‹ Itinéraire de Rome et de ses environs T. 1Chapitre 76 sur 120 · JARDINS FARNÈSES · texte numérisé non relu

JARDINS FARNÈSES

Paul III de la maison Farnèse, fit construire ces jardins, qui appartiennent aujourd’ hui au roi de Naples , ainsi que tous les biens de la maison Farnèse. L’entrée principale est vis-à-vis la basilique de Constantin , c’est un portail

Met ci Sud uns .

restes d’une grande cour oblongue qui servait de palestre , c’est à dire d’arène aux athlètes elle était entourée d’un portique à colonnes d’ordre composite ; et au milieu du côté oriental on voit encore debout une tribune ornée de niches pour des statues , on y donnait le spectacle des jeux athlétiques dans les jours pluvieux. Derrière ce meme côté, au niveau delà cour, est une grande salle dont la voûte est parfaitement conservée elle est decorée de caissons en stuc. Au-delà de ce jardin est celui du collège anglais , dans lequel on monte sur les voûtes de l’ancien palais, d’où l’on jouit d’une vue magnifique.

En sortant de la villa Palatina on retourne à 1 arc de Titus, et suivant l’ancienne voie sacrée, dont on voit encore en partie le pavé construit en gros polygones de lave, on arrive à la fontaine dite la

MÉTA SUDANS.

Dans cette place du tems de Sénèque, était déjà une fontaine qui portait ce meme nom ; il paraît qu’elle était près de sa maison. Celle-ci, est postérieur à cette époque , puisqu’elle fut construite avec une grande magnificence par Domitien, comme nous l’apprenons deCassiodo* re. Quoique ruinée elle conserve encore sa forme telle qu’on la voit sur plusieurs médailles» qui représentent le Colisée, c’est à dire qu elle avait été faite d’après la forme des bornes du cirque qu’on appellait Metae et comme elle versait l’eau el. e reçut le nom d e M eta SudcM s Dans|les dernières fouilles on a découvert les» traces de l’ancien bassin qui avait 80 pieds io*

Villa Palatina . 141

d’architecture, qu’on trouva parmi ces restes avaient été rassemblés prés de là dans un bosquet de chênes verts qu’on a tout récemment abattu, ils présentaient une grande analogie de style avec d’autres morceaux du tems de Domitien qui, d’après Plutarque, fit de grandes ameliorations et de riches embellissemens au palais.

En continuant à monter sur le Palatin , on

trouve la

VILLA PALATINA.

Cette villa jadis Mattéi , et ensuite Spada, Magnani, et Colocci, appartient aujourd’hui a un anglais qui l’a rendue à sa première aménité. Elle est bâtie sur les ruines de la maison d’Auguste. Dans une chambre du rez-de-chaussée de la maison on voit un joli portique formé iar quatre colonnes de granit gris avec des fresques de Raphaël, elles représentent des Vénus et des Nymphes et elles ont été gravées par les artistes les plus célèbres du XVI siècle, tel que Marc-Antoine, Augustin Vénitien etc.

ces fresques ont été restaurées sous la direction de Mr. Camuceini; la voûte qui est peinte en arabesques, et qui est la partie la mieux conservée, présente deux petits tableaux; dans le premier un voit Hercule avec d’autres dieux , et dans l’ autre les Muses. Dans celte même villa on descend dans trois chambres antiques fort bien conservées, découvertes en 1 777 par Rancoureil, elles appartenaient au rez-de-chaussée de la maison d’Auguste; leur forme et leur conservation attirent l’admiration de ceux qui les visitent.

Dans le jardin contigu à cette villa sont les

Colossée ou Colisée

inent du V siecle; depuis il fut abattu pour profiter du bronze.

Ensuite on arrive au

COLOSSÉE ou COLïSÉE.

L’empereur Flavius Vespasien, après son retour de la guerre contre les Juifs, fit construire cet amphithéâtre, dans F endroit où était auparavant l’étang des jardins de Néron, presque dans le centre de Rome ancienne. Be'da, écrivain du VIII siècle, est le premier qui 1 ait appelé Colossée^ à cause de sa grandeur gigantesque. 11 fut dédié par Titus, et fini par Domitien, selon l’anonyme d’Eccard.La forme des amphithéâtres était celle de deux théâtres réunis ensemble, c’est-à-dire elliptique. Ils furent inventés parles Romains qui les appelèrent amphithéâtres, nom composé des mots grecs Apicp/, et © eoCTÇQV : Théâtre qui régné toutautour»

Ces édifices étant destinés aux jeux sanguinaires, on accompagna la dédicace de celui-ci par des combats de gladiateurs et des chasses de bêtes féroces. Ces jeux durèrent cent jours: cinq mille bêts féroces, et plusieurs milliers de gladiateurs furent tués en cette occasion. On y donna aussi des combats nautiques, par la facilité qu’on avait de l’inonder, quoiqu il y eut des naumachies, c’est-a-dire des batiment faits exprès pour celte espèce de combats. Apres avoir ser vi pendant plus de trois siècles à ces specta clés différens, et jusqu’à 1 annee 523 aux corn bats des bêtes féroces; depuis le XI siècle jusqu a l’an 1312 il servit de château fort à plusieurs familles nobles, et particulièrement aux Frang 1

Colosse de Néron .

mains de diamètre, et qu’on a restauie de quelles pieds de hauteur, tout autour pour en conserver la forme, respectant avec scrupule tout ce qui restait de la construction ancienne. Il paraît par la manière dont il était bâti qu il était postérieur à la Mêla meme. Quelques traces du revêtement prouvent que la Meta était

ornée de marbre africain.

