VIENNE. — DESCRIPTION
Situation. — Aspect général.
Vienne (hôt. :de la Table-Ronde, port l'Êcu, Ombry, place Miremont, de la Poste, cours Romestang, du Nord, place Miremont ; — restaurant : de la Terrasse, près de l'hôtel de la poste ; — libraires : Mmes Picard, Rousset), Vienna Allobrogum, V. de 19 678 hab., située sur la rive g. du Rhône, à l'embouchure de la Gère, à 1.54 mèt. (Tait., est bornée : au N., par le mont Salomont (Salu* tis mons, mont de Salut, 273 mèt.), le ravin des GuiUemottes et le mont Arnaud (Arnaldi mons, 268 mèt.); à TE., par le mont Sainte- Blandine (mons Quirinalis, 287 mèt.) et le mont Pipet ou fort Pipet (Pompeiacum, de Pompée), qui occupe le versant 0. de Sainte- Blandine ; au S. E., par le mont Saint- Just (Crappum des Romains) ; à TO., par le Rhône.
Si Vienne ne mérite plus l'épithète de Pulchra que lui donnait jadis Martial, a en revanche, dit M. Mérimée, dans ses Notes d'un voyage dans le midi de la France, sa position est admirable. Assise sur le penchant de coteaux qui dominent le courant du Rhône, elle est entourée de montagnes, les unes pelées, les autres couvertes de végétation. Du sommet du mont Salomont, couronné par les ruines d'un château du moyen âge, la vue se promène sur un ravissant amphithéâtre de collines et de montagnes qui semblent s'être séparées par une catastrophe violente, pour laisser passage au fleuve. »
Vienne a fait depuis quelques années de louables efforts pour se nettoyer et s'embellir. De belles maisons ont remplacé de vieilles masures. Les montagnes, jadis pelées, se sont couvertes de villas et de jardins ; on les défriche peu à peu, et bientôt de riches vignobles y donneront une récolte abondante.
La Gère, qui divise Vienne inégalement, prend sa source à 20 kil. environ au S. E. de la ville. Ses eaux sont limpides et poissonneuses. A Pont-VÉvéque, elle reçoit de la vallée de Septème la Véronne ou Véga; mais de là à son embouchure, resserrée dans une gorge étroite, elle forme un grand nombre de chutes d'eau, utilisées pour des usines.
Au N. E.,les faubourgs de Lyon et de Grenoble sont séparés par un massif de montagnes formant un plateau triangulaire entre la
6 DE LYON A MARSEILLE
Gère et les vallées de Septème et de Levau. Au S. s'étend le faubourg de Valence.
L'aspect des rues qui sillonnent le versant N. de Sainte-Blandine, sur laquelle la partie haute est bâtie, atteste l'antiquité de la ville. La plus importante de ces rues est celle qui porte les noms de rue des Orfèvres, rue Marchande et rue de l'Éperon. Elle commence derrière la place Neuve, et aboutit au pont de Gère. Dans la partie basse, la principale est la Grand' Rue qui, de la place du Jeu-de-Paume, vient aboutir au champ de Mars. Les deux plus belles rues sont, sans contredit, celle des Serruriers, qui monte de laGrand'Rue à l'hôpital, et la rue Neuve-de-V Hôpital qui relie la place Neuve ou place de la Mairie, à celle de la Halle.
mm* •
Histoire.
Suivant Strabon , Vienne serait d'origine celtique. On croit qu'elle a été fondée 52 ans avant Rome , 806 ans avant l'ère chrétienne. D'abord ^simple vicus, elle devint dans la suite, par sa position avantageuse sur le Rhône et sur la Gère, une des plus importantes cités des Allobroges. Bellovèse, Brennus, et plus tard Annibal y passèrent; elle se trouvait sur le seul chemin connu et praticable pour aller des Gaules en Italie.
Après la défaite des AUobroges par Q. Fabius Maximus, Vienne fit partie de la province romaine. Pompée s'y arrêta en se rendant en Espagne; il y fit bâtir de nouveaux murs d'enceinte. César acheva de la fortifier, l'embellit, y fonda une colonie militaire et y forma une marine imposante. Plus de 40000 esclaves ou prisonniers furent employés, pendant deux ans, à ces travaux. César y établit enfin un Sénat particulier, composé de cent membres dont les trois quarts furent choisis parmi les familles d'origine latine, et vingt-cinq parmi les AUobroges. Il permit, en outre, aux habitants d'élire leurs magistrats.
Cependant, plusieurs Viennois ayant pris parti pour Pompée, cinq mille familles furent exilées par le gouverneur. Les AUobroges vinrent alors assiéger Vienne et en chassèrent les Romains; mais ceux-ci ne tardèrent pas à y rentrer.
Auguste visita la nouvelle colonie et lui donna le nom d'Augusta. Il la dota de nombreux privilèges et y fit bâtir un palais impérial, un forum, ' etc. ; mais, vers la fin de son règne, Vienne s'insurgea de nouveau, au s ijet de l'établissement du cens. Tibère, d'après l'ordre d'Auguste, s'y rendit pour apaiser les habitants. Plus tard, en montant sur le trône, il leur accorda les privilèges du droit italique.