APPARTEMENT SUPÉRIEUR
GALERIE. Au milieu de cette galerie on admire le groupe célèbre d'Apollon et Daphné, sculpté par le chey. Bernin à Tâge de 18 ans; ta statue qui représente David est du même auteur, et le groupe en marbre, représentant Enée qui porte son père Anchise, fut sculpté par lui à Tâge de 15 ans. A Maximilien Laboureur appartiennent les quatre grands vases en marbre blanc, qui ont le pourtour sculpté en bas-relief, représentant les quatre saisons* Les cinq paysages vis-à-vis des fenêtres furent peints par Hackert; les marines sur les portes appartiennent au Marchetti; les paysages dans l'espace entre ces portes , sont d'auteur inconnu , ils sont peints dans le style du Poussin: Lanfranc peignit la voûte d'un style grandiose et de bel effet, il y représenta au milieu les principales divinités des païens.
PREMIERE SALLE, appelée salle des portraits. Les parois de cette salle sont entièrement couvertes de portraits à l'huile; nous n'indiquerons que ceux qui représentent des personnages connus: le portrait de Paul V Borghèse, qu'on voit dans le milieu de la paroi à gauche en entrant, est une peinture superbe de Michel-Ange de Garavage; le buste de ce pape, sculpté en marbre, est de Bernin. Le portrait au dessus de la porte qui donne entrée dans la pièce qui suit , représente un cardinal de la maison Borghèse , et celui qui est placé au dessus de la porte suivante est le portrait du cardinal Scipion Borghèse. Enfin le tableau au dessus de la porte en face, représentant un personnage en robe d'avocat consistorial, qu'on croit le portrait de Marc-Antoine Borghèse, père de Paul V, est attribué au Guide. On croit aussi que presque tous les autres portraits sont en partie du Padovanino, et en partie de Scipion Gaetano. L'Aurore sur la voûte fut peinte par
Palais de la Villa Borghèse- 287
Marcbetti déjà mentionné plusieurs fois: il est aussi l'auteur de toutes les peintures de la seconde salle. Sur la voûte de la troisième salle on voit un beau tableau du peintre Cagnerau, représentant Vénus et un Satyre.
QUATRIÈME SALLE. Au milieu on admire la sta*tue de Vénus Victorieuse, ouvrage fort loué de Ganova: les statues de Vénus et de Paris, placées dans les niches, furent sculptées par Augustin Penna. Les quatre beaux bas-reliefs en jaune antique enchâssés au dessus des portes, sont l'ouvrage de Pacetti. Gavin Hamilton est V auteur des trois grands tableaux qui ornent les parois; il y a représenté Hélène et Paris, la mort d' Achille et le départ d'Hélène. Ce même peintre fit tous les tableaux de la voûte, excepté celui qui correspond au dessus des fenètreà, qui fut peint par Gamuccini.
CINQUIÈME SALLE. Gctte piècc cst entièrement décorée par des ouvrages de Bloemen d'Anvers, sui;nommé Orizzonte. La yoûte fut peinte par Novelli; il représenta en cinq tableaux la fable d'Amour et Psyché. La cheminée de rouge antique est l'ouvrage de Penna, et la belle statue représentant une Bacchante qui danse, a été sculptée par Adam Tadolini.
SIXIÈME SALLE. Parmi les tableaux renfermés dans cette sa]le,on distingue surtout ceux dePeters, représentant différens animaux. La voûte fut peinte par Ultempergers, qui y représenta, avec beaucoup d'effet et avec une grande intelligence, les principaux travaux d'Hercule.
SEPTIÈME SALLE. Gcttc salle renferme quelques tableaux. Gonca peignit la voûte et y représenta différens épisodes de TÉnéidc: la statue de Diane placée au milieu est de Penna.
En sortant de la villa par où l'on est entré, et »' acheminant vers la porte du Peuple , on trouve tout de suite à gauche la
288 Quatrième Journée.
PORTE PINCIANA.
Cette porte , aujourd'hui fermée » fut bâtie par HoQorius , et dans la suite ayant été endommagée par les Goths, elle fut rétablie par Bélisaire qui lui donna son nom, mais elle le perdit bientôt pour reprendre le nom primitif, qu elle conserre encore. Le Yulgaire prétend que ce yaillant capitaine, étant tombé dans la disgrâce de Justinicn, et étant devenu misérable et ayeugle,se tenait là pour demander Taumône; mais depuis longtemps Muratori a prouvé la fausseté de cette tradition.
