‹ Itinéraire de Rome et de ses environsChapitre 88 sur 337 · PALAIS DES CÉSARS · texte numérisé non relu

PALAIS DES CÉSARS

Auguste naquit sur le Palatin dans la maiso»de son père, le 23 septembre l'an de Rome 691, c'està-dire 62 ans avant l'ère vulgaire. D'abord il demeura dans la maison paternelle: elle périt par un incendie; il la fit reconstruire, mais toujours arec simplicité. 11 annexa à cette maison un temple d'Apollon, arec un portique, et une bibliothèque, où il érigea la statue en bronze d'Apollon: d'après Pline elle avait 50 pieds anciens, ou 46 pieds de Paris^ de hauteur. Ge palais occupait le milieu du mont du côté qui regarde l'Aventin. Il fut ensuite considérablement augmenté par Tibère, qui i'étendit jusqu'au bord de la colline, vers le Yélabre; pour distbguer cet édifice de celui d'Auguste, on l'appela maison Tibérienne. Gaïus Galigula l'étendit encore, et fit construire une façade avec des portiques, sur le Forum, et un pont soutenu par des colonnes de marbre, pour réunir ce palais au Gapttole; mais il parait que ce pont fut démoli par Glande son successeur, ainsi que la maison qu'il avait commencé à bâtir sur le Gapitole. Le Palatin tout entier ne suffisait pas à Néron,pour l'agrandissement qu'il voulait donner à ce palais; il occupa donc tout l'espace qui se trouvait entre ce mont et l'Esquilin, et porta sa maison jusqu'aux jardins de Mécènes, qui étaient au delà de ste. Marie-Majeure sous Vagger.

Cet immense palais renfermait de vastes jardins^ des bois, des étangs, des bains, et un grand nom-

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bre d^édifices; de manière qu'il ressemblait à one ville. Il fut détrait en grande partie dans l'incendie Oientionné par Tacite et parSuétone^Tan 64 de Tore chrétienne; Néron le répara avec tant de magnificence et de richesse, qu'il fut appelé domus aurea NeromSj la maison d'or de Néron. Il est difficile de se faire une idée de la somptuosité de ce nouveau palais; d'après le témoignage des écrivains anciens, il était environné de portiques à colonnes qui montaient au nombre de trois milles, et d'un vestibule non moins magnifique, devant lequel était placé son célèbre colosse en bronze, ayant 120 pieds de hauteur> ouvrage du fameux Zénodore. Dans ce palais un grand nombre de chambres et de salles étaient ornées de colonnes, de statues et de marbres précieux; les richesses de l'empire y étaient rassemblées; partout brillaient les marbres, l'ivoire, l'or, et les pierreries. Les salles à manger étaient décorées de tribunes, d'où l'on versait continuellement des fleurs et des parfums: tous les genres de luxe, de délicatesse et de profusion s'épuisaient pour les plaisirs d'un maitre qui paraissait ne trouver d'autres jouissances que dans les choses difficiles et étranges. Sévère et Geler, architectes de la maison impériale, mirent tous leurs soins pour le rendre singulier;il fut peint pour la première fois par Amulius peintre, qui y employa toute sa vie. Suétone assure que lorsque Néron y coucha il ne dit que ces mots: je vais être logé comme un homme.

Ce palais n'était pas achevé à la mort de Néron; Othon assigna une somme très considérable pour l'achever, mais son règne ayant été trop court, ses ordres ne furent pas exécutés; il parait que la partie qui était sur TEsquilin entrait dans cette catégorie. Il est certain que Yespasien et Titus démolirent ou destinèrent à d'autres usages la partie de ce palais qui était hors du Palatin,et qu'ils bâtirent

Palais d9s Césars, 141

le Golisée et les Thermes dits de Titus, sar une partie de cette maison. Leurs successeurs ne firent

Sue des embellissemens et des changemens partiels ans la partie du palais qu'on avait conservée sur le Palatin. Après la translation de l'empire ce palais demeura presque abandonné. Il est à présumer aue la prise de Rome par Alaric, en 410, a causé de bien grands dommages à ce bâtiment; mais d'après Procope il est certain que Tannée 455^ Genséric chef des Vandales le saccagea et emporta tous les vases de bronze qu'il contenait encore^ et parmi ceux-ci étaient les vases et les ustensiles sacrés du temple de Jérusalem ; il est à croire qu'il souffrit aussi dans la prise de Rome par Totila. Cependant il fut toujours restauré, et Ton sait par les écrivains contemporains que dans le Vil* siècle l'empereur Héraclius y a demeuré, et que même dans le VIII* siècle il existait encore en grande partie. Aujour> d'hui il ne présente que des ruines, plus ou moins imposantes par la masse, et généralement pittoresques; elles font partie des substructions du palais et de quelques salles; les chênes verts, les lauriers^ les cyprès, et d'autres arbres se mêlent avec ces ruines, et produisent des vues magnifiques, surtout du côté du Forum et du grand cirque.

Sur ces restes sont les

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