‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 215 sur 360 · MONTAGNE DE CORDES. — SAINT-GABRIEL · texte numérisé non relu

MONTAGNE DE CORDES. — SAINT-GABRIEL

pied de la grande tour, il existe une autre église souterraine, aux formes abruptes et primitives ; c'est l'ancienne église de Saint- Pierre. On y descend par un escalier de 45 marches. Plusieurs cellules creusées dans le roc, dont une presque entièrement occupée par un siège en pierre et qu'on appelle le confessionnal de saint Trophime, sont tout ce que l'on y remarque.

A 3 kil. d'Arles, près de Mont-Majour, s'élève là montagne de Cordes, au pied de laquelle, à TE. et au S., on remarque les restes d'un ancien rempart, ayant en moyenne 3 mèt. de hauteur sur 2 mèt. d'épaisseur à sa base, et laissant voir encore les vestiges de deux tours dont il était flanqué. Suivant quelques auteurs , ce plateau aurait servi de place d'armes aux Sarrasins, d'où serait venu à la montagne le nom de Cordes (Cordoue). D'après un savant archéologue arlésien, M. Honoré Clair, c'est au contraire aux Arlésiens eux-mêmes qu'il faudrait attribuer la construction de ce retranchement.

Au sommet de la montagne s'ouvre une grotte pratiquée dans le roc et appelée la grotte des Fées. A l'intérieur, cette grotte présente la forme d'une épée, ce qui a fait conclure au môme savant qu'elle avait dû servir de lieu de refuge aux Druides, pendant les persécutions romaines.

Saint-Gabriel, petit v. de 150 hab. (ancienne station romaine à'Ernaginum), est situé à 11 kil. au nord-est d'Arles, à peu de distance de la route de Saint-Remy, sur le penchant d'une colline. On y voit un grand nombre de tombeaux romains et des fragments antiques. 11 y a quelques années , un petit torse d'un beau style était incrusté dans les murs d'une ferme ; il a été transporté au musée d'Avignon. Le village est dominé par l'église, construction de la fin du xn« s., classée parmi les monuments historiques ; la façade est romano-byzantine; la porte, romane; les voûtes sont ogivales.

Au sommet de la colline, s'élève la tour de Saint-Gabriel, construite de grosses pierres en bossage et flanquée, à droite et à gauche, de deux autres tours carrées, d'un moindre diamètre et presque entièrement ruinées. Cette tour était défendue par un large fossé taillé dans le roc, à présent comblé. M. Mérimée la croit contemporaine de l'église, sinon postérieure. « Une pierre

DE LYON A MARSEILLE

de la tour principale, à trois ou quatre pieds du haut du fossé, porte, dit-il, une inscription de quatre caractères hébraïques profondément gravés, mais diversement interprétés. »

Pour l'excursion des Baux, voir Y Itinéraire général de la France, Auvergne, Dauphiné, Provence, par Adolphe Joanne.

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