‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 8 sur 360 · V STATION. - MELUN · texte numérisé non relu

V STATION. - MELUN

7 kil. de Cesson. — 45 kil. de Paris. — 467 kil. de Lyon.

Voitures de correspondance pour : — (11 kil.) Barbison; — (17 kil.) Courances, par (9 kil.) Perthes et (11 kil.) Cély.

La ville étant à 1000 mèt. environ de la station, des omnibus y conduisent les voyageurs. On paye : jour, 25 c. à domicile, avec 10kil.de bagages; nuit, 45 c.,avec 30 kil. de bagages. Hôtels (du Grand Monarque, de France, du Commerce),

Melun, l'ancienne capitale du Gâtinais français, aujourd'hui le chef-lieu du département de Seine-et-Marne, est située au pied

d'une colline et traversée par Ja Seine qui la divise en trois parties. Le quartier de la rive g. (Saint-Ambroise) est le moins considérable; celui de Pile est le [plus ancien; celui de la rive dr., le plus important, est la ville proprement dite. Leur population réunie s'élève à 11 170 hab.

Si l'on croit la légende, Melun fut fondée avant Rome, comme en témoignent les vers suivants:

Melon ie suis : qui eus à ma naisance Le nom d'Iris, comme des vieux on sçait, Sy fut Pari? construit à roa^ semblance Mille et un an, depuis que ie fus faict. Dire me puis sur les villes de France, Pauvre de biens, riche de loyauté :

Qui, par la guerre, ay eu mainte souffrance, Et par la faim, de maints rats ay tasté.

Melodunum.... oppidum Senonum, in insula Sequanœ positum. . . . Cette phrase de Jules César, au septième livre des Commentaires , le premier monument historique relatif à l'existence de la ville de Melun, constate ce qu'elle pouvait être. L'île dont il est ici question n'égale pas, à beaucoup près, celle où la Cité des Parisiens fut longtemps enfermée.

Labiénus, le plus habile des lieutenants de César, avait reçu Tordre de marcher de Sens sur Lutèce.Ml suivit la rive gauche de l'Yonne, puis celle de la Seine, et trouva les Parisiens campés et retranchés derrière un marais dont la position n'est pas bien connue. Après avoir reconnu l'impossibilité de le franchir, Labiénus revint sur ses pas jusqu'à Melun, chargea de soldats une cinquantaine de bateaux, s'empara de la ville, rétablit les ponts coupés par les Gaulois et passa sur la rive dr., qu'il suivit probablement jusqu'à l'embouchure de la Marne.

L'histoire ne parle guère de Melun sous l'administration romaine, ni sous les rois de la première iace. Il n'en est question, sous les Carlovingiens, que pour rappeler les ravages des Normands. La ville fut pillée et brûlée par les Barbares cinq fois en cent trente-huit ans.

Sous les Capétiens, Melun devint une des places les plus importantes du royaume. Le roi Robert en fit son séjour de prédilection. Il y mourut en 1030, et Philippe Pr en 1108.

En 1102, Abélard y ouvrit une école publique, où il posa les fondements de sa doctrine.

En 1358, Jeanne de Navarre livra le château, nie et la partie de la ville située sur la rive g. de la Seine, à son frère Charles le Mauvais. Le régent Charles, qui fut depuis Charles V, dut venir l'assiéger avec des forces considérables. Pour la réduire il fallut l'héroïsme de Duguesclin qui avait juré par Dieu qui peina en croix et au tiers jour

ressuscita y qu'il irait aux cresneaux parler à la barette du Basque de Mareuil, et qui tint parole.

En 1420, Melun, qui était close de fortes murailles, se défendit avec une admirable énergie contre le roi d'Angleterre, Henri V, et le duc de Bourgogne, son allié. Henri V dut convertir le siège en blocus. « Les corapaignons du dedans, dit un vieil historien, trroientde grand couraige de canons et d'arbalestes, et plusieurs en tuoient. Et entre les aultres, y avoit un compaignon qu'on disoit estre religieux de Tordre de Sainct- Augustin, dom Simon, moyne du Jard, près Melun, très-bon arbalestrier, auquel on fit bailler une très-bonne et très-forte arbaleste. Et quand les Anglois et les Bourguignons venoient près des fossés, et qu'il les pouvoit - appercevoir, il ne failloit point à les tuer, et dict-on que lui tout seul, il tua bien soixante hommes d'armes, sans les aultres. » La ville ne se rendit que lorsqu'il n'y resta plus à manger ni un cheval, ni un chien, ni un chat. Le roi d'Angleterre déshonora sa victoire (si Ton peut appeler victoire le succès d'uu blocus) par sa cruauté. 11 fit décapiter le moine et un certain nombre de bourgeois. Les autres virent leurs biens confisqués, et les plus notables furent envoyés, avec leurs femmes et la plupart des gens d'armes, dans les prisons de Paris, où plusieurs moururent de faim. Dix ans plus tard (1430) les Mélodunois s'insurgèrent contre les Anglais et les contraignirent à se réfugier dans le château, qui dut capituler après douze jours de siège.

Melun fut occupée par les Ligueurs en 1589, et reprise d'assaut par Henri IV l'année suivante. Les troupes royales y détruisirent deux couvents dont les prédicateurs s'étaient signalés par leur violence. Depuis cette époque, elle n'a plus eu de catastrophe à déplorer. La cour y vint quelquefois, du temps de la Fronde, mais elle ne logea point au château, qui n'était plus* habitable, et qui fut enfin démoli en 1740. L'emplacement qu'il occupait est couvert aujourd'hui de maisons particulières.

Melun est la patrie de Jacques Amyot, dont une des rues du quartier septentrional porte le nom. Derrière Saint-Aspais, sur la maison n° 28, occupée par un pharmacien, on lit cette inscription : «Ici est né J. Amyot, le 30 octobre 1514. *

L'église principale de Melun, Saint-Aspais, sur la rive dr. delà Seine, date du xvie s. Sa forme est bizarre et irrégulière. De chaque côté de la nef principale s'étendent deux collatéraux soutenus par des colonnes d'une délicatesse remarquable. On vante les vitraux du chœur et les sculptures du chevet. L'église Notre-Dame, qu'on laisse à dr. dans Plie avant de traverser le bras principal du 1 fleuve, mérite surtout une visite. Elle appartenait jadis à un cou-

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