‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 120 sur 360 · LYON. — FORTIFICATIONS. — ANTIQUITÉS · texte numérisé non relu

LYON. — FORTIFICATIONS. — ANTIQUITÉS

Les forts de Loyasse et de Vaise se distinguent des autres, surtout par la grandeur et l'originalité Me leurs parties construites en maçonnerie. Le premier de ces forts domine l'extrémité septentrionale du tunnel du chemin de fer de Paris, et permet de voir au loin le cours supérieur de la Saône.

La troisième partie du système de fortifications comprend Yenceinte continue de la Croix - Rousse 1 , qui commence au fort Saint-Jean, d'où l'on découvre Vaise, le coteau de Fourvières et une partie de Lyon. Cette enceinte traverse le plateau de la Croix-Rousse, et descend le long de la pente orientale jusqu'en face du pont Saint-Clair.

En avant de cette enceinte, ont été élevés les deux forts de Caluire et de Montessuy. Ce dernier jouit d'une vue fort étendue sur le Rhône, le Grand-Camp, les Brotteaux, le Dauphiné et les Alpes. De Caluire on découvre, sur la rive gauche de la Saône, Fontaine, Collonges, Caluire, etc.; au milieu de la rivière, l'Ile Barbe avec ses charmantes villas et les restes de son ancienne abbaye , et enfin sur la rive droite, Saiut-Rambert, la chaîne du Mont-d'Or et une partie du Beaujolais.

L'enceinte qui renferme les forts détachés a 26 kil de tour.

Antiquités.

Quand la colonie romaine se fut établie sur le plateau de Fourvières, elle dut songer à se procurer des eaux saines et abondantes. Elle se construisit en conséquence des aqueducs qui pussent lui en apporter. Ces aqueducs étaient au nombre de trois. Ils ont été élevés à peu près à la même époque, car ils n'offrent dans leur construction aucune différence appréciable; on les distingue tantôt sous les noms des pays d'où ils partaient, tantôt sous ceux des villages qui en ont conservé les débris les plus remarquables. Ce sont les aqueducs du Mont-d'Or ou d'Écully, de Montroman ou de Craponne, et du Mont Pilât. Endommagés pendant le sac de Lyon sous Sévère, ils furent presque entièrement renversés par les Sarrasins au vme s. Depuis, le vandalisme et la cupidité des paysans les ont singulièrement diminués.

I, Elle doit être en partie démolie et remplacée par un boulevard.

V aqueduc du Mont-d'Or ou d'Écully, dont la construction a été attribuée à Antoine, descendait du Mont-d'Or, traversait le ruisseau d'Écully, franchissait le profond vallon de Grangeblanche sur un magnifique pont à siphons, composé de plusieurs arches élancées et d'une dimension considérable, qui s'est écroulé en 1827, puis, après avoir remonté la colline des Massuts, se dirigeait sur le plateau de Saint-Irénée. On peut voir encore à gauche de la route de Tarare quelques-uns des arcs rampants de cette contre-pente.

Uaqueduc de Montroman ou de Craponne a été l'objet d'un savant mémoire d'Alexandre Flacheron, couronné en 1835 par l'Académie de Lyon.

Après avoir suivi pas à pas les traces de cet aqueduc, j'en trouvai, ditil, la naissance dans une vallée étroite et rapide, où coule l'Orgeole, sur la commune de Duerne, au-dessous de la grande route de Bordeaux et à 500 mètres plus loin. Cet aqueduc partout souterrain, recueillait d'abord les eaux de ce ruisseau, enlaçait ensuite toute la chaîne de montagnes qui est plus au nord, en traversant les communes de Saint- Genis-l'Argentière, de Montroman {Mons Romanus), où il passait à 80 mètres au-dessus du village de ce nom ; de là, il se dirigeait sur le territoire de Courzieux, de Chevinay, de Saint-Pierre la Palud, deSourcieui et de Lentilly; sur cette dernière commune, il franchissait la chaîne en passant sur le col le moins élevé, et venait reparaître sur la Tour de Salvagny, Sainte-Consorce, Pollionay, Vaugneray, Grézieux, Craponne et Tassin, où il aboutissait, après avoir recueilli, sur une longueur de 40 000 mètres environ, une grande partie des eaux qui coulent sur les flancs de ces montagnes.

Uaqueduc du Mont-Pilat ne dut être entrepris qu'après ceux d'Écully- et de Montroman, quand, la population s'étant accrue, ces derniers devinrent insuffisants. C'est, du reste, le plus important des trois. Sa longueur totale était de 84 000 mèt. Il recueillait, selon certains écrivains, les eaux du Janon et du Langouan ; selon d'autres, celles du Furens ; et dans l'opinion de M. de Gasparin, celles du Gier seul. Il avait nécessité la construction de quatorze ponts- aqueducs et de quatre ponts à siphons, dans les vallons de Saint Genis-Terre-Noire du Garon, de Bonnant et de Saint-Irénée, et il venait aboutir à de vastes réservoirs placés près de Fourvières. Il pouvait fournir 500 000

Page 1