LYON. — CIMETIÈRES. — MUSÉES
Le Cimetière de Loyasse, le plus grand cimetière de Lyon, créé en 1808, est situé derrière Fourvières, entre Saint-Irénée et le fort de Loyasse. On y découvre une belle vue, et plusieurs monuments funéraires y attirent les regards, soit par leur beauté réelle, soit par les noms qui y sont inscrits. Le cimetière de la Madeleine est situé à quelques minutes de Péglise de laGuillotière. La Croix- Rousse, Vaise et la Guillotière ont aussi leur cimetière particulier.
Musées. — Collections.
Les Musées de Lyon se trouvent réunis dans le Palais des Arts, décrit à la page 3^6.
Les Musées de peinture sont ouverts au public les jeudis, les dimanches et les jours de fête, de 11 h. à 3 h. Les autres jours, les étrangers y sont admis sur la présentation de leur passe-port. Le conservateur, M. Augustin Thierriat, en a publié un catalogue divisé en deux parties : la Galerie des peintres lyonnais, et Notice des tableaux exposés dans la grande galerie du musée de Lyon. Ces deux catalogues sont précédés de notices sur la peinture à Lyon et sur l'origine du musée. Il faut visiter d'abord la galerie des peintres lyonnais, car elle n'offrirait qu'un bien faible intérêt si l'on commençait par le véritable musée. Nous indiquons ci-dessous les tableaux qui nous semblent les plus dignes d'attirer l'attention, soit pour leur mérite réel, soit pour le nom de leur auteur, soit enfin pour le sujet qu'ils représentent. Un mot seulement sur l'histoire de la peinture et de la sculpture à Lyon, et sur la fondation du musée.
Lors de la renaissance des arts, un grand nombre de peintres français ou étrangers qui se rendirent de Paris à Rome passèrent par Lyon; ils y firent de longues stations : ils y acceptèrent divers travaux. Claude Lorrain, Greuze et Prud'hon y séjournèrent plusieurs années; le Poussin y aida son ami Stella, qui s'y était fixé, à peindre les fresques de la façade de sa maison, rue Juiverie. Ces fresques, dont on voyait encore des débris en 1804, sont aujourd'hui détruites. Van der Cabel s'y établit; Cari Dujardin et Jean Asselyn s'y marièrent. Les frères Coustou y décorèrent de bronzes le piédestal de la statue équestre de Louis XIV qu'avait
exécutée Desjardins. Coysevox, qui y était né, y sculpta des vierges en marbre encore admirées aujourd'hui. Aussi de riches cabinets de tableaux, de livres, de gravures et de curiosités s'étaient-ils formés dans les hautes classes quand la Révolution éclata. La plupart de ces collections furent détruites, vendues, dispersées pendant les dernières années du xvme s. ; mais le xix" s. était à peine commencé que déjà de nombreux amateurs s'occupaient à recueillir ces débris épars. En 1806, le maire et le préfet eurent l'idée de fonder une galerie de tableaux. La ville ne possédait alors cependant que dix ou douze toiles, dans l'infirmerie de l'ancien monastère des dames de Saint-Pierre. M. Artaud fut mommé directeur du musée projeté. On construisit une galerie dans l'aile méridionale de ce palais; puis, la galerie achevée, on pria le gouvernement de la remplir. Napoléon, qui venait de créer à Lyon une école de dessin, fit droit à cette demande. Des tableaux, provenant pour la plupart des musées d'Italie, furent envoyés à Lyon. Des dons, des legs, des achats augmentèrent chaque année cette collection, qui est devenue l'une des plus considérables et des plus intéressantes de la province. Les catalogues contiennent en effet l'indication de 413 tableaux; mais le chiffre total doit être beaucoup plus considérable, car un grand nombre, donnés, légués ou acquis dans ces dernières années ne portent pas encore de numéro. En 1830, M. Artaud ayant obtenu sa retraite, la direction générale fut partagée entre plusieurs conservateurs. En 1832, M. Prunelle, maire de Lyon, créa une salle de cours pour la Faculté, forma une bibliothèque, fonda une chaire de gravure; en 1833, il créa deux galeries dans l'aile occidentale du palais, l'une pour la zoologie, l'autre pour la minéralogie; en 1834, il disposa une galerie pour les statues dans l'aile orientale, et commença une galerie pour les anciens tableaux, achevée par son successeur, M. Martin. Ce dernier créa le musée des marbres modernes et la galerie des bronzes et antiquités égyptiennes, romaines, gauloises, etc. Enfin, le 16 février 1851 , eut lieu l'inauguration de la galerie lyonnaise.
