‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 10 sur 360 · VAUX-PRASLIN · texte numérisé non relu

VAUX-PRASLIN

étaient alors des prodiges, i Ces eaux, qui ne jouent plus aujourd'hui, n'étaient rien, après tout, comparées au château lui-môme, chef-d'œuvre de l'architecte Le Vau, et qui, sauf les injures du temps , reste encore tel que Fouquet le fit bâtir.

Les magnificences du dedans répondent à celles de l'extérieur. Les peintures sont de Charles Lebrun et de Mignard. Un seul détail suffira pour donner une idée de la munificence du surintendant : il faisait à Lebrun 10 000 livres de pension par année,

Château de Vaux-Praslin.

et lui payait en outre chaque tableau comme s'il ne l'avait pas pensionné.

Ce beau château est entouré d'un large fossé rempli d'eau et revêtu de maçonnerie. On y entre par un pont-levis. On en sort également par un pont-levis du côté du jardin. La cour d'honneur est précédée d'une vaste avant-cour, le long de laquelle s'étendent les communs. Cette avant-cour est fermée du côté de l'avenue par une large grille que soutiennent des Termes de grandeur colossale. Tous, malheureusement, sont plus ou moins mutilés; le château lui-môme a été fort mal entretenu pendant les

soixante dernières années. Le parc a 800 arpents; il est tout en lignes droites, suivant l'usage du xvne s. Le parterre est un immense parallélogramme dont toutes les allées et toutes les platesbandes se coupent à angle droit. A l'extrémité s'étend une pièce d'eau ou canal creusé de main d'homme et alimenté par la petite rivière d'Anqueuil.

Les Mémoires du temps sont pleins de descriptions pompeuses de la fête que Fouquet donna à Louis XIV le 17 août 1661, et l'on en peut lire, dans les œuvres de La Fontaine, un récit trèsdétailléen vers et en prose. La Fontaine était de la fête, et il eut le rare mérite de n'oublier jamais les services que Fouquet lui avait rendus. La perte du surintendant, préparée de longue main par ses deux collègues Le Tellier et Golbert, était déjà résolue quand Louis XIV alla s'asseoir à sa table; mais le luxe de cette demeure et le faste de la réception augmentèrent singulièrement l'irritation du monarque, qui avait en effet le droit de se dire : « Toutes ces richesses ont été accumulées au détriment de l'État, a Fouquet fut arrêté à Nantes le 5 septembre, dix-huit jours après sa fête, enfermé successivement à Vincennes et à la Bastille, jugé en lô6d par une commission formée de conseillers au parlement, condamné au bannissement, et incarcéré à Pigneroi par ordre du roi, qui trouva que la commission avait été trop débonnaire.

Louis XIV ne voulut pourtant pas ruiner la famille de l'homme qu'il avait si rudement frappé. Le fils aîné du surintendant, Nicolas Fouquet, fut comte de Vaux. Il mourut en 1705. Le maréchal de Villars acheta de sa succession la terre de Vaux -le- Vicomte, que Louis XIV érigea, en sa faveur, en duché-pairie, et qui s'appela Vaux -Villars. Le duc de Villars, fils du maréchal, le vendit au duc de Praslin, ministre sous Louis XV. Elle n'est pas sortie de cette famille et s'appelle aujourd'hui Vaux-Praslin.

Le château de Taux-Praslin est à 6 kil. de Melun, au N. E. La route de Meaux y conduit.

A peu de distance de la gare de Melun, le chemin de fer se rapproche de la rive g. de la Seine sur laquelle il offre de jolis points de vue. On passe dans un petit tunnel sous la cour d'honneur du château de la Rochette, puis on revoit la Seine que l'on côtoie longtemps. Sur la rive dr. se montrent Livry (demeure

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