‹ Itinéraire de Rome et de ses environs T. 1Chapitre 78 sur 120 · MONT COELIUS · texte numérisé non relu

MONT COELIUS

Cette colline est la plus longue et la plus irrégulière des autres, puisqu’elle a 16100 pieds romains de circonférence, et 43 mètres dehauteur sur le niveau de la mer. D’abord on l’appela Morts Querquetulaniis comme nous l’aprenons par Tacite à cause du bois de chéries qui le couvrait. Sous Romulus, ou sous Tarquin l’ancien, car les auteurs ne sont pas d’accord sur ce point, il reçut le nom de Cœlius à cause de Cèle Vibenne capitaine des Etrusques qui vint au secours des Romains. Une partie de cette colline presque detachee du reste fut appelée Cœliolus ou le petit Cœlius. Tullus Hostilius le réunit à la ville et y plaça les Albains après la ruine d’ Albalongue. Sous^ Tibère un incendie y causa de grands dégâts; les soins que cet empereur prodigua pour les reparer firent donner a ce mont le nom 11 , guste comme on le sait par Tacite. Il a c ® ss< ^ d’étre habité depuis l’an 1030 lorsque Robert

Guiscard le mit à 1er et à feu. .

En montant sur cette collin pat a p ace st. Grégoire on passe sous plusieurs arcs

XIII siècle faits pour soutenir 1

Église de st. Grégoire.

quelle on voit eneore lesruines. Après la mort de ce pape, on construisit l’eglise en 1 honneur du meme st. Grégoire, et ensuite en ^1633 Je cardinal Scipion Borglièse y fit faire 1 escalier et la façade sur les dessins de Jean Baptiste Soria , ainsi que le portique , qui est décoré' de colonnes. Enfin, l’église fut rebâtie en 1734, sur les dessins de François Ferrari. Elle est à trois nefs, séparées par 16 colonnes, dont la plus grande partie est de granit tTEgypte. Les peintures de la grande voûte sont de Placide Costanzi; les tableaux des autels sont d’Antoine Balestra, de François Mancini , de Pompée Battoni et de Jean Baptiste Boufreni.

En sortant par la porte latérale, on trouve une terrasse, d’où l’on jouit d’une belle vue pittoresque des ruines du palais des Césars. Sur cette terrasse il y a trois anciennes chapelles bâties par st. Grégoire, et renouvele'es par le cardinal Baronius. La première est dédiée à ste. Silvie, mère de st. Grégoire le grand: la statue de la sainte, que l’on voit sur l’autel, entre dex colonnes de porphyre, est de Nicolas Cordieri, élève de Bonarrotti: les peintures de la voûte sont de Guido-Reni. La seconde chapelle est dédiée à st. André: elle rappelle l’ancienne église bâtie par st. Grégoire le grand, dont on a fait mention ci-dessus, dans laquelle ce pape récita ses homélies. Le tableau de l’autel placé entre deux colonnes de vert antique, est du Pomarancio* Le st. Pierre et le st. Paul, qui se trouvent sur le côté, sont du Guide. On admire dans cette chapelle la flagellation de st. André, du Dominiquin et le même saint qui adore la croix en allant au martyr, par le Guide.

Mrc de Dolabelle.

le quartier du Cœlius: une traditiou vulgaire en a conserve le souvenir en l’appelant la Pescaria vecchia l’ancienne Poissonnerie.

ARC DE DOLABELLE.

Cet arc en travertin fut fait Farinée 10 de î ere vulgaire par les consuls Publius Cornélius Dolabella, et Caïus Jnnius Silanus , Flamel Martialis (prêtre de Mars) comme nous l’apreuons par 1 inscription ancienne encore existante sur la façade qui regarde l’est. Ce sacerdoce cle Silanus fait croire que cet arc était comrne une entrée du Campus Martialis qui était sur le mont Cœlius, et servait pour y donner les Equiria , espèce de jeux de chevaux qu on donnait ordinairement dans le champ de Mars ; mais lorsque celui-ci était inondé par le Tibre on les célébrait dans le Campus Martialis sur le mont Cœlius, d’après ce qu’O* vide raconte, à l’honneur de Mars. Néron se servit de cet arc comme soutien de son aqueduc dont on trouve des restes le long de cette rue en allant vers le Latran.

A côté de cet arc est l’église de st. Thomas surnommée in For mis à cause de ce meme aqueduc néronien, dont je viens de faire menlion.

Ensuite on entre dans une place quon aple de la Navicella où est P

ÉGLISE DE St. MARIE IN DOWICA.

