MARSEILLE. — PORTS
construire d'après les plans de Vauban, et par des rochers arides et abrupts formant des caps et des lies; de l'autre (à dr.), par le fort Saint-Jean (ancien château de Babon) et par le plateau de la Tourette, derrière lequel s'élève le vieux Marseille. A ce port, devenu insuffisant (il a 28 hect. de superficie et ne peut recevoir que 1300 navires), on en a joint un autre, en 1853, celui de la Joliette, ayant une surface d'eau de 20 hect. ; mais le nombre des navires à voile et à vapeur s'est si rapidement accru, qu'il a fallu leur ouvrir de nouveaux bassins : ceux du Lazaret (16 hect.) et à'Arenc, puis, en 1856, celui de Napoléon, qui mesure avec le précédent 48 hect. de surface. En résumé, la surface du port de Marseille, qui était, en 1850, de 28 hect., se trouve actuellement portée à près de 112 hect
Malgré cet immense développement, l'insuffisance des bassins devient chaque jour plus évidente. Afin que les opérations d'embarquement et de débarquement se fassent dans les meilleures conditions, il faut, en effet, 1 kil. de quais pour 280000 tonnes de jauge des navires entrés et sortis. Le mouvement du port de Marseille étant aujourd'hui de 3 600 000 tonnes et devant atteindre prochainement 4 millious de tonnes, il faudrait donc à cette ville 14000 mèt. de quais. Or, elle n'en possède en réalité que 4835 mèt. dans l'ancien port et le bassin de la Joliette, et, après l'achèvement complet des bassins du Lazaret, d'Arenc et de Napoléon, elle n'en aura encore que 9055 mèt. Les navires ne peuvent être placés, pour le chargement et le déchargement, que perpendiculairement aux quais, c'est-à-dire dans la position la plus défavorable ; un grand nombre môme sont relégués au deuxième ou au troisième rang et se voient dans la nécessité d'opérer un premier déchargement sur des bateaux de servitude (chattes et accons) qui transportent les marchandises aux quais. Ce mode irrationnel de déchargement occasionne à la fois une perte de temps, une augmentation de frais et un surcroît de risques, en môme temps qu'il ajoute à l'encombrement du port par la présence môme des bateaux de servitude. C'est là une situation fâcheuse
1. On consultera avec intérêt sur ces questions le remarquable ouvrage publié par M. S. Uerteaut, secrétaire de la chambre de commerce de Marseille sous ce titre : Marseille et les intérêts nationaux qui se rattaclunt à son port.
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qui doit influer sensiblement, on le conçoit, sur les prix du marché, les consignations et le transit.
De plus, Marseille manque complètement d'avant-port. Les mouvements d'entrée et de sortie des navires ont lieu directement dans les ports d'opérations où doivent aussi se réfugier les navires qui stationnent, a II en résulte, dit le Rapport de la commission d'enquête sur les divers projets d'agrandissement des ports, des embarras, des dangers et le grave inconvénient de soustraire une partie notable des bassins au mouvement de la marchandise. » Pour les réparations, il n'y a qu'un dock flottant (bassin de carénage) fort vieux, qui est loin de présenter les garanties désirables, et deux formes de radoub établies dans le canal môme qui relie l'ancien port et le bassin de la Joliette.
Afin de remédier à cet état de choses, des études ont été entreprises et divers projets d'agrandissement présentés à l'approbation de l'administration supérieure. Celui qui a réuni les suffrages de la commission d'enquête et de la Chambre de commerce de Marseille comprend : 1° un bassin de 920 mèt. de longueur et de 64 hect. de superficie, entre le bassin Napoléon et le cap Pinède; 2° un second bassin de dimensions plus vastes encore entre le cap Pinède et le cap Janet (ces deux bassins, dont le premier prendrait le nom de bassin Impérial, seront intérieurement divisés par des môles de 300 à 520 mèt. de longueur partant du quai de rive, espacés par des surfaces d'eau de 120 mèt. et devant augmenter considérablement le développement des quais); 3° le prolongement de la digue actuelle de la Joliette et des bassins établis à sa suite jusque devant les bassins à établir; 4° un avant-port formé par la digue des bassins et par un brise-lames de 2800 mèt. de longueur, dont l'angle saillant, tourné vers la haute mer, serait établi à environ 1300 mèt. en avant du bassin du Lazaret; 5° un bassin de radoub contenant 12 formes, dont 5 à construire de suite, derrière le bassin Impérial, au S. du cap Pinède. La commission d'enquête réclame de plus la construction d'un bassin de carénage, à proximité des formes de radoub. 11 est encore question d'utiliser les vastes terrains des Catalans, eu y creusant de nouveaux bassins qui attireraient dans ces parages une partie du commerce, dont les exigences ne seront qu'impar-
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faitement satisfaites par les gigantesques travaux dont nous venons de parler.
Lorsque tous ces projets seront exécutés, aucun port du monde, en communication directe avec la mer, ne jouira d'une égale superficie d'eau et de quais utilisable. Londres et New- York, grâce aux rivières qui leur servent d'avant-port, pourront seules lutter avec avantage. Les docks actuellement en construction autour des bassins du Lazaret etd'Arenc, pourront recevoir 200 000 tonnes ; si on les prolongeait jusqu'au cap Pinède ou au delà, on ne peut dire quel immense dépôt de marchandises ils seraient capables de recevoir.
L'assainissement de l'ancien port et de celui de la Joliette, qui étaient autrefois de vrais foyers d'infection, est désormais assuré par la construction d'égouts qui portent les eaux sales de la ville jusque dans la rade, et par Piniroduction dans l'ancien bassin de 1 mèt. cube par seconde d'eau épurée de la Durance.
Enfin il est également question de débarrasser entièrement les abords du vieux port en démolissant les forts Saint-Jean et Saint- Nicolas, anciennes fortifications dont l'utilité, au point de vue de la protection des intérêts immenses accumulés à Marseille, ne compense plus la gône qu'ils imposent au développement de ces mômes intérêts. De nouvelles batteries en cours d'exécution sur divers points du littoral les remplaceront avantageusement et mettront la grande cité commerciale à l'abri de tout coup de main.
Protégée à l'E. par le cap Croiset, à l'O. par le cap Couronne, la rade de Marseille et ses abords sont éclairés par les phares de Planter au S. 0., à feu tournant, de Porquerolles à l'E., à feu varié, et de Faraman à l'O., à feu fixe, et par trois fanaux, dont l'un s'élève à g. de l'entrée du vieux port, au pied de la tour du fort Saint- Jean; le second, à dr. de l'entrée du vieux port, sur la pointe de Tête de Maure; et le troisième sur le musoir S. de la jetée du port de la Joliette.
Nouveaux travaux d'utilité publique et d'embellissement.
Depuis quelques années, la ville de Marseille et sa banlieue sont en voie de transformation. Elles n'étaient pourvues d'eau, il y a