STATION. - BEAUNE
9 kil. de Corgoloin. — 352 Idl. de Paris. — 160 kil. de Lyon.
Omnibus correspondant avec tous les trains (30 c. avec 10 kil. de bagages).
Voitures de correspondance pour : Seurre (28 kil. pour 1 fr. 75 c), par (14 kil.) Corberon.
Beaune(hôt.: de France, de V Arbre d'or, du Chevreuil), ch.-l.de l'ancien bailliage de ce nom, aujourd'hui ch.-l. d'arrondissement du départ, de la Côte-d'Or, V. de 10719 hab., est située sur la Bouzoise, qui prend sa source à peu de distance.
Beaune ne fut, dans l'origine, qu'un castrum romain autour duquel s'était déjà formée, au vi« s., une ville assez importante qui devint le cheflieu du pagus Belnensis. Les Sarrasins la brûlèrent au vin* s. Elle se releva de ses ruines, car elle avait des comtes au siècle suivant. Son comté appartenait alors au sire de Vergy. Manassès I,r le réunit à ceux de Dijon et de Ghâlon, qu'il possédait déjà. Elle passa plus tard aux dauphins du Viennois; et le duc de Bourgogne, Hugues III, l'incorpora, en 1227, à son duché; mais, dès 1203, la ville avait obtenu, du duc Eudes III, une charte de commune au prix de 200 marcs d'argent par an. Dès lors son industrie, devenue libre, prit des développements considérables. Ses fabriques de drap étaient surtout renommées, les eaux de la Bouzoise et de la fontaine de l'Aiguë y étant très-propres à la teinture des étoffes, surtout pour l'écarlate. On y trouvait aussi d'habiles ouvriers en fer et en acier, dont les produits étaient recherchés.
En 1478, après la mort de Charles le Téméraire, Beaune se jeta dans le parti de la princesse Marie. Assiégée par Charles d'Amboise, elle résista énergiquement pendant cinq semaines, car elle était bien fortifiée ; mais elle se vit obligée de capituler et de payer 40 000 écus. Elle perdit en
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outre le parlement qui y avait été établi dès 1310, et qui fut transféré à Dijon. Enfin, pour la mettre à l'abri d'un coup de main, car les partis autrichiens et comtois faisaient souvent des incursions dans la province, Louis XI y construisit un château fort assez semblable à celui de Dijon, et terminé sous Louis XII. Si cette forteresse la protégea contre les incursions des Impériaux, elle attira sur elle de grands malheurs à l'époque de la Ligue. En effet, Mayenne, à qui le traître d'Épernon l'avait livrée, en fit le centre de ses opérations en Bourgogne. « Qui m'ôteroit Beaune, disait-il, feroit autant que si on m'arrachoit le cœur. » Mais en 1595, les Beaunois se révoltèrent contre la tyrannie des Ligueurs, qui devenait insupportable. Une lutte sanglante s'engagea dans les rues de la ville. Les insurgés, d'abord vainqueurs, puis vaincus, allaient succomber, lorsqu'heureusement Biron, qu'ils avaient appelé à leur secours, arriva avec un corps de troupes. Les ligueurs, renfermés dans le château, refusèrent de se rendre. Il fallut employer la force pour les réduire. Le siège dura six semaines ; enfin ils capitulèrent au moment où l'assaut allait être livré. Henri IV fut si content d'apprendre cette nouvelle qu'il fit chanter un Te Deum à Notre-Dame et à Vincennes, et, qu'après avoir confirmé tous les privilèges des Beaunois, il les exempta d'impôts pendant six ans. Enfin, quand Biron, qui avait été nommé gouverneur de Beaune, eut payé de sa tête ses trahisons , les Beaunois demandèrent au roi la démolition de leur château qui fut rasé en 1 602 . A dater de cette époque, l'histoire de Beaune ne se distingue plus de l'histoire générale de la France. La révocation de l'édit de Nantes porta à son industrie un coup dont elle n'a jamais pu se relever. 200 familles calvinistes, celles qui faisaient le commerce de la draperie, furent forcées de s expatrier; plus de 2000 ouvriers restèrent sans ouvrage. Mais si Beaune a démoli sa forteresse, elle a eu du moins le bon esprit de conserver ses remparts, qu'elle a transformés en promenade, et dont les fossés sont devenus d'excellents potagers.
