez liv. n du second Voyage, chap vu.) Or, n'est-ce pas là ce qui résulte non-seulement de la mesure du degré terrestre par

| étalon même de la coudée hashémide, puisque la Comparaison apparente entre ces coudées est comme de quatre

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ordre d’Almamoun, mais encore de l’application spéciale que nous faisons de la coudée commune à cette mesure? Je remarqué que la coudée noire, par proportion avec la mesure analysée de la commune, sera de vingt pouces et quatre à cinq lignes par delà; ce qui, pour le dire en passant, prend beaucoup de con- | venance avec la coudée égyptienne et hébraïque. Or, cette coudé a noire n'ayant excédé la commune que parce que le travers den main de l'Ethiopien, ou le palme qu’on prenait pour étalon, surpassait la mesure plus ordinaire, non parce qu'il fut question de déroger à la définition de la coudée sur le pied de six palmes : n'est-ce pas en effet charger très-sensiblement la proportion nas turelle que d'aller à vingt pouces et près de demi, tandis queles six palmés grecs, quoique proportionnés à une stature d'homme de cinq pieds huit pouces, comme il à été remarqué précédem- | ment, ne s’évaluent que dix-sept pouces? Si ces convenances € 1 probabilités ne s’étendent point à la comparaison qui est faite de. la coudée ancienne ou heshémide avec les autres coudées, disol que cellé comparaison n’est vraisemblablement que numéra re à l'égard dés'palmes et des doigts, sans être proporlionnelle quant, à la longueur effective. Ne voit-on pas une pareille diversité entre des mesures de pieds, bien qu'ils soient également de douze pouces? Et pour trouver un exemple dans nolre Suj L. même, quoique la coudée noire excédàt la commune de la va leur de trois doigts des vingt-quatre de cette commune, avait-on pris plus de six palmes pour la composer ? ” LR Cette discussion de la coudée arabique, qui ne regarde qu'un. point particulier dans ce qui a fait l’objet de notre Dissertation, m'a occupé d'autant plus volontiérs, que je n’ai point connu € ce qui en résulte eût été développé jusqu’à présent. ta

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De No I. “te, MÉMOIRE SUR TUNIS.

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Les beys qui gouvérnent Tunis sont-ils Tures où Arabes? À quelle époque 4

précisément se sont-ils émparés de l'autorité que les deys avaient auparavant? 4, SOLUTION 7re,

Il y a à peu près cent cinquante ans que les beys de Tunis enlevé l’autorité aux deys; mais ils n’ont pas gardé sans révo tions la puissance qu’ils avaient usurpée, Le parti des deys l’emis porta sur eux à plusieurs reprises et ne fut entièrement ab u,. qu'en 1684 par la fuite du dey Mahmed-[cheleby, dépossédé par Mahmed et Aly-Bey, son frère. Une monarchie héréditaire s'élas blit alors, et Mahmed-Bey, auteur de la révolution, en fut la pre= mière tige. Ce nouvel ordre de choses fut aussitôt interrompu qu'élabli : le dey d’Alger, ayant à se plaindre des Tunisiens), vint expliquer ses prétentions à la tête de son armée, mit le siege devant Tunis (13 octobre 4689), s’en empara par la fuite du beys et fit reconnaitre à sa place Ahmed-ben-Chouques. Mabmeds Bey, ayant réussi à mettre dans son parti les Arabes des fronlières, s'avança contre Ahmed-ben-Chouques, lui livra bataille, la gagna, et vint mettre le siége devant Tunis (13 juillet 1695). Son compétiteur s'élant retiré à Alger après l'issue de la batailles, Mahmed-Bey parvint sans peine à s'emparer de la ca itale ; y, élablit de nouveau son autorité, et la conserva jusqu'à sa morte. Ramadan-Bey, son frère, lui succéda : la bonté de son caractère annonça aux Tunisiens un règne tranquille : elle ne les trompa, pas, mais elle causa sa perte, Son neveu Mourat, fils d'Aly-Bey, impalient de jouir du trône auquel il était appelé, profita de line, dolence de son oncle, se révolta, le fit prisonnier, et le fitmourirs, Le règne de Mourat, trop long pour le bonheur du peuple, fut signalé par des cruautés excessives, Le Turc Ivrahim-Cnerif en,

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