TOULON. — ÉGLISES
la grande nef, qui compte 50 mèt. de longueur sur 10 seulement de largeur. La rose du chevet, bien que moderne, rappelle la fin du xive s. La composition centrale de cette rose représente le Couronnement de la Vierge, Le maitre-autel, en marbre gris, est orné d'un bas-relief {V Ensevelissement de la Vierge) attribué à Voltaire ou à Veirier, tous deux élèves de Puget. Dans les bas côtés s'ouvrent des chapelles latérales.
Au-dessus de l'arcade de la chapelle de Notre-Dame (1660), une statue de la Vierge a été placée dans une niche dorée, à la suite d'un vœu fait par les magistrats tou Ion nais pendant la peste de 1657; les statues des quatre Évangélistes décorent l'abside ; celles de saint Gyprien et de saint Honorât sont placées à dr. et à g. du stylobate. Cette chapelle possède des reliques de la Vierge et de saint Cyprien.
La chapelle du Corpus Domini, à dr. du sanctuaire, date de 1654. Le ta! ernacle est l'œuvre de Puget. Mais ce qui attire surtout l'attention c'est une admirable composition de Veirier. Deux colonnes torses en marbre de couleur, séparées des deux pilastres latéraux par les statues de saint Pierre et de saint Pau/, s'élèvent derrière l'autel. Au sommet, apparaît la figure de Jéhovah, au milieu de groupes d'anges d'une grâce exquise. Audessus de l'autel, sont agenouillés deux chérubins en marbre blanc, qui passent pour des chefs-d'œuvre.
Parmi les tableaux que possède Sainte-Marie Majeurei on remarque : sur les murs latéraux du grand autel, le Triomphe de l'Eucharistie, par J. B. Vanloo; et M elchisédech bénissant Abraham, par Achard, d'après Raphaël ; à g. de l'entrée de la chapelle du Saint-Sacrement, la Gloire de V Eucharistie , par Voltaire fils; près du nouveau baptistère, V Annonciation, attribuée à Puget, mais maladroitement restaurée ; dans la chapelle de la Vierge, Y Assomption par P. Mignard, et la Vierge du Carmel, par le Flamand Dalméric; sur ie pilier g., en face de l'orgue, une Sainte-Famille, de Paulin Guérin. La cathédrale renferme en outre une statue de la Vierge, par Ganova, et une belle chaire, en bois, œuvre d'un sculpteur toulonnais, Louis Hubac. Les orgues actuelles, inaugurées en 1851, sont décorées d'un buffet dans le style ogival flamboyant du xiv siècle.
L'église Saint-Louis, dans la rue de ce nom, est précédée d'une cour plantée d'arbres et ornée de deux calvaires avec rochers et jets d'eau. Un péristyle de quatre colonnes massives d'ordre toscan forme l'entrée principale. A l'intérieur, l'édifice est partagé en trois nefs par des colonnes doriques, en pierre blanche de Cassis. Dix colonnes corinthiennes, en stuc, supportent une rotonde éclairée par le haut et sous laquelle est placé le maltreautel. Cette église possède un Saint Sébastien, attribué à Rubens, et une Sainte- Famille, de Vanloo; mais l'obscurité dans laquelle ces toiles sont placées empêche de les bien juger.
L'église Saint-François de Paule se compose d'une seule nef, mesurant 36 mèt. de profondeur sur 25 mèt. de largeur. Des colonnes ioniques supportent de chaque côté des galeries sous lesquelles s'ouvrent des chapelles latérales. Au-dessus du maitreautel est un groupe d'anges gracieusement sculpté. Au fond de l'abside, on voit un tableau de Michel Serres, représentant la Nativité de saint Jean, et, dans la chapelle de Saint-François, une toile remarquable d'un maître inconnu (les Miracles de saint François après sa mort). La statue de Saint François est de Louis Hubac.
V église Saint-Pierre (place de ce nom), bâtie sur l'emplacement d'un ancien couvent, possède un assez bel autel en marbre blanc, et deux statues de Louis Hubac : Saint Jérôme et Saint Léon.
Vancienne chapelle de la Miséricorde (rue de ce nom) n'offre d'intéressant qu'un plafond peint par Pun des Vanloo.
Édifices civils.
L'hôtel de ville (sur le port) est un assez bel édifice. Deux cariatides sculptées par Puget, badigeonnées en 1791, et restaurées par Louis Hubac en 1827, soutiennent le balcon. Audessus des fenêtres du premier étage sont les bustes des Saisons, par Hubac.
A quelques pas de l'hôtel de ville, à l'angle delà rue Bourbon, est située la maison de Puget (aujourd'hui temple protestant), remarquable par ses pilastres qui, chargés d'élégantes arabesques, s'élèvent jusqu'au riche entablement qui couronne l'édifice.