Les étrangers visiteront avec intérêt à Beaune : Notre-Dame, l'hôpital, le tableau de Van Eyck et la statue de Monge.
En sortant de l'embarcadère du chemin de fer, on trouve une rue, récemment percée, qui mène à la porte Saint- Jean, ouverte entre deux tours dont il reste encore d'intéressants débris. La rue du Château conduit à la rue de la Charité et à la rue des Tonneliers qui sont parallèles et qui vont se terminer : la première à la rue de l'Ile, la seconde à la place Monge, ornée de la statue de MoDge et dominée par le beffroi. La rue Saint-Pierre et la rue Monge aboutissent à la place de la Halle, près de laquelle s'élève
l'hôpital. Après avoir visité l'hôpital, on peut gagner — par la place de la Halle, la place Fleury et la rue de la Fontaine — la place du Tribunal, sur laquelle se trouvent l'église Notre-Dame, à deux ou trois minutes de la place Monge, et le nouveau palais de justice, récemment terminé, en face de la nouvelle prison cellulaire. On peut donc en très-peu de temps visiter les principales curiosités de Beaune qui vont être décrites. Si l'on prend, à la place Monge, la rue de l'Ile que continue la Grande-Rue, on atteint bientôt la porte Saint-Nicolas, en laissant à dr. l'hôtel de ville, à g. le collège. A g., au delà de la porte Saint-Nicolas, se trouve la promenade des Buttes; sur la dr. est le jardin anglais.
L'église collégiale Notre-Dame de Beaune (mon. hist.) est un mélange de constructions de toutes les époques, depuis le xne s. jusqu'à nos jours. < La cathédrale d'Autun servit alors, il n'y a pas à en douter, dit M. Vio)let-le-Duc, de modèle aux églises de Beaune et de Saulieu, et Notre-Dame de Beaune a cela de trèscurieux, qu'elle est restée plus complète que son modèle. En effet, outre sa nef, elle a conservé, sur sontranssept, une belle tour peu postérieure à la construction primitive, et un chœur presque entier, avec son bas-côté et ses chapelles circulaires : tout cela empreint d'un grand caractère d'unité et construit en matériaux indestructibles. Au xine s. , il est à présumer que les premières travées de la nef furent détruites par une cause quelconque ; car on les reconstruisit alors suivant la donnée primitive ; mais cette copie resta bien au-dessous du modèle. Un porche admirable et trois portails, richement sculptés, furent alors élevés en avant de l'ancienne façade occidentale, et deux clochers bâtis du même côté sur les premières travées des bas-côtés. Ces constructions demeurèrent inachevées. La grosse tour carrée du transsept, ainsi que la coupole intérieure ne peuvent être antérieures au commencement du xme s., et la présence des pilastres cannelés qui décorent son soubassement indique seulement jusqu'à quel point les traditions antiques avaient, dans le voisinage d'Autun, conservé de force. L'influence du style ogival se fait cependant sentir dans le second étage de cette tour, quoique ce second étage ait été sans aucun doute bâti immédiatement après le premier. Cette sorte de
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soudure du style antique au style gothique, bien qu'elle soit faite ici assez grossièrement, il faut Ta vouer, est cependant fort curieuse à observer, et la tour de Beaune est, sous ce rapport, un monument du plus haut intérêt.
« Au xive s. des arcs-boutants furent construits pour soutenir les voûtes en berceau ogival de la grande nef et maintenir les angles de la grosse tour. Enfin, au xive s., on refit à neuf , il est dif-
Notre-Dame de Beaune.
ficile de s'expliquer pourquoi, toute la partie haute du chœur, dont l'unité se trouve ainsi détruite.
t A Beaune, comme à Autun, le xve s. plaqua, aux deux bascôtés de la nef, de mauvaises chapelles irrégulières, mal bâties et de l'aspect le plus misérable ; mais à la fin de ce siècle furent faits les six beaux vantaux en bois qui décorent les trois grandes portes occidentales.
