‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 88 sur 360 · A NAPOLÉON LE GRAND · texte numérisé non relu

A NAPOLÉON LE GRAND

Châlon possède, en outre, un collège communal, une bibliothèque publique de 26 000 volumes, un palais de justice bâti de 1838 à 1842, une prison cellulaire construite de 1839 à 1844, une salle de spectacle fort convenable à l'intérieur, une école de dessin, une chambre consultative d'agriculture, un comice agricole, etc. La Société d'histoire et d'archéologie, fondée en 1844, publie d'intéressants mémoires. La Société des amis des arts fait tous les deux ans une exposition.

Le faubourg Saint -Laurent, situé sur la rive g. de la Saône, doit son origine à un monastère que saint Gratus, un des évôques de Châlon, y fit bâtir, et qui, ruiné en 937 par les Hongrois, fut donné en 1070 par Achard, évôque de Châlon, à l'abbaye de l'Ile-Barbe.

A 3 kil. de Châlon, sur la route de Lons-le-Saulnier , se trouve Saint-Marcel (1518 hab.), v. près duquel se remarque un petit lac. Ce village a possédé une abbaye fameuse, fondée, dit-on , sur l'emplacement où saint Marcel subit le martyre , vers l'an 177 (on montre encore la fosse dans laquelle il fut enterré vivant jusqu'à la ceinture), par Gontran, qui avait échappé dans ce lieu môme aux coups d'un assassin; richement dotée par le roi de Bourgogne ; détruite par les Sarrasins en 732 ; dotée par plusieurs souverains, au nombre desquels il faut citer Charlemagne ; visitée en 879 par le pape Jean VIII ; détruite de nouveau par les Hongrois en 937 ou 963 ; spoliée par les ducs et les seigneurs bourguignons; cédée enfin parle comte de Châlon, son abbé, à Mayeul, abbé de Cluny; reconstruite, mais transformée alors en prieuré.

Gontran avait fait élever une grande et belle basilique à la place du modeste oratoire consacré dans l'origine à saint Marcel. L'église actuelle, rebâtie à la fin du xi« s., souvent remaniée

depuis et classée parmi les monuments historiques, renferme deux tableaux de Devosge, peintre dijonnais, une châsse gothique contenant les reliques de saint Marcel et de saint Agricole (les anges ont été sculptés au xvine s. par Boichot, artiste chalonnais), et un ridicule cénotaphe élevé, près de la chapelle de Saint-Marcel, à Abeilârd, qui mourut le 2 avril 1142, à l'âge de 63 ans, dans le prieuré de Saint-Marcel, où Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, l'avait envoyé rétablir sa santé altérée par les jeûnes et le travail. Abeilard mort, Pierre le Vénérable avait fait transporter son corps au Paraclet, et les religieux de Saint-Marcel s'étaient empressés de lui ériger, dans la chapelle de Notre- Dame, bâtie à côté de l'église et détruite avec le monastère, un cénotaphe en pierre, sous lequel il était représenté couché, revêtu de son habit monacal. C'est ce cénotaphe que le gouvernement a transféré à Paris en 1806 ou 1807, et que l'on voit aujourd'hui au Père-Lachaise.

Après avoir quitté la gare de Saint-Cosme, on croise la route de terre, et, s'approchant de la Saône que Ton aperçoit pour la première fois, on découvre sur la gauche le pont de Châlon. 1 kil. plus loin, on traverse la Thalie, près de Saint-Remy (1017 hab.). A dr., sur une éminence s'élevait le château de Taizé, où fut conclu, entre Henri IV et Mayenne, en 1595, le traité qui mit fin à la guerre civile. Au delà d'une tranchée haute de 9 mèt. et longue d'environ 800 mèt., on franchit la Corne, sur la rive droite de laquelle, à l'embouchure de la Thalie, on voit le hameau de Droux. On laisse ensuite à dr. Sevrey (1089 hab.) dont dépend le hameau de Lux où, selon certains écrivains, Constantin aurait vu dans les airs cette croix lumineuse qui, lui promettant la victoire sur ses ennemis (in hoc signo vinces), le détermina à embrasser le christianisme. Sur la gauche se montre Saint-Loupde-Varennes (666 hab.). Les reliques de saint Loup, conservées dans l'église, et une fontaine miraculeuse que ce saint fit, dit-on, jaillir en faveur de moissonneurs altérés, attirent chaque année un grand nombre de pèlerins (les lundis de Pâques et de Pentecôte). Le cimetière renferme une belle croix en pierre sculptée du moyen âge. On voit aussi, à Saint-Loup, les restes d'un château fort.

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