Galeries des peintres lyonnais.
2. Artaud. Son portrait à l'âge de trente ans. — De 3 à 17. Berjon. Animaux, fleurs et fruits. — 18. Biard. Baie de la Madeleine. — 19. Bidault. Clair de lune. — 22. Boissieu. Marché d'animaux. — 23. Le même. Le ballon (dessin). — 24, 25, 26. Le même. Portraits. — 27. Le même. Vue de Rome (dessin à l'encre de Chine). — 28. Le même. Portrait de femme. —30. Bonirote. Origine de la fabrication des étoffes de soie à Lyon, en 1536. — 31. Bonnefond. La Cérémonie de l'eau sainte dans l'église des Grecs catholiques à Rome. Signé et daté: Rome 1830.
— 33. Le même. Portrait de Jacquard.— 42. 43. Dubuisson. Chevaux.
— 48. Épinat. La Fraîche matinée. — 53. Flandrin (René- Auguste),
1804, 1842. Une Prédication. — 55. Flandrin (Hippolyte). Le Dante, conduit par Virgile, visite et console les envieux frappés d'aveuglement. Signé et daté : Rome 1835. Un des plus beaux tableaux de cet artiste.
— 56. Le même. Euripide écrivant ses tragédies dans une grotte de l'île de Salamine. — 58. Gallay. Bouquet de fleurs. — 62. Grobon. Les Aqueducs romains, à Saint-Just. — 81. Jacquand. L'aveu. — 85. Montessuy. Une fête de paysans dans les Apennins. — 86. Orsel (Victor), né en 1795, mort en 1850. Moïse présenté à Pharaon (Rome 1830).
— 87. Le même. Adam et Ève auprès du corps d'Abel (Rome 1824). — 90. Pillement. Pont rustique. — 91. Revoil. Un Tournoi. — De 97 à 101. Saint-Jean. Fleurs et fruits. Une jeune fille portant des fleurs. Groupe de fleurs. Tête de Christ. Offrande à la Vierge. Ce dernier ouvrage (101), acquis en 1843 par la ville, est un des chefs-d'œuvre de cet artiste. — 104. Trimollet. Intérieur d'un atelier. — 107. Baile. Tableau de fleurs.
— 122. Flandrin (Paul). Les Pénitents de la mort dans la campagne de Rome.— • 123. Le même. Vue des bords du Rhône. — 128. Louis Guy. Marché au bétail. — 130. Janmot. Portrait du général Gémeau. — 137. Stella (Jacques). Son portrait.
École française.
6. Mignard. Son portrait. — 7. Bourdon (Sébastien). Portrait d'un militaire cuirassé. — 9. Lesueur. Le Martyre de saint Gervais et de saint Protais. Ce tableau, que Lesueur ne put achever, a été terminé par v Thomas Goulay, son élève et son beau-frère. — 12. Lebrun. Louis XIV, ayant à ses pieds des nations vaincues, est présenté par saint Louis à Jésus ressuscité. — 15. Pesne (Jean). Les Sept sacrements. Dessins.
— De 17 à 20. Monnoyer. Fleurs. — 21. Jouvenet (Jean). Les Vendeurs chassés du temple. Ce tableau, daté de 1706 et signé, passe pour un des chefs-d'œuvre de ce maître. C'est l'un des quatre tableaux qu'il peignit pour les Bénédictins de l'abbaye de Saint-Martin des Champs, à Paris. Les trois autres étaient : la Madeleine chex le Pliarisien, la Pêche miraculeuse et la Résurrection de Lazare, son plus bel ouvrage (ces deux derniers sont au musée du Louvre). Malgré leur incontestable mérite, ces peintures déplurent aux Bénédictins, qui refusèrent de les recevoir, disant qu'ils avaient demandé au peintre de représenter les principaux épisodes de la vie du fondateur de leur ordre. «Que vouliez vous, leur répondit Jouvenet, que je fisse de trente sacs à charbon tels que ceux que vous portez? » — 22. Le même. Saint Bruno en prière. — 26, 27. liigaud (Hyacinthe). Portraits de Léonard de Lamet, docteur en théologie, et de Denis-François Secousse. — De 28 à 34. Desportes. Animaux, fleurs et fruits. — 45. Girodet Trioson. Tête de jeune femme.