« L'époque de la Renaissance construisit la première chapelle du bas-côté sud, fort jolie d'ailleurs et bien conservée ; la fenêtre qui l'éclairé est encore défendue par une grille en fer ,
du xvi« s., très-curieusement travaillée. La tribune de l'orgue date aussi du milieu de ce siècle.
ce Le xvii* s. couvrit la grosse tour du transsept d'un dôme en bois surmonté d'un campanile, à la place de la flèche en pierre, qui n'avait peut-être jamais été achevée. Quant au xvin* s., il enveloppa les colonnes du chœur de cannelures en chêne, sculpta, en manière de palmes, les feuilles de leurs chapiteaux, et enleva le trumeau de la grande porte occidentale. La révolution de 1793 laissa aussi sur l'église de Beaune bien des traces de son passage : d'abord (chose à jamais regrettable), tous les bas-reliefs et toutes les statues des trois grandes portes du porche furent nonseulement brisés, mais grattés à vif, bouchard'és et ravalés avec le plus grand soin ; un autel en marbre, donné à l'église par la duchesse Mathilde de Turenne, femme de Hugues II, duc de Bourgogne, fut détruit et dispersé. Un morceau du retable de cet autel, représentant au trait gravé en creux !a Vierge avec l'enfant Jésus, et la duchesse Mathilde à ses pieds, a été conservé et religieusement replacé dans le chœur. Hugues II mourut en 1140 ou 1141 ; par conséquent, cet autel était de la fin du xie s. ou du commencement du xne, et contemporain des parties les plus anciennes de l'église.
« Une belle sacristie et une portion d'un cloître du xmc s. existent encore à l'extrémité sud du transsept, ainsi qu'une petite chapelle très-singulière suspendue sur un passage, le long des bas-côtés du chœur. La voûte de cette petite chapelle a malheureusement été refaite assez maladroitement , il y a peu d'années, et des balustres ont remplacé l'ancienne ouverture en dalles. Enfin, outre le bâtiment de la sacristie, qui est assez bien conservé, et dont les étages supérieurs sont du xve s., il y a, dans le mur du jardin du presbytère, une jolie porte du xne s. qui, autrefois, devait donner entrée dans le cloître. »
L'église de Notre-Dame de Beaune possède uoe très-belle tapisserie du xve s., restaurée en 1852, et représentant les différentes scènes de la vie de la sainte Vierge, et un tableau de Lebrun, Adoration du Sacré-Cœur, sur laquelle se voit une foule d'anges de toute sorte : têtes ailées, mi-corps, et corps entiers. Cette toile est assez mal placée dans une chapelle latérale où elle
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manque de jour. Deux chapelles contiennent de beaux bas-reliefs du style de la Renaissance, provenant de Pancienne église Saint-Pierre démolie, en 1793.
Près de Notre-Dame on remarquera le pignon pittoresque de l'ancien bâtiment du chapitre. Cette construction semble dater de la fin du xiii6 s.
L hôpital de Beaune, t qui ressent plutôt un château royal que le logis des pauvres », selon l'expression d'un auteur du
Hôpital de Beaune.
xvi« s. , fut fondé en lkk3y par Nicolas Rollin, chancelier de Bourgogne. Louis XI, qui n'aimait pas Rollin, dit, en voyant cette maison : « Il était bien juste que celui qui a fait tant de pauvres pendant sa vie leur préparât un asile avant de mourir. » Cet hôpital, qu'ont enrichi de nombreuses donations, est desservi, depuis sa fondation, par des sœurs de l'ordre du Saint- Esprit, fondé en Flandre. « Rien ne rappelle mieux les minia-
tures du xve s. et n'est pius frappant, disait M. Victor Petit au congrès archéologique de 1852, tenu à Dijon, que de voir ces sœurs dans leur grand costume blanc (il est blanc pendant l'été et bleu pendant l'hiver) tout empreint encore de la forme que lui a donnée le moyen âge, au milieu de la vaste et admirable construction, toute du moyen âge aussi, que fondèrent Nicolas Rollin et sa femme. »
La porte d'entrée de "l'hôpital de Beaune, avec le charmant pendentif qui la protège contre la pluie, toit à trois arcades, à remparts garnis de feuilles frisées en plomb, avec épis blancs, dont trois portent des statuettes, n'a pas besoin d'être signalée aux amateurs. Les restaurations faites il y a quelques années ne laissent rien à désirer. La cour intérieure, mélange pittoresque de l'architecture flamande et de l'architecture mauresque, offre surtout un aspect saisissant. Une double galerie de bois ouverte dessert les salles. Au-dessus de la plus haute se dressent de vastes lucarnes couronnées de hauts pignons, que terminent des girouettes en plomb et que décorent de fines découpures également en plomb. Une dentelure d'épis en plomb orne l'arête du toit1. Enfin, le clocher s'harmonise par sa forme, son ornementation et sa légèreté, avec ce gracieux ensemble. Malheureusement, il y a quelques années, le conseil administratif de l'hospice a autorisé (pour rendre plus commode le service du réfectoire) la construction de deux tourelles qui masquent, au dedans de la cour, le toit du grand corps de logis parallèle à la rue.
