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Rome conterr.poiaine

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paraissent peu compatibles avec leur profession. Il faut les voir le dimanche, lorsqu'ils ont déposé la barre, endosser des vêtements d'une finesse et d'une coupe irréprochables, se carrer sur les promenades ou dans les cafés, faire voler au Prado d'élégants tilburys, ou se prélasser dans leur maison de campagne, dans leur bastide....

Il n'y a, pour ainsi dire, pas de société à Marseille; elle ne serait d'ailleurs « d'aucune utilité à un jeune homme, qui, pour peu qu'il ait de tête, se fait courtier de marchandises, d'assurances, etc., et gagne bien vite cinq ou six mille francs par an. A-t-il un moment, il court à la campagne chasser au Ponte; en été, il va se baigner, le soir, au Pfiaro; quand le mistral souffle, il va fumer au cercle, tout en parlant fort haut avec ses amis*. • Cette passion du cercle est poussée si loin chez les Marseillais que l'on a vu des jeunes gens, à peine sortis du collège, s'associer pour en fonder un sous le nom de club des Moutards, aujour- • d'hui Cercle de la société des courses. Un autre cercle s'est constitué sous le nom de Pipes club. Mais s'il n'y a pas de société à Marseille, en revanche il y a beaucoup de luxe. « Le mobilier de l'artisan aisé ne le cède guère en élégance à celui du médecin ou de l'avocat, et un fait digne de remarque, c'est que la jeune fille à marier s'enquiert avant tout de la manière dont son prétendant meublera la chambre nuptiale *. »

Ainsi que les Arlésiennes, les Marseillaises, surtout dans la classe ouvrière, semblent avoir conservé le type grec : elles ont le pied charmant, les traits réguliers, le teint animé, des yeux vifs et spirituels, des cheveux d'un noir d'ébène d'une grande beauté, le sourire d'une fraîcheur irréprochable. « Trop d'embonpoint ne vient jamais nuire à la grâce de leur personne, et leur aspect a quelque chose de la statue antique. Leur caractère est gai comme le soleil de Jeur pays; elles sont rieuses et ne rient pas, comme on pourrait le croire, pour mettre en évidence l'émail de leurs belles dents; elles rient réellement parce que rire est un plaisir, peut-être un besoin pour elles. »

C'est la toilette, avons-nous dit, qui est la grande affaire des

1 . De Stendhal, Mémoires d'un touriste. '2. Marins Chaumelin, Revue de Toulouse.

ArJésiennes. Ainsi des Marseillaises : les plus modestes portent la soie, le velours, les dentelles. Cependant « elles n'ont pas encore adopté le chapeau; elles ont «eu le bon esprit de conserver leur petit bonnet qui leur sied à ravir; en revanche, elles se surchargent de bijoux ; mais, quand on les voit marcher avec une indolence qui fait ombre à la vivacité méridionale, la tête haute, le nez au vent, quelquefois une petite fleur à la bouche, les mains dans les poches de leurs robes ou les bras ballants, on est trèspeu émerveillé de cette allure. »

Histoire.