— 46. Gérard. Corinne au cap Misène. Ce tableau, que la gravure a rendu célèbre, fut acquis, en 1821, par le prince royal de Prusse,
puis donné à Mme Récamier qui le légua, en 1&29, à Lyon, sa ville natale. — 48. Granet. Interrogatoire de Savonaroie. — 50. Drollin g. Le bon Samaritain. Salon de 1822. — 54. Charlet. Épisode de la campagne de Russie, le meilleur ouvrage de cet artiste. — 55. Marilhat. Lisière d'une forêt au bord d'une rivière. — 60. Court. Une Scène du déluge.
— 62. Holstein. Forêt de Saverne, près de Strasbourg. — 66. Lehmann. Le Père du Cid. — 67. Le môme. Le Bain. — 72. Ziegler. Songe de Jacob. — 204. Granet. Chœur des Capucins de la place Barberini, à Rome. — 227. Poussin [Nicolas). Une bacchanale. Copie. L'original est en Angleterre. — 229. Greuze. Son portrait, peint par lui-même. Ce tableau a été placé au musée en 1862. — 230. David [Jacques- fx>uis). Portrait de sa maraîchère. Donné au musée en 1861. — 231. Delacroix (Eugène) J^es dernières paroles de Marc Aurèle mourant. Donné au musée en 1860. — 240. Jean Jouvenet. Le repas chez le Pharisien. — 244. Étex. La mort d'un homme de génie ignoré. — 250. Boullongne (Bon). La sortie de l'arche.
Écoles allemande, flamande et hollandaise.
73. Durer (Albert). Ex-voto. L'empereur Maximilien Ier et Catherine, sa femme, sont à genoux devant la sainte Vierge et l'enfant Jésus, qui posent sur leurs têtes des couronnes de fleurs apportées par des anges. Parmi les spectateurs de cette scène, on remarque Albert Durer luimême, tenant un rouleau de papier sur lequel il a inscrit son nom. — 77, 78, 79. Mirevelt. Portraits. — 80, 81. Moreelèze. Portraits. — 82. Rubens. Saint François, saint Dominique et plusieurs autres saints préservent le monde de la colère de Jésus-Christ. Ce tableau, peint pour les Dominicains de Gand , a été longtemps exposé au musée de Paris. Il a 3 mèt. 51 c. de hauteur et 5 mèt. 61 c. de largeur. — 83. Le même. L'Adoration des Mages. Ce tableau vient de la galerie de Munich. — 87. Crayer (Gaspard de). Saint Jérôme dans le désert. — 89, 90, 91, 92. Breughel (Jean dit de Velours). Les Quatre éléments. — 96. Jordaëns. La Visitation. — 97. Le même. Jésus dans l'étable. — 98. Le même. Mercure et Argus. — 99. Van Dyck. Deux têtes d'étude. —
101. École de Van Dyck. Portrait d'un archevêque de Cologne. —
102. Heem (David de). Fleurs et fruits. — 103. Le même. Un déjeuner.
— 104. Oots (Jacques van). Le Billet. — 105. Philippe de Champaigne. Découverte des reliques de saint Gervais et de saint Protais en présence de saint Ambroise, archevêque de Milan, et de plusieurs autres prélats.
— 106. Le même. La Cène. L'artiste a répété plusieurs fois le même sujet avec quelques changements. — 107, 108, 109, 110. École de Rembrandt. Martyre de saint Etienne. Agar, renvoyée par Abraham. Sacrifice d'Abraham. — 112. Quellyn (Érasme). Saint Jérôme assis et les mains jointes. — 115. Terburg. Le Message; d'une charmante harmo-
nie de couleur. — 117. Teniers {le jeune). La Délivrance de saint Pierre. — 119. Both {Jean). Paysage. — 121. Peeters. Marine (tempête).
