TOMBEAU DE CÉCILE MÉTELLA
Ge tombeau est le plus beau monument sépulcral et le mieux conservé que l' on trouve sur la -voie Appienne. Il est de forme circulaire,et a 100 pieds romains de diamètre: il s'élève sur une substruction carrée de hauteur inégale, parce qu'elle a été 'faite pour corriger l'inégalité du terrain. Ge qu'il y a de plus remarquable dans ce tombeau, c'est la grosseur des quartiers de travertin dont il est revêtu, et l'épaisseur extraordinaire du mur de l'édifice , qui est de 35 pieds. Dans l' intérieur il n'y a d'autre vide qu'use petite chambre ronde, dont la ^TÔûte est en forme de c6ue. Sous celle-ci, du temps «de Paul III, on trouva le sarcophage en marbre, qu'ion voit dans la cour du palais Farnèse.
Sur le haut de ce monument, du côté qui regarde la voie Appienne, est l'inscription suivante en mar-
Monument de Marcus ServiHus Quartm. 395
bre: ^Ue fait connaître que c'est le tombeaa de Gécilia Métella , fille de Quintus Greticus , et femme de Grassua, le triumyir :
GAECILIAE Q. CRETICI . F.
METELLAE • CRASSI
Aa dessus de l'inscription, on yoit le reste d'an bas-relief en marbre, qui se réunit à la frise, aussi, en marbre: cette frise est belle, et ornée.de festons et de tètes de bœufs, ce qui a fait donner à ce tombeau le nom vulgaire de Capo cUBove. Ge tombeau est le plus ancien monument, de date certaine, où Ton voit le marbre employé. Les différentes vues de ce tombeau sont très-agréables et très -pittoresques.
Les constructions couronnées par des créneaux, que l'on voit au dessus de ce monument ont été faites en 1299 par les Gaëtani, qui transformèrent ce tombeau en château-fort. On voit encore les ruines de l'enceinte de l'église et du palais dépendant de ce château, et sur ses portes il j a les armes de cette même famille en marbre blanc.
Eu allant çn avant, ou foule de temps en temps jusqu'à l'antique Boville (aujourd'hui les Frattocchie) l'ancien pavé de la voie Appienne; et à environ un demi-mille après le tombeau de Gécilia Métella, on trouve également sur la gauche, le
MCUfUMENT DE MARCUS SERVILITJS QUARTUS.
En 1808 le célèbre Ganova fit faire des fouilles dans cet endroit, et l'on y découvrit les restes d'un ancien monument^qui nous conservent la mémoire d'un certain M. Servilius Quartus, par qui il fut érigé , comme on le voit d' après l'inscription. Ganova, voulant donner un noble exemple de conserver les objets antiques dans l'endroit où ils furent trouvés, fit enchâsser les susdits fragmens dans une
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construction moderne, sur le lieu même où ils furent décoayerts, et cette construction est communément appelée le tombeau des Serviliens.
COKTlIlirATION DE LA YGIE APPIENNE.
Depuis 1808 jusque yers la fin de 1849 on a fait beaucoup de fouilles près de cette Toie monumentale; mais comme elles ont été exécutées par les propriétaires mêmes du terrain où elle passe, les objets troùyés furent ou emportés, ou abandonnés, et puis détruits.
Le ministre du commerce, des beaux-arts , etc. Mr. Camille Jacobi ni, voulant empêcher de nouvelles dévastations dans ces lieux, après, avoir obtenu Tapprobation du souverain pontife Pie IX, entreprit en 1850 la découverte de cette célèbre voie antique, c'est-à-dire depuis^a basilique de st. Sébastien jusqu'à VsjïcienneBoviUe. Ces fouilles, dirigées par r architecte archéologue chev. Louis Ganîna, furent commencées à environ un demi-mille après le monument de Servilius Quart us , en allant vers les Fratlocchie, et bientôt on les fera dans la partie de la route qui de ce point rétrocède jusqu à la basilique indiquée ci'dessus.
Au commencement des nouvelles fouilles on observe, sur la gauche, un sarcophage de marbre, avec son couvercle orné d'un bas-relief surprenant. Si ce n'est par le sujet de cette sculpture, du moins par l'endroit où le sarcophage fut trouvé, on peut croire qu'il appartient à Sénèque le philosophe, puisque Tacite nous apprend que par ordre de Néron il mourut au quatrième mille de la voie Appienne. Le bas-relief nous offre en partie raccomplissement de tout ce qui fut pronostiqué à Grèsus^ roi des Lydiens, par Solôn le sage, qui lui avait souvent prédit que toutes ses prospérités auraient une fin malheureuse. C'est ce qui arriva précisément, d'abord
CorUintiatian de la voie Àppienne. 397
Ear la mort de soq fils chéri , que l'oa roit sur le as-relief près d' expirer par suite d* une blessure qu'il a reçue par accideot d'un de ses compagnons à la chasse du sanglier; et en second lieu la prédiction s* accomplissait , lorsque Grésus lui même , vaincu par Gyrus , devint son prisonnier et perdit son trône. D'aprôs ce sujet il semble que l'auteur du bas-relief t pour ne pas se compromettre aux yeux du tjran de Rome y voulut faire allusion à Sénèque, qui souvent reprocha à Néron ses crimes, en lui prédisant qu'ils le conduiraient à une malheureuse fin.