Dans cet endroit se reunissent ensemble les limites de quatre anciens quartiers de Rome, savoir: du II, du III, du X, et du IV, c’est à ce dernier qu’appartient cette fontaine; peutêtre cette circostance fut-elle cause qu’on donna à ce monument la forme et le nom d’une borne.

Vis-à-vis cette fontaine on a découvert les restes du piédestal du

COLOSSE DE ISÉRON.

Lorsque Néron construisit la maison d or, il fit faire à Zénodore, célébré sculpteur de son tems,un colosse de bronze, de 120 pieds de hauteur, c’était son portrait sous les formes d Apollon ou du soleil, et le plaça dans le vestibule; Vespasien le transporta dans 1 Atrium de^ cette même maison, qui était place où Adrien erigea depuis le temple de Venus et Rome. Dans cette circostance Adrien le fit transporter devant l’Amphithéâtre au moyen de 24 elephans. G est dont à lui qu’on doit attribuer la construction de ce piédestal qui était aussi revêtu de bronze. Sous Commode on changea la figure de cette statue, elle fut remplacée par celle de cet empereur: maïs après sa mort on lui rendit celle du soleil. Il existait encore au commence-

Colossèe ou Cohsee.

d’entrées, qui, par le moyen des escaliers, cou* duisaient aux portiques supérieurs et aux dégrés de manière que chacun pouvait aller sans difficulté à la place qui lui était destinée; les jeux terminés, les spectateurs pouvaieut sortir sans confusion et en très peu de lems. Entre les arcades numérotées XXXVUI etXXX!X,est une des grandes entrées, correspondant au milieu de la largeur: elle n’a pas de numéro, manque de rentablement, laisse entrevoir les restes d’une décoration en marbre, et conduit directement à une salle ornée de stucs, par où les empereurs passaient pour aller sur le podium.

La fo une de ce vaste édifice est ovale:ila 1 641 pieds de circonférence extérieure et 157 de hauteur. On peut dire que tout y est fait avec la simplicité et la solidité qu’exigent la grandeur et la masse d’un si magnifique monument, dont l’immensité ne peut bien être comprise qu’en Je voyant du premier et du second étage des portiques. Dans les années 1811 et 1S12 on a démoli les murs qui fermaient les arcs du premier ordre, et on a découvert les demi-colonnes et les piliers qui se trouvaient presqu’à moitié sous terre; tous les portiques ont été déblayés, de manière que l’on putsy promener et admirer l’élévation étonnante et l’enceinte intérieure de ce superbe édifice. Au dessous du niveau actuel de l’arène ont etc trouvés des murs parallèles, quelques uns e liptiques , et d’autres rectilignes , ils soute naient l’arène qui était vide au dessous; une partie de ces constructions étaient evidemme du V siècle de l’ère crhélienne il est evi, en ^ encore que l’amphithéatre fut endommage p al

Colossèe ou Cohsee.

panl et aux Annibaldi : c’est à cette époque

qu’on doit attribuer ses plus grands desatres. Ensuite, il fut destine' de nouveau aux spectacles, et l’année 1332 on y donna un grand tournois. En 1 3 B 1 la partie qui manque aujonrd hui était déjà écroulée lorsqu’on transforma en hôpital la pallie qui est encore debout. Depuis il a lour* ni les mate'riaux pour les plus grands palais de Rome, tel que ceux de Venise, de la Chancellerie et Farnèse, et pour le port de Ripetta. Depuis le commencement de ce siècle on a pris un grand soin pour le conserver. Pie VU y fit faire plusieurs réparations, et sourtout fit construire le grand contrefort vers l’orient; Léon XII a continué ces réparations et a fait construire un autre grand contrefort vers l’occident, il est mieux entendu que l’autre, parceque, en meme tems qu’il empêche la ruine de cette partie il en continue l’architecture. Enfin le pape Pie VIII y fit faire d’autres grandes réparations dans l’intérieur.

