‹ Itinéraire de Rome et de ses environs d'aprês la methode de M. VasiChapitre 36 sur 138 · TOMBEAU DE CÉCILE METELLE · texte numérisé non relu

TOMBEAU DE CÉCILE METELLE

Ce tombeau est le plus beau monument sépulcral et le mieux conservé que l’on trouve sur la voie Appienne. 11 est de forme circulaire, et a 89 pieds et demi de diamètre ; il s’élève sur une substruction carrée de hauteur inégale , étant faite pour

3g6 Tombeau de Cécile Metelle,

corriger l’inegalite' du terrain. Ce qu il y a de plus remarquable dans ce tombeau , c’est la grosseur des quartiers de travertin dont il est revêtu ; et Fe'paisseur extraordinaire du mur de l’edifice , qui est de 3o pieds. Dans Fintérieur il n’j a d’autre vide qu’ une petite chambre ronde , dont la voûte est en forme de cône. Sous celle-ci , du tems de Paul III, on trouva le sarcophage de marbre , que Fou voit dans la cour du palais F arnèse.

Sur le haut de ce monument , est l’inscription suivante en marbre , qui fait connaître que c’est le tombeau de Cecile Meteiie , fille de Quiutus Creticus , et femme de Crassus , le Triumvir ;

CAECILIAE Q. CRETIGI . F METELLAE . CR,ASSI

Au dessus de l’inscription , on voit le reste d’un bas-relief en marbre , qui se réunit à la frise d’un magnifique entablement , aussi en marbre , lequel entoure tout Fe'difice : la frise est belle , et orne'e de festons et de têtes de bœuf, ce qui a fait donner à ce tombeau le nom vulgaire de Capo di Bove. Le travertin et le marbre employés dans ce monument , indiquent clairement qu’ il fut e'ieve' vers la fin delà république, époque de l’introduction du marbre k Rome. Les differentes vues de ce tombeau sont très.^agre'ables , et très-piW toresques.

Tombeau de Ce elle Metelle» 3()7

Les ouvrages que l’on voit au dessus de ce monument , et dont le couronnement est en forme de cre'neaux , ont ete faits par le pape Eoniface VllI de la famille Caetani , vers l’an i3oo , qui s’y fortifia pendant les guerres civiles. C’est sans doute a la même epoque que l’on bâtit près delà un cbâteaii avec une eglise et quelques maisons , dont on voit encore des restes , et sur les portes desquelles sont les armes de la même famille.

A un demi mille audela de ce tombeau on trouve les restes de celui de M. Servilius Quartus , découvert en 1808 , dans une fouille que fît faire le marquis Canova.

Environ deux milles plus avant , on trouve , a gauche, une vaste ferme du duc Torlonia , vulgairement appellée Roma vecchia , où l’on voit une grande quantité' de murs d’antiques édifices ruinés. Ce sont les restes d’une magnifique maison de campagne ou 'villa du II siècle de 1’ empire , agrandie depuis vers le IV siècle , comme on le reconnaît par la différence des constructions . Quelqu’un a cru qu ils appartenaient a l’ancien Pagus Leinonius , mais la circostancc que celui-ci était sur la voie Latine , la liaison qui règne entre tous les bâtimens , qui empêche de les croire ceux d’un village , et leur forme , sont des argumens incontestables contre cette opinion. Avant d’y arrive>?f^on remarque à droite entr’ autres ruines, les

3()8 Temple de Bacchus.

restes d’une grande enceinte quadrangulairc formée de gros blocs de pëperin il est probable qu on doit y reconnaître l'Horatiorum . . . sacer campus dont parle Martial . Parmi les restes de la villa il y a ceux d’un réservoir d’eau; deux belles salles de bain ; les restes d’un petit amphithéâtre , et enfin une fontaine semblable a celle de l’eau Julie sur l’Esquilin. Dans les fouilles qu’on y a faites a plusieurs reprises on y trouva des statues , des bustes , des têtes, des sarcophages, et autres marbres d’un grand mérite.

En revenant vers le cirque de Romulus , on voit dans une vigne, quelques ruines anciennes , que l’on a cru être les restes du Mutatorium Cœsaris ^ mais qui ne sont que des restes de la 'villa de Maxence.

En retournant un peu en arrière , et passant dans la ferme , appellée la Caffarelia , on trouve dans un endroit élevé, le

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