DIJON. — NOTRE-DAME
lever à droite et à gauche du porche; elles ne furent point terminées , mais sur le sommet de Tune d'elles fut placée une curieuse horloge prise, en 1383, à la ville de Courtray par Philippe
Église Notre-Dame de Dijon.
le Hardi, qui en fit présent à sa bonne ville de Dijon. Elle passait pour le chef-d'œuvre d'un célèbre mécanicien flamand nommé Jacques Mard. Les Dijonnais ont, depuis trois siècles et
demi, appelé Jacquemards les personnages qui entourent cette horloge. On remarquera encore, à l'extérieur de Notre-Dame, les grands pignons du transsept et l'ensemble monumental de l'abside. Les masures qui encombrent les intervalles des contreforts ne tarderont pas à être démolies. Au point d'intersection de la grande nef et du transsept, s'élevait une immense tour carrée qui vient d'être rasée parce qu'elle écrasait les voûtes; elle sera remplacée par une flèche.
L'intérieur de Notre-Dame, dont la restauration est commencée, a 48 mètres de longueur, 14 mètres de largeur et 15 mètres de hauteur. On est frappé, en entrant, de la hardiesse de ses voûtes et de la légèreté des colonnes qui les soutiennent. Le fond du sanctuaire est orné d'un beau groupe en pierre, l'Assomption de la Vierge, sculpté par Dubois. Les amateurs admirent les vitraux de la chapelle du côté droit. Dans la chapelle Saint-Joseph (à g. du chœur), on remarque un groupe de la Trinité, monument curieux du xv° s., mutilé en 1793, racheté par la ville en 1829, et restauré par M. de Saint-Mesmin en 1850. La chapelle du côté droit renferme une statue de la Vierge noire, qui a joui au moyen âge d'une grande célébrité. Elle faisait, disait-on, de nombreux miracles. Pendant le siège de Dijon par les Suisses, on la promena sur les remparts, et, si l'on doit en croire la tradition, elle recevait dans son tablier tous les boulets lancés contre les défenseurs de la ville assiégée. D'autres écrivains prétendent qu'elle les renvoyait aux assiégeants. Aussi un grand nombre de pèlerins venaient-ils chaque année lui apporter leurs offrandes, qui ornaient sa chapelle, démolie en 1698. Du reste, la Vierge noire actuelle n'est pas la Vierge que les Dijonnais du xvie s. ont portée sur leurs remparts. Elle ne ressemble nullement aux descriptions que nous en ont laissées les chroniqueurs contemporains. En outre, la Vierge que Ton voit sur la tapisserie du musée (voy. Musée) a le visage couleur de chair.
L'église Saint-Michel (place de ce nom) existait dès le ix« s., en dehors des murs de Dijon, non loin de Saint-Étienne, qu'elle reconnaissait pour son église-mère. Elle fut rebâtie une première fois au commencement du xie s. En 1497, ses paroissiens en votèrent la reconstruction. L'édiGce actuel put être consacré en