Sur le quai, en face de l'hôtel de ville, a été érigée, sur un
piédestal en marbre blanc, une statue colossale en bronze, le Génie de la navigation, par un sculpteur touionnais, M. Daumas, élève de David d'Angers.
Le nouveau théâtre est bâti sur le boulevard Louis-Napoléon. C'est un assez bel édifice , qui a coûté 2 millions à la ville. M. Feuchères en a fourni le plan primitif, et M. Charpentier, de Nîmes, en a dirigé les travaux, d'après le premier plan qu'il a modifié. La façade principale, qui est de M. Feuchères, sur la ruè Royale, est surmontée d'un fronton dont les figures ont été exécutées par Klagmann. Deux autres statues, dues au ciseau de M. Daumas et représentant, l'une la Comédie et l'autre la Tragédie lyrique, ornent la galerie au-dessus du péristyle. Les trois autres façades sont de M. Charpentier fils. Celle du N., sur le boulevard Napoléon, est également ornée de six statues de Muses, par M. Montagne. A l'intérieur, la salle, élégante et bien disposée, peut contenir environ 2000 spectateurs. Le plafond a été peint par MM. Davaux et Despléchins.
Sur le port se dresse un obélisque d'où jaillit une fontaine. Au sommet est une belle tête de Janus, par Hubac. — A l'angle de l'église Saint-François (rue des Bons-Frères), on voyait jadis une fontaine surmontée d'une jolie statue, en marbre blanc, provenant du tombeau du comte de Valbelle dans l'église de la Chartreuse de Montrieux, et représentant une femme en pleurs, les regards levés vers le ciel et appuyée sur un éçusson. Cette statue décore aujourd'hui l'entrée du jardin public. — Sur une petite place, à l'entrée de la rue des Minimes, est une autre fontaine, dont le piédestal supporte le buste en bronze élevé par la ville à la mémoire du sculpteur Hubac.
La grosse Tour, qui se trouve à l'entrée de la petite rade, n'a de curieux que ses cachots souterrains.
La tour carrée du Mourillon, à six étages, bâtie en 18d8, s'aperçoit de tous les points environnants. Moyennant une faible rétribution, on peut jouir, du haut de cette tour, du spectacle du départ ou des évolutions d'une escadre.
A la Poissonnerie, au-dessus du tympan d'une porte, on remarque, deux lionceaux taillés dans la pierre vive, par Puget. Toulon possède, en outre, un nouveau palais de justice (rue Bonnefoi);
— un hôpital de la Charité (près de la porte de France); — un hôpital militaire (rue delà Comédie, à côté de l'ancien théâtre) ;
— un lycée avec façade sur le cours Lafayette; — un musée (ancien hôpital Saint-Esprit) renfermant près de 200 tableaux ou objets d'art, parmi lesquels deux beaux pastels de Cordouan (il est ouvert au public le dimanche et les jours de fête, de 11 h. du matin à 4 h. du soir) ; — une bibliothèque publique (rue Bourbon, à côté de l'hôtel de ville) renfermant 16 000 vol. (elle est ouverte tous les jours au public, excepté le samedi, le dimanche et les jours de féte, de 9 h. du matin à 2 h. 1/2 du soir); — un jardin botanique, près de la nouvelle porte de France; — un Orphéon,
— une succursale de la Banque de France, etc.
Ports et établissements militaires.
Le port de Toulon, situé au fond d'une rade immense, l'une des plus sûres qui existent, est protégé par des fortifications éle*vées d'apr ès le système de Vauban. Il comprend : une darse 1 vieille, dont les deux tiers sont affectés à la marine marchande et le reste à la marine de l'État; une darse neuve, entièrement réservée à la marine militaire et formant en quelque sorte le complément de l'arsenal maritime. A l'E. de la darse vieille, dont il est séparé par un pâté de vieilles maisons nommé le Parti, s'étend, en outre, un nouveau port marchand, appelé aussi port de la Rode, du nom d'un faubourg voisin. A* PO. de la darse neuve se trouve la darse de Castigneau, entourée par les bâtiments de l'arsenal du même nom.
Le nouveau port marchand de la Rode a été créé en 1837. On ne peut s'y rendre actuellement qu'en sortant de la ville, mais il doit être prochainement réuni à la darse vieille par la suppression du quartier du Parti. La chambre de commerce a sollicité de plus l'établissement d'un avant-port et la construction de docks importants. Actuellement le port de la Rode peut recevoir des bâtiments d'un tirant d'eau de 4 mèt. à 4 mèt. 50 cent. Les navires chargés de vins ou de bois de construction y abordent
1. On appelle darse une portion de mer formant bassin, et dont l'unique enfrée sur la rade est fermée par une chaîne.