Cette église fut bâtie dans l’endroit où était la maison de ste. Cyriaque, dame romaine d ou dérive son nom. On l’appelle aussi de la nacelle {Navicella) à cause d’une barque ou nacef

ÉGLISE DE St. JEAN ET St. PAUL.

Le prêtre Pammachius dans le IV siècle fonda cette église dans la maison de ces deux martyrs tues sous l’empereur Julien. Elle est desservie maintenant par les pères de la passion, par concession de Clément XIV. Cette église est decoree d’un portique compose de huit colonnes ioniques de granit. Elle renferme trois nefs, divisées par 28 colonnes de difïerens marbres. Le pave est une espèce de mosaïque faite de plusieurs marbres, tel que le porphyre, le serpentin et le marbre blanc, il offre un des plus beaux exemples de cet ouvrage qu’on appelait opus alexandnnum parcequ’Alexandre Sévère le perfectionna. L architecture est d’Antoine Canevari. Les peintures de la voûte de la tribune sont de Pomarancio ,

et le tableau de la quatrième chapelle à droite, est du Bênefîal.

En entrant dans le jardin près de cette eglise, on voit les restes d’un édifice fait de gros quartiers de travertin, que l’on croit une partie du Vivarium , c’est-à-dire du parc pour renfermer les bêtes féroces, destinées pour l’amphitbéatre, dont à cause de sa construction il paraît contemporain. Cet édifice était formé de deux étages dont l’inférieur est sous terre. Par ces arcs on pénétre dans une ancienne carrière qui par la hauteur, et par l'effet que produit la lumière des flambeau est très pittoresque.

Les autres restes qu’on voit sur la place devant l’église font problament partie de l’ancien macellum Magnum , c’est à dire du grand marché de viande et de poisson qui était dans

1 5G Église de st. Étienne le Rond.

piédestaux susdits, on avait trouvé antérieurement une ancienne mosaïque et un hermès

double en marbre avec les télés de Socrate et de Sé neque.

En continuant le chemin vers le Latran on entre dans 1’

ÉGLISE DE St. ÉTIENNE LE ROND.

Quelques uns croient que cet édifice était le temple de Faune, d’autres croient que c’était le temple de Baccbus, ou de Claude, et quelques uns en ont meme fait un marché, et un arsenal. Mais lorsqu’on voit qu’il est bâti entièrement avec des colonnes de différents ordres

d architecture et de différents diamètres: lors-

qu on remarque la croix au dessus des chapiteaux de quelques unes d’elles, lorsqu’onsait par Anastase Bibliothécaire que le pape st. Simplicius dédia cette église vers l’an 467, on est forcé d’avouer que c’est un édifice chrétien du V siècle, bâti avec des ruines d’autres bâtimens plus anciens. On l’appelle st. Etienne le rond, à cause de sa forme circulaire. Cette église avait un double portique, mais étant presque ruinée, Nicolas V qui la restaura en 1 452, fit fermer les entrecolonnemens du premier péristyle, et forma ainsi le mur de la circonférence extérieure que l’on voit aujourd’hui. Cette église conserve dans son intérieur, une idée de la magnificence des édifices des anciens ; son diamètre est de 133 pieds: elle est soutenue par 58 colonnes, dont la plus grande partie sont ioniques et d autres corinthiennes, en granit et en marbre. Sur les murs qui ont été faits dans les eutrecolonnemeus, On voit des peintures de Nicolas Poma-

Église de st, Marie in Domnica. 155

le en marbre, que LéonX fit placer devant cet te église; il la renouvelle entièrement d apres le plan de Raphaël. Dans l’intérieur sont 1 b superbes colonnes de granit, et deux co onnes de porphyre. Jules Romain et Périn del ' a g a ont peint en clair-obscur l’attique de 1 eghse : Lazare Baldi a fait les tableaux des autels.

Dans l’espace entre cette église et celle de st. Etienne le Rond étaient anciennement les logemens des soldats étrangers appelés Castra Peregrina : la découverte de plusieurs inscriptions allusives à ces soldats , dans cet espace, a déterminé l’emplacement. Cette grande caserne existait encore dans le IV 7 siècle, pluisque l’an 359 on y envoya Chodonoomar roi des Allemands que Julien venait de faire prisonnier dans la bataille d’Argentoratum ou Strasbourg. Ce roi mourut dans cette meme caserne, d’après Ammien Marcellin.

