‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 223 sur 337 · MONT TESTACCIO · texte numérisé non relu

MONT TESTACCIO

Ge mont est ainsi nommé parce qu'il est formé de fragmens de vases de terre cuite y appelés testa en latin: son origine est inconnue , et il n' va pas d' autorité ancienne qui en fasse mention. Il a 163 {Heds de Paris de hauteur et 4503 de circonférence. Le silence des auteurs anciens et la découverte des tombeaux qu'on a faite sous cette colline, lesqueb étaient comblés par les fragmens de ces vases, rendent assez probable l'opinion qu'il ait été formé dans le temps de la décadence. On sait que l'on faisait à Rome un grand usage de vases de terre cuite, pour raffratcfair les eaux, et conserveries vins, les huiles, et les cendres des morts , et pour beaucoup d'autres usagés. Au bas de cette colline oe a creusé tout autour beaucoup de caves qui sont d'une grande fraîcheur, et excellentes pour conserver le vin. Du sommet de ce mont on jouit d' une trè»-belle vue des environs, dont le Poussin a tiré un grand parti.

En sortant de l'enceinte de Testaccio,on voit visà-vis sur l'Aventin, le front d'un bastion qui fait partie des fortifications que le pontife Paul III

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voulait faire pour mettre cette partie de la ville en sûreté; l'architecte Antoine $angallo avait été chargé de ce grand ouvrage^qui ne fat jamais achevé. D'antres traces de cette ligne de fortifications existent sous l'église de saint Sabbas, et un grand bastion qui porte le nom de bastion de Sangallo, et qui est célèbre dans l'histoire de l'architecture militaire moderne, existe encore entre la porte st. Paul et la porte Appienne ou de st. Sébastien; il est lié aux murs de la ville.

En continuant à marcher sur le grand chemin, on trouve un arc en briques, dit de st. Lazare à cause de rhermitage qui est à côté. Etant très-délabré il a été restauré. Sa construction indique qu'il faisait partie d'un bâtiment du temps de la décadence des arts; peut-être appartenait-il aux greniers publics qui étaient dans ces environs. Parmi ceux que Victor indique comme existant dans ce quartier, ceux d'Anicetus pouvaient bien être ici.

On parvient ensuite à la place ouverte par le pape Léon XII pour le dépôt des marbres qu'on débarque du Tibre; près de celle-ci est la vigne Gésarini dans laquelle sont les restes des anciens

NAVALIA.

C'est ainsi qu'on appelait anciennement l'endroit où abordaient les vaisseaux qui remontaient le Tibre, et où l'on débarquait les marchandises qu'ils portaient. Tile Live en décrivant l'élection de Gincinnatus, dit que cet endroit était sur la rive gauche du Tibre, et non sur la rive droite comme ou le prétend dans quelques ouvrages modernes. D'autres passages du même écrivain confirment ce fait, en montrant que les Navaïia étaient hors de la porte Trigemina, qui était au bas du mont Aventin, près des magasins au sel d'aujourd'hui. Dans la vigne Gésarini 9 qu'on vient de nommer, existent encore

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des raines trés^^considérables construites en petits polygones de taf, construction que les anciens appelaient opw incertumj elles paraissent appartenir au commencement du VII* siècle de Rome, et faire partie de V ancien arsenal. Dans cette vigne on a trouvé à différentes reprises un grand nombre de Mocs de marbre de différentes espèces, dont quelques-uns portaient la date de l'envoi. Ces découvertes ont prouvé que leur débarquement se faisait ici; c'est pour cette raison qu'on appelle aujourd' hui toute cette contrée du nom de Marmar(Ua. Dans le mojen-àge on nommait cette rive Ripa Grœea, le rivage grec, et la rive opposée s'appelait Ripa Romœa, le rivage romain.

En retournant à la place où aujourd'hui l'on débarque les marbres, on voit au pied du moni Aventin, près du Tibre, d'autres restes d'anciens greniers, qui peut-^ètre font aussi partie de ceux d'Anicetus dont on a déjà fait mention, et qui paraissent avoir couvert tout cet angle de la colline.

Dans cet endroit lorsque les eaux du fleuve sont basses on voit les restes du

PONT SUBLIGIUS.

Ce pont fut le premier que Ton construisit sur le Tibre; il fut éngé par Ancns Marcius, et comme il était tout en bois, on l'appela Sutflicius, à cause des poutres qui le composaient. G' est sur ce pont qu'eut lieu l'action mémorable d'Horatius Goclès , qui affronta et arrêta, lui seul, l'armée de Porsenna roi des Etrusques, jusqu'à ce qu'on eût démoli le pont derrière lui; après quoi, il s'élança dans le Tibre et regagna la ville à ta nage. La crainte de courir dans la suite un semblable danger, fit qu'on rétablit ce pont sans j mettre de clous, afin de pouvoir le démon terplus promptcment. Ce pont prit ensuite le nom à'Mmilius, parce qu'ayant été détruit,

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il fut refait en pierre par M. iEmilius Lepidos» der* nier censeur sous Auguste. Ântonin le Pieux le restaura ensuite; mais il fut emporté, l'an 780 de l'ère chrétienne , par un débordement du Tibre. Les restes de ce pont furent presque entièrement détruits sous le pontificat de Nicolas Y ^ l'an 1454, et dans cette occasion on se servit des pierres pour en faire des boulets de canon. C'est de ce pont que Ton jeta dans le fleuve les corps des empereurs Commode et Héliogabale.

En avançant, on trouve le magasin où Ton purifie et où l'on débite le sel. Dans ce même endroit étalent les anciens magasins à sel, au'on appelait /ei» Salines, et la porte Trigemina de 1 enceinte de Borne, faite par Servius TuUius.

Un arc en travertin qui portait les noms des consuls subrogés Pnblius Cornélius Lentulus et Titus

par Sixte lY pour transformer les blocs en boulets de canon. Cet arc avait été construit pour servir de porte aux magasins au sel, et il est très-probable qu'il était dans le même endroit, où Ton voit un arc moderne qui sert de passage dans cette partie de la ville. La colline qui domine ce bâtiment se nomme

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