‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 218 sur 337 · TEMPLE DE ROMULUS · texte numérisé non relu

TEMPLE DE ROMULUS

G*est un des anciens temples qui conserve enoore l'enceinte sacrée et le souterrain: l'identit^ de la

Temple de Romuliis. 403

constraclioD de V enceinte avec celle do cirque y qa' on a appelé vulgairement de Garacalla , mais qui, comme le temple9fait partie delà t)t22a dont nous venons de parler , le voisinage et la porte de communication avec le cirque même, ne laissent aucun doute que ce bâtiment en faisait partie. Son plan est parfaitement celui d'un temple avec une enceinte sacrée: c'est une cour carrée oblongue, entourée d'un mur, ayant intérieurement au pourtour^un portique à arcades et pilastres; au milieu s'élevait le temple, dont il ne reste aujourd'hui que le souterrain. Palladio, qui en a donné les détails, montre que ce temple était de ceux qu'on appelait prostyles , qu'il avait un portique rectiligne avec six colonnes de front, et trois de côté avec un pilastre, et qu'on y montait par plusieurs degrés^ de manière que l'édifice dominait l'enceinte et était vu de la voie Appienne; la cella était de forme ronde: ainsi, quant au plan, ce temple ressemble beaucoup au Panthéon; la solidité de cet édifice et sa construction feraient croire qu' il existait déjà lorsqu'on construisit l'enceinte et les autres bâtimens. Le souterrain du portique est bien conservé ; on y entre par une ouverture moderne qui laisse voir l'épaisseur étonnante des murs, qui est d'environ 14 pieds; ar le souterrain du portique on parvient dans ceui de la cétta, qui est circulaire , d'environ 100 pieds de diamètre , avec des niches tout autour , dans lesquelles sopt de petites fenêtres qui servent à donner de l'air et de la lumière au bâtiment; au milieu, est un gros pilier octogone qui sert à soutenir la voûte. En général^ ce souterrain ressemble fort à celui du temple hors de la porte Majeure, et qu'on appelle Tor de' Schiavi. Ce temple étant de construction contemporaine, et annexé au cirque , et sachant, comme nous l'avons déjà dit , par les inscriptions découvertes que le cirque a été dédié

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à Romains, fils de Maxeace , on ne saurait douter

Îu'il ûe fût dédié au. même personnage; et, en efil , sur le revers des médailles de ce fiomulus , frappées après sa mort, on voit un temple de forme ronde, comme étant son mausolée ou Héroon, qui peut être celui-ci. L*enceinte a été faite afin de pouvoir y rassembler la pompa circensis. Car on sait que les jeux du cirque commençaient toujours par la pompa circensis , espèce de procession à laquelle assistaient les athlètes, les magistrats, et les prêtres avec les statues des divinités qui présidaient aux jeux, et en Thonneur desquelles ils se faisaient ; ainsi la cour servait pour rassembler Ja pompa, et le temple pour contenir les statues des dieux et les oEjets sacrés. Cet usage a donné origine à la fausse dénomination vulgaire d^écuriesdu cirque de Caracalla, sous laquelle ce temple est communément connu.

Le nom de Tour des Borgiani, que ce bâtiment a conservé jusqu*à sa destruction, nous fait penser que la masse de Tancien édifice, et surtout le tempie circulaire, réduit en forme de tour, a été occupé par la famille Borgia pendant le pontificat d'Alexandre YI, au commencement du XYP siècle.

Derrière le mur de la grande cour carrée , et presque vis-à-vis des carceres du cirque, est un petit tombeau inconnu, dont la construction est bien antérieure à celle de la cour.

A peu de distance de ce temple on voit, sur un plateau à droite, ayant à gauche la voie Appienne, le

TEMPLE DE BAGGHUS.

En 1616 dans le souterrain de ce temple, la déî^ouverte qu'on fit d'un autel bachique avec l' inscription grecque, dont Holstenius nous a conservé le souvenir, ne laisse aucun doute sur la divinité à laquelle ce temple était consacré. Cette découverte

Temple de Baccktés. 407

renverse entièrement l'opinion qui en avait fait le temple des Camemes, lequel était, comme on Ta dit, à côté de la porte Gapena. Le style de cet édifiée indique la décadence des arts, et les colonnes n'ap-

S^artenaient pas originairement à ce bà,timent; elles urent , sans doute, tirées de quelque autr^ édifiée du temps des Antonins.