A’côté de l’égli se de la N avicella est la villa jadis Mattéi, et aujourd’hui du prince de la Paix. On y trouve un obélisque de granit d’Egypte, dont la partie supérieure est ancienne chargée d’hiéroglyphes. Il existait près de l’église d Aracœli, et fut donné par les observantins au duc Cyriaque Mattéi, qui l’érigea oii on le voit aujoud hui. Dans le palais on voit plusieurs beaux tableaux de l’école espagnole :

deux grands piédestaux chargés d’inscriptions, et consacrés par les soldats de la V cohorte des Vigiles à Caracalla et à Maximin , sont une preuve que cette cohorte était casernée entre ce palais et 1 eglise de la N avicella puisque c’est là qu ils ont ete trouves en 182î. En faisant des embellissemens au jardin , outre les deux

Église de st. Clément •

serve les grandes divisions et les parties principales des églises anciennes. On reconnaît le vestibule qui précédait l’église dans la place de st. Clément où l’on voit un petit portique formé de quatre colonnes, ouvrage du VIII siècle. Ensuite Y atrium ou la cour environnée de portiques d’où l’on entre dans l’église; elle est partagée en trois nefs par deux rangs de colonnes tirées de côté et d’autres des anciens bâtimens. Dans la nef du milieu on voit une enceinte en marbre avec le monogramme de Jean VIII dont on a fait mention ci-dessus; cette enceinte servait de chœur dans les églises anciennes et aux deux côtés sont les ambones , pupitres desquels on lisait au peuple les épitres et les évangiles. De là on passe au sanctuarium qui était séparé entièrement du reste ; dans cette partie on voit le siège pour l’évêque qui présidait aux cérémonies, et ceux des prêtres qui y assistaient. La mosaïque de la voûte est un ouvrage de la fin duXIIIsiècle comme on l’a remarqué ci-dessus. Dans la nef à droite, près du maître autel, est le tombeau du card. Rovarella , ouvrage d’une très belle execution fait dans le XV siecle. Les peintures relatives à la crucifixion de Jésus-Christ et au martyr de ste. Catherine qu’on voit dans la chapelle à gauche en entrant, sont de Masaccio et ont ete restaurées plusieurs fois, de manière que leur mérite original a été en grande partie détruit, cependant plusieurs têtes qui ont, ete retouchées donnent une grande idee de 1 habileté de cet artiste.

Église de st. Clément.

rancio, et quelques unes d’Antoine T. empesta, représentant les horribles souffrances que les martyrs eurent à subir sous les Juifs, les empereurs romains et les rois vandales pour soutenir la religion chrétienne. Ces peintures ont ete dernièrement restaurées; les deux qui se font remarquer par la différence du style, ont ete faites de nouveau par Manno peintre sicilien.

Après avoir cotoyé pendant quelque tems l’aqueduc de Néron, on tourne a gauche et on arrive à l’église des ss. Quatre Couronnés, rebâtie par Pascal II; dans le chœur on voit des peintures de Jean de st. Jean.

De cette église on descend dans la grande rue du Latran vis-à-vis la place de F

ÉGLISE DE St. CLÉMENT .

On prétend que cette église a été érigée sur remplacement de la maison de si. Clément qui fut un des premiers successeurs de st. Pierre. Son corps et celui de st. Ignace évêque d’Antioche reposent sous le maître autel. Certainement elle existait déjà dans le V siècle , puisque dans cette église le pape Zosime condamna en 417 l’hérétique Celestius. Les papes Adrien I, et Nicolas I la restaurèrent; Jean VIII

refit le chœur dans le IX siècle, on y voit son monogramme exprimant le nom 1011 ANN ES, le meme qu on voit sur ses monnaies; vers la fin du XIII siée le le cardinal Jacques Tho mase restaura l’apside, ou tribune et la décora de la mosaïque qu’on y voit. Enfin sous Clément XI elle fut mise dans l’état actuel. Cette église est une des plus intéressantes qui existent à Rome, parcequ’elle est la seule qui con-

160 Baptistère de Constantin.

naître par le travail , que la partie inferieure étant très endommagée par le feu a été refaite dant les tems modernes; on profita pour cela du piédestal ancien qui portait une inscription de Constance, en vers latins.

Le grand palais du Latran, est aussi sur cette place. Ce palais ayant été détruit par un incendie, Sixte V le fit reconstruire sur les dessins de

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Dominique Fontaua. Dans les derniers tems ayant été fort endommagé il vient d’étre restaure' sous le pape actuel.

Près delà, est le

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