NÎMES. — PROMENADES
Nîmes, source très-abondante, qui forme, au pied du Mont-Cavalier, à côté du Temple de Diane, un gouffre profond aux eaux parfaitement limpides. Alimentée par les filets d'eau qui se perdent dans les garrigues caillouteuses (V. ci-dessous), avant d'atteindre le lit desséché du Gadereau, cette fontaine débite, après les fortes pluies, une masse d'eau très-considérable, évaluée au quart de volume que débite à l'étiage la Seine à Paris. Dans les grandes sécheresses, son débit est incomparablement plus faible, mais elle n'en est pas moins alors une jolie petite rivière qui, sortie des bassins de la source, coule, en formant de bruyantes cascatelles, entre la double rangée de murailles du quai de la Fontaine.
A son origine même, la fontaine alimente un bassin c dont l'enceinte a conservé son aspect primitif; les hémicycles avec leurs escaliers sont construits sur des fondements antiques. » Sous un pont de deux arches, la rivière dont le débit est diminué par un barrage qui détourne une partie de ses eaux, tombe, par une cascade, dans un second bassin, appelé Nymphée. La encore, les diverses constructions s'élèvent sur des fondations romaines. On y remarque un grand stylobate, copie exacte de l'antique, dans sa partie inférieure, mais couronné malheureusement par des vases lourds et des statues sans grâce. Le troisième bassin existait aussi du temps des Romains. A dr. des bassins s'étendent les allées du jardin proprement dit. « Des statues, des vases en marbre, des balustres, dit Y Album archéologique du Gard, ornent la promenade ; le tout de l'époque où furent construits les bassins, époque fâcheuse au point de vue de l'art, mais qui ne manque pas d'une certaine grandeur, d
Les allées du Mont -Cavalier dominent la source et conduisent à la Tour Magne. Elles sont protégées des vents du N. et presque du mistral par la pente même de la colline, qui regarde le midi; des rideaux de pins les défendent du soleil; de divers points de cette charmante promenade, on jouit d'une belle vue sur Nîmes et ses environs.
Citons encore : les boulevards, le grand cours et le cours Saint- Jean, dont la vaste avenue est ouverte dans Taxe de la principale allée du jardin de la Fontaine.
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Industrie et commerce.
Nîmes est une cité industrielle des plus importantes, qui dut, vers la fin du moyen âge, une grande prospérité à l'établissement dans ses murs d'une colonie de marchands lombards et toscans. Ruinée par la peste, par les guerres de religion et, enfin, par la révocation de l'édit de Nantes, l'industrie nimoise s'est toujours relevée de ses désastres. Avant 1789, elle occupait la moitié de la population, c'est-à-dire 10 à 12 000 âmes sur 20 à 25 000. « Aujourd'hui, dit M. F. de la Farelle (Dictionnaire du Commerce et de la Navigation), le tissage des éloffes de soie et toutes les opérations préparatoires qui le précèdent, comme le dévidage et le moulinage , sont fort loin de jouer un rôle aussi considérable que par le passé dans la production nimoise ; mais d'autres branches d'industrie sont venues s'y introduire à leur place, savoir : celle des tapis, celle des châles et des tartans, des foulards, la fabrique des lacets, cordonnets et soies à coudre, la ganterie-filet, etc. » Toutes ces industries occupent ensemble 5450 ouvriers. Si l'on ajoute les tanneurs, les ouvriers employés à la confection des vêtements d'hommes et à la fabrication des chaussures, on arrive à un total d'environ 8200 ouvriers. Une autre industrie, en grande voie de prospérité, est celle des forges et fonderies, dont la mise en activité est favorisée par le voisinage des charbonnages de Bességes. Nîmes compte sept fonderies, occupant plus de 300 ouvriers.
Mais c'est surtout au commerce des vins et des esprits ou troissix que Nîmes doit sa richesse et le développement de sa prospérité. Grâce à sa position entre les Cévennes, le Rhône et la mer, au milieu des vignobles renommés de Saint-Gilles, de Vauvert, de Jonquières, de Lôdenon, de Tavel, de Langlade et d'Uchaud, cette ville est devenue, après Béziers, le premier marché du Midi pour le commerce des liquides. Ce commerce y donne lieu à un mouvement d'affaires d'environ 7 millions de francs par an, en prenant la moyenne des sept dernières années. Sur cette somme, plus de 5 millions sont attribuables aux eaux-de-vie et trois-six.
Nîmes fait, en outre, un commerce considérable d'épicerie en