‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 272 sur 337 · INTÉRIEUR DE LA BASILIQUE · texte numérisé non relu

INTÉRIEUR DE LA BASILIQUE

Ce temple magnifique surpasse en grandeur l'église de st. Paul de Londres et la cathédrale de Milan; car la longueur de la première est de 499 pieds^ el sa largeur de 251: la seconde a 418 pieds de long sur 312 de large. Notre basilique, depuis l'entrée jusqu'à la tribune, ou à la chaire de st. Pierre, a 575 pieds de longueur, et dans la croisée 417 pieds de largeur ; la nef du milieu a 82 pieds do largeur et 142 de hauteur, y compris la voûte: chacune des deux petites nefs latérales a 20 pieds de largeur. La proportion qui règne dans chaque par^ tie de cet énorme monument, et surtout l'interruption des lignes , font paraître V ensemble moins grand qu'il ne l'est en effet, et on ne s'aperçoit de sa grandeur que lorsqu'on en considère tous les détails.

Celte basilique est à croix latine et à trois nefs; celle du milieu est divisée par huit gros piliers qui soutiennent quatre grandsarcsde chaquecôté: ceurci répondent à autant de chapelles. À. chacun des piliers sont adossés deux pilastres cannelés d'ordre corinthien, qui ont 8 pieds de largeur et 77 de hauteur, y compris la base et le chapiteau; ils soutien-^

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nent an grand entablement de 18 pieds de hauteur, qui règne tout autour de l'église. Enlre les pilastres sont deux rangs de niches, dont celles do bas renferment des statues de marbre, de la hauteur de 15 pieds, représentant differens saints, fondateursdWdres rehgieux. Sur chacun des grands arcs sont deux figures en stuc, de 15 pieds de haut, représentant des Vertus. Les contre-pilastres qui corres» pondent sous les arcs, sont ornés de deux médaillons, soutenus séparément par deux enfaos^e marbre blanc: ces médaillons renferment les portraits de differens papes. Entre ces médaillons on voit deux autres enfans portant des thiarcs, des mitres, des clefs et autres attribats pontificaux; le tout à 'été sculpté en bas-relief, sous la direction du Bernin , par ordre d*lnnocent X : les colonnes placées sur le haut et le bas de chaque pilastre font allusion aux armes de ce pape. La grande voûte de Téglise est décorée de caissons avec des rosaces an milieu, le tout en stuc doré. Le pavé fut formé de beaux marbres, sous la direction de Jacques deila Porta et du Bernin.

Les deux bénitiers placés au devant des premiers 'piliers, Tun vis-à-vis de l'autre, sont de marbre jaune, faits en forme de coquille; les deux anges qui les soutiennent ont six pieds dehautear, et furent sculptés par Joseph Lironi et François Liberati.

La statue de ste. Thérèse, en marbre, que Ton voit dans la niche qui est au dessus du bénitier à droite, est de Philippe Valle. Le st. Pierre d*Alcantara, placé dans la niche vis-à-vis, est de François Yergara. La statue de st. Vincent de Paul, qui est dans la seconde niche à droite, est de Pierre Bracci; celle de st. Camille de Lellis, placée en face, est de Pierre Pacilli. Le st. Philippe de Nèri, dans la troisième niche à droite, est de Jean-Baptiste Maini, le st. Ignace qui est vis-à-vis, est de Joseph

Basilique de et. Pierre au Vatican. 527

Rusconi, et le st. François de PaaIeV dans la niche suivante, fut sculpté par le susdit Maini.

Vis-à-yis, sous un baldaquin et sur un piédestal ifait avec de beaux marbres, on voit une statue en bronze, de st. Pierre; il est assis et avance un pied, que les dévots baisent en yénération du prince des apôtres; elle fut placée dans cette église par le pape st. Léon I. Dans les temps modernes on a inventé la fable grossière, que cette statue fut faite pour un Jupiter, et même qu'elle est identique avec celle de Jupiter au Capitole: il faut être bien ignorant de Tart etde Thistoire pour admettre cette fable; car la statue de Jupiter était du temps de Do« mitien,et celle-ci dans tous ses détails parait être du y< siècle; celle-là était en or massif, et celle-ci est en bronze et d'une fonte qui s'accorde bien avec son style. D'ailleurs, comment pourrait-on supposer qu'au même moment où on voulait détruire entièrement le paganisme, on eût exposé à la vénération des fidèles 1 image de la principale divinité que les païens adoraient; il faut avouer que ces inventions sont indignes de notre siècle.

Avant d'examiner les bas-côtés et 1^ chapelles latérales de l'église, on ne peut s'empêcher d'observer la

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