Le portique est soutenu par quatre colonnes de marbre blanc , cannelées d ordre corinthien , que Ton voit aujourd* hui enchâssées dans la façade de r église; sous le portique on voit, à droite en entrant, Tautel dont on a fait mention; on y lit cette inscription: EZTIAI ÀIONYSOY AIIPûNIANOS rEPMAM- TH2,]c'est-à-dire: au feu dédié d Bacchus,Apronie9^ Jérophante , et plus bas il y a le serpent Dionysiaque. L'intérieur du temple a la forme d'un carré long; il était orné d'une frise en stuc , dans laquelle il y a des trophées militaires; la voûte était décorée de caissons octogones aussi en stuc. Dans le moyen^âge , ce temple fut transformé en église , dédiée à saint Urbain , comme il parait par les peintures qui décorent l'intérieur, lesquelles représentent plusieurs passages de l'évangile et quelques traits de la vie de ce saint pontife, et de ste. décile: on y voit la date de l'an 1011, et on y lit le nom d'un certain Bonizzo religieux, qui en était probablement l'auteur. Ces peintures intéressantes pour r histoire des arts , furent retouchées lorsque Urbain Y m restaura et consacra de nouveau Tégliçe. ï!n descendant dans le vallon dit de la Caffhrella, parce qu'il appartenait aux ducs Gaffarelli, on voit au bas de ce temple le

NYMPHÉE DIT d' ÉGÉRIE.

Le désir de donner des noms célèbres à chaque ruine , a fait appeler trop légèrement ce reste la grotte de la nymphe Égérie , qui , d'après Juvénal

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et Sjmmachas, était à côté de la porte Capéoa près da grand chemiD , ou de la voie Âppieane. D' ailleurs la statue ancieDoe qu'on trouve au fond de ce nymphée est évidemment celle d'un homme ou d'un jeune fleuve, non celle d'une nymphe. Ainsi il faut croire que c'est un nymphée, de ceux qui se trouvent si souvent dans les villas des anciens , qui les consacraient aux fleuves, aux fontaines et aux Naïades. La statue du jeune fleuve est celle da Fons ou fontaine locale, et peut-être de l'Almon, fleuve, dont cette source va grossir considérablement les eaux.

Cet édifice est d* ouvrage réticulaire, et en bri- , ques,avec plusieurs niches qui étaient décorées de statues. Le pavé, qui était deux pieds plus bas que le niveau actuel, était plaqué en serpentin; les murs étaient revêtus de vert antique , et les niches , de marbre blanc. Au fond de la grotte on voit ja petite statue couchée , représentant probablement le fleuve Almon, comme on Ta déjà dit, et au dessous de cette statue est la source d'une eau très^laire et très-bonne. La construction du bâtiment ferait croire que c'est un ouvrage du temps de Yespasien.

Dans ce même vallon, à un demi-mille du nymphée, en allant vers Bome, est le petit

TEMPLE DITvDU DIEU RÈDIGULE.

Après qu'Annibal eut levé le siège de Eome, on consacra un champ et un Fanum au Génie du retour, Deo Rediculo. La position de ce champ et de ce Fanum est bien déterminée par Pline l' ancien comme existant à deux milles de Rome sur la voie Appienne, hors de la porte Gapéna, à droite de ceux qui sortaient de la ville; ainsi celui-ci peut être toute autre chose que le Fanum Rediculi. Sa construction €fn briques peut appartenir au siècle de Néron, étant semblable à celle de ses aqueducs près de la porte Majeure. Il avait un portique soutenu

BasiUqm de si. Paul 409

de quatre colonnes maintenant entièrement rainé. La façade était tournée vers T Almon , qui coule presqu*à ses pieds, ce qui porte à croire que, peutêtrC| il était consacré à cette rivière. Il est orné de pilastres avec de petites fenêtres au milieu, d'un méandre aussi en briques, et de deux, demi-colonnes octogones, placées sur Fun des côtés^ devant lequel passait un chemin de traverse qui le côtoyait, et qui servait de communication entre la voie Appienne et la voie Latine.

En revenant sur la voie Appienne, et prenant la route, qui est à côté de la basilique de st. Sébastien, on arrive , après deux milles de chemin, à la

BASILIi^UE DE ST. PAUL.

