AVIGNON. — ÉGLISES
l'intérieur une Sainte Famille, par Trévisani ; Notre-Dame de Pitié, par N. Mignard, d'après Carrache; une Vierge en bois, par Coysevox; le tombeau de l'architecte P. Mignard, et un grand autel retable de la Renaissance.
L'église Saint-Pierre, place Saint-Pierre, bâtie en 433, détruite par les Sarrasins, fut reconstruite en 1358 par le cardinal Pierre du Pré; elle possède une belle façade gothique du commencement du xvie s., une jolie statue de la Vierge, entre les portes qui sont également d'un beau travail; plusieurs tableaux de Nicolas Mignard, de Pierre et de Joseph Parrocel, et une curieuse chaire du* xv« s., en pierre blanche sculptée. Des travaux considérables de restauration et d'agrandissement s'exécutent en ce moment dans cette église, dont la nef principale, débarrassée des riches mais lourdes boiseries qui la décoraient, a reçu un collatéral du côté S.
L'église Saint-Didier, au N. de la place de ce nom, bâtie par saint Agricol, ruinée par les Sarrasins, fut reconstruite et convertie en collégiale, en 1355, par le cardinal de Blanzac. Saint- Didier possède : la tombe du célèbre graveur Balechou, une chaire en pierre à pendentifs, du gothique le plus pur, et un bas-relief en ronde bosse, représentant le Portement de la croix, exécuté par un artiste italien nommé François, sous la direction du roi René, comme l'indique une inscription de 1481.
Saint-Martial, ancienne maison de Bénédictins, fut donné en 1363 aux moines de Gluny par le pape Urbain V. Mais ce n'est guère que vingt ans plus tard que l'église du couvent fut consacrée. Ce qu'on en voit aujourd'hui extérieurement, c'est-à-dire l'abside et le clocher, date de la reconstruction, qui eut lieu en 1486. Les meneaux de la grande baie ogivale du N. forment une vaste fleur de lis sans fin, qui jouit d'une certaine célébrité. C'est dans cette église qu'étaient les magniâques tombeaux du fondateur Urbain V et du cardinal Lagrange, dont les statues mutilées ont été transportées au musée Galvet. La nef existe encore, seulement elle a été bien remaniée pour les diverses destinations qu'elle a reçues. Elle est, en effet, occupée maintenant, ainsi que les bâtiments conventuels qui en dépendent et dont une partie vient d'être rétablie sur l'alignement de la rue Bonaparte, par l'école normale,
9* DE LYON A MARSEILLE
les cours publics de la ville, le laboratoire de l'ingénieur des mines et le musée d'histoire naturelle ou musée Requien.
Véglise de Notre-Dame la Principale (aujourd'hui chapelle des Pénitents blancs) fut fondée au xe s. par Louis Boson, roi d'Arles et de Bourgogne, rebâtie au xve s. et érigée en collégiale en 1584.
Véglise des Grands-Carmes (aujourd'hui paroisse de Saint- Symphorien) date du xv« s.; la voûte a été reconstruite en 1836.
L'Oratoire, rue Galade, annexé à la paroisse de Saint-Agricol , date dë 1730; il possède une rotonde élégante et hardie. On y voit une Naissance de Jésus-Christ, de Nicolas Mignard.
L'église des Dominicains, rue Saint- Dominique, était une des plus anciennes et des plus remarquables d'Avignon. Après avoir fait partie de l'ancienne fonderie de Vaucluse, elle a été entièrement détruite vers 1840.
L'ancienne église des Cordeliers, dont la magnifique voûte passait pour un chef-d'œuvre de hardiesse, est située vers l'extrémité orientale de la rue des Lices, sur les bords de la Sorgues. La nef collatérale de gauche a seule échappé à la destruction de l'ancien couvent. C'est dans cette église, dans la chapelle de la Croix, que Laure, l'amante de Pétrarque, fut ensevelie. Un antiquaire de Lyon, Maurice de Sève, découvrit, en 1533, cette tombe oubliée. On l'ouvrit et on y trouva une boite de plomb; dans la boite, des cendres, une médaille représentant une femme qui, de - ses deux mains, se déchire le sein, et un sonnet que l'on a longtemps cru de Pétrarque; mais il est notoire aujourd'hui qu'il ne peut être de ce poète. Cette même année, le 8 septembre, le roi François Ier, se rendant à Marseille, s'arrêta à Avignon pour visiter le tombeau de Laure. Il fit enlever la pierre. Après avoir lu le prétendu sonnet de Pétrarque : « On ne reprochera pas à la muse d'un roi de France, dit-il, d'être restée muette en ce jour; » et, déchirant un feuillet des tablettes placées dans sa ceinture, il y écrivit ces vers qu'il joignit au sonnet dans la boite de plomb :
En petit lieu comprins vous pouvez voir Ce qui comprend beaucoup par renommée.
Plume, labeur, la langue et le savoir, Feurent vainscus par l'amant de l'aimée.