‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 35 sur 360 · SAINT-FLORENTIN · texte numérisé non relu

SAINT-FLORENTIN

taurée par M. Piéplu, architecte du département. La grande nef et les transsepts manquent. A l'extérieur, les portails attirent surtout l'attention. Un large escalier de 35 marches, construit parle

Eglise de Saint-Florentin.

comte de Saint-Florentin quand il obtint que sa vicomté fût érigée en comté, — les deux lions mutilés qui en décorent l'entrée portaient des écussons jadis armoriés : l'un était Pécu de France, l'autre le blason de la Vriliière, — monte au portail nord sur le-

quel se lisent les dates 1613 et 1611. Une ruelle obscure conduit au portail sud. A l'intérieur on remarquera : de beaux vitraux, surtout ceux du chœur, maladroitement réparés, et de très-fines sculptures de la Renaissance, trop souvent couvertes de badigeon; le jubé, de la Renaissance; des retables d'autel ; mais surtout le saint-sépulcre qui, placé derrière le maltre-autel, a 5 mèt. de longueur sur 3 de hauteur ; 4c'est a le morceau capital de l'église, dit M. Victor Petit, soit comme composition, soit pour le fini de l'exécution, qui rappelle les admirables bas-reliefs des portails de la Chartreuse de Pavie. » Autour du groupe principal, la Transfiguration, plusieurs petits bas-reliefs, placés symétriquement, retracent la scène de la Passion. La dimension de ces statuettes, au nombre de plus de cent, varie entre 15 et 30 cent. ; de longues légendes, aujourd'hui indéchiffrables, expliquaient les sujets. Par une exception tout heureuse, ce beau monument n'a pas encore été peint; il est donc facile d'apprécier toute la délicatesse de la ciselure.

La grande verrière, située à gauche du saint- sépulcre, représente la vie de saint Florentin, qui a donné son nom à la ville et souffert le martyre vers l'an 406,

UHôtel-Dieu s'élève dans la Grande-Rue, presque en face de l'escalier. — La halle, située en dehors de la ville, est moderne.

A 10 kil. environ de Saint-Florentin, sur la route d'Auxerre, dans la vallée du Serein, se trouve un village de 770 hab. (canton de Ligny, Yonne), qui mérite la visite des archéologues; c'est Pontigny, dont l'église abbatiale, aujourd'hui paroissiale, a été classée parmi les monuments historiques. La célèbre abbaye de ce nom, qui a déjà eu plusieurs historiens, fondée en 1114 par des moines de l'ordre de Clteaux, dévastée par les Huguenots en 1568, a été supprimée à la Révolution, et en partie démolie depuis; mais son église, construite vers 1150 par Thibault le Grand, comte de Champagne, de Blois et de Chartres, incendiée par les Huguenots avec le monastère en 1568 et 1569, relevée et restaurée de 1615 à 1630, existe encore presque entièrement. C'est une des plus grandes églises du département de l'Yonne, car elle a 108 mèt. de longueur dans œuvre, 22 mèt. de largeur dans les latéraux, 50 mèt. de largeur à la croisée et 21 mèt. de hauteur

sous voûte. — V. pour plus de détails Vltinéraire général de la France, Bourgogne, Franche-Comté, Savoie, par Ad. Joanne.

De Saint- Florentin àFlogny, on aperçoit les clochers de plusieurs villages que traverse la route de terre : — Germigny (617 hab.), Butteaux (440 hab.), Percey (407 hab.), dont le château du xviii* s. est une des plus belles habitations, de la vallée de l'Armançon. Sur la plaine qui s'étend à dr. se montrent : Cheu (668 hab.), Jaulges (501 hab.), et Villiers-Vineux (375 hab.), près duquel ont été trouvées, lors de la construction du chemin de fer, des sépultures anciennes.

26e STATION- — FLOGNY.

il kil. de Saint-Florentin. - 184 kil. de Paris. - 328 kil. de Lyon.

Flogny, ch.-l. de c. (418 habit.), est situé à 2 kil. de la station, sur une éminence, au delà du canal de l'Armançon. La route de terre le traverse. Un pont suspendu y a été jeté en 1828 sur l'Armançon. Son château moderne est entouré d'un beau parc. Son église a un portail du xn« s., une tour de 1664, un chœur, des chapelles et un sanctuaire ( affreux vitraux modernes) du xve s. Le long de la muraille du transsept sud, on remarque une chapelle sépulcrale bâtie en 1835 pour la famille Anjorrant.

A 1 kil. à l'O. de Flogny se trouve un camp romain bien indiqué et nommé le camp de César ou de Villeneuve, Il a 455 mèt. de largeur sur 464 mèt. de longueur. De trois côtés il est entouré d'un fossé large -de 15 mèt. et profond de 5 mèt. , dont le temps a dû diminuer les dimensions anciennes. Au S., près de la rivière, se remarque encore un tertre considérable, en forme de demilune. Les habitants du pays l'appellent le donjon de César. Des fouilles faites pour les constructions de la route et du canal ont amené la découverte d'un grand nombre d'objets antiques. L'origine de ce camp est inconnue.

Près de Tonnerre, de petits coteaux couverts de vignes et sillonnés de combes (petits vallons) bordent à dr. le chemin de fer. Les villages deviennent plus nombreux et plus riches. On laisse à g. Marolles sur un coteau; à dr., Roffey (384 hab.); à g., Tronchoy (310 hab.), et Cheney (293 hab.), très- rapprochés l'un de l'autre; àdr., Vézinnes (350 hab.), dont le château semble dater

FLOGNY. — TONNERRE

du xvie s., et dont l'église, du xine s., offre un aspect monumental à l'intérieur. Presque en face, sur la rive opposée de l'Armançon, se montre Dannemoine, beau v. de 650 hab. Son ancien château, bâti vers la fin du xvie s., est à demi ruiné. L'église possède plusieurs bas-reliefs dignes d'intérêt et un curieux tombeau du xvi« s.

A peu de distance de Dannemoine, mais du côté opposé, un petit vallon renferme le village de Junay (194 hab.). Quand on l'a dépassé, on ne tarde pas à apercevoir sur la g. Épineuil, v. de 580 hab., situé dans un pli de terrain, au centre d'un riche vignoble. Son église possède un beau chœur du xme s.

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