L’ampbithéatre Flavien s’élève sur deux dégrés; il était extérieurement environné de trois rangs d’arcades élevées les unes sur les autres, et entremêlées de demi-colonnes qui soutenaient leur entablement. Chaque rang était compose de quatre vingts arches avec autant de dettii-colonnes. Tout l’édifice était terminé par tin quatrième ordre , ou attique orné de pilastres , et percé de fenêtres. Le premier des quatre ordres d’architecture qui ornent les arcades est dorique, le second ionique, les troisième et quatrième sont corinthiens. Les arcades du premier ordre sont marquées par des chiffres romains, parcequ’elles formaient autant To m. I, 1

Colossèe ou Colisee.

avait 16, et le 3 10, outre la galerie : celle-ci clant en bois,ellefut consumée par un incendie pendant le règne de Macrin et fut restaurée en matériaux solides par liéliogabale et Alexandre Sévère: elle était formée de 80 colonnes, qui soutenaient un plafond. Les moeniana étaient subdivisées par de petits escaliers pratiqués dans les gradins memes et en faisaient la séparation; ces parties étaient appelées Cunei . Tout les gradins pouvaient contenir jusqu’à 87 millespectateurs, et la terrasse qui était au dessus, pouvait recevoir plus de vingt mille personnes. Au dehors on remarque dans la corniche de l’amphithéatre des trous sous lesquels sont des consoles où posaient les poutres plaquées de bronze, auxquelles était appuyé le 'velarium , c est-adire la tente qui couvrait l’amphitheatre, pour garantir les spectateurs du soleil.

Presque tous les trous que 1 on voit dans ce monument comme dans plusieurs autres, ont été faits dans le moyen-âge, pour en arracher le crampons de fer, qui liaient lés pierres ensemble. '

La tradition pieuse portant que plusieuis chrétiens on souffert le martyr dans cet en droit, où ils étaient condamnés à être la pi oie des bêles féroces, a fait ériger autour de 1 aiène, vers la moitié du siècle dernier, quatorze cha pel I e s av ec 1 es ni y s tères de la passi on de IN • •» on y fait la cérémonie de la / ia C rucis e ® jours de fête et chaque vendredi, deux ieuie

avant Je coucher du soleil. 9 , •

Un joli jardin public est annexé à 1 ainp théâtre. A’ côté de ce jardin et delà Mêla ouït au s on voit 1

Colossée ou Colisée .

i e3 iremblemens de terre et restaure par Lampadius, et Basile préfets de Borne en 437 et 485. Dans cette meme occasion on a deterré le passage souterrain où Commode fut attaque par des conjurés, et on a restauré quelques parties. On V a trouvé aussi plusieurs morceaux de colonnes de marbre, de statues, de bas-reliefs, et d’inscriptions; Parmi celles-ci les plus intéssantes sont celles de Lampadius, préfet de Borne qui restaura l’arène, le podium , les arrières portes et les gradins pour les spectateurs, et celle de Basile aussi préfet de Borne, qui restaura de nouveau l’arène et le podium après un tremblement de terre. L’arène , ou la place intérieure, avait deux grandes entrées, l’une vers l’est, et l’autre vers l’ouest. Elle s’appelait arène , à cause du sable (< arenci ) dont le sol était couvert pour ceux qui combattaient; elle est aussi ova e ayant 285 pieds de long sur 182 de large et 748 de circonférence, et était environnée d’un mur assez élevé, pour empêcher les animaux de s elancer sur les spectateurs; on y voyait plusieurs portes et plusieurs ouvertures fermées par des grilles de bronze, par lesquelles on introduisait les bétes féroces, et entraient les gladiateurs. La plate-forme de ce mur, s’appelait Podium ; c étaient là les places destinées à l’empereur et à sa famille, aux sénateurs, aux principaux magistrats et aux vierges vestales. Audessus du Podium commençaient les gradins pour les autres spectateurs; plusieurs portes y conduisaient et s’appelaient Vomiloria , vomitoires. Ces gradins étaient divisés de bas en haut en trois rangs nommés praecinction.es Ou rnoeniana: le 1 avait 24 gradins, le 2 en

Ëg lise de st. Grégoire.

celui vers le Coelius font illusion a la bataillg donnée par Trajan , et à la victoire qu il reui- •3orta sur Decebale , roi des Daces. Les (Quatre iaas-reliefs carres de l’autre côté , représentent Trajan proclamant Parthomaspate roi des Partes , la découverte d’une conspiration tentée par Decebale, Trajan faisant une allocution à ses soldats , et enfin le même empereur faisant le lustrum et offrant le sacrifice appelé suove taurile. Les huit bas-reliefs ronds qui sont sur les petites arcades , représentent alternativement des chasses et des sacrifices offerts à Apollon, à Mars, à Sylvain et à Diane par le même empereur.

On lit dans plusieurs livres que Laurent de Médieis fit enlever les têtes des rois prisonniers qui décorent cet arc , et qu’il les envoya à Florence ; on n’est point sûr de l’authenticite de

ceite trauition î il est certain que Glement XII fit refaire ces letes par Pierre Bracci , sur des modèles antiques. Get arc avait aussi des oine meus en porphyre , et en bronze. Il a une chambre dans l’attique. La partie supeneure devait être ornée du char triomphal de Constantin , attelé de quatre chevaux de bronze.

La rue qui s’ouvre sous cet arc est 1 ancienne voie des triomphes qui conduit à 1

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