— 122. Bol {Ferdinand). Le Pâtre. — 124. Beks {David). Portrait. — 125. Eeckhout {G. V.) . Portrait. — 128. Fyt {Jean). Gibier mort. — 133. Hagen {Jean van). Intérieur de forêt. — 135, 136. Netscher {Gaspard). Portraits. — 138. Ruysdaël {Jacques). Le Ruisseau. — UO.Schalken {G.). Un jeune fumeur allumant sa pipe. — 142. Mignon {Abraham). Son chat. — 143. Bloemen {Pierre van). LAtelier d'un maréchal ferrant.
— 146. Son {Jean Van). Fruits. — 147. Maître inconnu. Don Quichotte. Sancho fait respirer des sels à son maître, évanoui à la suite d'un combat malheureux. — 149. Hamilton. Plantes, reptiles, insectes.
— 150. Huysum {Jean van). Le Printemps. « Chef-d'œuvre de minuties exécutées à la loupe, plus propre, a dit M. A. J. du Pays, à égarer le goût des artistes lyonnais cultivant ce genre de peinture qu'à les guider vers l'esthétique du monde végétal. » — 151. Greenenbrœck. Vue de Paris (1741). — 206, 207. École de Van Dyck. L'Amour. Portrait d'une dame. — 208. Jordaêns. Ivresse de Silène. — 209. Ifeem {Jean David de). Groupe de fruits. — 210. Rickaert {David). L'Avarice. — 211. Van der Meulen. Cavaliers en reconnaissance. — 214. Spaendonck {Van). Vase rempli de roses. — 215. Poelleburg {Corneille). Le repos de Diane. — 216. Attribué à Paul Pottcr. La Prairie. Un berger et son troupeau. — 233. Memling {Jean). La Vierge et l'enfant Jésus adorés par les Anges.
— 234. Schooreel {J.). Mort de la Vierge. Couronnement de la Vierge. Ces deux tableaux ont été placés au musée en 1862. — 235. D'après Holbein. Portrait d'un seigneur anglais. — 251. Champaigne (d'après Philippe de). Portrait du cardinal de Bériflle. — 252. Van der Meulen. Cavaliers allant visiter d'anciennes fortifications. — 255. Champaigne {Philippe de). Portrait d'un magistrat.
Écoles italiennes.
155. Le Pérugin {Pietro Vanucci). Saint Jacques et saint Grégoire. Le volet d'un ouvrage plus considérable. — 156. Le même. L'Ascension de Jésus en présence de la Vierge et des apôtres. Ce tableau, le plus précieux du musée de Lyon, a été peint, en 1495, par le Pérugin qui avait alors quarante neuf ans, pour la cathédrale de Saint-Pierre à Pérouse. Après avoir fait partie du musée de Paris, il fut donné, en 1805, par le gouvernement impérial, au musée de Lyon. Les alliés le réclamèrent en 1815, mais le pape Pie VII le donna aux Lyonnais sur la demande de M. Artaud, alors directeur du musée> et de M. le comte Roger de Damas, gouverneur de la ville : In atestato del suo affettoe délia grata sua rimenbranza per la città di Lione. — 157. Raphaël. Un prophète et deux anges. Copie faite pour le roi Louis XVI. — 160. Sébastien del Piombo. Le Repos de Jésus. Ce tableau, assez médiocre au
point de vue de l'exécution, se distingue par la sévérité et l'austérité de son style. On en a attribué le dessin à Michel-Ange. — 161. Andréa del Sarto. Le Sacrifice d'Abraham. — 164. Bordone {Pâris). La Maîtresse de Titien. — 165. Tintoret. Ex-voto. — 166. Le même. Danaé. Assez médiocre.— 167. Paul Véronèse. Moïse sauvé des eaux. Ce tableau ornait le cabinet du roi Louis XVI, avant 1793. — 168. Le même. Bethsabée au bain. — 169. Palma (le jeune). Le Christ à la colonne. Ce remarquable tableau, acheté à Venise par un aïeul de M. Joliclerc, décorait autrefois la chapelle Saint-Anne dans l'église Saint-Nizier. — 170. Carvache {Louis). Le Baptême de Jésus. — 171. Carrache (Annibal). Admirable portrait d'un chanoine de Bologne. — 172. Bassan. Charles VII victorieux. — 173. Attribué à Carrache {Annibal). Le mariage