ID ]£ m (D m 12
CIlNQUiEME JOUUNÉE
DU MAUSOLÉE D'aUGUSTE ÂU VËLADRE:
JL/ans la première journée on a remarqué que trois rues j partant de la place du Peuple , se dirigent vers Tmtérieur de la ville, et que parmi celles-ci, la rue adroite porte le nom de rue de JRtpe^/a, dénomination qu'elle tire du port sur le Tibre , auquel elle conduit, et dont on fera mention en son lieu.
En suivant cette rue, un peu avant de parvenir au port susdit, on voit à droite un grand bâtiment, construit sur les dessins de Pierre Gamporèse, soùs le pontificat de Grégoire XVI: à la même époque la rive du Tibre correspondant derrière cet édifice fut réduite en une agréable promenade. Par ordre du même pontife, les écoles des beaux-arts furent transférées de l'Université Romaine dans une aile de ce bâtiment. Ces écoles sont dirigées par l'Académie dite de 5.£tica, et on y enseigne les préceptes de la Peinture, de la Sculpture et de V Architecture, VArt (Torner, la Perspective, et la Mythologie: il y a onze professeurs sous la direction d'un président. En continuant par la rue de Ripetta, quelques pas après, on trouve à gauche la rue des Pontefici, ainsi
290 Cinquième Journée.
appelée des portraits de plusieurs papes qui autrefois décoraient la façade d'une maison à droite. G' est dans cette même rue qu' est le palais Corea marqué du N/ 57, où sont les restes du
MAUSOLÉE d'auguste.
SuétOQe, en parlant des funérailles célébrées en rhonneur d'Auguste, fixe l'emplacement, l'auteur et la date de ce fameux monument, qu'on appela Mausolée, parce que, par sa magnificence, il rivalisait avec le tombeau érigé par Artémise, reine de Carie, à Mausole son mari, et qui était une des merveilles du monde. Ce célèbre écrivain dit que les cendres d'Auguste furent placées dans le Mausolée, monument qu'il avait fait ériger pour cet usage entre la voie Uaminienne et le rivage du Tibre, dans son sixième consulat, c'ést-à-dire l'année 27 avant l'ère vulgaire, après avoir déclaré que les bois et les promenades qui l'enviji^onuaient seraient publics. Ce passage de Suétone, qui est biea clair, fait voir que Te Mausolée d'Auguste était entre la voie fla^minienne et le Tibre, et sert de commentaire à cette saillie de Sénèque^ qui, parlant de Tempereur Claude enterré dans ce Mausolée , dit qu il descendit aux enfers entre le Tibre et la voie droite, c'est-àdire la voie flaminienne : et inter Tiberim et vîam rectam descendit ad inferos.
Ce monument donna origine au nom à'Augusta que cette partie de la ville porta dans le mojen^age, et qu'elle conservait encore au temps de Marlian dans le XVP siècle. Ainsi, soit par l'architecture et le style des restes encore existants^ soit par les passages de Suétone et de Sénèque, et par la tradition du moyeu-âge, il faut reconnaître que les vestiges du monument sépulcral annexés au palais Corea sont les restes du Mausolée d' Auguste. Il résulte de Virgile que Marcellus fut enterré dans ce Mau-
Mausolée d'Auguste. 291
solée peu de temps après la fondation de ce monu* ment: on connaît par AlbinoTanus que successivement on y déposa les cendres d' Agrippa, d'Octayie, sœur d* Auguste, et de Drusus; ensuite il reçut celles de Germanicus, de Claude, et de Nerva, der* nier des empereurs qui y fut enseveli. Dans le XII* siècle il fut réduit en forteresse; en 1167 elle était au pouvoir des Colonnesi, lorsque le peuple romain la démantela; et depuis ce temps-là ce monument fut réduit à Tétai d une ruine.
Nous pourrions difficilement concevoir sa magnificence par les restes qui existent , si Strabon, écrivain contemporain d'Auguste et de Tibère, ne nous eût laissé une belle description de* ce monument. Dans le cinquième livre de sa géographie, il dit que le Mausolée était digne d'une mention particulière; que sur un soubassement circulaire et très-élevé , de marbre blanc , était un monceau de terre planté et ombragé jusqu'au sommet par des arbres toujours verts ; que sur le sommet était la statue en bronze d'Auguste, et en dedans du monceau étaient les tombeaux d'Auguste, de sa famille, et de sa maison; que derrière le monument il y avait un bois où 1 on voyait des promenades admirables; qu'au milieu de celles-ci était une enceinte plantée de peupliers et environnée de grilles, dont le bûcher, en marbre blanc, occupait le centre. L'entrée du Mausolée était vers le midi; elle était ornée de deux obélisques en granit rouge et sans hiéroglyphes, érigés par Tempereur Claude.
