TOULON. — MUSÉE MARITIME
créé par le baron Charles Dupin, ingénieur de la marine. Il renferme une collection variée de modèles de constructions navales, ainsi que de toutes les machines et appareils mécaniques en usage dans les arsenaux. Il y a quelques années, le musée naval du Louvre s'est enrichi des pièces les plus remarquables du musée de Toulon. Il en reste encore cependant de fort curieuses, entre autres : deux torses antiques en marbre blanc, provenant d'Athènes; les modèles des vaisseaux le Suffren et le Duquesne; une galère en construction ; une galère armée ; un panneau de sculpture doré, représentant le Triomphe d'Amphitrite, tiré de
Arsenal de Toulon.
l'ancienne galère réale, par Puget; le modèle d'un prost, embarcation construite par les sauvages des Iles Mariannes; un appareil pour l'épreuve des bois, par M. Charles Dupin, etc.
Le petit bâtiment carré que l'on remarque à dr. du musée maritime est la fontaine de VAygade, réservoir d'eau douce, où viennent s'approvisionner, à l'aide de bateaux-citernes, les navires de la flotte.
L'arsenal de Toulon occupe ordinairement 10 000 ouvriers, dont 4000 entretenus par l'État, 3000 appartenant aux entrepreneurs et 3000 condamnés.
L'arsenal de Castigneau communique avec l'arsenal principal par un passage situé à l'extrémité de l'avenue de platanes qui fait face à la porte d'entrée, et par la coupure de Partillerie. Il a été construit, sur pilotis, par M. Barthelon. En y pénétrant par la porte ouverte sur la partie agrandie de la ville, on y visite successivement : la boulangerie de la marine, établie provisoirement dans un ancien couvent (les fours, au nombre de 20, peuvent cuire par jour 40 000 rations); la chaudronnerie; la fonderie, Tune des plus vastes et des mieux disposées qui existent en France; Y atelier des mécaniciens ajusteurs, qui présente sur le quai une façade de 120 à 130 mèt. environ; V atelier des montages; puis, derrière les ateliers précédents, les forges, qui rappellent, dans de plus vastes proportions, celles de l'arsenal principal (le battage et le forgeage du fer s'y font à l'aide de moutons et de marteauxpilons pesant jusqu'à 6000 kilog.); le bâtiment des moteurs, du milieu duquel s'élance une grande cheminée en briques de 72 mèt. d'élévation (c'est la plus haute qui existe en Europe). Au delà de l'atelier de montage, M. Barlhelon a creusé trois bassins de carénage, dont le plus petit a environ 100 mèt. de longueur sur 30 mèt. de largeur, et dont le plus grand, encore inachevé, pourra recevoir à la fois un vaisseau à trois ponts et un vaisseau de troisième rang. En tête de ces trois bassins règne un magasin d'outillage long de 125 mèt., parfaitement approvisionné.
Plus loin, le long d'un large canal appelé canal des subsistancesy sont établis la buanderie de la marine, Y abattoir pour la viande fraîche, les bureaux de la comptabilité des vivres, sur l'emplacement desquels sera construite la nouvelle boulangerie, et enfin l'immense magasin général des subsistances. Ce magasin renferme des approvisionnements de toutes les denrées comestibles nécessaires à la nourriture des équipages à bord des bâtiments de la marine impériale. Le quai opposé est converti en un parc au charbon, au service duquel sont attachés les forçats dos bagnes flottants nos 3 et 4, amarrés près des embarcadères, du côté de la petite rade. En rentrant dans l'arsenal , on passe devant le parc aux ancres.
L'arsenal de Castigneau occupait une superficie de 17 hectares. Cependant, à peine achevé, dit M. H. Lesueur, il était déjà
TOULON. — LE MOUKILLON.
l'objet d'un agrandissement considérable. L'administration de la marine a exproprié, à cet effet, les terrains compris entre l'arsenal et le fort Malbousquet. Les remparts nouveaux ont été continués depuis ce fort, du côté du faubourg du pont de Las, jusque près de la ville, et l'État a construit, dans cette enceinte, des casernes pour les équipages de la flotte, puis un hôpital pour la marine, et d'autres grands établissements destinés à faire de Toulon le plus vaste port militaire de l'Europe.