de sainte Catherine. — 177. Véronèse {Carletto). L'Adoration des rois. — 178. Le même. La Reine de Chypre. Carletto Véronèse, mort à vingt-six ans, a peint ce tableau à vingt-trois ans. — 179. Guide (Reni Guido, dit lé). L'Assomption. — 180. Albane. La Prédication de saint Jean dans le désert. — 181. Le même. Baptême de Jésus-Christ, par saint Jean. — 183. Attribué au Dominiquin. Saint Jean. — 184. D'après le Dominiquin. La chasse de Diane. — 186. Le Guerchin. La Circoncision de Jésus- Christ. Ce tableau, regardé comme un des meilleurs ouvrages du Guerchin, a été peint pour Cento, patrie du maître. — 194. Giordano (Lucas). Renaud dans les bras d'Armide, découvert par des chevaliers. — 195. Le même. Saint Luc peignant la Vierge. — 258. Véronèse (Carletto). L'Adoration des Mages. — Tableaux donnés par l'Empfreur en 1863 et qui faisaient partie du musée Campana. — 260. Le Printemps. Une jeune fille entourée de fleurs. — 261. Une grande couronne de fleurs. — 262. La sainte Vierge tenant l'enfant Jésus. — 263. Dalmatio Scannabechi. Descente de croix. — 264. Écoh ombrienne. La Vierge, l'enfant Jésus et saint Joachim. — 265, 266. Vite (Thimothée délia). Sainte Madeleine. Portrait du chevalier Marin.
École espagnole.
197. Zurbaran (François). Saint François d'Assise, placé après sa mort dans une grotte, sous le maître-autel d'une église. Le corps du saint s'y était, dit-on, conservé debout, les yeux entr'ouverts et tournés vers le ciel. Le peintre a représente cette scène avec une effrayante vérité. Ce tableau a pass^ longtemps pour un Espagnoles La notice du musée, à laquelle nous empruntons les détails qui suivent, ne dit pas pourquoi on l'attribue aujourd'hui à Zurbaran. Avant 1793, il appartenait à un couvent de religieuses. Peidu pendant la Révolution, il fut adjugé, en 1802, à un marchand de vieux meubles, pour la somme de 18 francs, dans une vente aux enchères. M. de Boissieu le vit, l'acheta à un prix minime et le grava sous le titre des Pères du désert. Le musée
de Grenoble ayant manifesté le désir de l'acheter, la ville de Lyon s'empressa de l'acquérir. M. de Boissieu le vendit pour un bon prix; mais ayant appris que deux vieilles religieuses infirmes, seuls restes du couvent qui avait ja'iis possédé ce précieux tableau, vivaient encore dans un état voisin de l'indigence, il s'empressa de leur porter la somme qu'il venait de recevoir. — 198. Maîtres inconnus. Plusieurs tableaux gothiques. — 221. Murillo. Nature morte.
La grande galerie, divisée en trois travées, contient, outre les tableaux, le Caïn en marbre d'Êtex; de grandes armoires renfermant des fragments antiques, des émaux et divers objets d'art; une reproduction en plâtre de l'une des portes du baptistère de Florence, une aigle et une décoration ayant appartenu à Napoléon et données par le général Bertrand; enfin quatre mosaïques antiques découvertes dans le départ, du Rhône, et qui sont une des curiosités principales du musée.
La première fut trouvée à Lyon dans le jardin Macors, près d'Ainay, le 18 février 1806 : elle représente une course de chevaux et de chars usitée chez les anciens, dans l'enceinte d'un cirque. On distingue par les couleurs les quatres factions se disputant le prix de la victoire !. La loge prétorienne, où siégeaient les juges du concours, le spina, contenant un rang de dauphins et un rang d'œufs, les bornes, metx, qu'il fallait franchir, etc., etc., les rinceaux et les entrelacs dont ce magnifique tableau est encadré, attirent surtout l'attention.