On visitera avec intérêt dans l'hôpital de Beaune, admirablement tenu : la grande salle des malades, dont le fond est terminé par une chapelle précédée d'une grille en bois qui forme un jubé (c'est dans cette salle que fut placé primitivement le tableau de Jean de Bruges) ; — la salle Saint-Hugues, décorée de grandes peintures murales datant de 1682 ; — la cuisine, avec sa belle et large cheminée à linteau de pierre vigoureusement profilé ; ses crémaillères et ses chenets en fer, ouvrage
1. La plupart de ces plomberies ont été copiées par Lassas, qui s'en est servi pour la restauration de la Sainte-Chapelle de Paris, et qui a retrouvé dans les combles de l'hôpital de Beaune les anciens moules en pierre.
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datant des dernières années du xv« s. Mais ce que les étrangers viennent surtout admirer à l'hôpital de Beaune, c'est le tableau de Van Eyck (Jean de Bruges), représentant le Jugement dernier, et donné à l'hôpital par son fondateur, le chancelier Rollin.
Statue de Monge, par Rude.
Ce chef-d'œuvre, découvert, on peut le dire, il y a quelques années, par M. Canat de Ghâlon — les administrateurs de l'hospice et les religieuses ignoraient complètement son mérite — a malheureusement été barbouillé d'une manière odieuse au commencement de ce siècle. Pour cacher la nudité entière d'une multitude
de petites figures (les bons et les méchants), qui venaient comparaître au jugement dernier, on a étendu par-dessus une couche de couleur brune, à l'aide d'un mauvais pinceau. Espérons qu'un jour, malgré l'a vis contraire du congrès archéologique de 1852, on enlèvera cette couche de couleur. Du reste, cet admirable tableau, divisé par panneaux qui se ferment facilement les uns sur les autres, est maintenant conservé avec le plus grand soin. Divers portraits historiques ornent la salle du conseil qui le contient. On y voit aussi une belle tapisserie du xv* s., semée d'écussons, de devises et d'allégories, qui se rapportent aux fondateurs de l'hôpital. La salle voisine renferme les archives; son beau carrelage est remarquablement conservé.
V église Saint- Nicolas, qui s'élève à l'entrée du faubourg de ce nom, sur la route de Dijon, date duxiv s. Son clocher, qui parait avoir été copié sur la tour du transseptde Notre-Dame, se termine par une flèche carrée en pierre. La porte Saint-Nicolas a remplacé, au xviii- s., la porte fortifiée du bourg neuf. Au faubourg Saint -Jacques, on peut visiter encore le portail de l'ancienne chapelle des Templiers, dans laquelle Jacques de Molay, le dernier grand-maitre, a été admis à faire partie de l'Ordre.
L'ancien hôtel de ville, bâti de 1427 à IkkO, a été démoli en 1795. Il n'en reste que le beffroi, destiné aujourd'hui à l'horloge publique. C'est une haute tour carrée, surmontée d une toiture aiguë, d'une lanterne et de petits clochetons, dont l'ensemble offre un aspect pittoresque. On y distingue encore les écussons de France, de Navarre, de Bourgogne et de Beaune.
A quelques pas seulement de ce beffroi a été érigée, en 1849, sur une place assez vaste, une statue en bronze dont le piédestal porte cette inscription :
GASPARD MoN Lit, SES ÉLÈVES ET
SES CONCITOYENS MDCCCXUX.
Le célèbre mathématicien Monge, mort en 1818, est né à Beaune, le 10 mai 1746, comme le rapporte une inscription pla-
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cïe sur la maison où sa mère lui donna le jour. Sa statue passe avec raison pour un des meilleurs ouvrages de Rude.
On trouve encore, dans certains quartiers de Beaune, de jolies maisons de la Renaissance. Nous signalerons surtout la cour de la maison de la place Monge, 20, occupée par M. Batault, imprimeur (ancien hôtel des de La Mare).