Il ne reste de ce grand monument que le massif des murs du soubassement, construit en ouvrage réticulaire de tuf: le revêtement en marbre a disparu. Le diamètre actuel des ruines du soubassement est de 200 pieds romains anciens. Tout autour on voit encore les restes et les traces de 13 chambres sépulcrales: la quatorzième servait d'entrée à la
292 Cinquième Journée.
grande salle ronde qui était sous le monceaa de terre, et avait 130 pieds de diamètre. La voûte qui la couvrait et qui servait dé soutien au monceau planté d'arbres,$'est écroulée: etle a formé de cette manière un terre-plein. Tout autour de ce terreplein, vers la fin du dernier siècle, on a construit une espèce d'amphithéâtre, où Ton donne différens spectacles , surtout pendant Y été : autrefois on j donnait aussi la chasse aux taureaux, mais le sou* verain pontife Pie VIll la défendit.
Les obélisques qui étaient à la porte de ce Mausolée servent aujourd'hui d'ornement à la place de ste. Marie Majeure, et à celle du QuirinaL En 1777, en creusant la terre pour reconstruire la maison au coin de la place de st. Charles au Corso, vis-à-vis de la rue de la Croce^ on trouva un yase magnifique eu albâtre, et divers morceaux de travertin sur lesquels on voyait les noms des fils de Germanicus: la phrase hic crematus est, ici il a été brûléj qu'on lisait sur ces pierres, fait reconnaître que le Bustum on bûcher des Césars, mentionné par Strabon, étaitprès de là: ces objets sont à présent au Vatican; le vase parait avoir servi à contenir les cendres de tous les membres de cette famille, à l'exception de celles de Caligula et de ses sœurs, qui survécurent au massacre de Tibère.
En retournant dans la grande rue de Ripetta , et allant en avant, on trouve à gauche V
ÉGLISE DE SAiNt ROCH.
L'architecture de cette église, qui fut rebâtie en 1657, est de Jean-Antoine deBossi;mais la façade, qui était restée inachevée, fut décorée en 1832 sur les dessins de Joseph Valadier, moyennant un legs testamentaire de Joseph Vitelli, dont on observe le tombeau sur la petite porte à droite en entrant dans Y église , ouvrage du commandeur Joseph Fabris.
Pvrt de RipeHa. 293
Sur Tautel de la seconde chapelle à droite, est un beau tableau de Baciccio, représentant la Vierge , saint Roch et saint Antoine. Le tableau du maîtreautel esit de Hyacinthe Brandi. Passant à V autre cdté, dans la seconde chapelle après le mattre-autel on yoit un tableau représentant saint Antoine de Padoue, ouvrage de Matbias Preti dit le Calabrais. La ste. crèche, tableau de la chapelle suivante, est de Balthazar Peruzzi; mais il a été endommagé par les restaurations d*un écolier de Baciccio.
L'hôpital attenant à cette église a été érigé par le cardinal Antoine-Marie Salviati , pour les femmes indigentes qui sont en couche.
Presque Yis-à-vîs de cette église est le
PORT DE aiPETTA.
Clément XI fit construire ce port sur le plan d'Alexandre Specchi, au bord du Tibre, avec de larges degrés qui en facilitent Taccès: on se servit
Eur cette construction des pierres d'un arc du Coée,qu*un tremblement de terre avait fait tomber en 1703. Dans ce port abordent les barques qui viennent de la Sabine et de TOmbrie, pour porter à Rome le vin, le blé , Thuile , le bois et autres objets qui servent à la consommation de la capitale. Au niveau de la rue il est orné d'une fontaine environnée d'une balustrade; sur les deux colonnes qu'on a élevées aux extrémités^ on a marqué les plus grandes inondations du Tibre; la plus terrible ar» riva en 1598, lorsque les eaux montèrent jusqu' à la boule qui surmonte ces colonnes. De ce port on jouit d'une vue très-pittoresque, couronnée par la chaîne du Mont Marins.
Vis-à-vis fle. ce port est V
^4 Cinquième Jùumie.