ARLES. — MUSÉE
3° Plusieurs tombeaux anonymes également tirés des Alyscamps, et représentant diverses scènes de la Bible et des Évangiles. Il n'est pas probable, vu leur luxe d'ornements, qu'aucun de ces tombeaux soit antérieur au règne de Constantin; mais ils n'en sont pas moins curieux, et quelques-uns môme sont fort remarquables.
Outre ces précieux restes du passé, le Musée possède : un grand nombre de cippes et d'urnes funéraires, très- variées de composition et de forme; plusieurs tronçons de colonnes, des chapiteaux à feuilles d'acanthe, des amphores, dont plusieurs portent encore le nom de l'ouvrier; trois figurines d'/sis sur un piédestal de bois noir; un petit Mars; un Hercule gaulois; un Jupiter; trois statues de danseuses remarquables par la grâce de la pose et la finesse du dessin, mais par malheur mutilées; la statue décapitée de Mithra, trouvée en 1598 darfs les ruines du cirque romain. Cette statue est un beau fragment de sculpture antique; elle est enveloppée d'un long serpent entre les plis duquel sont sculptés les signes du zodiaque; deux figures de Silène; une Médée, prête à égorger ses enfants; une tête colossale dite d'Auguste; une belle tête de Diane, qui rappelle, par son style, la grande époque de Phidias (elle fut découverte, en 1822, dans les ruines du théâtre); une borne milliaire portant les noms des empereurs Théodose et Valentinien; deux autels en marbre blanc, l'un orné d'une couronne de chêne, de palmiers et de cygnes, l'autre sculpté sur trois faces dont la principale est divisée en trois parties: celle du centre représente Apollon, assis et appuyé sur sa lyre, et ayant à ses côtés un trépied; les deux autres parties sont occupées par des branches de laurier chargées d'oiseaux. Sur un des côtés, on voit un Marsyas suspendu à un chêne, sur l'autre, un Phrygien aiguisant un couteau. Toutes les figures, ainsi que les ornements, sont d'une exécution élégante et d'un beau style. Cet autel était encore debout au centre de l'orchestre du théâtre, lorsqu'on le découvrit en 1822. Un troisième autel, trouvé en 1653 dans les fondations de la grande porte de Notre-Dame la Major, est dédié à Cybèle.
Après le musée, on peut visiter la collection de Mme Orange, fille du peintre arlésien Reattu; on y remarque trois originaux
DE LYON A MARSEILLE
d'Anmbal Carrache, du Tintoret et de Ribera, et un bas -relief de Jean Goujon.
Agriculture, navigation, commerce et industrie.
« Arles, dit M. Amédée Pichot, n'est pas seulement une ville historique, un musée en plein air. Sa constitution territoriale mérite toute Pattention du gouvernement, des économistes et môme des capitalistes. Une ère nouvelle s'ouvre pour la ville et pour son territoire qui forme le plus vaste de toutes les communes de France, où tous les modes de culture peuvent êlre tentés sur une grande échelle. Un ingénieur, le général Mougel- Bey, qui a dirigé d'importants travaux en Égypte, a reconnu la parfaite identité des terres du Delta du Rhône avec les terres du Delta du Nil. Les premiers essais de la culture du riz ont été d'un heureux augure. La machine à vapeur employée soit au dessèchement, soit à l'irrigation, peut rendre au sol artésien son surnom phocéen de BrjXive (fertile) ou son nom latin de Ma/miUaria qui en est la traduction. » Déjà, grâce au canal de la Durance, les plaines d'Arles, quoique pierreuses, abondent en excellents pâturages. Plus de trois cent mille bêtes à laine y paissent pendant une partie de l'année. Le Trébon, le Plan du Bourg et la Camargue nourrissent aussi des chevaux et des bœufs, en grande partie nomades.
Arles est un quartier d'inscription maritime. Son port, dont la profondeur, au plus bas étiage, est de 12 à 13 met., se trouve à 28 kil. des embouchures du Rhône. Le tonnage y varie de 50 à 200 tonneaux pour les navires, et de 350 à 400 pour les chalands pontés, remorqués.
La principale industrie d'Arles est celle de la minoterie, représentée surtout dans cette ville par l'usine Saint- Victor, l'une des plus considérables du Midi. Arles fait également le commerce des laines. On y trouve un entrepôt réel et un entrepôt fictif des grains.
La Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée a fait construire, sur une partie de l'emplacement de l'ancien cimetière gallo-romain des Alyscamps, de vastes ateliers, aOectés spécialement à l'entretien, à la réparation et môme à la