Une darse nouvelle, la darse de Missiessy, longe cette nouvelle partie de l'arsenal. A peu de distance, s'élèvent les ateliers de fabrication et les magasins des artifices en usage dans la marine.
De Malbousquet on découvre un très-beau point de vue sur la rade, l'arsenal du Mourillon, dominé par le fort Lamalgue, la grosse Tour, la pointe de Balaguier, le fort de l'Aiguillette, le fort Napoléon, la Seyne et la montagne isolée qui porte les ruines de Six-Fours.
L'arsenal du Mourillon, situé au S. E. et en dehors de la ville, renferme : d'immenses fosses remplies d'eau de mer pour la conservation des pièces de bois destinées à la coque ou à la mâture des navires; de nombreux hangars en maçonnerie, bâtis après l'incendie de 1845, qui dévora pour 5 millions de bois; une magnifique scierie à vapeur; de grandes cales couvertes et onze cales plus petites pour la construction des vaisseaux; un atelier spécial de forges pour les navires en fer; un magasin pour les fers et les cuivres; une salle pour les forçats du bagne flottant n° 2, etc., etc.
L'hôpital de la Marine (s'adresser pour le visiter au commissaire de l'hôpital), vaste édifice construit sous Louis XIV, par les Jésuites, s'étend entre la rue Royale et le boulevard Louis-Napoléon. Il sert également d'hôpital militaire. La porte principale est décorée de colonnes doriques supportant un entablement sur lequel sont assises deux statues qui représentent, l'une la Religion, l'autre la Force. Cet hôpital possède un cabinet d'histoire naturelle, dans lequel on remarque surtout une belle collection de conchyliologie et un musée anatomique. L'hôpital de Saint- Mandrier, dans la presqu'île du cap Sépet, forme une annexe de l'hôpital de la Marine (K. ci- dessous, p. 267).
Toulon possède, en outre : un hôttl de la Préfecture maritime
(place d'Armes); — un tribunal maritime; — une direction oV artillerie de marine; — deux hôpitaux pour la flotte; — plusieurs casernes pour l'infanterie de marine et pour les ouvriers d'artillerie; — un polygone (sur le littoral), servant aux manœuvres de l'artillerie navale; — une école d'hydrographie de 2e classe, — une école de médecine navale, etc.
Commerce. — Industrie.
« Le principal commerce de Toulon, dit M. Oct. Teissier (Dietionnaire du Commerce et de V Industrie), consiste, à l'importation, en blé, bois à construire, charbon de bois, tourteaux de graines oléagineuses, sucre, café, chanvre, fer et houille; et, à l'exportation, en vins ordinaires, écorces à tan, huile, plâtres, tuiles, etc. »
Le coteau de Lamalgue, au S. E. de Toulon, produit un vin d'une qualité supérieure au vin des autres vignobles de l'arrondissement et qui se rapproche, suivant M. V. Rendu (Âmpébgraphie française), du vin de Saint-Georges, par le corps et la saveur; mais on exporte peu de ce vin, chaque propriétaire ne vendant que ce qui excède ses besoins.
L'indusirie de Toulon manque d'activité. On trouve seulement dans cette ville quelques usines, des fabriques de draps, de taps de feutre, et de savons, des teintureries, des tanneries, etc.
Promenades.
Les plus belles promenades de Toulon sont : — la place du Champ-de-Bataille ou place d'Armes (F. ci-dessus, p. 250); — le cours Lafayette, large rue bordée de platanes et tracée sur les fossés de l'ancienne ville à l'E., depuis le quai jusqu'à la place des Trois-Dauphins; — le boulevard Louis-Napoléon; — le nouveau boulevard de la Gare; — le Carré du port, une des promenades les plus agréables et les plus fréquentées; — les glacis des fortifications autour de la nouvelle ville, rendez-vous de la population les jours de fête ; on y jouit d'une vue magnifique sur la rade au S., et sur les collines qui dominent Toulon au N.;— enfin, le champ de Mars, au delà de la porte Notre-Dame, vers le faubourg Saint-Jean-du-Var.