La deuxième vient de Sainte-Colombe, v. situé en face de Vienne (Isère) . Le sujet principal représente la lutte de l'Amour et du dieu Pan, entourés d'ornements, d'oiseaux, de fruits, rendus avec vérité.
La troisième avait été découverte, en 1676, dans un jardin, à la montée du Gourguillon, à Lyon; elle a été placée au musée en 1822. Ses dimensions sont de 6 mèt. 50 c. de long, sur 3 *mèt. 25 c. de large : plusieurs beaux compartiments la composent. Le tableau du centre représente la lutte de l'Amour avec le dieu Pan; une divinité, faisant les fonctions de gymnasiarque, tient d'une main la palme destinée au vainqueur, tandis qu'elle montre, de l'autre, l'Herme- Athènes en face.
La quatrième provient de Saint-Romain en Gai. Elle avait près de 7 mèt. de long sur 5 mèt. de large; mais son état de dégradation a déterminé l'artiste qui l'a rétablie à réduire à douze les cinquante petits compartiments qui accompagnaient le tableau principal. Celuici, placé dans le centre, représente Orphée, coiffé du bonnet phrygien, assis et pinçant de la lyre; les autres représentent des oiseaux et des quadrupèdes,
1- Quelques écrivains ont prétendu que les couleurs représentaient les Saison?.
Les Musées archéologiques se composent du musée lapidaire et du musée des antiques, du musée moyen âge et de la Renaissance, et du cabinet des médailles.
Le musée lapidaire occupe, comme nous l'avons dit, les portiques du Palais des Arts. Cette collection, — une des plus riches de l'Europe, — commencée par M. Artaud, s'est considérablement augmentée depuis vingt ans, les grands travaux de démolition qui ont eu lieu à Lyon pendant cette période y ayant fait découvrir un grand nombre d'antiquités. On remarque surtout les magnifiques revêtements de marbre et le commencement de l'inscription qui décoraient l'autel d'Auguste, retrouvés dans la nouvelle rue du Jardin-d es-Plantes, le magnifique autel grec en marbre, donné par les RR. frères de Saint-Jean-de-Dieu, de Lyon, et Tinscription bilingue de Julianus. M. Coraarmond, le conservateur, a publié en 1856 un magnifique volume in-4°, édité par l'administration municipale et intitulé : Description du musée lapidaire de la ville de Lyon, épigraphie antique du département du Rhône. Ce volume se compose de 600 pages de texte et de 19 planches qui renferment plus de cent des monuments les plus importants du musée.
Un livret spécial du musée lapidaire, récemment publié, se vend chez le concierge du palais (2 fr. 25 cent.).
Les collections du Musée des antiques sont réparties dans les galeries du premier étage. Le catalogue est accompagné de planches qui représentent les monuments les plus importants. Nous signalerons surtout aux simples curieux : un coin pour la frappe des médailles à l'effigie de Faustine jeune, accompagnée d'un foculus, ou brasier portatif, pièce unique en France ; les bijoux découverts, en sur la colline de Fourvières, colliers, bracelets, bagues et pierres gravées, et décrits par M. Gomarmond. sous ce titre : l'Ecrin d'une dame romaine. Mais la principale curiosité de ce musée sont les célèbres Tables de bronze de Vempereur Claude, placées autrefois dans la galerie de tableaux. Ces tables, découvertes à Lyon, en 1528, sur la côte de Saint- Sébastien, contiennent presque en entier le discours prononcé au sénat par cet empereur, pour faire admettre les Gaulois de distinction dans le sénat romain, afin d'en remplir les vides. Nous
citerons encore : la grande statue de Neptune, trouvée dans le Rhône, à Lyon, en 1858; une magnifique tête de Junon, en bronze, découverte près de Vienne (Isère); une magnifique série d'armes de fabrication gauloise, trouvée à Vernaison; enfin la série des vases étrusques et grecs, considérablement accrue par le don de 114 pièces fort belles, provenant du musée Campana, et par l'acquisition de 260 vases trouvés dans les tombeaux d'Athènes, et rapportés par un architecte de la ville.
