‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 155 sur 360 · VALENCE. — ÉDIFICES PUBLICS · texte numérisé non relu

VALENCE. — ÉDIFICES PUBLICS

bottes d'allumettes. Jugez s'il y a sujet d'enrager en de semblables malentendus. » 1

Aujourd'hui l'usage de la langue française est répandu dans tout le département de la Drôme.

Antiquités.

Valence n'est pas riche en antiquités romaines. Cependant, elle a conservé quelques fûts de colonnes, des corniches et des frises du plus beau marbre, des mosaïques, des pierres milliaires, mais surtout quatre cippes funéraires avec inscriptions, et un taurobole trouvé à Châteauneuf-d'Isère.

Édifices publics. — Curiosités.

La cathédrale de Saint-Apollinaire, située à Pextrémité sud du plateau sur lequel s'élève la ville, est digne d'une visite. Bâtie d'abord sous le vocable de Saint-Étienne et réédiflée dans le xi« s., cette église reproduit assez exactement le type des églises romanes de la période secondaire. M. l'abbé Jouve (Notice historique et descriptive), croit qu'elle a été bâtie primitivement sur les ruines de quelque édifice païen, comme sembleraient l'attester plusieurs fragments romains trouvés dans les fondations de la tour du clocher sud, deux fois frappée par la foudre et démolie en 1838 parce qu'elle menaçait ruine. Le clocher de l'ouest a été reconstruit en 1861 « en forme de tour quadrangulaire (note de M. l'abbé Jouve, qu'il a bien voulu nous communiquer), comme l'ancien et sur le même emplacement; il forme la façade en môme temps que la principale entrée de l'église, au moyen d'un vestibule ou porche faisant corps avec la tour. Ce porche, tout en marbre de Crussol, ouvert sur ses quatre faces par autant de grandes arcades à cintres décroissants, ornées des moulures caractéristiques de l'époque, présente, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, trente-deux colonnes surmontées de chapiteaux du plus beau travail. Il en est peu d'aussi remarquables pour le choix des matériaux, le fini des moulures, l'ampleur de l'ordonnance et la vigueur de l'exécution. Au-dessus de ce porche, qui n'a pas moins de 15 mèt. de hauteur, s'élève la tour du clocher, en pierre blanche de Saint-Paul-Trois-Châ-

DE LYON A MARSEILLE

teaux. Elle n'offre sur ses quatre côtés que des surfaces unies, jusqu'à l'étage destiné à recevoir les cloches. Ici on voit reparaître, avec plus de richesse encore, le système d'arcades, de fenêtres et de moulures du grand porche d'entrée. Cet étage à jour, qui termine le clocher, est recouvert d'une calotte polygonale métallique, reposant sur une toiture en fer, et qui sera elle-même surmontée d'une croix très-élevée. On peut, dès à présent, juger de l'ensemble du monument et du grand effet qu'il produira par son style noble et sévère, en harmonie avec celui de la cathédrale, par ses riches matériaux aussi bien que par la correction de ses lignes et la netteté de ses profils. 11 mesure, du pavé à la naissance de la croix, plus de 43 mèt., et sa hauteur totale, à partir de sa base à découvert, du côté de l'occident, jusqu'au sommet de la croix, ne sera pas moindre de 57 mètres. 2»

Bâtie en pierres détaille régulières et flanquée de légers contreforts, Saint-Apollinaire est divisée en trois nefs , dont les deux latérales, éclairées par seize grandes fenêtres à plein cintre, sont séparées par seize piliers élancés, ornés à leurs quatre faces de colonnes couronnées chacune d'un élégant chapiteau. Sa forme est celle d'une croix latine ; sa longueur extérieure est de 75 mèt. y compris le porche; sa largeur de 18 mèt. 68 cent. On y remarque surtout l'abside avec ses arcades mauresques. Rien de plus gracieux, de plus original, dans son genre, que la colonnade à jour qui contourne le chœur; les vitraux du chœur et de l'abside, qui y répandent un jour mystérieux, représentent: l'un, — celui du fond du chœur, — le Christ entouré des quatre symboles des évangélistes; l'autre, — celui du fond de l'abside, — l'institution du Rosaire par saint Dominique ; les autres, les saints martyrs ou évêques, fondateur^ ou patrons de l'église de Valence.

Dans le sanctuaire, un cénotaphe en marbre renferme le cœur et les entrailles du pape Pie VI. C'est l'œuvre médiocre d'un sculpteur romain, Maximilien Laboureur; le buste du pontife, qui le surmonte, est de Canova.

Saint-Jean-Baptiste remonte à la plus haute antiquité. Déjà, au ix6 s., elle portait le titre de basilique. Elle vient d'être reconstruite dans le style roman de la période secondaire. Sa mal-

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