‹ Itinéraire de Paris à la méditerranéeChapitre 94 sur 360 · MAÇON · texte numérisé non relu

MAÇON

nommer consul à vie, leur accorda ce qui restait de biens nationaux non vendus dans le département, sous la condition d'en consacrer le produit à la construction d'une église. Cette église, commencée en 1810, ne fut achevée qu'en 1816. Dédiée à saint Vincent, elle s'élève sur une place carrée plantée d'arbres, en face de l'hôpital. Elle ne mérite pas un regard. L'église Saint- Pierre, Pancienne église du couvent des Cordeliers, a été démolie et reconstruite, par M. Berthier, vis-à-vis de l'hôtel de ville. C'est une vaste basilique romane à 3 nefs , avec transsept et galeries, qui a près de 100 mèt. de longueur. Les archéologues n'auront donc à visiter à Mâcon, en fait d'édifices religieux, que les derniers débris de l'ancienne cathédrale de Saint-Vincent»

Cette église , fondée on ne sait pas au juste à quelle époque , rebâtie au xiii6 s., avait seule, avec l'église collégiale de Saint-Pierre , survécu aux guerres religieuses du xvie s. ; elle

a été démolie pendant et depuis la Révolution. Une halle s'élève «ur la place qu'elle occupait; il n'en reste que la façade, une partie des deux tours et le narthex (mon. hist .). La façade n'a rien de remarquable; la porte principale est surmontée d'une ogive du xve s. , mais les deux portes latérales sont cintrées et flanquées de colonnes romanes. Les (ours sont de deux époques: la partie inférieure, à petit appareil irrégulier, appartient à l'époque romane; la partie supérieure date du xme ou du xive s. Elles ont été ré-

Saint- Vincent avant les dernières restaurations.

duites aux deux tiers de leur hauteur primitive et privées, Tune, de son dôme, l'autre, de sa belle flèche en pierres de taille. Le narthex, dont on a fait une chapelle en 1855, et qui se trouve plaqué contre les tours, est du xn« s. On y a découvert, quand on l'a restauré en 1840, quelques traces de peintures murales et des sculptures dont les saillies les plus fortes avaient été brisées. Les peintures nouvelles ne nous semblent pas heureuses. En 1858, des fouilles ont mis au jour une sépulture épiscopale qui parait dater du xiu° s. De l'autre côté de ce curieux monument de l'architecture romane, un petit jardin, fermé par une grille, contient des débris de colonnes sculptées retrouvées dans les fouilles, des fûts de colonnes, une porte romane, et des débris d'un vieux cloître; mais le mur plat qui réunit les deux tours fait un effet bien disgracieux.

Les édifices civils de Mâcon n'ont rien d'intéressant pour un étranger. Vhôtel de la Préfecture est l'ancien palais épiscopal commencé en 1618 et achevé en 1631.— Le palais de justice était,avant la Révolution, l'hôtel du marquis de Chevrier d'Igé. Cet hôtel avait été bâti en 1716. — La prison date de 1817. — Vhôtel de ville, qui renferme la mairie, la bibliothèque publique, un projet de musée et une salle de spectacle, a été construit, en 1765, par le comte de Montrevel, député de la noblesse du Mâconnais aux états généraux de 1789. C'est un édifice qui ne manque ni de style ni de caractère. — Le lycée, agrandi en 1840, occupe les bâtiments de l'ancien collège des Jésuites, construit de 1670 à 1676. — V Hôtel-Dieu (en face de l'église Saint- Vincent) a été élevé sur les dessins de Soufflot et inauguré en 1770. — L'hospice de la Providence (faubourg de la Barre) date de 1736; Yhospice de la Charité, de 1680. — Vasile départemental, qui renferme un dépôt de mendicité, un quartier d'incurables et un quartier correctionnel pour les jeunes filles détenues en vertu de l'article 66 du Code pénal, a été terminé en 1842. Une petite église romane à trois nefs, avec chœur el chapelles, dans le style du xne s., y a été ajoutée en 1853. N'oublions pas de signaler dans la rue Dombey, près du quai, une charmante maison de bois sculptée.

Mâcon possède une Société d'agriculture et des sciences, arts et belles-lettres, et une Société d'horticulture.

MAGON. — GHARNAY.

Les anciens remparts de Mâcon ont été abattus depuis longtemps et remplacés par des allées d'arbres; mais la promenade la plus agréable de Mâcon sera toujours son beau quai, bâti de 1658 à 1837, et un peu moins animé qu'autrefois depuis l'ouverture du chemin de fer. On y découvre de jolis points de vue. Le pont de douze arches, qui réunit la ville à son faubourg de Saint- Laurent (département de l'Ain), a été bâti, dit-on, au xie s., mais reconstruit et élargi à diverses époques, notamment en 1843. La levée de la Madeleine, à laquelle il aboutit, date de 1735.

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