LYON. — HOSPICES
bord V Aumône générale de Lyon. Sa fondation date de la famine de 1531 ; il dut son établissement et ses progrès à la charité des habitants. Son but, qu'il remplit jusqu'à la Révolution, était : 1° d'adopter les orphelins pauvres de la ville ; 21 de distribuer chaque semaine une aumône d'argent et de pain aux habitants indigents qui résidaient à Lyon depuis sept ans ; 3° de donner des secours hospitaliers aux voyageurs pauvres passant par cette ville. Plus tard on se convainquit qu'on ne pourrait empêcher la mendicité tant qu'on ne retirerait pas les pauvres dans un lieu d'oùils ne pussent sortir. En conséquence, de 1614 à 1624, les bâtiments
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actuels s'élevèrent aux frais de divers bienfaiteurs sur un terrain acquis en 1614. Dès l'année 1622, l'hospice de la Charité avait été inauguré. Il reçoit surtout des vieillards des deux sexes indigents, et des enfants trouvés ou abandonnés au-dessous de dix ans.
V hospice des Incurables a été créé, en 1843, au château du Perron, à Oullins, par l'administration des hospices civils de Lyon, pour les infirmes indigents et incurables qui sont domiciliés dans l'agglomération lyonnaise. Il contient 115 lits, y compris 15 lits payants à 350 fr. par an.
L'Hospice de l'Antiquaille, actuellement administré par le conseil général des hospices de Lyon, reçoit : 1° les aliénés des deux sexes; 2° les individus des deux sexes atteints de maladies psoriques ou secrètes; 3° les vieillards des deux sexes, à titre de pensionnaires à l'année ou à vie. En 1854, 3574 malades y ont été traités. Leur nombre moyen s'est élevé par jour à 1113, leur séjour moyen a été de 108 jours, la moyenne de la mortalité de 1 sur 29.
L'Antiquaille se trouve située sur le coteau de la rive dr. de la Saône, entre Fourvières et Saint-Jean. Ses vastes bâtiments attirent de loin les regards de tous les étrangers. Elle occupe l'emplacement de l'ancien palais des préfets du prétoire ou gouverneurs des Gaules, qui fut habité par plusieurs empereurs et où naquirent Germanicus, Claude et Caracalla. En 1500, un Lyonnais, nommé Pierre Sala, construisit au milieu de ces ruines une belle maison dans laquelle il réunit un grand nombre d'objets antiques, qui lui firent donner le nom d'Antiquaille. Plus tard, cette maison fut achetée par M. de Sève pour les religieuses de la Visitation, puis la Révolution supprima le monastère, et, en 1802, le préfet du Rhône fonda l'hospice actuel dans les bâtiments qu'il racheta, et qui ont été depuis considérablement augmentés.
L'Hôpital militaire (quai de la Charité) n'a été fondé qu'en 1831. 11 occupe les bâtiments de la nouvelle douane.
La ville de Lyon a construit, en 1861, avec le concours de l'administration des hospices, sur le point culminant de la Croix- Rousse, un hôpital qui porte ce nom *. On y reçoit les malades des deux sexes non incurables et atteints de maladies qui n'exigent pas un traitement chirurgical.
Les établissements de charité et de prévoyance que possède encore la ville de Lyon sont trop nombreux pour que nous puissions môme les énumérer ici.
Lyon possède, en outre, un mont-de-piété institué en 1810, et dont les produits sont attribués à l'hospice de l'Antiquaille; — une Caisse d'épargne et de prévoyance; — une Société de secours mutuels des ouvriers en soie.
1. On trouvera dans l'Annuaire du Bhône des renseignements détaillés sur le but et la situation de ces utiles institutions.