CIRQUE DE ROMULUS
Jusqu'à l'an 1825 ce cirque avait été communément dit de Caracalla, pour des raisons qui sont bien frivoles, c'est-à-dire à cause de la passion qu'il avait pour les spectacles du cirque , de la découverte qu'on fit de sa statue avec celle de sa mère Julie dans les environs de ce monument , et d'un cirque qu'on voit sur le revers des médailles de cet empereur. On pense bien que -Caracalla pouvait ètre passionné pour les jeux du cirque sans qu'il s'ensuive que, par cette même raison, il construisit ce cirque-ci; que les statues pouvaient apparte-
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nir à quelque autre monument, puisqu'on ne les avait pas trouvées dans le cirque même ; d'ailleurs, les antiquaires, depuis long-temps, avaient reconnu dans le cirque qu* on voit au revers des médailles de Garacalla, une représentation du grand cirque, soit parce qu'il le restaura, soit à cause des spectacles extraordinaires qu'il y donna. D'un autre côté, la construction peu régulière de ce monument, qui est bien différente de celle des thermes de cet empereur, rappelait le lY* siècle , lorsque les arts étaient dans une décadence effrayante; ainsi dè3 le XYP siècle, Panvinius avait attribué ce cirque au temps de Constantin. Mais tonte incertitude a disparu depuis les fouilles que le duc Torlonia fit faire dans ce cirque en 1825, lorsqu'il fit entièrement déterrer les carcere^^ l'épine, lepulvinar et la grande porte d'entrée dans l'arène. Dans cette occasion on découvrit les fragmens de trois inscriptions, dont deux étaient près de la grande porte d'entrée, et une à la porte du milieu des carceres; ces inscriptions portent toutes le nom de Maxence, et, parmi elles , celle qui était la mieux conservée et qu^on a placée sous la grande porte d'entrée montre que le cirque fut consacré Tannée 311 de l'ère chrétienne à Romulus^ fils de Maxence, qui avait été consul deux fois, et qui, après sa mort, reçut les honneurs de l'apothéose. Elle dit :
DIVO . ROMVLO . N. M. V.
COS. ORD. 11. FILIO D. N. MAXEMTU. INYICT.
Vin . et perp. avg. nepoti
T. DlVl . MAXIMIANI . SEN.
GRIS . AC é bis. ÀugusU.
La partie en lettres italiques a été restaurée d'après d autres inscriptions et des médailles du même temps. Or, cette découverte sert d'illustration à l'A-
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nonyme publié par Eccard, et contemporain de Maxence, dans lequel on lit, que Maxence fit un cirque in catacumpas , c'est-à-dire in cutecumbis ou près des ^^atacombes.
On a déjà dit que ce cirque est le mieux conserve qui nous reste; ainsi on peut le regarder comme un des monumens les plus intéressans qu'il faut voir. Sa forme peut être réduite à un espace oblong, de 1620 pieds romains de longueur, et 250 de largeur , qui est circonscrit par deux lignes droites qui ne sont pas parallèles entre elles , mais qui sont réunies ensemble par deux courbes. Trois parties constituaient le cirque: les carceres, le cirions pro-
()rement dit, et la q>inaf ce sont ces parties qui, dans es dernières fouilles , ont été bien reconnues , et qu'on ne Toit que dans ce cirque-ci. En commençant par les carceres, on appelait ainsi cette partie d'où partaient les chars guidés par des aurigae, cochers, divisés en quatre factions, qui , d' après la couleur de leurs vétemens, étaient appelées albata, blanche ; ruesata y rouge ; prasina , verte ; veneta , bleue de ciel. Dans ce cirque, les carceres sont vers r occident ; il eu était de même dans le grand cirque et dans celui de Salluste, etc. Leur alignement est un segment de cercle; cet arrangement était nécessaire pour maintenir l'égalité de l'espace à parcourir dans la sortie des chars. Elles sont parta* gées en treize arcs qui communiquent entre eux, à V exception de celui du milieu qui , ne servant
Îu'à rintroduction de la pompa circensis, est séparé es autres. Ces arcs, dans la partie qui regarde l'intérieur du cirque , étaient fermés par des grilles , dont on voyait encore les traces, à l'exception de la porte du milieu où ceJles-ci qe se voyaient pas; malheureusement ces traces ont disparu depuis 1831. Cet usage est bien représenté dans un nasrelief de la villa Âlbani, où l'on voit aussi devant
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les pilastres des arcs les hermôs qui leur serraient de décoration, et dont parle Cassiodore. On a trouvé plusieurs fragmens de ces hermès dans les dernières fouilles de ce cirque; un de ces hermès était entier, il avait les traits de Démosthène; il est actuellement à Munich dans le musée du roi de Bavière. La terrasse sur les carceres servait de place aux personnages de la première classe qui assistaient aux jeux, comme on le sait par les écrivains anciens, et comme on le voit sur les monumens. Aux deux extrémités des carceres il y a deux tours qui servaient aux joueurs de flûte pour animer les dievaux et les cochers: la forme de cette partie avait fait donner le nom à' oppidum où château fort aux carceres.
