MARSEILLE. — EMBELLISSEMENTS
construit dans le style romano-byzantin, d'après les dessins de M. Espérandieu. Un immense perron, partant de la base du fort, précède le nouveau sanctuaire dont le portail est surmonté d'un clocher de 45 mèt. de hauteur. Au sommet du clocher s'élève une statue de la Vierge. A l'intérieur, l'église se compose d'une nef flanquée de trois chapelles à dr. et à g., d'un transsept et d'uneabside. Lanefa 5 mèt.
20 cent, de largeur. L'abside, dominée par une coupole de 15 mèt. de hauteur sur 9 mèt. 50 cent, de diamètre, renferme lcmaitreautel et la statue de la Vierge. Tous les revêtements intérieurs de la chapelle sont en marbre blanc de Carrare, à l'exception des soubassements en marbre rouge d'Afrique; les co lonnes du transsept sont en marbre vert des Alpes. Un artiste de l'école de Dusseldorf, M. Muller, aétéchargé des peintures murales de l'intérieur. Au-dessous de la chapelle s'étend une crypte, pavée en mosaïque et décorée d'un autel en pierre de Florence, soutenu par quatre colonnes de marbre.
La nouvelle église de Notre-Dame de la Garde, élevée avec le produit d'offrandes et de souscriptions particulières, a déjà coûté plus de 2 millions. De la colline qui porte la chapelle on découvre une belle vue sur la mer et sur la ville.
D'élégantes villas modernes et la Résidence impériale, bàlie par
Nouvelle chapelle de Notre-Dame de la Garde.
188 DE LYON A MARSEILLE
M. Vaucher, architecte, au milieu de vastes jardins, couronnent depuis peu le promontoire du Phare.
Outre la cathédrale, on construit, sur le port de la Joliette, le nouveau palais épiscopal, qui sera, par son importance et par sa situation, un des plus beaux de France, et la gare maritime des chemins de fer; derrière la Joliette, la manutention des vivres, la manufacture des tabacs ; sur le port Napoléon , le bassin de radoub et les ateliers maritimes; derrière le port, une église, une école communale, un arsenal, etc.; un nouvel observatoire, plusieurs casernes, de nouveaux bâtiments destinés aux musées et à la bibliothèque, etc. (V. ci-dessus.) Le cours Bonaparte et la rue d'Arcole sont ou vont être prolongés, l'un jusqu'à la place Saint-Ferréol, et l'autre jusqu'à la rue Monteaux; le boulevard de l'Empereur, qui traverse le fort Saint-Nicolas, relie le quai de la Rive-Neuve à la plaine Saint-Lambert qui borde l'anse des Catalans, parage dont une compagnie vient de changer la physionomie en y ouvrant des voies nouvelles et y bâtissant un quartier neuf; enfin plusieurs des hôpitaux de Marseille sont en ce moment l'objet d'importantes restaurations, et il est question de construire une nouvelle salle de spectacle dans la rue Impériale, etc., etc.
Marseillais et Marseillaises.
« Marseille, dit M. Edmond About, est la ville de France où l'égalité des hommes ressemble le moins à une chimère. Pas plus de castes que sur la main : il ne saurait y avoir de vieille noblesse dans une population toute neuve ; les principaux habitants sont des parvenus dans le sens le plus honorable du mot; les autres ont l'espoir de parvenir en travaillant. Il n'y a donc que deux catégories de Marseillais : ceux qui ont fait leur fortune, et ceux qui cherchent à la faire.... Ils ont l'œil vif, la parole prompte, le geste infatigable ; leur esprit aventureux et leur tempérament sanguin les poussent aux grandes entreprises et aux grandes folies.
« Dans presque tous les pays du monde, le père de famille amasse les millions et le fils les dépense ; on voit à Marseille des hommes de tout âge cumuler les deux rôles du père et du