PROMENADES
Dans la ville, on trouve d'abord : 1rs allées de Meilhan, le rendez-vous de la fashion pendant l'été; la fontaine en est charmante; — les allées des Capucines, qui forment un angle aigu avec les allées de Meilhan, mais qui sont moins fréquentées; — le cours Belzunce, au milieu duquel s'élève la statue en bronze de Mgr de Belzunce, par Ramus; — le cours Saint- Louis, orné, comme le cours Belzunce, d'une jolie fontaine; — le boulevard du Nord, sur lequel a été érigée, en 1857, une colonne surmontée d'une statue de la Vierge immaculée; — la plaine Saint-Michel ( V. ci-dessus), qui sert de champ de Mars en attendant que la ville ait approprié à cet usage la vaste propriété de la Barnière, acquise par elle à la Capelette (3 kil.), etc.
Un nouveau boulevard, le cours Bonaparte, partant de la rue de Paradis, aboutit, à son extrémité supérieure, à une petite colline jadis aride et nue, aujourd'hui transformée en une sorte de jardin
Colonne de l'Immaculée Conception.
anglais, établi au-dessus des réservoirs des eaux de la Durance. C'est ce que Ton appelle la promenade Bonaparte. Un ruisseau y forme une cascade. Des allées bien ménagées conduisent au point culminant, où s'élève une colonne surmontée d'un buste de Napoléon Ier. On y jouit d'une très-belle vue sur la ville, les environs, le port et la rade.
DE LYON A MARSEILLE
On peut, de la colonne Bonaparte, monter par un sentier pierreux à Notre-Dame de la Garde (V. ci-dessus).
Le Prado, cette magnifique avenue qui commence à la place Castellane et qui se continue jusqu'à la mer, bordée d'élégantes villas sur une longueur de 5 kil., est dû à un négociant, M. Bernex, qui l'ouvrit en 1830, à travers une plaine stérile. Ce sont les Champs-Élysées et le bois de Boulogne de Marseille. Au rondpoint, où le Prado fait un angle droit, se trouve le Château des Fleurs, établissement très-fréquenté par les Marseillais pendant la belle saison. — Un hippodrome y a été construit.
11 y a quelques années, quand on était arrivé à l'extrémité du Prado, on devait, si l'on voulait rentrer à Marseille en côtoyant
La Cornicbe et le restaurant Roubion.
la mer, suivre un étroit sentier presque toujours difficile, souvent dangereux, et fréquenté seulement par Ips douaniers. Une belle route de voitures, que l'on appelle la Corniche et qui a été terminée en 1863, a remplacé ce sentier. On y découvre de charmants points de vue sur la mer. C'est une délicieuse promenade, surtout le soir par un beau temps, mais on a eu le tort d'y établir une cascade ridicule. Parmi les nombreuses villas qui ont été construites à grands frais le long et au-dessus de cette magnifique voie de communication, ou remarque, au S. du Ho utos- Blanc, la
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villa Talabot, charmante résidence entourée d'un beau jardin. Plus loin, on trouve un beau restaurant tenu par Roubion, l'ancien propriétaire de la Réserve, démolie pour faire place à la villa Impériale. Marseillais et étrangers vont y faire de bons dîners. La Bouiliabaisse y est justement renommée , et on y jouit le soir d'une vue admirabîe sur la Méditerranée. Au delà à'Endoume, on laisse à g. la belle usine des Catalans, village que le roman de Monte-Cristo a rendu célèbre (bains de mer très-fréqu entés),
Palais Impérial.
et l'on rentre à Marseille par le boulevard de la Corderie, après avoir passé devant l'avenue qui conduit à la résidence impériale. La route de la Corniche a 7 kil. de longueur totale, depuis le boulevard de la Corderie, au N., jusqu'au chemin de Montredon, au delà du parc Borelly, au S.; sa largeur varie de '12 à 25 mèt., suivant les difficultés du terrain. Parmi les travaux d'art que sa construction a nécessités, il faut signaler : le pont en fer jeté sur l'Huveaune, k son embouchure (12 mèt.
DR LYON A MARSEILLE
d'ouverture, 25 mèt. de longueur); le viaduc qui franchit l'anse de la Fausse-Monnaie (3 arches de 12 mèt. de largeur, 16 mèt. de hauteur) et le viaduc du vallon des Auffes (3 arches de 17 mèt. d'ouverture, 5 mèt. de hauteur).
Le long de la Corniche, se trouvent plusieurs batteries établies pour la défense du littoral, de la rade et des*ports.
Le Jardin zoologique, fondé, en 1845, par une société d'actionnaires, sous la direction de MM. Barthélémy Lapommeraye, de Montricher et Marcotte, a été ouvert au public au mois de juin 1855. Habilement dessiné sur la déclivité orientale du plateau de Longchamp, il offre de magnifiques points de vue. Il comprenait, dans l'origine, trois hectares de terrain appartenant à la société, mais il s'est depuis agrandi par l'adjonction de trois autres hectares appartenant à la ville, qui en avait d'abord cédé la jouissance pour toute sa durée à la société qui vient d'en racheter la propriété.
De la Joliette partent des omnibus qui desservent les quais du nouveau port et du vieux port, la Gannebière, les allées et le boulevard Longchamp et le Jardin zoologique. Ces omnibus ont leur station à la porte môme du jardin; en outre, de la place Royale, vis-à-vis de la nouvelle Bourse, partent les omnibus de la Rose, Château-Gombert et Saint-Barnabé, qui passent devant le Jardin.
Le Jardin zoologique est ouvert au public tous les jours, de 6 h. du matin à la nuit pendant l'été, et de 7 h. à 5 h. pendant l'hiver. — Prix d'entrée : pendant la semaine, 1 fr. par personne; les dimanches et jours de fête, 25 c. jusqu'à midi, 50 c. de midi au soir. — Un café-glacier a été établi dans l'intérieur du Jardin.
Placé sur le plateau le plus élevé du Jardin, l'étranger voit se dérouler à ses pieds, suivant un Guide marseillais t la fraîche et riante vallée des Chartreux, que sillonne, sous une voûte de saules, de peupliers et de frênes, le paisible ruisseau du Jarret. Des centaines de bastides s'élèvent coquettement sur les hauteurs voisines, et montrent leurs blanches murailles à travers les édaircies des grands arbres. Par delà ce lit de verdure, des coteaux chargés de pinèdes embaumées et d'habitations pimpantes s'étagent et se poursuivent jusqu'au pied des montagnes qui cir-