Le musée du Moyen Âge et de la Renaissance, créé par les soins de feule sénateur Vaïsse, renferme les plus belles pièces de Bernard Palissy ; un bassin et des aiguières en émail sur cuivre, du xvr8 s.; une barde de cheval, l'une des plus belles de l'Europe ; des collections très-riches d'armes de la Renaissance et d'autres curiosités de cette époque (étoffes des xv et xvie s., un triptyque en émail translucide sur argent (nielles magnifiques) ; de nombreux médaillons de bronze représentant des personnages anciens célèbres; des sceaux en bronze; une curieuse collection d'armes orientales, et divers objets ayant appartenu à Napoléon Ier.
Le cabinet des médailles se compose de séries grecques, gauloises, consulaires, impériales, mérovingiennes, féodales, etc., qui s'augmentent tous les ans par des dons particuliers et des acquisitions importantes.
La riche collection Lambert (objets d'art, antiquités et médailles) occupe un local à part dans le musée.
Le Musée d'histoire naturelle, ouvert au public les jeudi et dimanche de chaque semaine, de 11 h. à 3 h., les mardi et samedi aux mômes heures pour les étudiants, a pris depuis quelques années des développements considérables. Tous les genres d'animaux connus y sont représentés, le plus grand nombre en nature, quelques-uns seulement par des dessins. En outre, les principaux types des animaux fossiles y sont classés avec les animaux vivants en prenant pour base de classification le système nerveux. La galerie de minéralogie renferme une collection générale de minéralogie classée rigoureusement d'après les bases, de géologie et de paléontologie, et des collections spéciales du bassin du Rhône et du département.
Musée d'art et d'industrie. Ce musée, installé au deuxième
étage du Palais de Commerce, a été institué par décision de la Chambre de Commerce (septembre 1858), sur le modèle des institutions du môme genre qui se trouvent en Angleterre, et surtout à Londres. Il comprend trois départements : 1° un département de l'Art, composé de collections destinées à montrer la beauté telle qu'elle a été sentie et exprimée par chaque nation et dans chaque grande époque, et par suite le style et l'ornement, la forme et le coloris qui en font le caractère ; des galeries de fleurs, de tableaux et de photographies de fleurs; 2° un département de l'Industrie, dont les galeries seront consacrées, ici, aux cocons, aux soies gréges et ouvrées, aux fils que Ton marie avec la soie, aux soieries, aux étoiles de soie mélangées de laine, de coton, de lin, d'or ou d'argent; là, au matériel et aux produits nécessaires à la préparation, au tissage et à la teinture de la soie, et dont les collections embrassent toutes les branches de Fart industriel; 3° un département historique divisé en deux sections, celle de l'histoire générale de la fabrication des soies et celle de l'histoire de la fabrique de Lyon. Une salle de travail, réservée aux personnes qui désirent consulter les portefeuilles et collections , renferme une bibliothèque spéciale composée d'ouvrages d'art à figures et d'estampes décoratives d'ornement classées par maîtres, par écoles et par époques.
Le musée est ouvert au public les dimanches, les jeudis et les jours de fêtes, de 11 heures à 5 heures; et les mardis, mercredis et samedis, aux mêmes heures, avec des billets d'entrée. Les étrangers sont admis tous les jours, sur leur demande.
La Bibliothèque du Palais des Arts, dont le local est insuffisant, est spécialement consacrée aux sciences, aux arts et à l'industrie. Formée dans l'origine avec les ouvrages relatifs aux sciences et aux arts, que possédait la bibliothèque du lycée, elle s'est constamment accrue depuis, soit par des dons, soit par des acquisitions (bibliothèque séricicole , donnée en 1859, par les héritiers de l'illustre agronome, Mathieu Bonnafous, collection Thiollière (livres géologiques), achetée en 1860). Les riches collections que lui ont léguées MM. Lambert, Prunelle et Rougnard sont installées dans des salles spéciales. Cette importante collection se compose aujourd'hui de plus de 65000 volumes.