ARLES. — PROMENADES
construction des machines, wagons et appareils divers, nécessaires à l'exploitation du chemin de fer entre Lyon et Marseille. Ces ateliers comprennent : une forge dont les marteaux à vapeur, pesant jusqu'à 6000 kilog., peuvent façonner des pièces de fer de toutes dimensions; des salles d'ajustage et de montage, où de puissantes grues soulèvent des locomotives entières du poids de 30000 kilog.; une chaudière; une chaudronnerie; un carrossage; un wagonnage, etc. A côté des ateliers proprement dits se trouve le principal dépôt des locomotives en service sur cette partie de la- ligne. Il en sort chaque jour kO à 50 locomotives, en destination de Lyon ou de Marseille et Nice. Les bâtiments et leurs dépendances occupent une superficie totale d'environ 11 hectares. Près de 1200 ouvriers de tous états y sont constamment employés et y gagnent par mois de 100 à 115000 fr.
Promenades et excursions.
Arles possède plusieurs belles promenades, entre autres, au midi, celle de la Lice, plantée de trois allées d'arbres et bordée dans toute sa longueur par le canal de Craponne. Au nord, sur le bord du Rhône, est une autre promenade plantée d'ormeaux. A l'est, se trouve celle des Aîyscamps. ,
Vis-à-vis d'Arles, au delà du Rhône, s'étend le faubourg de Trin<iuetaille, communiquant avec la ville par un vieux pont de bateaux. Jeté sur une île entre deux bras du fleuve, Trinquetaille était, sous les Romains, plus considérable que la ville ellemême; il avait des temples et des thermes, dont il reste quelques vestiges. C'était le quartier des mariniers, des marchands et des gens du peuple ; mais un môme nom servait à désigner les deux villes : Duplex Ârelas (Double Arles;. Au temps des invasions, une grande partie de la population se réfugia dans la ville. Les habitauts qui restèrent abattirent les maisons des quartiers extérieurs pour construire des remparts. A partir de cette époque, le nouveau bourg prit le nom de Trencatellas (Trinquetaille), que M. Anibert, dans ses Mémoires sur la république d'Arles, fait dériver de deux mots alors latinisés : Truncare, faire des tranchées, et Taillare, tailler, couper, réduire. Dans la suite, Trinquetaille passa aux archevéqqes d'Arles, puis à la maison des
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Baux, qui y bâtit un château fort. En 1579, la communauté d'Arles en fit l'acquisition au prix de 725 écus d'or.
Aujourd'hui, Trinquetaille n'est plus qu'un faubourg d'Arles. 11 ne reste aucune trace de son église de Saint-Pierre l'ancien, célèbre dans le moyen âge, et les eaux du Rhône ont couvert son antique nécropole, située au bord du fleuve, les débris de son pont romain et ceux de son vieux château. Parfois, cependant, quand elles sont basses, on y découvre des fragments de poterie, des lampes funéraires, des lacrymatoires, des amphores, des figurines.
A 4 kil. N. E. d'Arles, au milieu de la plaine du Trébon, se dresse la montagne sur laquelle est bâtie l'abbaye de Mont- Majour, fondée, au vie s., par saint Césaire, avec l'aide du roi Childebert, reconstruite dans les xie et xne s., et dotée de nombreux privilèges. Cette abbaye devint si célèbre, que, chaque année, le pardon de Saint-Pierre de Mont-Majour y attirait plus de 150 000 pèlerins. Aujourd'hui, bien que détruite en grande partie, elle présente encore un aspect imposant; mais Yéglise, qui était autrefois fort vaste, et le cloître, qu'ornaient d'élégantes colonnettes en marbre, ont subi des changements qui ont altéré leur caractère primitif. Une crypte, du commencement du xr* s. règne sous presque toute l'étendue de l'église supérieure.
Comme souvenir de la puissance dont les abbés du moyen âge étaient investis, Mont-Majour a conservé sa belle tour de défense, édifiée, en 1369, par Pons de Ulmo. Cette tour est en belles pierres de Fontvielle, ornée de bossages et couronnée de mâchicoulis. Sa hauteur est de 26 mèt. : sa largeur de 12 met. de l'E. à PO., et de 5 mèt. 50 cent, du N. au S. Des marches pratiquées dans l'épaisseur des murs conduisent au sommet, d'où l'on jouit d'une vue magnifique sur la plaine de Tarascon, la Camargue, la Crau et sur la ville elle-même.
A 50 mèt. à l'E. des ruines de l'abbaye s'élève, sur une colline, la petite chapelle de Sainte-Croix, charmant édifice du xic s., bâti par l'abbé Rambert, bien qu'une inscription latine en attribue la fondation à Charlemagne. Autour de cette chapelle le sol a été creusé pour recevoir des tombeaux aujourd'hui vides.
Non loin de là, dans le flanc méridional de la montagne, au