LES GRÈS DE SAJNTE-ANNE
deux buttes de forme singulière, que 1*0 n prendrait pour de gigantesques œufs blancs amoncelés. Ce sont, dit Mme George Sand (Tamaris), des amas d'un sable très-légèrement cohérent, qu'une croûte plus ferme a maintenus en boules pétries et mêlés ensemble à leur base. » Une carrière de sable pour la verrerie et pour le polissage des miroirs y est exploitée depuis quelques années, t sans égard pour l'intérêt géologique ; » on la dépasse, et, prenant un sentier, on pénètre dans le bois, en côtoyant sur la dr.
Gorges d'oilioules.
un puissant rempart de grès friable qui, au temps des grands accidents terrestres, s'est redressé au delà de ces buttes, lesquelles en sont, pour ainsi dire, les derniers remous, c Ce rempart ou plutôt cet amas de sable, de 200 à 300 mèt. d'élévation, ajoute Mme George Sand, semble s'être arrêté et coagulé entre deux remparts plus solides et plus anciens formés par un redressement calcaire, dernier pli des grands calcaires d'Ollioules. Un cataclysme postérieur ou une action lente a emporté une partie du sable et creusé une étroite et profonde vallée entre les deux
parois de l'arête restée debout. Cette arête de grès tendre, adossée au calcaire qu'elle empâte et cache en grande partie, offre, sur un de ses flancs en particulier, les accidents les plus fantasques; l'infiltration des pluies par d'invisibles fissures a creusé la roche en mille endroits, et des niches arrondies, tantôt en arcades surbaissées, soutenues par des piliers inégaux et trapus, tantôt en cellules profondes comme les alvéoles d'une ruche colossale, criblent la montagne du haut en bas, à tous les plans, aussi bien sur les hautes parois que sur les grosses buttes détachées qui accidentent gracieusement les contours de la gorge.
« Autour de ces buttes et le long de la muraille ébréchée que percent tout en haut des dents calcaires, le terrain s'est aplani et comme nivelé sous un détritus de sable fécond, et on s'y promène littéralement parmi des tapis de fleurs, sur des sentiers d'un sable fin, sec et blanc, que la pluie a formés avec ce mouvement fantaisiste dont la main de l'homme ne saurait égaler la souplesse. » A mesure que l'on avance, la forêt devient plus serrée et les formes de la montagne plus sauvages. On dirait « tantôt une ville inaccessible destinée à des êtres d'une nature inconnue, tantôt un amas d'ossements antédiluviens aux dimensions insensées. Ailleurs, c'est un écroulement effroyable avec des débris géants; plus loin, une fantaisie d'architecture colossale appartenant à quelque race éteinte des temps fabuleux. » On peut errer à son gré dans ce curieux labyrinthe, sans aucune crainte de se perdre. Si Ton monte sur la chaîne des grès (il faut pour cela prendre la précaution d'ôter ses souliers, car la mousse courte et glissante qui recouvre ces coupoles arrondies rend leur ascension dangereuse), on y trouve aussi des chemins ombragés "et de beaux points de vue. En tout cas, il n'y a plus rien d'intéressant à voir au delà du point où le chemin de la forêt commence à descendre, et l'on fera bien de revenir sur ses pas ou de regagner la grande route par un autre sentier, en appuyant sur la droite.
Le chemin de fer, croisant la route de Saint-Nazaire à 01- ' lioules et franchissant la Reppe, laisse à dr., sur un rocher, le