En continuant à marcher ^ on trouve également à gauche la mémoire sépulcrale des fils de Sextus Pompeius Justus. Suivent à droite dix monumens,
3u* on voit placés avec leurs fra^mens dans V enroit où ils furent trouvés. Parmi ces monumens on doit observer particulièrement , pour le beau style des ciselures, celui d' Usia Prima , prêtresse d'Isis, dont le buste couronné de fleurs est sculpté en haut-relief, et à ses côtés il y a quelques symboles sacrés: auprès de la prêtresse sont les bustes de Babirîa Demariste et de Rabirius Hermodorus , avec leurs noms au dessous.
En avançant toujours an milieu des monumens on trouve, à droite, trois tombeaux ou (umuli (petits monceaut de terre sur un soubassement construit en pierre ) faits à T imitation de ceux que les Etrusques érigeaient communément à leurs défunts illustres. On peut avec quelque probabilité croire que ces tombeaux font partie de ceux qui furent érigés aux Horaces et aux Guriaces, puisque selon Tancienne tradition et d'après les écrivains anciens ce fut précisément dans ces environs qu'eut lieu le célèbre combat des trois frères albains avec les trots frères romains, en présence des armées de Rome et d'Albe; et Tite-Liye ajoute, que les corps de ces
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guerriers furent ensevelis, chacon dans reodroit où il tomba taé en combattant.
En continuant à marcher au milieu des ruines monumentales, on voit sur la gauche le vaste tonnbeau appelé Casai Rotondo. Cet édifice , de forme circulaire, a en diamètre 20 pieds anciens de plus
3ue le tombeau de Gécilia Métella. Un fragment 'inscription trouvé prés de là, nous fait connaître que le monument dont il s'agit fut achevé par Maro- Yalére Messalinus Gotta en honneur de son père Marc-Yalère Messala Continus.
En poursuivant la marche au milieu de ruines de tombeaux antiques, on observe aussi sur la gauche un autre grand monument appelé Torre SeUn, parce qu'il est construit avec cette espèce de pierre volcanique dite nlce; et sa construction démontre qu'il fut bâti dans les premières années de Fempire romain. On arrive ensuite au huitième mille, où , sur la droite , on voit quelques colonnes brisées de péperin (pierre albaine), qui appartiennent au très-ancien temple d'Hercule, indiqué par Martial précisément au huitième mille de la voie Appienne, et qui était diCTérent de celui qui fut érigé par Domitien.
En rétrocédant jusqu' aux prétendus tombeaux des Horaces et des Curiaces, cités plus haut, et de là se dirigeant vers la ferme appelée de Roma Vecehiaf qui se trouve en face , on voit les ruines appartenant à la
YILLA DES QUINTILII.
Le grand amas de ruines qui principalement fit donner le nom de Roma Vecchia à cette partie du territoire de Rome, et que dans le commencement de notre siècle quelqu' un prit pour les restes de l'ancien Pagus Lemonius mentionné par Festus, appartient à une magnifique mabon de campagne du
raia des Quintilii. 399
IP siècle de Tère cbrétieDoe. Un grand nombre de tuyaux en plomb qui y conduisaient l' eau , ayant Tinscription ii QyiNTiLioRVM . comi>ini • et » mJlxiMi . prouvent qu'elle appartenait aux deux fré^ res Quintilii) Gondinus et Maxime, qui, à cause 4e leurs richesses et de leur influence, furent condamnés à mort par l'empereur Commode, afin de s'em- I^arer de leurs biens. Celte découverte eut lieu dans es fouilles entreprises en 1828 par le défunt duc , JeanTorlonia, et on y trouva plusieurs statue^, des bas-reliefs , des colonnes, et quelques fragmens d'entablement, dont une partie est aujourd hui au palais Torloniar
Parmi les restes reconnaissables de cette villa , on remarque plusieurs réservoirs d'eaux ; deux magnifiques salles de bain; un petit amphithéâtre; un aqueduc, et une fontaine qui avait sa façade sur la voie Appienne , et dont la forme est semblable à celle de l'eau Julie sur l'Ësquilin.
En descendant la colline où sont cea restes , on rejoint le chemin moderne qui sert de communication entre la voie Appienne et la route de poste d'Albano: en suivant ce chemin vers Rome , on rejoint la porte principale du