On croit que Constantin le Grand fit bâtir cette église dans une ferme appartenant à Lucine, dame romaine, parce qu'il y avait, en cet endroit, un ancien cimetière, où avait été enterré l'apôtre saint Paul. En 386 les empereurs Yalentinien II, Théodose et Arcadius commencèrent à rebâtir cette basilique sur un plan beaucoup plus vaste ; eUe fut terminée par Honorius leur successeur, comme l'attestaient les vers écrits en mosaïque au dessus de l'arc de Pïactdia, du côté de la grande nef. Dans la suite plusieurs papes la restaurèrent, et l'ornèrent. Dans les derniers temps , et particulièrement sous le pontificat de Pie VII, on avait beaucoup dépensé pour la restauration des toits, et pour d'autres^ réparations, lorsque pendant la nuit du 15 au 16 du mois de juillet 1823, le feu prit aux poutres du toit, qui en peu d' heures s' écroula , et la plus grande partie de la basilique, et surtout la grande nef du milieu, la nef de traverse, et les portes furent entièrement détruites par le feu. Ainsi, l'ouvrage de plusieurs siècles, la basilique la plus ancienne, non seulement de Rome, mais de la chrétienté entière, cessa d'exister. 18

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Étal anHque. Cette église était une des quatre qui aTaient la porte sainte. La façade principale avait un portique bâti par Benoit XIU sur les dessins d'Antoine Ganevari: il était soutenu par 12 colonne^ de différons marbres^ La partie supérieure de cette façade était ornée de mosaïques exécutées dans le Xlll* siècle , par ordre de Nicolas 111 Orsini. La grande porte du milieu était en bronze , et avait été faite à Gonstantinople, en 1070, aux frais de Pantaléon Gastelli 9 consul romain. EDe était divisée en compartimens, où on avait gravé des figures de saints prophètes et des apôtres, et plusieurs passages du nouveau Testament.

Devant la façade décrite il y avait autrefois une grande cour carrée, qu'Adrien I fil paver en marbre, et un magnifique portique, soutenu par de grosses colonnes, y régnait tout autour. La basilique avait aussi un autre portique qui se prolongeait jusqu'à la porte st. Paul, et dont il était resté des traces jusqu'au X* siècle.

La principale décoration de cette basilique consistait en 80 colonnes, qui divisaient le corps de l'église en 5 nefs. Il y en avait 40 dans celle du milieu, W de chaque côté, qui presque toutes périrent Parmi celles-ci il y en avait 24 plus précieuses en marbre violet : on croit qu'elles avaient été tirées du mausolée d'Adrien, mais elles venaient vraisemblablement de la basilique Emilienne au Forum Roma^ num ; elles étaient a ordre corinthien et cannelées aux deux tiers, et avaient 36 pieds de hauteur, com<<> pris la base et le chapiteau, et 11 de circonférence. Les 16 autres colonnes étaient de marbre de Pa^ ros, ainsi que les 40 des deux petites nefs; ces dernières avaient 29 pieds de hauteur et 9 1/4 de circonférence, et quoique peu endommagées, elles ont été néanmoins remplacées par des colonnes de granit du Simplon comnie celles de la nef du milieu.

Boêiliqtie de st. Paul. 411

Deux immenses colonnes d'ordre Ionique, de marbre salin, soutenaient le grand arc dit de Placidiay par lequel de la grande nef on passe d^ns la croisée« Ces colonnes avaient 43 pieds de hauteur, et 1 5 de circonférence ; elles furent fendues dans toute leur hauteur par le feu: on a aussi substitué à celles-ci deux colonnes du susdit granit.

Le payé de la grande nef était formé de fragmens de marbre, où il y avait des inscriptions. Les parois étaient toutes embellies de peintures représentant plusieurs passages de l'ancien et du nouveau Testament, et d'Agincourt croit qu'elles avaieiit été exécutées dans le XI* siècle: au dessous on voyait la série des portraits des papes, depuis saint Pierre jusqu'à st. Léon le grand qui les fit faire; elle fut continuée par le pape st. Symmaque en 498. Benoit XIV fit restaurer ces peintures et ajouter les autres papes qui l'avaient précédé; cette série avait été continuée jusqu'à Pie VU, au nombre de 253. Sur le grand arc, dit de Plactdiaj vis-a-vis de l'entrée, était une mosaïque représentant Jésus-Christ avec les vingt-quatre vieillards de l'apocalypse, les apôtres saint Pierre et saint Paul, et les symboles des qua^ tre évangélistes. Cette mosaïque avait été exécutée l'an 440, sous le pontificat de st. Léon le grand, et on croit que ce fut aux frais de Pk^idiaj fille de l'empereur Théodose. Un vaste toit couvrait cette grande nef, et la charpente en était remarquable à cause de la longueur extraordinaire des poutres de sapin dont elle se composait. Les petites nefs n'avaient ni autels, ni aucun objet de décoration; la plus grande partie du pavé était en briques, et le restant était semblable à celui de la nef principale.

On montait par cinq gradins à la croisée, qui était divisée en deux nefs par huit grosses colonnes, dont le fût avait 30 pieds de hauteur et 11 de circonférence; une était de cipoUin et sept de granit. Deux

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