Le cirque proprement dit, pour la disposition des gradins , était semblable aux autres lieux de spectacle; ils étaient partagés i^vipodiumtipraecmcUones ; dans celui-ci il y avait une seule préciuction de dix gradins qui pouvaient contenir 18,000 spectateurs. Quatre portes communiquaient immédiatement avec Tarène; deux étaient près des tours des carceres) la troisième correspondait vis-à-vis de la première borne; et la quatrième était au milieu de la partie demi-circulaire, à l'extrémité du cirque opposée aux carceres; celle-ci était la seule qui fût en contact avec la voie publique, ou Asinaire^qui liait ensemble les voies Latine , Appienne , et Ardéatine.Les gradins sont interrompus par deux balcons, qu'on appelait pulvinaria, parce qu'ils étaient couverts de coussins (pulvinaj: celui qui est vers le nord-est communique avec les restes de la villa
t^ar un corridor; ainsi il faut croire que c'était de à. que Tempéreur voyait les jeux; l'autre vers le sud-ouest servait pour les juges.
L'épine peut être comparée à une chaussée divisant 1 arène du cirque en deux parties inégales ,
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dans la longueur, puisqu'elle est placée de travers et de manière à laisser plus d'espace vers T ouest que vers l'est. Elle était ornée de statues, de eo^ lonnes , et d' obélisques. Dans le cirque dont nous parlons elle a 1,000 pieds romains de longueur, 22
Îieds de largeur, et de 2 à 5 pieds de hauteur. Les ornes en étaient entièrement séparées. La surface était un réservoir d' eau divisé en plusieurs sections; il servait à arroser les chars de peur que les axes des roues ne brûlassent. Voici maintenant ce qu'on vient de découvrir sur T épine de ce cirque. D'abord vers les carceres on a découvert une portion de mur isolé ayant au milieu un trou qui servait à contenir la poutre d' où se dirigeait vers le sud la corde tendue servant à déterminer le commencement et la fin de la course ; on l'appelait tinta, la ligne. Suit le soubassement des metae ou bornes, qu'on appelait les premières, relativement aux carceres; ces bornes avaient la forme de trois cdnes groupés ensemble et surmontés d'un oeuf: la bande inférieure de ces colonnes coniques était ornée d'un bas-relief représentant les courses du cirque, on en a trouvé plusieurs morceaux qui ont été enlevés en 1831. Ils étaient une preuve éclatante de la décadence extrême des arts à l'époque où ce cirque a été édifié. Sur la chaussée on remarque encore les traces des piédestaux des statues et d'autres omemens qui la décoraient. Près du premier piédestal on découvrit les fragmens d'une statue de Vénus; ensuite, on aperçoit les fondations des piédestaux qui soutenaient les deux colonnes en marbre gris , portant un architrave sur lequel étaient sept dauphins , symbole de Neptune , divinité protectrice des chevaux; on avait choisi le nombre de sept pour marquer celui des tours qu'on faisait dans chaque course. Après, on peut apercevoir encore , quoiqjie chaque jour ils disparaissent de plus en
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{AnSy les vestiges des piédestaux qui supportaient es statues du Soleil et de Paris ; après ce dernier on vort sur i' épine une interruption du revêtement en mastic, fait pour les parties qui contenaient de l' eau; dans cet espace couvert de terre on avait planté le palmier , auquel on détachait la branche qu'on donnait au vainqueur. Après cet espace on trouve la première interruption de T épine , et en*' suite les traces du piédestal qui soutenait la colonne portant la statue de la Victoire ; près de là est l'encaissement des fondations deTobélisque en granit rouge, qu'Innocent X fit transporter à la place Nayone ; quelques fragmens de cet obélisque furent aussi découverts. On remarque après la place de l'obélisque la seconde interruption de l'épine, et après celle-ci, le piédestal sur lequel était une statue d'Hercule, et les traces d'un petit temple de Ténus, sur lequel étaient alignés sept œufs mobiles, symbole de Castor qui aimait les jeux équestres; ils servaient aussi à marquer les tours qu'on avait faits. Au delà de ce petit temple, était la troisième interruption de l'épine ; dans le reste de la chaussée on a trouvé les statues d'une Amazone et de Proserpine. Ensuite on remarque le soubassement des secondes bornes.
On peut facilement comprendre pourquoi l'épine n'était pas placée de manière à être parallèle aux deux côtés du cirque, et pourquoi elle laissait l'espace du côté de l'ouest plus large que celui qui étaiidu côté de l'est, lorsqu^on réfléchit que le début des courses était à droite, et que par conséquent il fallait laisser plus d'espace de ce côté que de l'autre.
Près du cirque on voit le