Comme toutes les villes d'origine grecque, Marseille est née d'une légende. Avant sa fondation, sous le règne de Tarquin l'Ancien, quelques Phocéens, marchands ou pirates, s'étaient établis sur les côtes de la Méditerranée, alors habitées par les Salyens. Bientôt, une nouvelle expédition, composée de l'élite de la jeunesse et commandée par Simos et Protis, partit de Phocée, dans la direction d'Éphose, où l'oracle avait prescrit aux chefs de se rendre pour y prendre le guide que Diane leur destinait. Pendant la nuit qui suivit leur arrivée, la déesse apparut à Aristarché, l'une des femmes les plus considérées de la ville, et lui ordonna de s'embarquer avec les Phocéens. Après avoir pris une des statues qui étaient dans le temple, Aristarché se rendit au port; elle n'eut pas plutôt mis le pied sur le vaisseau que le vent, qui avait été contraire jusqu'alors, devint favorable. Simos et Protis remirent à la voile. Ayant abordé sur le rivage de la Gaule, il s'avancèrent dans les terres, chez les Ségobriges, peuple voisin des Salyens et qui avait pour roi Namnus. Protis lui demanda la permission d'établir une ville sur les confins de ses États. Ce jour-là précisément, Namnus donnait aux chefs de sa nation un grand festin, dans lequel sa fille Gyptis devait, suivant la coutume de ce peuple, choisir un époux, en présentant à l'un des convives une coupe remplie d'eau. Il invita Protis au festin. A la fin du repas, Gyptis entra dans la salle et présenta la coupe à Protis, qui, devenu l'époux de la jeune princesse, rejoignit avec elle ses compagnons. Après avoir érigé un monument pour perpétuer le souvenir de leur débarquement, comme le prouvent les restes d'un bas-relief trouvé dans l'île de Bouc, et représentant Aristarché portant la statue de Diane au moment où elle met le pied sur le vaisseau, les Phocéens levèrent l'ancre et vinrent enfin relâcher au fond d'un golfe où ils résolurent de se tixer. Il y bâtirent une ville à laquelle il donnèrent le nom de Massalia, formé à ce qu'on croit, du mot ligurien Mag (habitation) et de la racine Sal, qui peut s'appliquer soit aux Salyens, soit à la mer.

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Ainsi, Massalia, peut signifier également ville des Salyens, ou station et port maritime.

C'est, dit-oo, sur le point le plus él«vé de ce qu'on appelle la vieille ville que s'établit la colonie, la première année de la 4ô« olympiade (environ 599 ans avant J. C.). Une citadelle fortifiée, renfermant lEphesium ou temple de Diane desservi par Aristarché, que les Phocéens reconnaissants établirent prêtresse de la déesse, constitua d'abord toute la cité: mais la colonie ne tarda pas à acquérir de l'importance. Ses progrès même furent si rapides que Comanus, fils et successeur de Namnus, en devint jaloux. Unjour, pour l'exciter contre les Massaliotes, un de ses courtisans lui raconta cet apologue : * Une chienne demanda à un berger un lieu pour mettre bas ; l'ayant obtenu, elle pria pour qu'il lui fût permis d'élever ses petits au même endroit. Plus tard, les chiens étant devenus grands, la mère, avec leur secours, s'attribua la propriété du lieu. De même, ajouta le courtisan, les Massaliotes, qui ne sont aujourd'hui que colons, deviendront un jour maîtres du pays. »

« Cet apologue, dit M. de Villeneuve, produisit son effet. Comanus tendit des pièges aux Massaliotes. A la fête solennelle des Florales, il envoya h Massalia quelques hommes courageux et intrépides; il en fit entrer d'autres sur des chariots couverts de broussailles, et lui même vint se mettre en embuscade avec son armée dans les montagnes voisines de la ville. Ceux de ses gens qui étaient entrés dans Massalia, devaient, vers le milieu de la nuit, lui en ouvrir les portes. 1 » Une jeune Ségobrige, dont l'amant était Massaliote, découvrit le complot. Comanus, surpris dans une embuscade, fut vaincu et périt avec sept mille des siens.

Vers ce même temps (587 ans avant J. C, c'est-à-dire douze ans après la fondation de Massalia), Bellovèse et Sigovèse, neveux d'Ambigat, roi des Bituriges,en route vers l'Italie, prêtèrent main forte aux Massaliotes en échange de vivres dont ils manquaient.

Ainsi délivrée de ses ennemis, la nouvelle colonie grandit et prospéra. Bientôt, la ville de Phocée étant tombée au pouvoir des Perses, la plupart des habitants s'embarquèrent et vinrent aborder à Massalia. Jusqu'alors, le gouvernement de la colonie était resté dans les mains des Protiades, ou descendants de Protis et de Gyptis; mais, à l'arrivée des derniers Phocéens, il fit retour au peuple, qui choisit un conseil composé de six cents membres appelés Timouques ou Honorables. Ceuxci, chargés de faire les lois, en confièrent l'exécution a quinze d'entre eux. A son tour, le conseil des quinze investit trois de ses membres d'un pouvoir analogue à celui des Archontes à Athènes.

Aristote avait composé un traité de la république massaliote; il n'en • reste qu'un fragment conservé par Athénée. Hérodote, Plutarque, Thu-

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