MELUN
vent de filles, occupé maintenant par la maison centrale de détention du départ, de Seine-et-Marne (1200 détenus hommes) qui a été non-seulement agrandie, mais récemment déplacée pour dégager les abords de Notre-Dame. Celte église (mon. hist.), bâtie au «• s. dans le style romano-byzantin de cette époque, a été plusieurs fois remaniée dans certaines parties, et, dans ces dernières années, restaurée avec le plus grand soin. On remarque surtout, à l'intérieur, les élégantes chapelles latérales du chœur, et, à l'extérieur, les deux tours heureusement reconstruites avec de jolies sculptures romanes. Les travaux de nivellement exécutés sur la place Notre - Dame en 1864 ont fait découvrir quelques fragments de bas-reliefs, une statuette et une pierre portant l'inscription d'un autel dédié à Mercure et aux dieux Mânes par le préteur Nero Glaudius Drusus Germanicus, frère de Tibère. Ces antiquités ont été déposées au musée.
Dans l'Ile, on remarque encore : la maison de la Vicomte (fenêtres sculptées) qui appartint à Fouquet, et, à l'extrémité orientale, la tour de César (il n'en reste que la base), seul vestige du vieux manoir des rois de France, détruit au xvme s.
Dans le quartier Saint-Ambroix, les couvents des Ursulines et de la Visitation ont été convertis en casernes de cavalerie.
Le clocher de Saint-Barthélemy , qui s'élève au haut de la ville, près delà préfecture, a été restauré en 1858.
L'hôtel de ville a été commencé en 1847 et terminé en 1848. Dans la cour a été érigée, le 20 mai 1860, une statue dUmyot, en marbre, par M. Godin. L'architecte, qui a imité le style ç> la Renaissance, s'est habilement servi, d'ailleurs, d'un vieil hôtel du moyen âge, et d'une ancienne tour. Il en a flanqué son édifice en construisant une tour exactement semblable à l'autre extrémité. L'intérieur renferme la bibliothèque publique (14 000 vol.) et un musée créé récemment parl initiativcde M. Courtois. On y remarque une intéressante collection des antiquités découvertesdans la ville et aux environs, et plusieurs œuvres d'art d'un grand mérite.
La préfecture s'élève au sommet de la colline que couvre le quartier septentrional de la ville, et la domine tout entière ainsi que la vallée. Un vaste jardin anglais descend de la façade jusqu'à la rivière.
La préfecture est à l'extrémité occidentale de Melun. Du côté opposé, se dresse, comme pour lui servir de pendant, le château (1766) de Vaux-le-Pêny (qu'il ne faut pas confondre avec Vaux - Praslin), beaucoup plus grand que la préfecture, précédé, comme elle, d'une belle pelouse en amphithéâtre et offrant, en outre, une magnifique futaie qui couronne le coteau. Une jolie promenade borde la Seine au-dessous de cette belle propriété. L'église de Vaux date du xnr3 s.
L'ancien pont aux Moulins, sur la Seine, a été remplacé par un pont suspendu, très-hardi. C'est à cet endroit que se péchaient les fameuses anguilles de Melun. Leur réputation est consacrée par ce proverbe : « l'anguille de Melun crie avant qu'on l'écorche,» qui rappelle aussi l'historiette suivante. Au moyen âge, dans la représentation théâtrale d'un mystère, on choisit pour jouer le personnage de saint Barthélémy, un acteur du nom de Languille. Son rôle était d'être écorché vif. Le malheureux, entrant dans la réalitéde ce rôle, se mit à crier de toutes ses forces quand le bourreau fit mine de vouloir aussi remplir le sien. De là le proverbe.
La ville de Melun, qui n'avait pas, sous Louis XVI, 4000 habitants, a vu doubler sa population depuis qu'elle est devenue le ch.-l. du départ, de Seine-et-Marne. Jusqu'à la Révolution, elle avait été commune franche, protégée seulement par ses vicomtes, dont le domaine embrassait un vaste territoire situé au nord-est de la ville, vers le village de Maincy. La demeure seigneuriale, isolée à une lieue de Maincy, s'appelait Vaux-le-Vicomte. Fouquet, surintendant des finances sous l'administration du cardinal Mazarin, acheta la vicomtéde Melun, et remplaça le vieux châleau par un édifice immense et magnifique où il offrit à Louis XIV une fête qui eut toute l'importance d'un événement. « Ce palais, a dit Voltaire (Siècle de Louis XIV, chap. xxv), et les jardins lui avaient coûté 18 millions, qui en valent aujourd'hui 35. Il avait bâti le palais deux fois et acheté trois hameaux, dont le terrain fut enfermé dans des jardins immenses, plantés en partie par Le Nôtre, et regardés alors comme les plus beaux de l'Europe. Les eaux jaillissantes de Vaux, qui parurent depuis au-dessous du médiocre après celles de Versailles, de Marly et de Saint-Cloud,