La bibliothèque publique, établie dans les bâtiments d'un ancien couvent , possède plus de 36 000 volumes et manuscrits. Le tnusée, nouvellement créé, contiennes fragments de sculpture romaine, trouvés dans le territoire de Beaune, des objets d'art divers, des dessins et des antiquités du moyen âge. On y remarque un muscle d'un bras et des cheveux bien conservés de Jean sans Peur, un fragment du cuir de bœuf dans lequel fut roulé son corps, et un reste de la robe de chartreux qui servit à l'ensevelir à Dijon, dans l'église des religieux de cet ordre. — Le musée renferme en outre : un cabinet d'histoire naturelle, une collection d'antiquités celtiques, gallo-romaines et de monnaies.
La salle de spectacle date de 1862.
Les archives t conservées à l'hôtel de ville et mises en ordre par M. Garnier, sont fort riches. On y voit la charte d'affranchissement de la commune en 1203.
l'ancien château fort, démantelé par Henri IV, il reste encore les deux énormes tours rondes dont nous avons déjà parlé, et qui gardaient la porte extérieure, démolie seulement en 1829.
Mentionnons seulement les promenades appelées les buttes et le jardin anglais. Ces promenades n'ont rien de curieux pour les étrangers, mais de beaux platanes ombragent les remparts, et particulièrement le rempart des Dames , auquel on arrive par un double escalier du bastion des Lions (style Louis XV). Ce rempart a dû son nom au voisinage de l'ancienne abbaye royale des Dames du Lieu-Dieu, le bastion a dû le sien à deux pilastres surmontés de lions supportant des écussons autrefois armoriés
Le vignoble de Beaune est l'un des plus importants de la Bour-
l . Les armoiries de la ville de neaune représentaient autrefois une Vierge d'argent sur un champ d'azur, avec l'Enfant Jésus tenant du raisin. La devise était Causa nostrx Ixtilix ; mais, comme il y avait équivoque entre la Vierge et le raisin, on changea l'exergue en celle-ci : Urbis et orbis honor.
gogne; il occupe une superficie de 1050 hectares, dont 500 au moins sont consacrés à la culture du pinot, et qui, dans les années abondantes , peuvent produire 25 à 30 000 hectolitres de vins fins. Parmi les vins de tête de cuvée, M. Lavalle cite les Fèves, les Grèves, les Cras, les Champs Pimonts.
Après avoir, au delà de la station de Beaune, franchi, au faubourg Perporeuil, la Bouzoise sur un viaduc haut de 8 mèt. et de 10 arches, on laisse à g. Montagny -lez -Beaune , et bientôt on aperçoit à dr., au pied de la Côte, à côté d'un vallon arrosé par PAvant-Dheune, Pommard (1183 hab.), v. qui cultive 330 hectares de plants fins, et dont un grand nombre de climats — les Ârvelets, les Rugiens, le Clos de la Commareine, les Êpenots, la Refène, les Frèmyets qui s'étendent sur Volnay, etc. — méritent d'être classés au premier rang. Nos aïeux qualifiaient les vins de Pommard de loyaux, vermeils et marchands.
Pommard dépassé, on laisse à g. Bligny (877 hab.), puis on remarque à dr., à mi-côte, un village non moins célèbre que Pommard dans le monde entier; c'est Vollenay ou Volnay (600 hab.), qui cultive 215 hectares de plants fins. Ses vins ont plus de finesse et de bouquet que ceux de Pommard. Tous les crus du premier ordre, et ils sont nombreux, ont à peu près la môme valeur. On distingue surtout les Caillerets et les Champans.
On remarque à Volnay: une petite chapelle connue sous le nom de chapelle de Volnay, visitée avec intérêt par les antiquaires; une petite église gothique, dont l'intérieur est orné de quelques bons tableaux anciens; des eaux d'excellente qualité; des sources abondantes et qui ne tarissent jamais.
47* STATION. — MEURSAULT.
7 kil. de Beaune. — 359 kil. de Paris. — 153 kil. de Lyon.
Omnibus (20 cent.), correspondant avec tous les trains.
Meursault (2<*16 hab.) est un gros bourg fort ancien situé à 2 kil. du chemin de fer, près de l'entrée d'une jolie vallée que remonte la route de Beaune à Autun. Son château, démoli en partie par l'ordre de Louis XI, en IklS, fut démantelé en 1633. Une belle maison de campagne a été bâtie sur son emplacement.