NICE. — PROMENADES
longueur le faubourg de la Croix- de -Marbre. Ce faubourg est ainsi nommé d'une croix qui s'élève dans un angle de la rue, à 500 mèt. environ de la place Masséna, et qui rappelle l'entrevue de Charles-Quint, cle François Ier et de Paul III, en 1538. Abattue en 1796, cette croix fut replacée en 1819. En face, de l'autre côté de la rue, une colonne d'ordre étrusque, en marbre blanc, élevée en 1823, témoigne du zèle religieux dont firent preuve les Niçois lors du double passage de Pie VII, en 1809 et en 1814.
La pointe que forment la rive dr. du Paillon et le bord de la Méditerranée est occupée par une longue ligne de palmiers récemment plantés et par les massifs d'arbustes du Jardin public (palmier magnifique, planté en mémoire de l'annexion ; myrte colossal), rendez-vous de la foule élégante, surtout le jeudi et le dimanche, quand la musique militaire s'y fait entendre. Des hôtels, aux façades monumentales et régulières, entourent le jardin àl'O. etauN.
A l'extrémité méridionale du Jardin public commence la belle Promenade des Anglais, ainsi appelée parce que, pour donner du travail aux indigents, la colonie britannique de Nice en fit ouvrir une partie pendant les hivers de 1822, de 1823 et de 1824. La promenade des Anglais longe le bord de la Méditerranée sur une longueur de 2 kii., du Paillon au vallon du Magnan. Elle a plus de 26 mèt. de largeur.
Le faubourg du port, situé à la base orientale du rocher du château, et habité presque uniquement par des marins et des douaniers, forme comme une ville à part; il n'est réuni directement aux autres quartiers de Nice que par la rue Ségurane et par \q Chemin des Ponchettes, taillé sur le bord de la mer, dans la roche vive du promontoire. Ce chemin, ouvert en 1770, est le plus pittoresque de Nice. Simple corniche suspendue au-dessus des flots, il commande un admirable panorama de la ville, de la mer et des montagnes. Néanmoins cette belle promenade est assez peu fréquentée, soit parce qu'elle est trop éloignée du centre de la ville, soit parce que les promeneurs craignent d'y être exposés à une brise violente qui a fait donner au cap le nom de Raouba-Capeou (enlève-chapeau), soit encore parce que le chemin est mal entretenu. A l'extrémité orientale de la promenade s'ér
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lève une médiocre statue de marbre blanc, érigée en 1826 aux frais des négociants et représentant le roi Charles-Félix rendant à Nice la franchise du commerce. La rue Cassini, au N. du port, est bordée de belles maisons construites lorsque la franchise du port de Nice assurait la prospérité du commerce. On y remarque la maison Astraudo.
Sur la plage qui s'étend à TE. du port, derrière l'ancien bagne piémontais, plusieurs villas éparses forment le quartier connu sous le nom du Lazaret, à cause d'un ancien établissement de ce genre dont il reste encore quelques ruines. C'est là que les Niçois viennent de préférence prendre des bains de mer pendant la saison d'été. Un nouveau boulevard, qui sera un jour Pun des plus beaux de la cité grandissante, longe le bord de la Méditerranée et va finir à la base des roches escarpées de Mont-Boron, couronnées de maisons de plaisance. En cet endroit les falaises sont percées de nombreuses cavernes, dont les unes s'ouvrent au niveau môme des flots et les autres à une certaine hauteur. Dans une de ces grottes (37 mèt. de longueur sur 15 mèt. de largeur), située à 28 mèt. d'élévation, on a trouvé de nombreux fossiles et divers débris de l'âge de bronze (pour la visiter, s'adresser au fermier de la villa le Fèvre).
Le monticule rocheux, auquel on donne encore le nom de Château, bien qu'il reste à peine quelques traces de la formidable citadelle qui fut jadis le boulevard de l'Italie, est san.s contredit la principale curiosité de Nice. Malheureusement le jardin, dessiné en 1822, et qui pourrait devenir une admirable promenade, unique dans le monde, n'est pas suffisamment arrosé. Trois chemins mènent au château, où l'on peut arriver en voiture : la rue du Château, qui commence dans la vieille ville et gravit directement la colline, en laissant à g. le cimetière; l'avenue Éberlé, qui a son origine près de la place Napoléon ; 1 avenue Mont fort,, dont la rampe commence sur la place Bellevue, derrière la statue de Charles-Félix. Le château, démoli d'abord par les Génois, en 1215, fut réédiûé parle comte de Provence, Raymond-Bérenger V. Agrandi en 14dO, puis en 1560, détruit en partie par une explosion des poudres, pendant que Catinat en faisait le siège, en 1691 , il fut définitivement démantelé par le duc de Berwick en 1706.